LE RACING WHITE

En 1963, le football bruxellois est en train de changer. Anderlecht domine le football belge de la tête et des épaules et seuls le Daring et l'Union se maintiennent parmi l'élite, en ne jouant toutefois plus les premiers rôles. La Forestoise, Uccle Sports, Ixelles et le Léopold ont sombré dans les bas-fonds. Le Crossing, qui n'est pas encore de Schaerbeek, n'est que le deuxième club de Molenbeek et évolue en D2 au Sippelberg. Quant au White Star et, surtout, au Racing, ils sont au bord du gouffre. Un riche homme d'affaires bruxellois, Emile Michiels, va entrer dans le monde du football. Sans lien particulier avec un club, il entretient le rêve de monter une grande équipe. Membre du conseil d'administration du Racing de Bruxelles et de La Rhodienne, il devient pourtant propriétaire du White Star, dont il a racheté la majorité des parts. Déçu de sa préférence pour le White Star, Henri Mabille (administrateur du Racing à cette époque) lança néanmoins l'idée d'une fusion. Après d'âpres discussions, les dirigeants des deux clubs trouvèrent un accord. A la suite d'un tour de passe-passe avec La Rhodienne, ce club récupéra le matricule 6 du Racing qui fut ainsi sauvé.  Le choix du stade se porta sur le Stade Fallon, le White Star ayant un bail avec la commune de Woluwé-St-Lambert, malgré l'insistance de Lucien Halbart (président du Racing) et d'Henri Mabille pour retourner aux Trois-Tilleuls.

Pour la première saison de son histoire, le Racing White (qui venait d'engager un certain Robert Waseige) termina 9ème en D2. Des débuts honorables. Mais l'objectif, c'était la D1. Sous la direction du Roumain Norberto Höfling, le Racing White, avec deux futurs internationaux belges, Alfons Haagdoren et André Stassart, remporta le championnat de D2 la saison suivante, en 1964-1965. Coïncidence, dix ans avant le sacre du RWDM, c'est contre l'AS Ostende que le titre fut acquis. Les débuts en D1 se terminèrent à la 12ème place (ex-aequo avec le Daring !). Une saison sans histoires.

En 1966-1967, Jean Dockx débarque au Stade Fallon en provenance du FC Malines. Le Racing White échappe à la descente de justesse et Emile Michiels quitte le club à la suite d'un conflit avec Höfling. Ce dernier part au FC Bruges en fin de saison et c'est Jef Vliers qui le remplace. Avec Pierre Crombez (venu du RC Tournai), le RW termine 11ème, puis 12ème la saison suivante (la dernière du Daring en D1, 1968-1969). C'est aussi l'année de la seule finale de coupe du club, perdue 2-0 contre le Lierse.

En 1969-1970, Jean Gooris, l'avocat d'Henri Mabille, arrive au club. Felix Week aussi, au poste d'entraîneur. Week venait de l'Union, qu'il avait fait remonter en D1. L'objectif était de terminer pour la première fois dans les dix premiers. Malgré une défaite 9-0 au Standard, ce but fut atteint avec une huitième place. Les ambitions revues à la hausse, le club engagea Pummy Bergholtz, un attaquant hollandais d'Anderlecht, et surtout Kresten Bjerre, solide défenseur danois du PSV Eindhoven et futur pilier de l'équipe championne en 1975.













Jean Dockx lors d'un match face au Lierse en 70-71.

L'équipe termina à la cinquième place. Mais le Racing White voulait plus. Ses dirigeants réalisèrent une excellente opération en cédant Jean Dockx à Anderlecht en échange de Maurice Martens, Gérard De Sanghere et une somme d'argent qui permit l'engagement de Jacques Teugels (Union) et Henri Depireux (Standard). Eddy Koens arriva de Saint-Trond suite à un échange avec Haagdoren. L'équipe réalisa une saison meilleure encore, terminant à la quatrième place, qualificative pour la coupe de l'UEFA. Lors de la dernière journée, elle avait même donné le titre à Anderlecht (qui avait promis une prime substantielle) en tenant le FC Bruges en échec.

Le Racing White figurait parmi les favoris à l'aube de la saison 1972-1973, qui allait être la dernière au Stade Fallon, avec deux nouvelles arrivées, Nico De Bree (NEC Nimègue) et Wietze Veenstra (FC Bruges). Cette fois, l'équipe termina troisième, grâce à un nul arraché au FC Bruges, qui remporta assez largement le titre cette saison-là. Par la même occasion, le Racing White devenait la première équipe bruxelloise ! En coupe d'Europe, cela n'avait pas été bien brillant puisque le club fut éliminé dès le premier tour face aux modestes Portugais du CUF Barreiro, club de la banlieue de Lisbonne aujourd'hui en divisions inférieures. Le RW perdit 0-1 le seul match européen de l'histoire du Stade Fallon, disputé devant moins de 10.000 personnes. Il s'était ensuite incliné devant quelques centaines de spectateurs à peine et sous une chaleur accablante au Portugal par 2-0.










L'écusson du CUF Barreiro, devenu aujourd'hui le FC Barreirense, le seul adversaire européen du RW.

Malgré ces succès sportifs et une excellente équipe, les gradins du Stade Fallon restaient désespérément vides ou presque. A part face aux ténors du championnat, il accueillait des affluences indignes du niveau du football pratiqué. C'est dans ces conditions que naquit le rapprochement avec le Daring. Dans la corbeille de mariage, le Racing White apportait l'ossature de la future équipe championne et une qualification en coupe de l'UEFA.
 



























Programme de Racing White - FC Liège en 72-73. L'équipe est celle qui fit match nul (1-1) contre le Standard le 15/10/72. Debouts : Vanderborght, Vercammen, De Sanghere, Bjerre, Martens, De Bree. Accroupis : Koens, Veenstra, Depireux, Crombez, Teugels. / Une pub de Jacky Teugels en 1972.

Pour les classements du Racing White de 1963 à 1973, voir chapitre X.

Les internationaux du R-W



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