LE RACING DE BRUXELLES
Tout comme le Daring, c'est à Koekelberg que naquit le Racing Club de Bruxelles, en 1890, ce qui en fait le plus ancien de nos trois clubs fondateurs. A l'époque, le Racing n'était pas encore un club de football mais bien d'athlétisme (d'où son appellation). En 1894, une section football fut créée, arborant les couleurs noir et blanc. L'Union Belge n'existant pas encore, il n'y avait évidemment pas de championnat. Les équipes se contentaient de disputer des rencontres amicales. Les premiers adversaires étaient le Léopold, le Sporting de Bruxelles (rien à voir avec celui d'Anderlecht) ou le Brussels Football Association (le plus ancien club belge). Pendant ces premiers mois, le Racing jouait, avant le Daring, sur le terrain où se trouve aujourd'hui la Basilique de Koekelberg. Ayant subi chacun de lourdes défaites face au Sporting, le Racing et le Brussels (qu'il ne faut pas confondre avec le Brussels qui fusionna avec le Daring) décidèrent de s'allier.
Le 1/9/1895, l'Union Belge fut créée sous le nom d'"Union belge des Sociétés de Sports athlétiques ", car elle s'occupait également d'athlétisme et de cyclisme. Ironie de l'histoire, c'est le secrétaire du Racing, Louis Mulhingaus, qui fut l'un des principaux moteurs de la création de la nouvelle association et l'une des chevilles ouvrières. 107 ans plus tard, qui à la maison de verre s'en souvenait lorsqu'ils radièrent notre club en " stoemelings " ? Je ne pense pas m'avancer beaucoup si je dis très peu si pas personne...
Le Racing prit bien entendu part au premier championnat de Belgique de l'histoire, constitué de dix clubs. Les neuf autres étaient l'Antwerp, La Gantoise, le FC Brugeois, le FC Liégeois, l'Athletic and Running Club de Bruxelles, le Léopold Club, le Sporting de Bruxelles, l'Union d'Ixelles et le FC Verviers. C'est le FC Liégeois qui remporta le premier titre. Le Racing avait entre temps déménagé au vélodrome de Longchamps, à Uccle.
Dès la saison suivante, en 1986-97, le Racing remporta le premier championnat de son histoire, suivi de quatre autres titres consécutifs en 1900, 1901, 1902 et 1903. C'était, en ces temps héroïques, un des meilleurs clubs du pays. En 1902, le Racing avait une nouvelle fois déménagé, au Vivier d'Oie à Uccle, où une nouvelle tribune en béton (chose très rare en ces temps-là) de 1.500 places assises fut construite. Le club remporta son dernier titre de champion en 1908 et enleva la première édition de la coupe de Belgique en 1912, 1-0 face au Racing de Gand.
L'équipe du Racing de 1907-1908 qui remporta le dernier titre de champion de l'histoire du club.
Les années de gloire du Racing prenaient fin avant le début de la première guerre mondiale. Plus jamais, le club n'allait parvenir à retrouver son lustre d'antan et il ne décrocha plus aucun titre. En 1925, il descendit pour la première fois de son histoire en promotion (la D2 de l'époque). Il ne tarda pas à réintégrer l'élite mais, au cours des années qui suivirent, il fit la navette entre la division d'Honneur (la D1) et la division 1 (la D2, qui avait remplacé la promotion, devenue une D3).
En 1946, au moment de fêter les 50 ans du club (et devenir ainsi le Royal Racing Club de Bruxelles) avec un peu de retard dû à la seconde guerre mondiale, le club était de retour en Honneur, terminant même parmi les premiers. Mais le stade du Vivier d'Oie était devenu trop exigu. Le Racing en fit construire un nouveau à Watermael-Boitsfort. C'est ainsi que le 11/11/1948, le stade des Trois-Tilleuls était inauguré face à l'une des meilleures équipes du monde, le Torino, dont les joueurs allaient périr quelques mois plus tard lors de l'accident d'avion de Superga.
La tribune principale du stade du Vivier d'Oie. Le stade des Trois Tilleuls à Boitsfort.
Ce stade, qui existe toujours à l'heure actuelle, pouvait contenir près de 40.000 personnes. Mais le Racing n'allait jamais parvenir à le remplir. Il ne tenait plus les premiers rôles et effectuait à nouveau régulièrement l'ascenseur entre les deux premières divisions. En 1954, le club fut même obligé de quitter les lieux, n'étant plus en mesure de payer à la commune les mensualités contractées lors de l'achat du terrain. Une convention prévoyait que celui-ci redeviendrait propriété communale, tout comme l'ensemble des installations qui y avaient été érigées entre-temps…
Obligé de se trouver une nouvelle fois un chez-soi, le Racing reçut l'hospitalité de la Ville de Bruxelles, qui mit à sa disposition le stade du Heysel. Il n'y joua que devant quelques centaines de spectateurs et fut relégué en deux ans jusqu'en D3, remonta en D2, mais retrouva la D3 en 1961 à l'issue d'un test-match perdu face… au White Star.
Evoluant devant les banquettes vides de l'immense vaisseau du Heysel, le club d'Henri Mabille avait devant lui un avenir pour le moins sombre lorsqu'en 1963, survint la solution de la fusion avec le White Star.
La vedette du White Star, " Cabiche " Straetmans lors d'un match Racing-White Star disputé devant les banquettes vides du Heysel, dernière demeure du Racing.
Palmarès du Racing Club de Bruxelles
- 6 fois Champion de Belgique : 1896-1897, 1899-1900, 1900-1901, 1901-1902, 1902-1903, 1907-1908.
- 1 fois vainqueur de la coupe de Belgique : 1911-1912.
- Pour les classements du Racing de Bruxelles de 1895 à 1963, voir chapitre X.
Les Racingmen internationaux
- Jan De Bie - 37 sélections de 1920 à 30, champion olympique 1920 à Anvers
- Camille Van Hoorden - 24 sélections de 1904 à 1912
- Jacques Moeschal - 23 sélections de 1928 à 1931, participation à la CM 1930 en Uruguay
- Emile Andrieu - 18 sélections de 1905 à 1913
- Gaston Hubin - 12 sélections de 1912 à 1914
- Hector " Tasson " Raemaekers - 12 sélections de 1905 à 1913
- Robert Hustin - 10 sélections de 1905 à 1909
- Jules Lavigne- 10 sélections de 1928 à 1932
- Fernand Goossens - 7 sélections de 1908 à 1910
- Maurice De Coster - 5 sélections de 1913 à 1914
- Alphonse Wright - 5 sélections de 1906 à 1907
- Laurent Thunen - 4 sélections de 1904 à 1909
- Maurice Vertongen - 4 sélections de 1907 à 1909
- Henri Leroy - 3 sélections en 1908
- Jules Mayne - 3 sélections de 1912 à 1913
- Adolphe Becquevort - 2 sélections en 1913
- Fernand Brichant - 2 sélections en 1914
- Henri Dedecker - 2 sélections en 1905
- Georges Mathot - 2 sélections en 1908
- Jacques Sterckval - 2 sélections en 1909
- Fernand Voussure - 2 sélections de 1944 à 1945
- Arthur Ceuleers - 1 sélection en 1948
- Georges Queritet - 1 sélection en 1904
- Guillaume Vanden Houten - 1 sélection en 1921
- Jef Vliers - 1 sélection en 1955