2001-2002

L’année de notre retour tant attendu en Division 1 après trois championnats au purgatoire allait donc se révéler fatale. Pas un instant, je n’aurais pu imaginer que cela allait être la 29ème et dernière saison de mon club…












Le stade Machtens s’apprête à vivre la dernière saison du RWDM…

Après ce fabuleux tour final, qui restera un de mes meilleurs souvenirs de fan, nous étions aux anges. Nous étions de retour parmi l'élite, à notre place. Mais depuis que nous l’avions quittée, pas mal de choses avaient changé. La Fan Card, obligatoire en D1 et qui fit perdre beaucoup d’argent à des clubs tels que le nôtre, mais aussi la fameuse licence, qui constituera les neuf-dixièmes des clous de notre cercueil, avaient fait leur apparition.

L’entre-saison fut on ne peut plus agité, avec le plus grand nombre de mouvements jamais enregistrés au stade Machtens. Freddy Smets, manager sportif, actionna la guillotine et un grand nombre de joueurs ayant participé à l’ascension en D1 furent jugés trop courts pour pouvoir défendre nos chances au plus haut échelon.













3ème rang : Wuyts (entraîneur réserves), Butera, Salievski, Rimbold, Doumen, Magro, Kolotilko, Smid, Redouane (adjoint réserves),? – 2ème rang : Renotte (préparateur physique), Thairet (entraîneur), Fassotte, Ouchla, Thiago, Careel, Timmermans, Seker, Coveliers, Brezic, Kargbo, Nieus, Van Assche (kiné), Dubelloy (délégué) – 1er rang : Godart, Van Oekelen, Okonedo, Pfaff (directeur commercial), Daoust (sponsor), Smets (manager), Wellens, Meyers, Duville (entaîneur gardiens).

Sébastien Piron (prêt non renouvelé), Fio Serchia (Visé), Fred Vanderbiest (SV Roulers), Younous Oumouri ainsi que plusieurs autres joueurs non titulaires furent libérés. Vanderbiest fut échangé avec Charly Okonedo (qui joua en tout et pour tout 27 minutes en match officiel, en raison de blessures à répétition) plus une somme d’argent. Vanderbiest n’était certes pas le joueur le plus technique du monde, mais il se battait pendant toute la rencontre (et même parfois après) et, surtout, avait le cœur peint en rouge-blanc-noir. N’étant pas footballeur professionnel, il n’avait pas hésité à prendre congé auprès de son employeur pendant toute la durée du tour final affin d’être au top durant celui-ci. En fin de saison, le club lui avait proposé de signer un nouveau contrat mais les conditions étaient tellement ridicules qu’il préféra répondre favorablement aux sollicitations de Roulers, où il pouvait mieux gagner sa vie. Quant à Séba Piron, il en avait gros sur la patate : « Je dois avouer que mon départ m'a fait assez mal. J'avais été discuter avec Freddy Smets juste avant le tour final et il m'avait certifié qu'en cas de montée, il comptait sur moi. Je n'ai donc pas cherché de club et me suis réjoui de pouvoir évoluer en D1. Puis, deux jours après notre sacre, il a téléphoné à Freddy Luyckx, mon manager, pour lui dire qu'il n'avait plus besoin de moi. Pas un seul coup de fil de sa part pour me prévenir! Je dois avouer que je l'ai eue mauvaise. J'ai l'impression que je pouvais tenir ma place. Je pense que j'ai les qualités pour jouer en D1, sans prétention aucune. » Fabio Giuntini retourna après la saison au Brésil où il avait, selon ses propres dires, des problèmes familiaux. Il revint en Belgique afin de régler sa situation (il disputa même une partie amicale à Wetteren, y inscrivant notre second but) et, de commun accord avec Smets, prit définitivement l’avion pour l’Amérique du Sud et fut engagé par le FC Remo…Cheikh Gadiaga, un des meilleurs de la saison précédente, fut vendu pour une bouchée de pain au Lierse.

Le club ne désira point s’attacher définitivement les services de Paul Kpaka, pourtant auteur de 26 buts en deux saisons et 65 matches officiels. Je me souviens de la discussion que nous eûmes à Spa avec M. Schoonjans, après une partie amicale contre Visé. Lors du dernier match du tour final, à Mons, Kpaka s’était blessé au pied et avait été plâtré. Selon M. Schoonjans, Kpaka, qui avait probablement senti que ses jours au stade Machtens étaient comptés, passa un test (concluant) au GBA en s’étant débarrassé de son plâtre! Je crois surtout qu’il s’agissait de l’excuse que l’on nous servit car la direction estimait que ce joueur n’avait pas le niveau de la D1. Pour la petite histoire, Paul Kpaka inscrivit 17 buts pour le GBA lors de cette saison… Pas trop mal pour un joueur n’ayant pas le niveau…C’est à cette époque que Freddy Smets déclara qu’il fallait réaliser le “Break Even”, c’est-à-dire un équilibre financier en ce qui concerne les transferts. Auprès des supporters, ce surnom lui colla un temps à la peau, avant de devenir “Freddy l’Africain” par la suite (nous verrons cela plus tard). Le plus bel exemple de cette politique fut sans contexte Edwin Van Ankeren. Notre ex-joueur ayant été libéré par la Viterbese (D3 italienne, où il connut de nombreux problèmes extra-sportifs), il avait été engagé gratuitement par le RWDM. Mais en bon mercenaire du foot qu’il est, Van Ankeren se lia pour quelques mois au club norvégien de Odd Grenland (la saison norvégienne se déroule en grande partie durant notre été). Y multipliant les bonnes prestations, ce club désira s’attacher définitivement ses services et c’est de très bonne grâce que le RWDM accéda à leur demande en le vendant pour quelques millions d’anciens francs belges. Une bonne affaire financière donc, mais ce fut pratiquement la seule à mettre à l’actif de notre manager sportif cette saison-là.

Parmi les nouvelles recrues de cette entre-saison, peu sont celles qui apportèrent quelque chose à l’équipe. De ces joueurs, seul Dirk Van Oekelen (Saint-Trond) fut titulaire pendant toute la campagne. Les autres étaient soit trop courts (Tommy Careel-Ingelmunster, Nicola Wellens-réserves du FC Bruges et fils de Willy, le Slovène Danijel Brezic-Austria Salzbourg et le Brésilien Thiago-SC Kriens en D2 suisse); soit blessés (Charly Okonedo-SV Roulers, Lambert Smid-Beveren) ou perdirent leur place sur blessure sans pouvoir la récupérer (Gert Doumen-Mouscron). Il y eut aussi l’engagement d’un rude stoppeur marocain (6 cartes jaunes en 7 matches, qui dit mieux?) en provenance du FAR Rabat. Smets s’était rendu au Maroc pour y visionner quelques joueurs susceptibles de venir nous renforcer. Il jeta son dévolu sur Ouchla, international de son pays (il n’avait en fait joué qu’une seule rencontre, aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, contre le Chili alors que son pays était déjà éliminé), mais barré par Naybet. Six mois après son arrivée, Ouchla, plus payé et se plaignant de l’absence de sa famille, retourna définitivement dans son pays… Quelques mois plus tard, j’entendis nombre de rumeurs sur les circonstances dans lesquelles ce transfert s’était réalisé, mais n’ayant pu en obtenir confirmation, je préfère passer cela sous silence. Mais les engagements les plus significatifs furent les contrats définitifs signés par Laurent Fassotte et Ibrahim Kargbo. Kargbo s’était pourtant répandu en propos peu amènes à l’égard de notre club au cours de la saison précédente et s’était d’ailleurs engagé oralement avec Anderlecht. Mais au moment d’y signer son contrat, il se ravisa car il avait appris que le Sporting mauve ne comptait pas lui attribuer une place de titulaire. C’est ainsi qu’il préféra demeurer au RWDM et découvrir la D1 en notre compagnie. 

Quelques transferts tardifs furent réalisés en dernière minute. Cette fois, il s’agissait de joueurs utiles à l’équipe, comme le routinier Kris Temmerman (une dizaine de saisons en D1 avec Alost) et Marius Mitu, un Roumain incroyablement doué techniquement. Mitu avait, quelques années auparavant, joué quelques matches pour le compte de La Louvière lorsque que Smets y était entraîneur. Il voulait retenter sa chance en Belgique et contacta à cet effet Freddy « Break Even ». Il ne lui fallut qu’un match amical, à Nivelles, pour convaincre. Bizarrement, le seul autre club intéressé était l’US Centre, en Promotion! Après cette rencontre, j’eus l’occasion de discuter avec lui (et de lui payer une bière!). Incroyablement, il estimait ne pas avoir le niveau de la D1 belge! Bluff ou manque de confiance en lui? Il y eut aussi le joueur de l’équipe réserve d’Anderlecht, Ivica Jarakovic, à propos duquel je persiste à dire qu’il n’avait pas le niveau de D1, malgré quelques buts en fin de saison dont notre dernier officiel. Jarakovic avait déjà failli nous rejoindre en 1999-2000 et s’était même entraîné à quelques reprises avec notre club. Mais il estimait que la D2 était un nouveau trop bas pour lui et préféra demeurer à Anderlecht. Après son épisode molenbeekois, il s’est retrouvé à Courtrai, en…D3! L’ex-international Espoirs français Bernard Allou qui, depuis ses bons débuts au PSG, avait pas mal bourlingué, au Japon et en Angleterre, rejoignit également notre club. Drôle de joueur que cet Allou. Capable du meilleur comme du pire. De ses nombreuses expéditions africaines, Freddy Smets ne ramena que le seul Eric Matoukou, un jeune défenseur camerounais de 17 ans. Matoukou jouait pour Pyramides Mfou, en D2, club avec qui le RWDM avait conclu un partenariat. Et club dont nous n’avons plus jamais entendu parler par la suite…

Mais l’arrivée la plus étonnante de cet entre-saison difficile fut sans conteste celle de Jean-Marie Pfaff. Depuis sa retraite sportive, sa carrière, d’entraîneur tout d’abord et de manager ensuite, fut pour le moins peu concluante. Eric De Prins engagea ce dernier afin de trouver des sponsors pour le club. Une fois de plus, ce fut un fiasco. La seule chose qui resta de son passage, ce furent les sièges rouges avec l’inscription ‘RWDM’ qui garnissent la tribune L’Ecluse. Il promit un car flambant neuf qui n’arriva jamais, ayant soi-disant subi un accident de la route en Allemagne. Je ne suis jamais parvenu à comprendre les raisons de sa venue chez nous, quoi que j’entendis certaines rumeurs à propos de « services rendus » mais, une fois de plus, je préfère ne pas insister. Avec ses cols de chemise sponsorisés, Pfaff faisait plus clown qu’autre chose. Son engagement constituait le plus bel exemple de gestion catastrophique de notre club. Son seul apport visible fut à mon sens la pose des nouveaux sièges rouges et noir dans la tribune L’Ecluse avec les lettres « RWDM » en filigrane.














Après le match amical à Beringen contre le Lierse (21/7/2001) avec Zean-Marie et Zob

Autre exemple de cet amateurisme d’un autre âge : une seule rencontre de préparation était prévue contre un adversaire de D1, le Lierse. On nous expliqua que cette campagne de avait déjà été organisée plusieurs semaines avant la fin de la saison 2000-2001 et qu’elle avait été faite en fonction de la D2. Et qu’il était trop tard pour revenir sur nos engagements… Résultat, une succession de matches contre des équipes de D3, Promotion et même de Provinciale. Perdus là-dedans, deux matches contre des D2, un contre une D1 et une contre une équipe étrangère, les FAR Rabat, rencontre conclue dans le cadre du transfert d’Ouchla.

Ces parties ne nous apprirent donc pas grand-chose quant à nos capacités de maintien parmi l’élite. Mais cela ne nous empêcha pas de nous y amuser, et de noter de nouveau quelques situations surréalistes. J’en ai retenues trois. La première, c’était lors de notre déplacement à Wetteren. Le club (et la presse) avait annoncé que le coup d’envoi était fixé à 19h30. Croyant être bien à temps en se pointant vers 19h15, quelle ne fut pas notre (mauvaise) surprise de voir que le match avait déjà commencé depuis un quart d’heure. La deuxième, ce fut la rencontre au White Star Woluwé où la police locale imposa une ségrégation entre supporters… Contre une Provinciale, cela frisait véritablement le ridicule. Mais dans ce domaine, le pire était encore à venir. Nous eûmes toutes les peines du monde à organiser un match contre… l’Union! Match à risques, décréta la police Saint-Gilloise… En fait, le seul risque que comportait ce genre de match, c’était le coma éthylique, tant les deux camps de supporters sont réputés pour leurs cadences infernales au bar. Finalement, ce match eut lieu à Overijse, où il n’y eut bien entendu aucun incident à déplorer. Les supporters du RWDM et de l’Union se sont toujours très bien entendus. Et pour cause, il s’agit des deux seuls grands clubs véritablement Bruxellois. Lors de ces matches amicaux, nous vîmes défiler une impressionnante armada de tests plus exotiques les uns que les autres, sans beaucoup de résultats. Et je passerai sous silence les diverses rumeurs de transferts, cela serait trop fastidieux. Parfois, certains joueurs, en général des has-been, débarquaient à Bruxelles, s’entraînaient une fois ou deux et repartaient illico. En attendant, cela occasionna pas mal de dépenses inutiles…

Notre grand retour ne se présentait pas sous de bons auspices. Pour notre premier match en D1 depuis mai 1998, nous devions nous rendre à Lommel, soit l’autre promu. Un parfum de D2 flottait donc sur ce match. Le RWDM fit beaucoup plus que jeu égal avec ses hôtes, mais nos attaquants loupèrent tout. Vers la 35ème minute eut lieu le tournant de la rencontre. Suite à une approximation de Kargbo, Wilfried Godart fut obligé de commettre une faute sur l’attaquant local qui se présentait seul devant lui. Carte rouge justifiée et montée au jeu de Doumen, à la place de Ricardo Magro. Magro était un jeune joueur qui s’était montré assez convaincant lors de la préparation. Sa titularisation constitua néanmoins une petite surprise, mais pas son retrait. Il se justifiait car, à dix contre onze, il fallait songer à préserver un point. Mais Magro critiqua cette décision dans la presse… C’était aussi la dernière fois que nous vîmes Wilfried Godart à l’œuvre. Suite à son expulsion et à la suspension qui en résulta, il perdit sa place au profit de Gert Doumen. Ce qui ne fut pas du tout de son goût. Il demanda, et obtint, son transfert. Charleroi l’engagea, comme second gardien. « Durant l’entre-saison, Enzo Scifo m’avait déjà sollicité. Il m’avait vu à l’œuvre pendant le tour final et me voulait à Charleroi. Mais j’avais reçu l’assurance que je débuterais la saison en tant que titulaire et je décidai de rester au RWDM. Pendant toutes ces années, j’avais dû me contenter d’un statut de réserviste en D1 derrière Dirk Rosez. Enfin, j’allais être titulaire en D1. Mais je sentais bien que quelque chose clochait. Durant toute la semaine qui précédait le match de Lommel, Freddy Smets fit pression sur Patrick Thairet afin qu’il fasse jouer son transfert, Gert Doumen. Un quart d’heure avant le coup d’envoi, il revint encore à la charge. Mais Thairet ne céda pas, et je débutai la partie. Malheureusement vint cette carte rouge et Doumen prit ma place. Je compris immédiatement que mes jours au stade Machtens étaient comptés. On ne voulait plus de moi et je repris contact via mon manager avec Scifo. Quelques semaines plus tard, j’étais Carolo. » A un quart d’heure de la fin, suite à une sortie hésitante de Doumen, Lommel ouvrit la marque. Notre retour se solda donc par un échec, immérité car notre équipe avait été meilleure que sa rivale.

Pour notre première à domicile, l’équipe s’inclina face à Charleroi par le plus petit écart. Nous avions fait jeu égal avec nos adversaires mais ceux-ci s’imposèrent sur un splendide but inscrit en fin de partie par Rojas. 0 sur 6, cela commençait on ne peut plus mal. Au Standard, nous crûmes pendant quelques minutes au miracle lorsque Kolotilko marqua notre premier but de la saison d’une superbe reprise de volée. Mais, en peu de temps, les Liégeois redressèrent la situation et empochèrent les trois points sur deux buts de Goossens.

Après ce déplacement à Sclessin, le RWDM affronta en match amical l’équipe de D1 hollandaise du FC Den Bosch. Suite à une paranoïa aiguë dans le chef des autorités, ce match eut lieu un vendredi après-midi et avait été annoncé à guichets fermés, ce qui était faux mais découragea pas mal de supporters de faire le court déplacement Outre-Moerdijk. Seuls Everton, 2be3 et Speedy assistèrent à ce qui fut en définitive le dernier match du RWDM contre une équipe étrangère… Ce fut aussi le dernier match de Godart sous le maillot molenbeekois. Pour palier son départ, le club engagea le gardien réserve de Beveren, Kris Van de Putte.

Nous recevions ensuite le Germinal Beerschot pour le premier match de notre histoire face aux fusionnés anversois. Après 17 minutes, Paul Kpaka se fit déjà regretter en faisant 0-1. Avant le match, tout le monde était sûr et certain que notre ancien joueur marquerait contre nous. Laurent Fassotte égalisa ensuite sur penalty mais les Anversois reprirent l’avance en deuxième mi-temps. Le RWDM arracha quand même son premier point de la saison grâce à une superbe action de David Rimbold sur le flanc gauche : un débordement suivi d’un centre parfait pour la tête de Kolotilko. Etait-ce le vrai départ? Non. Car contre Saint-Trond, nous concédions une nouvelle défaite : 1-2, malgré un nouveau but de Kolotilko. Cela commençait déjà à gronder dans les tribunes, certains réclamaient la tête de Patrick Thairet, mais le plus grand nombre critiquait surtout la politique de transferts de Freddy Smets.

Le déplacement à Mouscron revêtait déjà une certaine importance. Les Hurlus avaient également mal commencé leur saison mais ils s’imposèrent sans rencontrer de grandes difficultés par 4-1, notre but étant inscrit par Bernard Allou à quelques minutes de la fin. La tête de Patrick Thairet ne tenait plus qu’à un fil et elle allait tomber à l’issue de la défaite à domicile contre Westerlo. Pour s’imposer, les Campinois n’eurent besoin que d’un petit but, consécutif à une erreur du jeune Nicolas Timmermans qui faisait ses grands débuts. Après la rencontre, Thairet était limogé. Dans les semaines qui suivirent, le club fit signer plusieurs joueurs qui allaient, au contraire de la plupart des transferts réalisés durant l’entre-saison, tous s’avérer être des plus pour l’équipe. L’attaquant tant attendu débarquait enfin. Il s’agissait de l’expérimenté Kenyan de Genk, Mike Origi. Le milieu de terrain bosniaque de Gand, Edin Ramcic, et l’ancien arrière latéral espoir de Beveren, Jimmy Smet, qui venait de l’Iraklis Salonique, furent également engagés. Une kyrielle de joueurs, plus de 40, était sous contrat. Certains, comme Dosunmu, Vandewalle, Sukama ou De Broyer, étaient prêtés à des équipes de D3 mais le RWDM était censé continuer à payer leurs salaires. La masse salariale était disproportionnée pour un club tel que le nôtre et nous courrions à notre perte. Dans le souci d’absolument sauver sa peau sur le terrain, on engagea donc ces joueurs, sans pour autant les payer pas à leurs anciens employeurs lorsqu’il y avait lieu de la faire. Nous foncions droit dans le mur mais à ce moment-là, nous ne le savions pas…

Pour remplacer Patrick Thairet, le RWDM porta son choix sur Emilio Ferrera, qui venait d’être limogé par Beveren dans des circonstances étranges. Marc Wuyts, qui dirigeait l’équipe réserve, devint son adjoint. Malgré la lourde défaite initiale à Lokeren (4-0), ce qui portait le bilan du début de saison à une médiocre 1 sur 24, Ferrera s’imposa ensuite comme un maître-tacticien. C’était un jeune entraîneur qui avait notamment eu une expérience à l’America Mexico en tant qu’adjoint de Leo Beenhakker et que l’on voyait souvent sur les plateaux télé où il distillait tout son savoir sous les yeux admiratifs des animateurs. Mais il ne sera jamais populaire auprès des supporters qui lui reprochaient son attitude distante, voire hautaine. Rapidement, il fut surnommé « Don Emilio » par les sympathisants molenbeekois. Je voudrais préciser que Ferrera fut la seule personne contactée pour ce livre qui ne daigna pas me laisser ses coordonnées pour répondre à quelques petites questions…













Emilio Ferrera (ici donnant ses consignes à Laurent Fassotte). Un grand entraîneur, mais…

Sous la houlette de Ferrera donc, le RWDM remporta sa première victoire de la saison, face à son ancien club de Beveren, sans problème : 3-0. Mike Origi avait marqué son premier but, tout comme Lambert Smid, dont ce sera le dernier. A partir de ce moment-là, nous allions commencer à aligner de plus en plus de performances pour le moins étonnantes. A l’Antwerp, Kolotilko et Origi inscrivirent les buts d’une victoire aussi méritée qu’inattendue. Et contre La Louvière, alors que le match était plutôt équilibré et à vrai dire, pas très passionnant, Jonathan Butera, seulement au jeu depuis quelques minutes, nous donna la victoire sur un but magnifique.

Le derby s’annonçait bien. Je n’eus pas l’occasion d’y assister car j’avais réservé depuis plusieurs mois un voyage en compagnie d’Everton et de nos tendres moitiés en Birmanie et en Thaïlande. Alors que nos couleurs arrachaient de haute lutte un nul plus que mérité au Parc Astrid (ce qui portait à six le nombre de matches consécutifs sans défaite face aux Mauves), nous étions dans un bus brinqueballant au fin fond de la Birmanie. Nous ne connurent le score que deux jours plus tard, en téléphonant au secrétariat du club (en Birmanie, Internet est interdit). Par la suite, en apprenant plus de détails, nous avons également su que le score de 2-2 était en réalité un gros vol et que nos couleurs auraient dû s’imposer sans la participation partiale du corps arbitral. Alors que le score était de 1-2 en notre faveur, Kolotilko inscrivit le numéro 3 mais il fut annulé pour un hors-jeu imaginaire.

















3/11/2001 – Anderlecht-RWDM (2-2). Kargbo à la lutte avec Mornar (sponsorisé par Madonna, no comment…) lors du dernier derby disputé au Parc Astrid.

Le premier tour de la coupe de Belgique fut aisément passé, 4-0 contre Hamme et Piet Verschelde, avant que le RC Genk ne vienne mettre un terme à l’euphorie ambiante en venant s’imposer 2-5 au stade Machtens.

Pour notre retour en Belgique, le RWDM se déplaçait à Alost. Menée 2-0 après seulement une vingtaine de minutes, notre équipe ne se démonta pas et l’emporta, somme toute relativement facilement, par 2-4. Kris Temmerman avait inscrit notre premier but face à ses anciennes couleurs. La défaite contre Genk ne semblait avoir été qu’un incident de parcours, ce que confirma notre succès au Lierse où, après un but de Gadiaga, notre équipe redressa remarquablement la barre par Fassotte et Kolotilko. Nous remontions au classement et commencions tout doucement à envisager un maintien sans trop de problèmes.

Mais les deux dernières rencontres disputées avant la trêve se soldèrent toutes deux par une défaite, contre Bruges et Gand. Le FC Bruges, qui luttait avec Genk pour le titre, vint s’imposer par 2-3 au Machtens. Le score serré ne reflétait pas la domination brugeoise. Les visiteurs menaient par 0-3 lorsque Kolotilko inscrivit un but absolument superbe : un tir pratiquement du milieu du terrain qui laissa Verlinden sans réaction. Origi fixa le score final dans les derniers instants et nous faillîmes encore égaliser. Entre ces deux défaites à domicile, nous nous étions faits éliminer en huitièmes de finale de la coupe à Mouscron. Dans le stade, il y avait presque autant de supporters molenbeekois que de locaux. Le légende, savamment entretenue par les médias, qui dit que Mouscron est un des meilleurs publics du pays en prenait un coup : à peine quelques centaines de supporters Hurlus s’étaient déplacés pour l’occasion. Malheureusement, Emilio Ferrera jugea que la coupe passait au second plan et ce fut une équipe du RWDM moyennement motivée que nous vîmes à l’œuvre au Canonnier. Origi était bien parvenu à égaliser, mais lorsque Mouscron reprit l’avance peu après, nous savions que notre élimination était consommée. A l’époque, personne ne se doutait que nous avions vu là la dernière rencontre de coupe de Belgique disputée par le RWDM, plus de 28 après la première joute officielle du club dans cette même compétition, face à Lauwe. Ensuite, Gand vint également gagner chez nous par 0-1 au cours d’un match nettement plus calme. La troisième mi-temps fut moins calme, car je me rappelle être resté plus que de raison au Nouveau Daring. En ce temps-là, nous n’étions encore préoccupés que par l’aspect sportif des choses. Heureuse époque! L’année 2002 se profilait à l’horizon. Personne ne s’en doutait, mais cela allait être l’année la plus horrible de notre vie de supporters du RWDM. Si on nous avait dit à ce moment-là de quoi elle serait faite, personne n’aurait pu croire ne fût-ce qu’un seul instant que cela pouvait arriver. Et pourtant… Nous allions aller de désillusions en désillusions. D’espoirs déçus en espoirs déçus. A part quelques succès remportés sur le terrain qui doit, après tout, être le seul endroit qui importe, cette année ne fut constituée que de malheurs. Quand j’y pense aujourd’hui, je me demande encore comment tout cela a pu être possible. Je ne parviens toujours pas à y croire.

L’année 2002 commença pourtant sur une note positive pour quelques supporters qui accompagnèrent l’équipe en stage à Agadir. Ce voyage au Maroc fut rendu possible par un des nos sponsors, Royal Air Maroc, qui prit en charge tous les frais.













Les joueurs lors du stage à Agadir.

Je ne voudrais pas oublier de mentionner le départ en fin d’année de Tommy Careel à Deinze. Careel n’était jamais parvenu à s’imposer au RWDM, club contre qui il s’était toujours distingué avec Ingelmunster. Si j’en crois mon ami Speedy, c’est lui qui souffla son nom à Freddy Smets en fin de saison dernière et, quelques semaines après, il était molenbeekois. Curieuse coïncidence… Le souvenir des charmes multiples de la station balnéaire marocaine était peut-être encore présent dans les esprits des joueurs lorsqu’ils affrontèrent Lommel. Les Limbourgeois, déforcés, vinrent s’imposer 0-1 sans que nous n’ayons pu revendiquer mieux. Emilio Ferrera avait aligné le pauvre Jona Butera en pointe à la place de Kolotilko, suspendu.

C’est deux jours après cette rencontre que l’on apprit le décès de Jean Dockx, l’un de nos anciens entraîneurs. S’il fut surtout regretté du côté du Parc Astrid, Jean Dockx avait à sa façon marqué l’histoire du RWDM. C’est son transfert du Racing White vers Anderlecht en 1971 qui permit au club de constituer l’ossature de l’équipe championne 74-75. Et, surtout, son passage aux commandes de l’équipe en 82-83 fut beaucoup trop court. Les joueurs de son époque que j’ai pu rencontrer m’ont tous confirmé qu’il s’agissait d’un très bon entraîneur et que son séjour chez nous fut trop bref. Après le regretté Felix Week, c’était le deuxième de nos mentors qui nous quittait. Il est simplement dommage que personne au RWDM n'ait songé à lui rendre hommage.

Notre équipe enchaîna ensuite avec sa quatrième défaite consécutive, 3-1 à Charleroi. Le spectre de la relégation était de nouveau bien présent, surtout que les joueurs n’avaient pas semblé être intéressés outre-mesure par la rencontre… Nous nous reprîmes de manière magistrale le dimanche suivant face au Standard. Pour la première fois depuis longtemps, Canal Plus daigna reprendre le chemin du stade Machtens. Candidats au titre avoué à ce moment du championnat, les Liégeois ne semblaient pas considérer le RWDM comme un adversaire particulièrement dangereux. Quelques-uns de leurs joueurs africains étaient partis disputer la CAN et le club de Sclessin avait demandé (et obtenu) le report de sa rencontre face au GBA. Par contre, ils voulaient jouer contre nous. Le RWDM, survolté, disputa un match superbe. Menant 0-1 à la mi-temps et croyant sans doute avoir fait le plus difficile, le Standard fut submergé par notre équipe qui inscrivit les deux buts de la victoire en deux minutes, par Allou et Origi. Dans les buts, Van de Putte arrêta tout. La tactique déployée par Don Emilio avait suscité bon nombre de commentaires étonnés dans les tribunes : pas de Kolotilko, à qui Jarakovic avait été préféré, et Origi au milieu du terrain. Après coup, tous reconnurent que ce fut un coup de maître. Ce match s’était disputé dans une ambiance formidable dans les gradins. C’est peut-être la toute dernière fois que nous fûmes heureux d’être Molenbeekois, sans avoir à se soucier du lendemain. De temps en temps, des supporters du club français du SCO Angers venaient nous rendre visite. Voici ce qu’ils écrivirent sur leur site Internet à propos de ce match : « Que dire du match??? Le pied… Des chants puissants, un kop rempli "émoustillé", de la bière à flots, deux buts, une victoire, quelques mouvements de foule, de grilles et une buvette sensationnelle sous la tribune. » Lorsque l’on relit cela à l’heure actuelle, cela fait encore plus mal de se dire que nous avons aussi perdu tout cela…

La semaine suivante au GBA, dans un Kiel méconnaissable pour ceux qui y avaient été plusieurs années avant du temps du Beerschot, eut lieu un petit miracle. Le score était passé à 2-0 pour les Anversois à un quart d’heure de la fin lorsque Ferrera fit entrer Ricardo Magro « pour lui donner un peu de temps de jeu ». Le Belgo-Sicilien, 19 ans, reprit d’abord un penalty de Fassotte sauvé par le gardien et, à trois minutes de la fin, il réussit l’exploit d’arracher le match nul. Et encore, Jarakovic loupa une balle de troisième but! Incroyable match que celui-là, qui restera un excellent souvenir. Pour l’occasion, nous avions reçu la visite d’un globe-trotter Anglo-Australien, Brian, que Louvressac et moi avions rencontré en Jordanie près de trois ans auparavant et qui avait donc complété ses expériences diverses aux quatre coins du monde par un match des « Mighty Molenbeek ». Et quel match! Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes…jusqu’à ce moment-là.

Trois jours après cette partie, les joueurs se mirent une première fois en grève pour protester contre les retards de leurs salaires. Ce n’était pas la première fois que cela arrivait au RWDM, surtout ces dernières années, et, par conséquent, cette nouvelle était presque passée inaperçue. C’était pourtant le début d’une longue agonie… Le football seul continuait à occuper nos esprits. A Saint-Trond, notre équipe réalisa un hold-up. Dans le petit stade du Staaienveld et face à son public on ne peut plus hostile, Origi transforma notre première occasion et, à 4 minutes de la fin, alors que le marquoir indiquait la parité, un défenseur trudonnaire commettait une incompréhensible et inutile faute de main dans son rectangle. Kolotilko, au jeu depuis peu, transforma le penalty. 1-2 et une nouvelle victoire.














10/2/2002 St Trond-RWDM (1-2). Le match vu de la “cage” dévolue aux visiteurs du Staaienveld. En déplacement, le respect aux supporters adverses est souvent minimal.

A ce moment-là, on commençait tout doucement à parler de la licence pro. Nous étions mi-février et le dossier devait rentrer à la commission des licences pour la fin du mois. Freddy Smets, nommé manager général depuis peu, continuait ses excursions africaines. Un nouvel accord de partenariat avait été conclu avec le club guinéen Hafia Conakry. Plusieurs joueurs devaient débarquer à Bruxelles mais aucun n’avait le niveau. C’était un peu comme la kyrielle de Brésiliens qui étaient venus passer quelques jours chez nous à l’instigation de « nouveaux investisseurs brésiliens », dixit le président De Prins. Aucun n’aurait même pu revendiquer une place au sein d’une équipe de Promotion aux dires de ceux qui les virent à l’œuvre à l’entraînement. Cela partait dans tous les sens. Cela ressemblait surtout à du n’importe quoi. Entre-temps, El Hocine Ouchla était reparti, définitivement, au Maroc. Il accusa le club de ne pas l’avoir aidé à faire venir sa femme en Belgique, mais il y avait, selon certains « insiders », d’autres raisons. En plus de ne pas jouer, Ouchla n’était, comme d’autres, tout simplement plus payé malgré son petit contrat. Tout commençait à s’effriter et nous avions l’impression que certains profitaient un maximum de ce début de chaos. Le club n’était plus géré, tout simplement. De Prins n’était pas assez présent pour empêcher cette anarchie. D’ailleurs, aux dires mêmes d’un vieux et très connu serviteur du club que je préfère ne pas citer, il aimait surtout jouer au Président. « Oui, il préférait donner du Monsieur Le Président De Prins et passer son temps libre au restaurant plutôt que de gérer convenablement le club. A force de déléguer tout le temps, nous foncions tout droit dans le mur. S’il à certes mis de l’argent dans le club – ou celui de sa famille plutôt, qu’ils lui réclamèrent ensuite – ce n’était que pour boucher certains trous à coups de millions. Mais jamais pour surveiller ce que l’on en faisait… Jusqu’au moment où la source était tarie et que de moins en moins de monde était payé. »

Le match face à Mouscron, se solda par un nul 1-1. Les Mouscronnois qui, après leurs débuts difficiles, remontaient au classement (ils allaient d’ailleurs se qualifier pour la coupe UEFA), ne durent leur salut chez nous qu’à un incroyable raté de Jarakovic. Le Yougoslave, qui avait inscrit son premier but en début de partie, se retrouva isolé devant le but vide à quelques mètres seulement de celui-ci. Et, de manière incompréhensible, il expédia le ballon sur la transversale. Une scène digne du traditionnel bêtisier de fin d’année. Sur ce coup-là, il méritait le surnom que lui affublèrent certains supporters : « Jarakletovic ». Et puis, dans le courant de la semaine qui suivit, débarquait au RWDM un homme plus que controversé : Patrick De Cock. En vue d’obtenir la licence pro, De Prins s’allia avec la firme néerlandaise Sportico, qui dépêcha De Cock au stade Machtens. C’est De Prins qui aurait prit seul l’innitiative d’engager le sulfureux Flandrien. Pourtant, un dossier de licence était déjà en préparation, par Mr Feller, avocat de la commune. Mais selon De Prins, De Cock était l’homme de la situation. A partir de ce moment-là, la presse tant écrite que télévisée se déchaîna. Ce De Cock était peut-être un personnage peu recommandable mais il semblait carrément être accusé de tous les pêchés d’Israël. Que lui reprochait-on? De Cock avait été condamné l’année précédente à un an de prison pour abus de confiance et escroquerie, ce qui lui avait valu d’être licencié par l’Eendracht Alost (au moment de mettre la touche finale à cet ouvrage, je vient d’apprendre que cette condamnation a été confirmée et que De Cock doit bel et bien la purger). Avant cela, il fut actif dans le monde du basket, au Brother Gand et à Okapi Alost. Et qui était-il? Pour l’avoir rencontré à plusieurs reprises lors de réunions « d’information » aux supporters organisés par lui-même, c’était certainement un beau parleur. Quelqu’un qui avait l’air très convaincant mais qui racontait souvent les mêmes histoires.

Pratiquement dès le début, deux ou trois semaines après son arrivée au club, il demanda à parler aux supporters afin de nous expliquer la situation. Il nous dit, entre autres choses, que pour obtenir la licence, le club allait employer la tactique de la cession de patrimoine, utilisée la saison précédente par Charleroi. Aujourd’hui, tout le monde sait qu’il échoua et qu’il quitta le club peu de temps après. Pourquoi? Je n’en connais pas les raisons exactes. Mais ce qui est certain, c’est qu’il avait très rapidement mis le doigt sur les nombreuses choses qui clochaient au RWDM. Sur des magouilles internes qui s’y déroulaient régulièrement. Lors de ces réunions, il nous parla longuement de ces choses, qui n’étaient en fait que des secrets de polichinelle pour bon nombre d’entre nous, come par exemple des contrats octroyés à certains joueurs et dont ils ne percevaient qu’une petite partie (et encore, quand ils étaient payés), le reste filant dans la poche de « managers », comme un certain Freddy Smets. Il nous montra également certains documents (faux?) prouvant, soi-disant, que le club s’était acquitté d’un bon nombre de dettes, comme les transferts de Fassotte (Standard), Kargbo (Feyenoord), Origi (Genk) ou Jarakovic (Anderlecht). Il apparut plus tard que certains étaient des leurres, comme celui concernant Kargbo par exemple. Mais à ce moment de mon récit, personne parmi nous n’avait encore vu De Cock. Nous nous rendions à Westerlo, pays de la Tongerlo. Une lourde défaite par 4-0 sanctionna ce déplacement, ce qui faisait quatre défaites en autant de rencontres de championnat contre cet adversaire.

Mais peu de gens parlèrent de ce match. Ce qui intéressait les médias, c’était De Cock. Notamment la DH, qui nous compara au Marseille de Tapie. Nous avions même eu les honneurs du très sérieux et pas du tout footeux « Financiele Economische Tijd »! Nos sponsors aussi s’y mirent. La Fondation du Cœur, dont le logo ornait le dos de nos maillots, se retira et exigea que le cœur brisé soit ôté des équipements. Daoust Interim, le sponsor principal, menaçait d’en faire de même. Et le bourgmestre de Molenbeek, Philippe Moureaux, se joignit à cet harmonieux concert de reproches. De Prins se justifia en arguant qu’il fallait absolument que le club obtienne sa licence et que la fin justifiait les moyens. A la fin du mois de février, tous les dossiers devaient être rentrés à l’UB, le nôtre arrivant comme par hasard en retard…

C’est dans ce climat très particulier qu’eut lieu la désormais traditionnelle kermesse de notre club de supporters, au Nouveau Daring (les trois précédentes avaient eu lieu au Socios club), le week-end du match contre Lokeren, remporté par 1-0 sur un but de Kris Temmerman. Le maintien sportif ne faisait pratiquement plus aucun doute. En théorie, tout aurait dû être réuni pour passer une agréable fin de saison, sans stress. De condamnés pratiquement certains en début d’exercice, voilà que nous nous dirigions vers le ventre mou du classement. Mais non. Cette histoire de licence empoisonnait la vie de tout le monde.












Lors de notre traditionnele kermesse, Patrick De Cock explique à Casimir et au Lange comment sauver le RWDM…

Au sein du club, les remous en tous genres continuaient. Freddy Smets, plus du tout en odeur de sainteté depuis l’arrivée de De Cock et une fois de plus en Afrique, était sur la sellette et son départ était imminent. Nommé manager général du club, il était désormais sur une voie de garage et son niveau de popularité aux yeux des supporters était proche du néant. On l’accusait de se remplir les poches et surtout de dilapider un peu plus l’argent du club en dépenses inutiles lors de ses périples africains. En quelques mois, il avait gaspillé tout son crédit auprès de nous. Un exemple de la qualité de son travail : en équipe réserve jouait un jeune attaquant congolais prometteur, Nong (aujourd’hui à Visé). Après plusieurs très bons matches, Emilio Ferrera voulut lui donner sa chance en équipe première. Mais il y a avait un problème, et de taille : le joueur n’avait pas de permis de travail! Cela faisait quatre mois qu’il était là et sa situation administrative n’avait pas encore été réglée. Il faut dire que selon son contrat, il devait gagner 120.000 FB mais qu’en réalité, il n’en recevait que 20.000! La différence? Dans la poche de son peu scrupuleux manager? Poser la question, c’est y répondre… De plus, les relations de Smets avec Emilio Ferrera étaient on ne peut plus tendues. A propos de Don Emilio, celui-ci manifestait de plus en plus son intention de quitter le club. Prétextant un manque de réactions de la part de la direction pour la prolongation de son contrat, il avait peut-être au contraire senti le vent venir. Il s’allia au FC Malines, qui était en passe de remonter en D1. Mais quelques semaines plus tard, alors que les Malinois connaissaient également des problèmes concernant leur licence, il renia sa parole et signa avec le Lierse. Beaucoup de gens s’accordent à dire qu’Emilio Ferrera possède énormément de qualités pour réussir dans son métier d’entraîneur et aller très loin. Son parcours actuel semble en tout cas le démontrer. Mais je pense que pas mal de gens l’attendent au tournant et ne seront pas mécontents le jour où il se « plantera ». Pour ma part, je n’ai jamais oublié qu’il déclara à la presse, alors que le club avait déjà été radié à l’UB, qu’il n’avait aucune pitié pour notre sort car il ne pouvait pas en avoir pour un club qui ne l’avait plus payé. Je comprends qu’il ait de la rancœur à l’égard des anciens dirigeants. Mais un club, c’est tout de même autre chose. Et plus particulièrement des supporters qui, pour la plupart, n’ont qu’une équipe dans leur vie. Les joueurs, entraîneurs et dirigeants passent, les supporters restent. Les uns ne retrouveront plus jamais d’autre équipe à supporter, les autres peuvent tous retrouver un employeur un jour ou l’autre… Coïncidence, le successeur d’Emilio n’allait être autre que son frère aîné Manu Ferrera, ami de De Cock et entraîneur d’Alost lors du séjour de ce dernier au Cornelisstadion. Manu Ferrera n’aura jamais l’occasion de travailler chez nous. Il ne signa d’ailleurs jamais de contrat…

Le match suivant nous opposait à Beveren, incontestable lanterne rouge et qui se sauvera en profitant des malheurs extra-sportifs d’autres clubs. Pour les pontes de l’Union Belge, le verdict du terrain n’importa donc pas le moins du monde en cette saison 2001-2002. Par une froide et venteuse soirée, le RWDM s’imposa 1-3. Nous avions rapidement pris l’avance par Origi et Magro face à une très faible défense locale, peu aidée par son gardien français Revel. Par la suite, les Beverenois revinrent dans le match, réduisirent l’écart et faillirent même égaliser. Heureusement, l’entrée au jeu de Fassotte, à qui Matoukou avait été préféré, rassura tout le monde et Mitu fixa le score final d’un superbe lob.

Mais les choses importantes n’avaient plus lieu sur le terrain, hélas! La commission des licences, tout en n’ayant pas encore rendu de verdict officiel, laissa entendre qu’Alost n’aurait pratiquement aucune chance de l’obtenir et que l’Antwerp et le RWDM posaient problème. L’Eendracht Alost se déclara en faillite, licencia ses joueurs, en réengagea quelques-uns à la semaine pour pouvoir terminer la saison et accepta sa relégation en D3. En faisant cela avant le 31 mars, ce club sauvait effectivement sa peau car il lui suffisait de payer ses dettes fédérales et de légèrement modifier son nom officiel (VC Eendracht Aalst 2002 au lieu de KSC Eendracht Aalst) pour pouvoir repartir en D3 en 2002-2003. Et ce, sans payer ses autres dettes, qui s’élevaient à près de trois millions d’euros. Tout le monde avait plaint les Alostois à cette époque. Mais ils avaient eu ô combien raison… Si, au lieu de s’obstiner en pure perte comme ils le firent, nos dirigeants avaient suivi la même voie, le RWD Molenbeek vivrait toujours à l’heure actuelle. En D3 certes, mais en vie… Même si, il faut l’admettre, à ce moment-là nous considérions une descente en D3 comme catastrophique et beaucoup de supporters ne l’auraient pas acceptée… Quelle ironie. Aujourd’hui, bien entendu, tout le monde ou presque signerait des deux mains pour cette solution. Je ne veux pourtant pas croire que c’est à cause de la pression des supporters que nos dirigeants s’obstinèrent de la sorte.

Mais nous n’en étions pas encore là. Pour l’heure, le RWDM jouait encore au football, et même pas mal du tout! Une victoire sans trop de problèmes sur l’Antwerp par 2-0 (dont un but de Thiago!), suivie d’une défaite 1-0 à La Louvière, concédée sur un penalty très léger furent les derniers résultats avant le verdict de la licence. Le match au Tivoli eut lieu un dimanche soir pour cause de retransmission sur Canal Plus. La chaîne cryptée avait choisi ce match lorsque les deux clubs se trouvaient encore en bas de classement. Depuis lors, ils s’étaient extirpés de la zone dangereuse suite à de belles séries de résultats. Pas de chance pour Canal!

Le lendemain de ce match somme toute anecdotique, le 25 mars, tombait le premier verdict de la commission des licences : le RWDM était recalé. Le changement de structure permettant le transfert de certaines dettes (les plus importantes évidemment) de l’ASBL RWDM vers une société anonyme était la cause du refus. La fédération estimait que ce montage financier ne donnait pas toutes les garanties de voir les créanciers honorés (alors qu’Alost, avec des dettes deux fois plus importantes que nous, n’a jamais payé personne et existe toujours). Le subterfuge imaginé par De Cock avait donc échoué. Ce dernier ne renonça pas (encore). Il annonça que le club interjetterait appel. Pourtant, malgré l’espoir que nous avions encore tous, croyant encore à l’époque que nos dirigeants allaient nous sortir de ce mauvais pas, je me souviens que je ne le « sentais pas » lorsque le président de la commission, Germain Landsheere (ancien manager de Waregem), annonça à la télévision, un sourire narquois et ironique aux lèvres, que le RWDM pouvait toujours faire appel s’il en avait envie… J’eus surtout l’impression que, quoi qu’il arrive, notre sort était déjà scellé. Attention! Je ne rends pas entièrement l’Union Belge responsable de notre mort, mais c’était presque à croire que cela l’arrangeait… La fédération de notre pays ne fait rien pour sauver ses membres. En Angleterre, par exemple, où Dieu sait que les montants impliqués sont nettement plus importants qu’ici, la Football Association agit lorsqu’un de ses membres professionnels est dans un sale pétrin. Donc, quand un club (pour l’instant il n’y eut que des cercles de divisions inférieures, mais eux aussi brassent plus d’argent que nos clubs de D1) connaît de sérieuses difficultés, la FA nomme un administrateur pour gérer le club, obligeant les dirigeants en place à déguerpir (parfois ce sont les clubs eux-mêmes qui sollicitent ce remède). Cet administrateur effectue de nombreuses coupes sombres et fait tout ce qu’il peut pour sauver le club qui, pendant cette période d’austérité obligée, continue à vivre et à disputer la compétition. Ensuite, lorsqu’il estime qu’il est assaini, il lui cherche un repreneur et lui permet de repartir sur de bonnes bases. Tout le monde est content : le club en difficulté survit et repart, financièrement, à zéro. Ici, bien entendu, rien de tout cela. Lorsque j’ai rencontré Jean-Marie Philips dans le cadre de cet ouvrage, je lui ai touché un mot de la méthode anglaise. Il me répondit qu’en Belgique, c’était juridiquement impossible… Mouais…

Deux jours après ce verdict, De Cock organisa une nouvelle réunion d’information pour les supporters. Un d’entre-eux, le Lange, prit des notes de ce que le Flandrien raconta. Plus d’un an après, lorsqu’on les relit et en connaissant une partie de la vérité, elles sont édifiantes. Les voici :


« -Le RWDM n’a pas encore sa licence

-L’UB a quelque chose contre le RWDM et est influencée en ce sens par le RSCA.

-Les obligations du RWDM sont toutes rendues.

-La décision a déjà été prise par l’UB il y a un ou deux mois.

-Ils ne pouvaient prendre une autre décision ce lundi de peur de perdre la face.

-Le RWDM a un lourd passé qui ne l’avantage pas et dont nous n’allons pas parler ce soir.

-L’UB a fondé sa décision sur le fait que le RWDM n’avait pas fourni de nouveaux éléments à son dossier :

Cela est totalement faux. 20 éléments nouveaux ont été introduit le 23/03/02 dont :

-Fassotte : 4.400.000 payé au Standard

-Anderlecht : Jarakovic est payé.

-Genk : Origi est payé (Genk a même écrit au RWDM pour lui témoigner de sa sympathie et son incompréhension dans la décision qui a été prise).

-ONSS : Le RWDM est le seul club en ordre (Standard : 250.000.000 à payer).

-TVA : Attestation en ordre.

-Le refus de l’obtention de la licence a été signé par l’avocat du KV Mechelen qui fait pression sur E.Ferrera depuis quelques semaines.

-Quoiqu’il arrive, le RWDM va attaquer l’UB, au civil en cas d’obtention de la licence et en référé, puis au civil en cas de refus de l’UB.

-Nous sommes sûrs à 102% d’avoir cette licence. »

Et dire que nous avons crû tout ces bonniments… Naïfs que nous étions…

Cette première condamnation coïncidait avec la venue d’Anderlecht, le lundi 1er avril (eh oui), de nouveau sous les caméras de Canal Plus. Ce fut le dernier derby RWDM-Anderlecht de l’histoire. Afin de marquer le coup et d’affermir notre soutien à la direction (aujourd’hui quand j’y pense, je me rends compte que nous avions faux sur toute la ligne mais à notre décharge, nous l’avons fait avec le cœur), la police nous avait autorisé à défiler sur le terrain avant le match avec des banderoles revendicatives. Avec quelques autres (nous étions aux moins une vingtaine), nous défilâmes sur la pelouse avec des slogans tels que « We Will Never Die » (magnifiquement réalisé par Ronald), « Investisseurs In, Magouilleurs Out », ou encore l’hilarant mais rétrospectivement plus que douteux « De Prins et De Cock ne sont pas Courtois mais honnêtes », fine allusion à Alain Courtois, alors à Anderlecht, plaisanterie que l’intéressé ne comprit même pas à l’époque (selon quelqu’un qui lui en parla après la rencontre). C’était une action on ne peut plus positive et surtout pacifique. Mais elle ne recueillit pratiquement aucun écho dans la presse. Bien entendu, ces Messieurs préfèrent des débordements avec un zeste de violence plutôt que de telles initiatives. C’est tellement plus facile et cela marque plus le coup. Ils peuvent alors prendre un air indigné (à la télé) ou utiliser un ton scandalisé en trempant leur plume dans le vitriol (dans les journaux). Mais là, il ne s’agissait que des quelques braves supporters clamant leur amour pour leur club et manifestant, un peu maladroitement, leur volonté de le voir survivre.













1/4/2002-RWDM-Anderlecht (2-3). Sur le terrain avant la rencontre (je suis derrière le panneau, on apperçoit seulement mon écharpe!). La montée des équipes sur le terrain.

Dans les tribunes, l’ambiance était magnifique du côté molenbeekois. Le Bloc A était plein comme un œuf et l’atmosphère électrique, comme si tout le monde se rendait compte qu’il s’agissait d’un derby encore plus spécial que les autres. Sur le terrain, le match fut pour le moins bizarre. Le pourtant toujours aussi mauvais M. Blareau fut obligé de nous accorder un penalty juste avant le repos pour une faute évidente de Crasson sur Jarakovic. Laurent Fassotte égalisa sur celui-ci et cinq minutes après la mi-temps, Origi nous donna l’avance. Du délire dans la tribune! Mais à partir de ce moment-là, Anderlecht domina les débats et inscrivit deux nouveaux buts, avant l’exclusion de Kargbo. Tout le monde était en définitive content : Anderlecht avait les trois points, nous avions démontré que nous n’étions pas encore tout à fait morts et la presse se réjouissait car le championnat n’était pas encore terminé (Le Soir écrivit la chose suivante, plus que douteuse : «la catastrophe a failli se produire : une fin de championnat sifflée par le RWDM à cinq journées de la fin ».) Sans oublier la fabuleuse interview de Don Emilio à Marc Delire avec à peu près ces mots-là : «Emilio, vous insinuez que les grandes équipes sont favorisées par l’arbitrage? » « Non! Est-ce qu’il y avait une grande équipe qui jouait aujourd’hui? »
















1/4/2002 RWDM-Anderlecht (2-3). Ambiance de feu dans le Bloc A / Mike Origi vient de nous donner l’avance.

Le lendemain de ce match, Freddy Smets était licencié. Une surprise pour personne.Par contre, de sombres histoires circulaient sur la recette de ce match contre Anderlecht, la plus belle de la saison. Certains affirmèrent que cet argent fila tout droit dans la poche d’un personnage peu scrupuleux. Pas de fumée sans feu, mais les initiés sauront de qui je parle. Il restait cinq matches. Les derniers, malgré notre espérance de l’époque.

Le suivant se déroulait à Genk, chez les futurs champions. Le stade avait bien changé depuis la dernière fois où nous nous y étions rendus. Mais l’ambiance, malgré la copieuse assistance (plus de 20.000 personnes), n’avait plus rien à voir avec celle que mettaient autrefois les supporters des deux clubs fusionnés, Waterschei et Winterslag, dans leurs stades respectifs. Autant ces clubs (surtout Winterslag) créaient des atmosphères hostiles aux visiteurs, autant ici, tout était aseptisé et les seuls chants résonnant dans le Fenixstadion étaient ceux des 200 Molenbeekois. Normal, c’étaient les seuls, ou presque, « vrais » fans de foot présents dans le stade. Les locaux ne sortirent de leur torpeur que lors des deux (beaux) buts marqués par Bernd Thijs qui leur donnèrent la victoire. Malgré cela, Van de Putte passa l’une des soirées les plus calmes de sa saison et nos joueurs avaient dominé l’essentiel des débats. Sans résultat, hélas. Cette défaite sera la dernière du RWDM en match officiel.

Le lundi suivant cette rencontre, De Prins, Schoonjans, De Cock et les avocats du club présentèrent devant la première chambre du Comité d’appel de l’Union Belge la plainte introduite à l’encontre de la décision défavorable du 25 mars. Et ils introduisirent un second dossier ayant, selon leurs dires, plus de chances d’aboutir que le premier (pourquoi alors l’avoir fait à ce moment-là et pas avant?). Le verdict devait être rendu le samedi suivant, soit le matin de notre match à domicile face au Lierse. Vers 11 heures, trois supporters étaient présents avenue Houba de Strooper, à la maison de verre, pour entendre le verdict public de l’appel : Everton, Obelix et moi. Confirmation de la première décision : c’était non. Motivation : absence de preuve du paiement des dettes s’élevant exactement à 1.457.486 euros. A la sortie, De Prins et De Cock vinrent à notre rencontre. Rétrospectivement, ce qui les intéressait surtout ce jour-là, c’était d’éviter tout débordement le soir même contre le Lierse. Ils firent imprimer et distribuer des tracts appelant au calme à l’entrée du stade. Ils poussèrent même le bouchon jusqu’à venir assister à la rencontre dans le Bloc A de la tribune 1, au milieu des supporters les plus « chauds ». A l’heure actuelle, certains repensent parfois à ce jour où ils avaient De Prins sous la main… Mais l’espoir était toujours de mise, puisque la direction avait décidé d’aller en évocation (l’équivalent de la Cour de cassation dans les juridictions ordinaires qui connaissent des faits nouveaux ou des vices de procédures). Mais le match fut néanmoins interrompu durant huit minutes en fin de première mi-temps lorsqu’un (UN SEUL) supporter pénétra sur la pelouse, de manière pacifique en plus. Evidemment, la presse s’empara de la chose en montrant sous tous les angles cette incursion et en la dépeignant comme un acte violent (tout comme la montée sur le terrain, autorisée par la police, à la fin du match de quelques centaines de supporters). Deux semaines auparavant, le défilé avant le match contre Anderlecht passa nettement plus inaperçu… Pour la petite histoire, le RWDM remporta cette rencontre assez spéciale par 1-0, Kolotilko nous donnant la victoire avant de se faire exclure de manière incompréhensible.













13/4/2002 RWDM-Lierse (1-0). Le matin de la rencontre, notre club s’était vu refuser une seconde fois la licence.

Le lundi suivant, Everton, Dikke et moi jouions un match de mini-foot avec notre équipe des Boys of Brussels (exclusivement composée de supporters du RWDM, condition sine qua non pour en faire partie). Après le match, qui s’était terminé vers 23h00, Obelix nous contacta pour nous demander de le rejoindre au « Madison », où il était en compagnie de De Cock et De Prins. Il leur avait parlé d’une idée lancée quelques jours auparavant, des cartes de soutien en faveur du RWDM afin de sensibiliser le grand public sur notre sort. Cette action prenait forme en étant soutenue par la direction. Ce soir-là, il n’y eut pratiquement moyen que de parler avec De Cock. De Prins n’était visiblement plus en état et il avait d’ailleurs d’autres préoccupations beaucoup plus prosaïques. A la fin de la (longue) soirée, un accord tombait : nous allions vendre des cartes de soutien de 50 et de 100 euros, le club s’engageant à déduire durant les deux saisons suivantes 25 ou 50 euros par abonnement acheté par un détenteur de cette carte. En cas d’échec pour l’obtention de la licence, nous nous engagions à rembourser toute personne qui le désirait. Trois jours plus tard, le jeudi 18 avril, une conférence de presse fut organisée dans les business seats du stade Machtens pour présenter notre projet baptisé « We Will Never Die » au grand public. Ce sera un moment incroyable. Toute la presse, télé, radio et écrite était présente. Le soir, nous nous vîmes à RTL, à la RTBF, à VTM et sur les chaînes régionales Télé-Bruxelles et TV Brussel. Le projet était lancé et durant plusieurs jours, nous visitâmes des commerces à Molenbeek mais aussi ailleurs à Bruxelles et même en Flandre pour laisser ces cartes en dépôt. 















L’affiche, la conférence de presse(de g à d moi, Ronald et Obelix) et une carte de soutien de l’action « We Will Never Die », une magnifique initiative des supporters du RWDM, malheureusement peu soutenue. Malgré l’échec, je suis fier d’en avoir fait partie.

Cette action dura jusqu’au moment où l’Union Belge rendit son dernier verdict, soit plusieurs semaines après. Elle permit de rassembler plus ou moins 25.000 euros, soit une goutte d’eau dans la mer de nos dettes. Certaines personnes émirent le souhait de se faire rembourser mais c’était loin d’être la majorité. Aujourd’hui, je suis fier de ce que nous avons essayé de faire mais cela me laisse un goût amer dans la bouche. Je dois dire que je pensais que nous allions pouvoir réunir une plus grosse somme et que l’intérêt de certaines personnes, anciens joueurs entre autres, serait plus grand… Naïveté sans doute. Quelques mois plus tard, le FC Malinois connu une situation similaire. Une personnalité médiatique flamande, Marc Uyterhoeven, de la VRT, prit les choses en main en fondant un groupe destiné à sauver le club malinois. Profitant de sa « célébrité » et de ses contacts pour organiser toutes sortes d’actions destinées à récolter des fonds, il parvint à sauver le club de la radiation. Chez nous, rien ni personne de ce genre de ne manifesta, malgré le sois-disant attachement à nos couleurs de certains « personnalités » similaires à Uyterhoeven… Triste… Après que le couperet soit définitivement tombé, cet argent attisa bien des convoitises. Mais j’en reparlerai.

Une bonne semaine après la conférence de presse, nous avions aussi fait imprimer des t-shirts avec la mention «Je soutiens l’action des supporters du RWDM – We Will Never Die ». que nous allions vendre au prix de10 euros. Ils partirent comme de petits pains, mais ce qu’il advint du produit de leur vente me rend furieux encore aujourd’hui… J’y reviendrai aussi. Pour l’antépénultième rencontre de la saison, nous devions nous rendre au FC Bruges, qui avait encore une petite chance de coiffer Genk pour le titre. Après avoir bénéficié d’une certaine dose de réussite grâce à l’incroyable maladresse de Mendoza durant le premier quart d’heure, nos joueurs s’enhardirent. Et peu avant le repos, Laurent Fassotte nous donna l’avance en reprenant un tir de Jarakovic que Verlinden avait repoussé sur le poteau.













21/4/2002 – FC Bruges-RWDM (1-1). Laurent Fassotte vient d’ouvrir la marque.

Une fois encore, malgré les circonstances plus que difficiles (ils n’étaient plus payés depuis plusieurs semaines), les joueurs avaient fait preuve de grand professionnalisme. En deuxième mi-temps, malgré tous les efforts de l’arbitre qui distribuait généreusement des cartons jaunes sur chaque intervention des nôtres et fermait les yeux sur certaines agressions brugeoises, nous tenions bon et l’exploit était en vue. Hélas, à un quart d’heure de la fin, Nicolas Timmermans, qui avait remplacé Kargbo blessé et dont cela allait être la dernière apparition sous notre maillot, commit une erreur de jeunesse en mettant la balle en touche inutilement. Bruges la joua très rapidement et Mendoza égalisa, de très belle manière. 1-1, c’était tout de même un très beau résultat.

Notre dernier match à domicile avait lieu contre Alost, qui se déplaçait avec une équipe de jeunes et de pigistes. Nos joueurs, attendant encore et toujours leurs salaires, avaient menacé une fois de plus de faire grève, mais étaient néanmoins présents sur le terrain. Un terrain où De Prins vint rassurer tout son monde en y tenant un petit speech certifiant que notre avenir était assuré… On sait ce qu’il en advint. Pendant ce temps, j’étais avec quelques camarades d’infortune en train de vendre des t-shirts à l’entrée de la tribune 1.













Lors de la vente de t-shirts avant le match contre Alost. De g. à d. Ronald, Cop et moi (déjà en deuil!).

Après la rencontre, des billets plein les poches, nous nous rendîmes dans les business seats où De Prins nous demanda de la rejoindre dans son bureau. Sa seule préoccupation était de savoir combien la vente avait rapporté… Mais pour l’heure, nous conservions cet argent sur le compte spécialement ouvert à cet effet. Un drôle de moment que celui-là. Plusieurs personnes n’en sortirent certainement pas grandies à mes yeux. Cet ultime match officiel au stade Machtens s’était soldé sur la victoire du RWDM par 4-3, dont un doublé de Jarakovic. A 16 minutes du terme, Marc Wuyts, devenu adjoint de Ferrera, monta au jeu afin de dire adieu à tout jamais au football de haut niveau.













28/4/2002 RWDM-Alost (4-3). Le dernier match officiel du RWDM au stade Machtens. A g., Kolotilko vient d’incrire le dernier but. A d., les joueurs arborant le t-shirt « We Will Never Die ».

Il restait un match à disputer, à Gand. Durant la semaine écoulée, des rumeurs avaient circulé sur un divorce entre De Cock et le RWDM. De Prins affirmait avoir trouvé des investisseurs disposés à éponger nos dettes mais ne voulant pas de De Cock. Pour l’heure, il n’en était rien, et l’homme de Sportico demeurait au club. A l’Ottenstadion, nos joueurs livrèrent une prestation magnifique et s’imposèrent par 3-5. Ce fut donc là que nous dîmes adieu au RWDM en compétition officielle. Comme si nos supporters s’en doutaient un peu, l’ambiance dans la tribune occupée par nos fans fut tout simplement exceptionnelle. Des chants et des encouragements de la première jusqu’à la dernière minute. C’est à Ivica Jarakovic que revint l’honneur d’inscrire le dernier but de notre histoire en championnat. Un certain Milambo Muswamba fut le dernier et 238ème joueur à officielement porter notre maillot en entrant au jeu à la 80ème minute.















5/5/2002- La Gantoise-RWDM (3-5). Les supporters du RWDM saluent le dernier but officiel du club. Snifff…..

Je serai toujours reconnaissant à nos joueurs d’avoir livré une telle prestation ce jour-là. Malgré leur situation très difficile, ils le firent pour nous, comme me le confirma Laurent Fassotte : « On se disait que c'était le dernier match de la saison et, peut- être, la dernière fois qu'on évoluait ensemble. Donc, on a tout donné pour nos valeureux supporters et pour vous remercier . C'était notre façon à nous de vous soutenir dans votre action RWDM NEVER DIE. » Après la rencontre, de retour au Nouveau Daring, la majorité des joueurs ainsi qu’Emilio Ferrera (avec qui j’eus « l’honneur » de m’entretenir quelques minutes et qui m’avait même paru sympathique) nous rendirent une visite qui se prolongea jusque très tard dans la soirée et fut ponctuée par une séance de karaoké du plus bel effet, avec Mitu et Fassotte en vedettes. Ainsi se terminait la saison sportive, à une incroyable et inespérée 10ème place… Qui l’aurait cru? Nous avions aligné 33 joueurs, un record pour notre club. Nous disposions désormais d’une très belle équipe et l’avenir sportif aurait pu nous sourire. Mais malheureusement, cette saison maudite était loin d’être finie sur le plan extra-sportif et notre agonie allait se poursuivre pendant de longues semaines encore.















Après le match à Gand, les joueurs vinrent faire la fête au « Nouveau Daring ». Rétrospectivement, cela sonne comme leur adieu… De g. à d. / Mitu, Doumen, Fassotte, Matoukou et Thiago.




CLASSEMENT


























CHAMPIONNAT DE BELGIQUE – DIVISION 1 – 2001-2002

11/8/01 - KSK LOMMEL FC - RWDM 1-0 

Godart, Ouchla, Fassotte, Kargbo, Van Oekelen, Smid, Seker, Butera (81' Rimbold), Thiago (65' Careel), Magro (37' Doumen), Kolotilko

1-0 75' Dekelver 

18/8/01 - RWDM - R CHARLEROI SC 0-1 

Doumen, Salievski, Fassotte, Kargbo, Van Oekelen, Ouchla (63' Okonedo), Smid, Temmerman, Butera (74' Thiago), Jarakovic (69' Allou), Kolotilko

0-1 81' Rojas 

26/8/01 - R STANDARD CL - RWDM 2-1 

Doumen, Ouchla, Fassotte, Kargbo, Van Oekelen, Seker, Temmerman (77' Jarakovic), Butera, Smid (65' Rimbold), Allou (46' Magro), Kolotilko

0-1 22' Kolotilko 1-1 35' Goossens 2-1 39' Goossens 

9/9/01 - RWDM - GERMINAL BEERSCHOT ANTWERPEN 2-2 

Doumen, Ouchla, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen, Butera, Smid (75' Seker), Temmerman, Rimbold (77' Jarakovic), Allou, Kolotilko (89' Magro)

0-1 16' Kpaka 1-1 34' Fassotte p 1-2 68' Huysmans 2-2 71' Kolotilko 

15/9/01 - RWDM - K ST TRUIDEN VV 1-2 

Doumen, Salievski, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen, Smid (74' Brezic), Butera, Temmerman, Rimbold (80' Jarakovic), Allou (55' Magro), Kolotilko

0-1 8' Mbonabucya 0-2 22' Mbonabucya 1-2 27' Kolotilko 

22/9/01 - EXCELSIOR MOUSCRON - RWDM 4-1 

Doumen, Butera, Kargbo, Fassotte, Ouchla, Van Oekelen, Smid, Seker (63' Allou), Thiago (42' Salievski), Magro (57' Jarakovic), Kolotilko

1-0 35' Marcin Zewlakov 2-0 52' Vidovic 2-1 84' Allou 3-1 86' Grégoire 4-1 89' Bakadal 

29/9/01 - RWDM - VC WESTERLO 0-1 

Doumen, Timmermans, Fassotte, Ouchla, Van Oekelen, Kargbo, Butera (62' Brezic), Temmerman (70' Rimbold), Allou, Kolotilko, Origi

0-1 10' Smits 

10/10/2001 - KSC LOKEREN SNW - RWDM 4-0 

Doumen, Salievski, Fassotte, Kargbo, Van Oekelen, Seker (58' Ouchla), Temmerman, Brezic (58' Rimbold), Allou, Kolotilko, Origi

1-0 9' Kargbo og 2-0 40' De Beule 3-0 85' Kimoto 4-0 88'Kristinsson 

13/10/2001 - RWDM - KSK BEVEREN 3-0 

Doumen, Smet (74' Salievski), Fassotte, Kargbo, Van Oekelen, Temmerman, Smid (89' Careel), Butera, Allou, Kolotilko (75' Seker), Origi 

1-0 29' Origi 2-0 40' Fassotte p 3-0 86' Smid 

20/10/2001 - R ANTWERP FC - RWDM 1-2 

Doumen, Smet, Fassotte, Kargbo, Van Oekelen, Ramcic, Smid (81' Butera), Temmerman, Allou, Kolotilko (74' Rimbold), Origi

0-1 30' Kolotilko 0-2 65' Origi 1-2 89' Moussa 

27/10/2001 - RWDM - RAA LA LOUVIERE 1-0 

Doumen, Smet, Fassotte, Kargbo, Van Oekelen, Ramcic, Temmerman, Mitu, Allou, Rimbold, Kolotilko (70' Butera)

1-0 80' Butera 

3/11/2001 - RSC ANDERLECHT - RWDM 2-2 

Doumen, Smet, Fassotte, Kargbo, Van Oekelen, Temmerman, Smid (72' Butera), Ramcic, Mitu, Allou, Kolotilko

1-0 20' Mornar 1-1 42' Kolotilko 1-2 50' Allou 2-2 73' Basseggio 

25/11/2001 - RWDM - KRC GENK 2-5 

Doumen, Timmermans, Fassotte, Kargbo, Van Oekelen, Temmerman, Smid (56' Butera), Ramcic, Mitu (56' Allou), Origi, Kolotilko (75' Wellens)

0-1 6' Sonck 0-2 40' Sonck 0-3 50' Wamfor 0-4 67' Sonck 1-4 79' Butera 1-5 85' Vanbeuren 2-5 86' Allou

28/11/2001 - KSC EENDRACHT AALST - RWDM 2-4 

Doumen (14' Van de Putte), Timmermans, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen, Ramcic, Temmerman, Smid (35' Mitu), Allou, Kolotilko (84' Butera), Origi

1-0 5' Stojak 2-0 22' Stojak p 2-1 43' Temmerman 2-2 65' Mitu 2-3 73' Origi 2-4 90' Allou 

01/12/2001 - K LIERSE SK - RWDM 1-2 

Van de Putte, Smet, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen, Temmerman, Ramcic, Mitu, Allou, Origi, Kolotilko (81' Butera)

1-0 8' Gadiaga 1-1 31' Fassotte 1-2 65' Kolotilko 

09/12/2001 - RWDM - CLUB BRUGGE KV 2-3 

Van de Putte, Smet, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen, Temmerman, Ramcic (83' Butera), Smid (62' Mitu), Allou, Origi, Kolotilko

0-1 8' Mendoza 0-2 42' Lange 0-3 56' Martens 1-3 57' Kolotilko 2-3 87' Origi 

19/12/2001 - RWDM - KAA GENT 0-1 

Van de Putte, Timmermans, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen, Temmerman, Ramcic, Mitu (84' Wellens), Allou (41' Butera), Kolotilko (73' Jarakovic), Origi

0-1 55' Christensen 

12/1/2002 - RWDM - KFC LOMMEL SK 0-1 

Van de Putte, Smet, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen, Temmerman (59' Jarakovic), Ramcic, Mitu, Allou (83' Smid), Butera, Origi

0-1 6' Mennes 

19/1/2002 - R CHARLEROI SC - RWDM 3-1 

Van de Putte, Smet, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen, Temmerman, Ramcic, Mitu (84' Jarakovic), Allou, Origi, Kolotilko

1-0 32' Pivaljevic 1-1 35' Origi 2-1 55' Eduardo 3-1 65' Eduardo

27/1/2002 - RWDM - R STANDARD CL 2-1 

Van de Putte, Smet, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen, Temmerman, Ramcic, Smid (58' Mitu), Allou, Origi, Jarakovic (82' Butera)

0-1 33' Van Dooren 1-1 68' Allou 2-1 70' Origi 

2/2/2002 - GERMINAL BEERSCHOT - RWDM 2-2 

Van de Putte, Smet, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen, Temmerman, Ramcic, Smid (64' Mitu), Origi (80' Magro), Jarakovic, Kolotilko (64' Allou)

1-0 55' Degryse 2-0 74' Van Mieghem 2-1 82' Magro 2-2 87' Magro 

10/2/2002 - K ST TRUIDEN VV - RWDM 1-2 

Van de Putte, Timmermans, Kargbo, Matoukou, Van Oekelen, Ramcic, Mitu, Origi, Allou, Magro (79' Kolotilko), Jarakovic (63' Butera)

0-1 31' Origi 1-1 54' Boffin p 1-2 87' Kolotilko p 

16/02/2002- RWDM - R EXCELSIOR MOUSCRON 1-1 

Van de Putte, Smet, Fassotte, Matoukou, Van Oekelen (89' Allou), Ramcic, Butera (68' Thiago), Mitu, Origi, Kolotilko (79' Magro), Jarakovic

1-0 6' Jarakovic 1-1 83' M.Mpenza 

24/2/2002 - KVC WESTERLO - RWDM 4-0 

Van de Putte, Smet, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen (85' Allou), Ramcic, Origi, Temmerman (74' Coveliers), Thiago, Jarakovic (60' Butera), Magro

1-0 47' Schaessens 2-0 55' Vandenbossche 3-0 73' Severyns 4-0 83' Vandenbossche 

2/3/2002 - RWDM - KSK LOKEREN SNW 1-0 

Van de Putte, Smet, Kargbo, Matoukou, Van Oekelen, Ramcic, Temmerman (87' Thiago), Mitu, Origi (41' Butera), Jarakovic (63' Kolotilko), Magro 

1-0 56' Temmerman 

9/3/2002 - KSK BEVEREN- RWDM 1-3 

Van de Putte, Smet, Kargbo, Matoukou (65' Fassotte), Van Oekelen, Temmerman, Ramcic, Mitu, Origi, Magro, Kolotilko (87' Jarakovic)

0-1 9' Origi 0-2 19' Magro 1-2 62' Danilevicius 1-3 89' Mitu 

17/3/2002 - RWDM - R ANTWERP FC 2-0 

Van de Putte, Smet, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen, Temmerman, Coveliers (59' Thiago), Mitu, Origi, Magro (83' Jarakovic), Kolotilko

1-0 2' Fassotte 2-0 67' Thiago 

24/3/2002 - RAA LA LOUVIERE - RWDM 1-0 

Van de Putte, Smet, Kargbo, Fassotte, Thiago (21' Timmermans), Temmerman (86' Matoukou), Ramcic, Origi, Mitu, Jarakovic, Kolotilko (72' Butera)

74' 1-0 Tilmant p 

1/4/2002 - RWDM - RSC ANDERLECHT 2-3 

Van de Putte, Smet, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen, Temmerman (77' Brezic), Ramcic (89' Wellens) , Origi, Mitu, Jarakovic, Kolotilko (79' Matoukou)

0-1 15' Stoica 1-1 45' Fassotte p 2-1 49' Origi 2-2 56' Stoica 2-3 73' Hendrickx 

6/4/2002 - KRC GENK - RWDM 2-0 

Van de Putte, Timmermans, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen, Smet, Origi, Mitu, Brezic, Kolotilko, Jarakovic

1-0 10' Thijs 2-0 45' Thijs 

13/4/2002 - RWDM - K LIERSE SK 1-0 

Van de Putte, Timmermans, Kargbo, Fassotte, Matoukou, Smet, Origi (46' Temmerman), Mitu, Brezic (89' Coveliers), Kolotilko, Jarakovic

1-0 65' Kolotilko 

21/4/2002 - CLUB BRUGGE KV - RWDM 1-1 

Van de Putte, Smet, Kargbo (55' Timmermans), Fassotte, Van Oekelen, Temmerman, Ramcic, Mitu, Origi, Brezic, Jarakovic (90' Thiago) 

0-1 38' Fassotte 1-1 74' Mendoza 

28/4/2002 - RWDM - KSC EENDRACHT AALST 4-3 

Meyers, Timmermans, Fassotte, Matoukou, Van Oekelen, Smet (46' Temmerman), Ramcic, Origi, Brezic, Jarakovic, Kololitko (74' Wuyts)

0-1 13' Bridji 1-1 39' Jarakovic 2-1 47' Origi 2-2 63' Van der Heyden 3-2 67' Jarakovic 4-2 72' Kolotilko

4-3 76' Joly p 

05/05/2002 - KAA GENT - RWDM 3-5 

Doumen, Timmermans, Fassotte, Matoukou, Thiago (85' Van Oekelen), Temmerman (75' Coveliers), Brezic, Ramcic, Mitu, Kolotilko (80' Muswamba), Jarakovic

0-1 17' Jarakovic 0-2 22' Jarakovic 1-2 40' Schepens 1-3 52' Ramcic p 2-3 65' Borkelmans p 2-4 69' Kolotilko 2-5 75' Jarakovic 3-5 87' Oyawolé 



COUPE DE BELGIQUE

1/16 - 18/11/2001 - RWDM - VW HAMME 4-0 

Doumen (46' Van de Putte), Smet (34' Rimbold), Fassotte, Kargbo, Van Oekelen, Temmerman (67' Seker), Butera, Ramcic, Allou, Mitu, Kolotilko

1-0 29' Kolotilko 2-0 36' Kolotilko 3-0 41' Allou 4-0 45' Butera 

1/8 - 12/12/2001 - EXCELSIOR MOUSCRON - RWDM 4-1 

Van de Put, Smet, Kargbo, Fassotte, Van Oekelen (57' Butera), Temmerman, Smid (75' Wellens), Mitu (80' Brezic), Allou, Origi, Kolotilko

1-0 8' Gregoire 1-1 34' Origi 2-1 41' De Vleeschouwer 3-1 47' Ma Zewlakow 4-1 85' Martic 









































MATCHES AMICAUX

11/7/2001 KFC Strombeek – RWDM à Wolvertem 0-3

Kolotilko 2, Magro

18/7/2001 RCS Visé – RWDM à Spa 0-1

Van Oekelen

21/7/2001 K Lierse SK – RWDM à Beringen 0-0

24/7/2001 Standaard Wetteren – RWDM 0-2

Kolotilko, Giuntini

25/7/2001 Diegem Sport – RWDM 1-3

own goal, Coveliers, Kolotilko

28/7/2001 White Star Woluwé – RWDM 0-5

Kolotilko 4, Magro

2/8/2001 CS Nivelles – RWDM 0-7

Kolotilko, Mitu, Butera, Magro 2, Rimbold, Brezic

4/8/2001 Wallonia Walhain – RWDM 1-0

8/8/2001 Royale Union SG – RWDM à Overijse 0-2

Van Oekelen, Magro

14/8/2001 RWDM – FAR Rabat 2-0

Jarakovic, Butera

21/8/2001 SV Asse – RWDM 0-13

Allou, Jarakovic, Magro 5, Rimbold, Seker, Temmerman, Careel, own goal

1/9/2001 FC Den Bosch - RWDM 4-2

Kolotilko p, Allou 

6/3/2002 Equipe nationale militaire – RWDM à Duisburg 0-1

Magro

















L’équipe de mini-foot des « Boys of Brussels », composée exclusivement de supporters du RWDM. Debout : Speedy, Zizou, Everton, Fabrice, Dikke. Accroupis : Niko, Rudy, Scorpion, Manu.