CHAPITRE IX
La mort du club. 

Aujourd’hui encore, tous ceux qui étaient proches du RWDM et qui avaient une petite place dans leur cœur pour ce club se demandent comment une telle chose fut possible. Je reste persuadé qu’on a laissé mourir le RWDM. Il n’y avait pas une volonté réelle de sauver le club de la part des gens qui en avaient véritablement les moyens. Seules quelques personnes ont tenté de le faire, mais elles n’avaient ni les moyens financiers ni les appuis nécessaires pour atteindre ce but. Il s’agissait de supporters ainsi que de Marc Wuyts et Jacques Colson. Ces derniers, Wuyts en particulier, essuyèrent beaucoup de critiques. Je ne veux pas polémiquer à ce sujet mais je constate qu’il fut le seul à ne pas quitter le navire. Rien que pour cela, il force mon respect. Le reste m’importe peu. Lorsque l’on voit que fin 2002, le FC Malinois avait une dette fédérale s’élevant à plus d’un million d’euros et que ce club ne risquait pas la radiation, on est en droit de se poser de sérieuses questions alors que nous sommes morts pour une dette à la fédération de moins de 71.000 euros. A qui profita le crime? Il est clair que la gestion de notre dernière saison fut catastrophique et que c’est cela qui entraîna notre décès. De Prins fit tout de travers. Certaines personnes (peu nombreuses, mais tout de même) lui accordent encore un petit peu de crédit. Moi, je pense qu’en tant que président du club, il est le premier responsable de cette tragédie. A partir du mois de mars, j’ai été, en compagnie d’autres supporters, impliqué de près dans certaines choses. Avec le recul, il est clair que nous avons été manipulés par des personnes sans scrupules. Ma seule consolation, c’est que nous avons agi avec notre cœur. C’est maigre. Je suis loin d’être au courant de tout ce qui se passa réellement. Au contraire, j’ai l’impression que nous n’avons vu que la partie immergée de l’iceberg. Je vais pourtant vous raconter ce que je sais sur cette ultime saison et son prolongement dramatique.

Si je ne dois retenir qu’une seule chose de cette expérience, c’est que le monde du football est encore plus pourri que je ne l’imaginais. Je me doutais déjà un peu – beaucoup – que ce milieu n’était pas très reluisant mais, pour l’avoir approché d’un peu plus près, je peux vous dire que c’est bien pire…