CHAPITRE VII
Les années CIB et la folie des grandeurs : 1993 – 1998. 


Avec l’entrée de la CIB dans le capital du club et la construction de la nouvelle tribune, les données du problème changeaient radicalement. Il s’agissait de rentabiliser cet énorme investissement. Pour cela, il fallait remplir les business-seats, au nombre de 621! Pour y parvenir, les résultats sportifs devaient suivre… En outre, avec Anderlecht comme voisin, club qui avait été le précurseur en la matière en Belgique, la tâche s’annonçait encore plus rude. En fait, ces fameux seats ne seront pratiquement jamais tous occupés. A part en quelques rares occasions, comme lors des derbies, je ne me rappelle pas les avoir vus un jour remplis. Même lorsqu’ils étaient à moitié pleins, c’était exceptionnel. Dès le début, il me semblait clair que le RWDM avait vu beaucoup trop grand. Nous étions avant tout un club populaire qui n’attirait qu’une faible clientèle en col et cravate. Si de tels équipements pouvaient s’avérer rentables pour un club tel que le nôtre, ils devaient être conçus à plus petite échelle. Il y aurait peut-être eu moyen de réaliser ce projet d’une autre manière…

Pourtant, les véritables nouveaux patrons du club, MM. Jean Thomas et Louis Dewaele, affirmaient que cette tribune allait rapporter au minimum 10 millions de bénéfices par an au club. Pour cela, ils comptaient sur une occupation maximale. Une utopie bien entendu… En plus, on avait imaginé un montage financier qui permettrait de récupérer la TVA. Autre grosse erreur, car cela s’avèrera impossible. Avec ce mastodonte sur les bras, le club, qui n‘avait certainement pas besoin de cela, venait de s’endetter pour une longue période. Depuis pratiquement le début, et en tout cas depuis la faillite L’Ecluse, la santé financière du RWDM n’avait jamais été bonne. Mais ici, nous hypothéquions carrément notre avenir. Selon moi, cette tribune est à l’origine de notre mort, même s’il y eut par la suite d’autres aberrations… Au lieu de rapporter de l’argent au club, elle allait obliger ce dernier à se saigner pour essayer de la rembourser. Pour cela, il devait, ni plus ni moins, débourser plusieurs millions par mois… Pour le RWDM, c’était une tâche tout simplement impossible.










Le nouveau mayeur molenbeekois, Philippe Moureaux. La comunne de Molenbeek-St.Jean joua un rôle non négligeable dans l’arrivée de la CIB au RWDM.

Notre stade changeait donc complètement de look. Au début, sa capacité atteignait les 32.000 personnes. Suite à la fermeture des gradins debout derrière chacun des buts en 1989 (rouverts en 1990), elle était descendue à 27.000 places. Maintenant, le stade ne pouvait plus accueillir que 18.500 spectateurs, dont 9.250 en places assises. Non pas que nous refusions du monde, au contraire même, mais un RWDM-Union par exemple, où plus de 20.000 personnes se pressèrent dans les gradins du Machtens en 1984, n’aurait plus été possible. Un autre problème lié à l’arrivée de la CIB et de M. Vilain était que ces gens n’avaient pratiquement aucunes connaissances footballistiques, ce qui est tout de même assez ennuyeux lorsqu’on ambitionne de diriger un club de football, en D1 de surcroît. On ne s’improvise pas dirigeant et M. Vilain allait parfois le prouver par l’absurde… Cette période de notre histoire s’achèvera dans la confusion la plus totale et lorsque la CIB quitta le club, nous étions à nouveau dans un sale pétrin…