1991-1992
Après avoir passé trois saisons à Molenbeek, Hugo Broos nous quitta. Lancé par le RWDM dans le dur métier d’entraîneur, Broos avait eu l’occasion de s’aguerrir dans notre club. S’il fut souvent en conflit avec nos dirigeants à cause de certaines décisions qu’il ne cautionnait pas, il n’avait jamais été réellement contesté. En ce qui me concerne, je garde un bon souvenir de lui. J’étais déçu par son départ même s’il faut bien admettre que le RWDM ne constitua qu’un tremplin pour la suite de sa carrière. Il rejoignit son dernier club en tant que joueur, le FC Bruges. Cette formation, habituée aux honneurs en Belgique, ne se serait jamais intéressée à lui si elle ne lui avait pas reconnu des qualités. Il sera champion de Belgique avec le Club avant de prendre la difficile succession de Leekens à Mouscron et de rejoindre, quelques années plus tard, Anderlecht, où il joua également pendant de longues années. Hugo Broos était donc un entraîneur plein d’avenir lorsqu’il quitta le stade Machtens.
Pour le remplacer, le club engagea pratiquement son contraire, le Tchèque Ladislav Novak. Pourtant, c’était un grand nom du football. Il participa avec la Tchécoslovaquie à trois phases finales de coupe du Monde et en était même le capitaine lorsqu’ils disputèrent la finale contre le Brésil en 1962 au Chili. Il fut également entraîneur de sa sélection nationale avant de venir en Belgique diriger Lokeren et l’Antwerp. Seulement, cela remontait aux années septante. Depuis lors, le football était en constante évolution mais lui n’avait pas vraiment suivi le mouvement. Ses méthodes, aux dires même des joueurs, étaient dépassées et incompréhensibles. Wilfried Godart, qui avait été promu dans le noyau A cette saison-là, se souvient que lors d’un déplacement à Malines, la théorie avait duré plus d’une heure mais qu’au moment de monter sur le terrain, personne ne savait ce qu’il devait faire… Bref, il était clair que son séjour allait être de courte durée.
En haut : Van Veldhoven, Wawa, Lörincz, De Vriese, Hofman, Schaeckels, Nassen. Au milieu : Blanckaert (délégué), Soors (soigneur), Beuckelaers, De Jaegher, Emenalo, Thairet, Vercauteren, Van den Buys, Rouyr, Smets (adjoint), Novak (entraîneur). En bas : Godart, Gijbels, Jacobs, Thijs, Camus, Osundu, Feuer.
La campagne de transferts avait été fort calme, deux joueurs seulement rejoignant nos rangs. Le défenseur du Standard Daniel Nassen s’avérera une excellente acquisition. Il était pratiquement un titulaire indiscutable à Sclessin mais, de manière incompréhensible, le manager Roger Henrotay l’avait poussé vers la porte de sortie. Nassen était le second, après Rouyr, d’une série de renforts venus du Standard et dont le RWDM tira beaucoup de satisfactions. Daniel Nassen : “Je devais partir du Standard et lorsque le RWDM m’a contacté, j’ai signé. Je dois bien avouer que je ne connaissais pas bien ce club mais cela a été le meilleur choix de ma carrière. » Par contre, notre second renfort, c’était autre chose… Il s’agissait d’un jeune gardien américain de 20 ans venu du FC Bruges, Ian Feuer. Bourré de confiance en lui, comme tout bon Américain qui se respecte, le natif de Las Vegas possédait les particularités d’être le beau-frère de l’acteur Mickey Rourke et de mesurer plus d’un mètre nonante. Son but avoué était de participer à la coupe du Monde 1994 qui allait avoir lieu aux Etats-Unis. D’après Wilfried Godart, il ne possédait aucune technique et jouait essentiellement à l’intuition. C’est ce qui nous remarquions également dans les gradins… Engagé comme deuxième gardien derrière Peter Thijs, il débuta néanmoins la saison en raison de blessures à répétition de ce dernier. Depuis qu’il avait perdu sa place aux dépens de ce même Thijs, il était clair que Joszef Gaspar ne s’éterniserait pas chez nous et il retourna dans son club d’origine, le MTK Budapest. Patrick Ipermans, qui n’était jamais parvenu à s’imposer, retourna à Anvers, au Germinal Ekeren. Hans Mergan, après neuf saisons au stade Machtens, nous quitta pour rejoindre Courtrai. Mergan avait débuté en équipe première à 17 ans seulement, comme attaquant. Après de prometteurs débuts à ce poste, il recula progressivement dans le jeu pour terminer à l’arrière droit. Jamais réellement titulaire à part entière, il joua tout de même 210 matches pour nos couleurs, inscrivant 14 buts. Le départ le plus préjudiciable était sans conteste celui de Willy Wellens. Après son magnifique retour parmi nous, son contrat ne sera malheureusement pas renouvelé et il partit au Cercle de Bruges où il jouera au poste de libero!
La préparation n’offrit pas de matches bien attrayants. Notons seulement la défaite aux penalties en finale du tournoi Picqué face à… l’équipe réserve d’Anderlecht.
Le championnat débuta néanmoins par une victoire, 1-0 face à Beveren, entraîné par un certain Johan Boskamp et qui revenait en D1 après seulement une saison d’absence. Un petit événement car notre dernier succès lors du match inaugural remontait à 1982 contre le FC Bruges! Le seul but avait été inscrit de la tête par Lörincz, sur un centre “banane” typique de Franky Vercauteren. Deux déplacements figuraient ensuite au programme et tous deux se soldèrent par une défaite : 1-0 à Waregem et 4-1 au RC Genk, à l’issue d’un match particulièrement médiocre de notre part où une bourde de Peter Thijs précipita notre défaite. Entre les deux, nous étions parvenus à passer un tour en coupe en disposant facilement de Berchem par 4-0. Lörincz sera encore une fois décisif en nous offrant notre seconde victoire face à Charleroi, avant que nous ne soyons sèchement battus à Malines sur trois buts d’Andersson.
Après seulement un mois de compétition, Novak était déjà contesté par le groupe de joueurs et le match suivant allait lui être fatal. Contre le CS Bruges, nous menions rapidement par 2-0. Mais l’équipe s’écroula d’une pièce face aux coups de butoir des artistes croates du Cercle, Karacic et Weber. Les joueurs firent pression auprès de la direction et Novak sera limogé. Ils se plaignaient surtout de leur condition physique déficiente qui les voyait souvent peiner en fin de match. Patrick Thairet, en compagnie de Franky Vercauteren et de Stan Van den Buys, alla trouver la direction : « Nous leur avons dit que M. Novak était un monsieur bien gentil mais qu’il était complètement dépassé et qu’avec lui, nous courrions tout droit à la catastrophe. Nos dirigeants rétorquèrent qu’ils n’avaient pas d’argent pour embaucher un nouvel entraîneur. On leur répondit que nous avions déjà dans la maison l’homme de la situation : Freddy Smets. Il avait été l’adjoint de Broos et tous les joueurs étaient prêts à collaborer avec lui et à l’aider dans sa tâche. »
Freddy Smets et Ladislav Novak. Le premier ne tarda pas à remplacer le second.
C’est ainsi que Freddy Smets fut intronisé à la tête de l’équipe première après un peu plus de deux saisons en tant qu’adjoint. Pour le baptême du feu de Smets, le RWDM réalisa un excellent match nul au Standard où personne ne nous donnait la moindre chance de ramener quelque chose. Stan Van den Buys égalisa dans les dernières minutes mais ce nul équivalait à une victoire morale. Nous avions réalisé un excellent match sur le plan tactique, le jour et la nuit comparé à Novak. Smets, qui sera toujours très bien vu par la presse écrite et audiovisuelle, fut baptisé “le petit Goethals”! Si l’équipe jouait mieux, ce bon résultat resta sans lendemains. La Gantoise, grâce à deux buts inscrits par Erwin Vandenbergh, vint nous battre au Machtens et une nouvelle défaite ponctua notre visite au Bosuil. Une fois de plus, nous étions dans le bas du classement et allions devoir lutter pour éviter la chute en D2.
Peter Thijs s’était à nouveau blessé et Feuer était réapparu dans les buts. Pour nous donner un peu d’air, nous devions absolument battre Courtrai, un concurrent direct, à domicile. Menant rapidement sur un penalty inscrit par Franky Vercauteren, l’équipe ne parvint pas à se détacher au marquoir face à de faibles visiteurs et nous n’étions pas à l’abri d’une égalisation flandrienne. Ce qui devait arriver arriva, mais c’est surtout la manière dont le but fut concédé qui me reste en mémoire. Sur une balle tout ce qu’il y a de plus anodine, bloquée par Feuer, ce dernier tomba en arrière sur son séant de manière assez grotesque et relâcha le ballon. Aurelio Vidmar, qui passait par là, n’eut plus qu’à la pousser au fond de nos filets… C’était le premier point que nous coûta l’Américain mais ce ne sera pas le dernier…
13/10/91 RWDM-Courtrai (1-1). Vercauteren ouvre la marque sur penalty mais nous allions concéder le nul suite à une bourde de Feuer.
Entre temps, la direction, se rendant compte que notre ligne offensive était un peu légère avec les seuls Osundu et Van Veldhoven (Wawa n’étant repris qu’à de très rares occasions), engagea un nouvel attaquant. Depuis que Beveren nous avait devancés en engageant Peter Van Vossen, un de leurs autres attaquants hollandais, Edwin Van Ankeren, ne jouait plus beaucoup. Il coûtait 11 millions, somme que le club n’était pas en mesure de débourser. M. Mabille ainsi que d’autres administrateurs comme Jean Dierickx et Isidore Sandermans financèrent cette opération avec leurs propres fonds, à charge pour eux de récupérer leur mise en cas de revente du joueur. On parla beaucoup de société d’Invest à Molenbeek, comme c’était le cas au FC Malines avec John Cordier. Mais chez nous, la situation était différente. La position financière difficile du club ne nous permettait pas toujours d’engager des joueurs et ce genre d’opération n’eut lieu que quelques fois seulement. C’était en quelque sorte un dépannage.
Van Ankeren était rapide, mobile et puissant, ses points faibles étant un certain manque de technique et un jeu de tête inexistant. Pour sa première apparition, nous nous déplacions au Parc Astrid et, comme le reste de l’équipe, il ne put rien pour empêcher Anderlecht de remporter une facile victoire 3-0.
L’intermède de la coupe nous fit le plus grand bien, avec une victoire facile et convaincante contre le RC Genk et un super Mile Lörincz. Pour la première fois depuis longtemps, nous nous retrouvions parmi les 16 derniers engagés…
Pour palier l’absence de Franky Vercauteren, indisponible jusqu’à la fin de la saison, le club fit un nouveau transfert, se tournant une nouvelle fois vers le Standard. Ancien grand espoir à Saint-Trond, Gunther Jacob n’était jamais parvenu à s’imposer à Sclessin. Espérant, comme d’autres, donner une nouvelle impulsion à sa carrière au RWDM, il s’imposa d’emblée au milieu de terrain et devint un titulaire quasi-indiscutable. Ses débuts furent plus heureux que ceux de Van Ankeren, avec une victoire face à Alost, le premier but étant justement inscrit par notre nouvelle recrue hollandaise. Poursuivant par deux défaites - la première au Lierse (3-1), où le but d’ouverture de Van den Buys face à ses anciennes couleurs ne sera pas suffisant, et contre le FC Bruges à domicile (0-1) - puis par un nul arraché miraculeusement à la dernière seconde à Rocourt grâce à un but de Michael Emenalo, nous étions toujours en danger dans le bas du classement. Contre Lokeren, Philip Osundu inscrivit, sur corner de la tête, le seul but du match. En soit, ce n’était pas exceptionnel. Mais lorsque l’on sait que notre attaquant de poche nigérian était de loin le plus petit homme sur le terrain et que la défense lokerenoise était en majorité constituée de solides gaillards à la carrure de bûcherons, ce l’était un petit peu plus. Le premier tour se termina par un nul blanc arraché au Germinal Ekeren, où Patrick Thairet, qui livrait une bonne saison malgré le fait que le public l’ait pris en grippe, se blessa au ménisque. Nous étions quinzièmes avec seulement 13 points. Le maintien allait devoir être assuré au second tour.
Mais, avant d’entamer celui-ci, nous avions encore un match très important au programme, à savoir notre huitième de finale de la coupe de Belgique. Le sort s’était montré plutôt clément à notre égard en nous désignant pour adversaire une formation moyenne de D2, Saint-Nicolas. Conscients que, en cas de qualification, tout serait possible en quarts de finale, beaucoup de Molenbeekois s’étaient déplacés au Pays de Waas par une pluvieuse soirée d’hiver. Pour le RWDM, elle allait tourner à la confusion la plus totale et, pour moi, au cauchemar… Ce 21 décembre 1991 restera un de mes pires souvenirs de supporter mais cette fois-ci, je n’avais qu’à m’en prendre à moi-même… Harm Van Veldhoven ayant répondu au but d’ouverture local, le match ne livra pas de vainqueur. Privée de Nassen et de Van Ankeren, notre équipe avait offert une pauvre prestation mais la qualification demeurait possible. C’était toutefois sans compter avec le sinistre arbitre M. Hus (qui allait encore, pour notre plus grand malheur, recroiser notre chemin et nous enfoncer quelques années plus tard). A deux minutes de la fin de la première période des prolongations, l’attaquant de Saint-Nicolas Maes fut signalé, à juste titre, hors-jeu par le juge de ligne. Tout le monde s’arrêta de jouer. Que ce soient nos défenseurs, Feuer ou les attaquants waaslandiens. Maes, ayant vu le drapeau levé, poussa le ballon au fond des filets, plus par habitude ou par réflexe. C’est le genre de geste qui vaut, de nos jours, une carte jaune à l’attaquant. Mais, à la surprise générale de tous les acteurs et du stade entier, M. Hus accorda le but! Assommés par ce coup du sort, nos joueurs furent incapables de réagir et encaissèrent même un troisième but qui sonnait définitivement le glas de nos espérances. A la sortie du stade, rendus furieux par tant d’injustice, moi et deux de mes fidèles amis supporters, Louvressac et Dimitri, commirent des actes proches du hooliganisme que la raison et la morale réprouvent. Je n’entrerai pas ici dans les détails mais sachez que c’était la seule et unique fois que j’en arrivais à de telles extrémités et, franchement, c’était assez ridicule. En voulant retourner vers Bruxelles, nous fûmes interceptés par trois voitures bourrées de policiers qui sortirent le grand jeu, revolvers au poing et sirènes hurlantes, en s’imaginant sans doute tenir là de dangereux criminels alors que nous n’étions, somme toute, que trois supporters de base ayant tout simplement pété les plombs… Comme quoi, le port de l’uniforme et une certaine forme d’impunité en découlant poussent parfois certains policiers à outrepasser leurs prérogatives. Résultat des courses : une bonne partie de la nuit au cachot. Si quelques années plus tôt à Saint-Trond, j’avais été victime d’une flagrante injustice et d’une brutalité policière aveugle, ici, c’est à moi que j’en voulais principalement. Finalement, Dimitri prit contact avec les victimes de nos exactions. Ils abandonnèrent les poursuites et c’est à l’amiable que nous finîmes par régler cette pénible et ridicule (dans notre chef) affaire. Ce genre de bêtise ne s’était jamais produite dans mon cas et ne se reproduira d’ailleurs plus, j’insiste encore une fois sur ce point. L’année 1991 se terminait sur une note particulièrement amère.
Heureusement, 1992 allait être plus riche en satisfactions footballistiques. Pour la reprise du championnat, nous étions allés chercher un bon nul à Beveren, où Osundu inscrivit ce qui sera son dernier but pour nos couleurs. Lors de ce match, un certain Ilir Kepa fit sa première apparition sous le maillot molenbeekois. Un évènement, car il s’agissait du premier footballeur albanais à fouler une pelouse de D1 belge. L’histoire de ce footballeur du pays des Aigles est peu commune et mérite d’être contée. En 1991, l’Albanie était pratiquement le dernier pays communiste d’Europe à ne pas avoir été touché par la vague de démocratisation ayant entraîné le chute du rideau de fer. Le successeur du dictateur Enver Hoxha, Ramiz Alia, avait bien entamé quelques timides réformes mais de nombreux citoyens albanais tentaient néanmoins de rejoindre le présumé eldorado de l’Europe de l’Ouest. Qui ne se souvient de ces bateaux pleins de réfugiés accostant à Bari? Ilir Kepa, alors âgé de 25 ans, choisit un autre moyen de réaliser son rêve. Jouant au Vllaznia Shkoder, le club de la deuxième ville du pays, et choisi à neuf reprises pour représenter son équipe nationale, il profita de sa dixième sélection pour “s’évader”. “J’avais été appelé pour disputer le match de qualification de l’Euro 92 France-Albanie qui devait se dérouler le 30 mars 1991 au Parc des Princes, à Paris. Quinze jours avant la partie, j’avais pris contact avec un cousin qui vivait en Belgique, Shehi Shehat, que tout le monde appelait “Monsieur Jacques”. Membre de l’opposition albanaise, il possédait deux restaurants à Bruxelles. Je lui avais confié mon projet de fuir et il organisa mon évasion. Après la rencontre (perdue 5-0), lors du repas d’après match, j’avais tout simplement quitté la table pour monter à bord de sa voiture qui m’attendait dehors. Direction Bruxelles et la liberté. Six autres de mes coéquipiers fuirent le même soir, chacun ayant organisé son évasion de son côté. Dès le lendemain, je me suis inscrit comme réfugié politique au Petit-Château. Mais je n’étais pas tiré d’affaire pour autant. J’avais tenté d’émarger au CPAS mais sans succès. Heureusement, Monsieur Jacques subvenait à mes besoins pendant mes premiers mois sur le sol belge. C’est lui aussi qui me présenta au RWDM. Dans un premier temps, la direction n’était pas très chaude à l’idée d’engager un joueur tout à fait inconnu et à l’avenir pour le moins flou, d’autant plus que j’avais été suspendu par la FIFA pour une longue durée. C’était très dur. Je ne parlais pas un mot de français et je n’avais aucun revenu. Hugo Broos accepta de me prendre dans le noyau réserve, où je pouvais m’entraîner. Le seul qui crut vraiment en moi fut Freddy Smets, qui ne cessa de m’encourager et de me faire travailler mes points faibles. Sur le plan tactique, je n’étais nulle part. A la fin de la saison 90-91, j’ai pu m’entraîner avec le noyau A, où j’ai encore beaucoup progressé. Les autres joueurs étaient très sympas et ils m’invitaient souvent à tour de rôle à manger chez eux. Pourtant, le club ne semblait toujours pas croire en moi. Mais, sous l’insistance de Freddy Smets, il consentit tout de même à régler mon transfert. Une fois encore, Monsieur Jacques sera décisif car c’est lui qui se rendit à plusieurs reprises en Albanie afin de tout arranger avec ma fédération. Pour quatre millions, j’appartenais au RWDM et c’était en outre la première fois qu’un joueur albanais était transféré définitivement à l’étranger. J’ai continué à jouer pendant plusieurs mois en réserve et, en janvier, lorsque ma suspension internationale prit fin, Freddy Smets me donna ma chance…” Chance que celui qui avait été surnommé “Jeanke” par Franky Vercauteren saisit à pleines mains. A Beveren, il livra une bonne partie. Mais c’est à domicile contre Waregem qu’il se fit définitivement connaître de nos supporters. Il inscrivit les deux buts d’une victoire 2-0, dont un absolument magnifique sur un exploit technique. Il reçut une véritable “standing ovation” du public lorsqu’il quitta le terrain à quelques minutes de la fin de la partie. “Kepa Kepa” scandait la foule qui tenait là son nouveau chouchou. Au cours du match suivant, contre Genk à domicile, il confirma en ouvrant la marque d’une plantureuse victoire 4-0.
19/1/92 RWDM-Waregem (2-0). Ilir Kepa (ici face à Karagiannis) effectua de tonitruants débuts au stade Machtens ce jour là et inscrivit les deux buts de la victoire. /26/1/92 RWDM-RC Genk (4-0). Ilir Kepa marque notre premier but sous le regard de Van Veldhoven.
Le RWDM remontait au classement pour s’éloigner quelque peu de la zone dangereuse. Nous allions connaître un petit coup d’arrêt, heureusement sans gravité. Le week-end suivant, notre match à Charleroi avait été interrompu à cause d’un épais brouillard qui avait envahi l’aire de jeu. Du brouillard, il y en avait déjà à Bruxelles lorsque nous prîmes la route du Hainaut où celui-ci tombait petit à petit. Lorsque Kepa égalisa à la 16ème minute, personne, dans le stade, en tout cas pas parmi les supporters molenbeekois présents ce soir-là, ne s’en était rendu compte. C’est en voyant nos joueurs se congratuler et retourner vers le centre du terrain que nous comprîmes. Dans ces conditions-là, il valait mieux effectivement arrêter les frais.
1/2/92 Charleroi-RWDM. Dante Brogno et Pascal Jacob au cours d’un match qui sera arrêté à cause du brouillard.
Vint ensuite la désormais habituelle défaite contre Malines (0-2) contre qui les matches au Machtens se déroulaient souvent selon le même schéma, à savoir une domination et une bonne partie de nos favoris puis une issue favorable aux Malinois grâce à une savante combinaison de maladresses de notre part, de chance du côté visiteurs, saupoudrées d’interventions douteuses de l’arbitre en leur faveur. Ce club était véritablement devenu notre bête noire. Ce jour-là, c’est essentiellement à nous-mêmes que nous devions ce nouvel échec. Emenalo marqua contre son camp et le deuxième but malinois était consécutif à une nouvelle bourde de Feuer. Comme excuse pour expliquer sa bourde, il expliqua que les spots supplémentaires placés pour l’occasion par Canal Plus (qui retransmettait le match) le long du toit de la tribune l’avaient éblouit! Au CS Bruges, nous étions aller chercher un bon point sous un vent violent qui avait permis à Olivier Beuckelaers d’inscrire notre premier but sur un centre à la trajectoire modifiée par Eole.
Mais à Charleroi, lors du match à rejouer, l’équipe joua peut-être son plus mauvais match de la saison. Elle ne fut certainement pas aidée par les monumentales erreurs de Ian Feuer et le score de 2-0 pour les Carolos était loin d’être forcé. L’Américain, sur qui la presse s’était déchaînée, fit les frais de cet échec. Il ne rejouera plus pour le RWDM et retourna au FC Bruges à la fin de la saison. Feuer ne sera pas sélectionné pour représenter les USA à la World Cup. Par contre, on retrouvera sa trace en Angleterre quelques années plus tard où il fit quelques apparitions en Premier League pour le compte de West Ham et de Derby County.
Ian Feuer vient d’encaisser un nouveau but. Le fantasque gardien américain restera dans la mémoire des supporters molenbeekois pour quelques bourdes monumentales.
Peter Thijs, qui revenait une nouvelle fois de blessure, prit sa place dans nos buts. Son retour aux affaires coïncida avec une série de matches magnifiques livrés par notre équipe et dont certains entrèrent dans la légende du club. Le Standard nous rendait visite au stade Machtens fort d’une série en cours de 20 matches sans défaite. Il luttait en outre pour le titre pour la première fois depuis “l’affaire Waterschei”. La visite des joueurs d’Arie Haan dans notre fief ne devait pas constituer un obstacle insurmontable pour eux. Mais c’était sans compter une magnifique prestation de l’équipe en rouge-blanc-noir qui terrassa les Liégeois grâce à un but inscrit par Edwin Van Ankeren en début de partie.
1/3/92 RWDM-Standard (1-0). Edwin Van Ankeren dans une attitude typique. Grâce au but de notre puissant Hollandais, le Standard concéda sa première défaite en 20 rencontres.
Après des débuts difficiles et un nombre impressionnant d’occasions gâchées, ce qui lui valut d’être pris en grippe par une partie du public, le puissant avant hollandais commençait à trouver la bonne carburation. Notre match à La Gantoise était une fois de plus retransmis par Canal Plus. C’était déjà la quatrième fois cette saison, après nos déplacements à l’Antwerp et au Lierse et la visite de Malines, que la chaîne cryptée proposait un match de Molenbeek à ses abonnés. Au cours des années qui suivirent, la tendance allait nettement s’inverser… Le RWDM continua sur sa lancée du Standard. Menant par 2-0 suite à une prestation étonnante de culot et d’audace offensive, notre équipe se vit injustement privée de Harm Van Veldhoven, exclu par M. Van den Wijngaart alors qu’une intervention d’une rare brutalité de Michel De Groote de l’autre côté le laissa de marbre. Jouant à 10 contre 12, en plus du vent violent, nous nous fîmes rejoindre et dépasser dans les dernières minutes par l’équipe dirigée par un certain René Vandereycken. Une défaite injuste, de celles qui font mal, mais une prestation néanmoins plus qu’encourageante. La confirmation de notre bonne forme se traduisit par une victoire contre l’Antwerp, une autre équipe du haut du tableau, acquise sur un nouveau but d’Edwin Van Ankeren. A l’ultime minute, Peter Thijs stoppa un penalty anversois botté par Nico Claessen. Ce jour-là restera spécial pour moi car, après l’avoir perdu de vue durant de longues années, je revis avec beaucoup de plaisir mon ami Thierry Gobbe. Pour fêter l’évènement, il commanda une tournée de 24 bières pour trois (nous deux plus Everton) au Nogent, devenu notre lieu de rendez-vous d’avant et après match.
La rencontre suivante revêtait une importance capitale. En cas de succès à Courtrai, avant-dernier, nous pouvions nous considérer comme sauvés. Le RWDM prit d’emblée les choses en mains et, après seulement 25 minutes, menait déjà par 0-2. Van Ankeren inscrivit un but étonnant. Alors que notre Hollandais se présentait seul face à lui, le portier local repoussa dans un premier temps le ballon que notre attaquant à la longue tignasse reprit d’un superbe retourné. Kepa doubla ensuite la mise et le match était plié.
Avec sept points d’avances sur la relégation, nous pouvions préparer le derby au stade Machtens en toute sérénité. Les derbies contre Anderlecht ont toujours été des matches spéciaux. Très souvent, ils ont tourné à l’avantage de nos voisins mais quelques fois, nous sommes parvenus à leur jouer de sales tours. Certains de ces affrontements me procurèrent des moments de joie mais également, et trop souvent, des déceptions. Celui du 5 avril 1992 restera à tout jamais gravé dans ma mémoire… Le Sporting d’Aad de Mos était leader avec un point d’avance sur le FC Bruges avant de nous rendre visite. Tenants du titre, nos voisins étaient donnés favoris par beaucoup de “spécialistes” pour renouveler leur bien. Peu habitués à rencontrer des difficultés majeures au stade Machtens, ils ne voyaient en cette rencontre qu’une étape supplémentaire vers un sacre annoncé. L’avance que leur donna Johnny Bosman au marquoir après moins d’un quart d’heure de jeu sembla confirmer cette impression. A la pause, le score demeurait inchangé et tout restait possible, malgré une domination mauve incontestable. Mais peu après la reprise, Dirk De Vriese, d’un coup de tête rageur, remettait les deux équipes à égalité. Nous tenions un point et cela suffisait amplement à notre bonheur. Après tout, cela n’arrivait pas souvent… Nous tenions bon. Les mauves ne parvenaient plus à trouver l’ouverture et à tromper Peter Thijs, en état de grâce. Et à trois minutes de la fin, comme dans les meilleurs films à suspense, le miracle se produisit. J’ai encore la scène inscrite au fond de ma mémoire comme si c’était hier, de ma place debout dans l’ancienne tribune. Parfois, j’en rêve encore. Nos valeureux joueurs attaquaient vers le but côté horloge. Devant nous, Pascal Jacobs, sur son flanc droit, adressa une longue balle vers l’avant, tout à fait vers l’opposé du terrain. Elle aboutit sur le front d’Harm Van Veldhoven qui la rabattit à l’entrée du petit rectangle. Où se trouvait Lambic Wawa, sur le terrain depuis moins de dix minutes qui, d’une volée croisée, la propulsa au fond des filets défendus par Peter Maes. J’entends encore Louvressac me dire : “Il va la mettre – il l’a mise!”. A ce moment-là, ce fut le délire dans le stade. L’extase pure. Je tombais dans les bras de parfaits inconnus, tout aussi heureux que moi… Quelques moments de bonheur purs, intenses, pareils à un orgasme, n’ayons pas peur des mots, comme seul le football et surtout le RWD Molenbeek pouvaient en procurer.
Formidable…
Après la rencontre, Freddy Smets avoua qu’il avait longtemps hésité avant de choisir entre Wawa et Osundu pour le rôle de quatorzième homme. Lambic, qui jouait en réserves et ne faisait plus que d’épisodiques apparitions en équipe première (sept seulement au total cette saison-là) fut finalement choisi car Osundu avait reçu une sanction disciplinaire du coach. A quoi cela tient… Lorsque j’ai revu Lambic récemment dans le cadre de cet ouvrage, je l’ai encore chaleureusement remercié pour m’avoir procuré cet instant de bonheur total. Je ne pense pas me tromper en affirmant qu’il en était encore, aujourd’hui, ému. Les dernières minutes de ce match furent pénibles. Jetant toutes leurs forces dans la batailles, les Anderlechtois firent le siège de notre but. Johan Walem vit ton tir s’écraser sur notre latte, Peter Thijs étant pour une fois battu. Un Peter Thijs qui fit ce jour-là le match de sa vie arrêtant tout ce qui était possible et plus encore. Les mauves étaient verts, si j’ose dire, et Oliveira perdit le contrôle de ses nerfs, ce qui lui valu une exclusion méritée. Lorsque M. Schellings siffla la fin du match, la fête était totale. Cela faisait bientôt 13 longues années que nous attendions un tel bonheur, battre l’ogre anderlechtois chez nous… Bien entendu, après le match, toujours bons perdants, ils incriminèrent l’état de notre terrain pour justifier leur défaite. Excuse devenue tellement classique lorsqu’une équipe était battue au stade Machtens qu’elle en devenait risible. J’ai toujours estimé que de grands joueurs, ou considérés comme tels, doivent pouvoir s’adapter à n’importe quelle surface de jeu s’ils sont aussi forts qu’ils le prétendent. Cerise sur la gâteau, le FC Bruges s’était imposé à Ekeren et passait en tête du championnat. Les Brugeois n’allaient plus lâcher leur première place. Outre notre victoire, l’histoire retiendra que c’est à cause de sa chute à Molenbeek qu’Anderlecht perdit le titre cette année-là… La fête dans les cafés jouxtant le stade fut à la mesure de l’évènement : exceptionnelle. Malgré mon mal de crâne du lundi matin, c’est avec un énorme sourire que je me rendis au boulot rien que pour avoir le plaisir de voir la tête de mes collègues anderlechtois (dont la plupart ne se rendait même pas aux matches, se contentant de suivre les évolutions de leurs favoris au “Week-End Sportif” ou à “Match 1”). C’est lors de moments pareils que l’on se rend compte combien il était formidable de supporter un club comme le RWDM. Nous étions tellement habitués aux déceptions en tous genres que les défaites nous blindaient. Par contre, des succès pareils, nous en goûtions la saveur pendant longtemps. Il était impossible d’être blasé en tant que Molenbeekois, au contraire des supporters des grands clubs pour qui les victoires sont la norme et les défaites des petites catastrophes. Jamais, je n’aurais voulu être à leur place. Qu’est ce que nous étions fiers d’être Molenbeekois, et encore plus lors de ces grands moments de bonheur..
5/4/92 RWDM-Anderlecht (2-1) Dirk De Vriese vient de tromper Peter Maes de la tête. Il est félicité par Jacobs, Jacob, Van Ankeren et Kepa.
5/4/92 RWDM-Anderlecht (2-1). Luis Oliveira vient d’étendre Pascal Jacobs. Il sera exclu par Mr Schelings.
Le dimanche d’après, de très nombreux Molenbeekois avaient fait le court déplacement à Alost afin de faire un triomphe à nos héros. Mais, ayant apparemment trop fêté pendant la semaine écoulée, ils s’inclinèrent par le plus petit écart face à une formation alostoise déjà condamnée. Malgré ce piètre spectacle, personne ne leur en voulut. L’important, c’était le derby. Nous allions d’ailleurs terminer la saison en roue libre… Nul 2-2 à domicile contre le Lierse, suivi d’une défaite au FC Bruges où nous avions tenu durant une mi-temps notre rôle d’arbitre dans la course au titre en menant longtemps à la marque avant de craquer devant Amokachi et co. Le jeune Wilfried Godart reçut sa chance et termina la saison entre les perches. Les deux derniers matches à domicile se soldèrent par autant de défaites, contre Liège (0-1) et Ekeren (0-3). Entre les deux, nous eûmes la rare satisfaction de nous imposer à Lokeren pour seulement la deuxième (et dernière) fois de notre histoire (1-2).
Nous terminions finalement à la onzième place avec 29 points, soit une de mieux que la saison précédente. Grâce à un extraordinaire deuxième tour qui avait vu notre équipe se payer le scalp de plusieurs ténors, nous nous étions sauvés sans aucun problème. Sans une fin de saison bâclée, nous aurions même carburé à une moyenne de champions. L’apport de Jacob et de Van Ankeren s’était avéré très important. Outre Godart, deux jeunes joueurs qui allaient plus tard s’imposer comme titulaires firent leur apparition en équipe première : Daniel Camus et Steve Laeremans - quoi que ce dernier avait déjà fait une entrée en tant que remplaçant en D2 en 89-90. Une saison à deux vitesses donc qui me laisse, malgré le stupide incident de Saint-Nicolas, d’excellents souvenirs…
CLASSEMENT
CHAMPIONNAT DE BELGIQUE – DIVISION 1 – 1991-1992
18/8/91 - RWDM - KSK BEVEREN 1-0
Feuer, Lörincz, Nassen, De Vriese, Gijbels, Rouyr, Van den Buys, Thairet (64' Jacobs), Vercauteren, Osundu (88' Van Veldhoven), Wawa
1-0 55' Lörincz
21/8/91 - KSV WAREGEM - RWDM 1-0
Feuer, Lörincz, Nassen, De Vriese, Gijbels, Rouyr, Van den Buys, Thairet (59' Van Veldhoven), Vercauteren, Osundu, Wawa
1-0 55' Balog
28/8/91 - KRC GENK - RWDM 4-1
Thijs, Lörincz, Nassen, De Vriese, Gijbels (44' Emenalo), Rouyr, Van den Buys, Thairet, Jacobs, Osundu, Van Veldhoven
1-0 4' Goots 2-0 30' Gyimsei 2-1 31' Van Veldhoven 3-1 57' Busutil 4-1 62' Goots
1/9/91 - RWDM - R CHARLEROI SC 1-0
Thijs, Lörincz, Nassen, De Vriese, Emenalo, Rouyr, Van den Buys, Thairet (46' Osundu), Vercauteren, Jacobs, Van Veldhoven
1-0 58' Lörincz
7/9/91 - KV MECHELEN - RWDM 3-0
Thijs, De Vriese, Nassen, Lörincz, Emenalo (68' De Jaegher), Jacobs, Van den Buys, Vercauteren, Rouyr, Osundu, Van Veldhoven
1-0 39' Andersson 2-0 69' Andersson 3-0 70' Andersson
15/9/91 - RWDM - KSV CERCLE BRUGGE 2-3
Thijs, Nassen (65' Hofman), De Vriese, Lörincz, Jacobs (61' De Jaegher), Van den Buys, Rouyr, Vercauteren, Thairet, Marteaux, Van Veldhoven
1-0 7' Van Veldhoven 2-0 9' Vercauteren 2-1 11' Karacic 2-2 38' Weber 3-2 54' Weber
21/9/91 - R STANDARD CL - RWDM 1-1
Thijs, Lörincz, Nassen, De Vriese, De Jaegher, Rouyr, Van den Buys, Thairet (75' Marteaux), Vercauteren, Osundu (89' Hofman), Van Veldhoven
1-0 35' Lashaf 1-1 85' Van den Buys
29/9/91-RWDM - KAA GENT 2-3
Thijs, Beuckelaers, Lörincz, Nassen, De Vriese, De Jaegher, Van den Buys, Thairet (65' Jacobs), Vercauteren, Osundu (84' Marteaux), Van Veldhoven
1-0 2' Van Veldhoven 1-1 20' Viscaal 2-1 52' Van Veldhoven 2-2 78' Vandenbergh 2-3 88' Vandenbergh
4/10/91-R ANTWERP FC - RWDM 2-1
Feuer, Beuckelaers, Lörincz, Nassen, De Vriese, De Jaegher, Van den Buys, Thairet (75' Marteaux), Vercauteren, Osundu, Van Veldhoven (51' Emenalo)
Osundu
13/10/91 - RWDM - KV KORTRIJK 1-1
Feuer, Beuckelaers (58' Hofman), Nassen, De Vriese, Van den Buys, Thairet (85' Wawa), De Jaegher, Emenalo Van Veldhoven, Osundu, Vercauteren
1-0 2' Vercauteren p 1-1 61' Vidmar
19/10/91 - RSC ANDERLECHT- RWDM 3-0
Feuer, Beuckelaers, Nassen, De Vriese, Lörincz, Osundu (67' Rouyr), Van den Buys (27' Jacobs), Thairet, De Jaegher, Van Veldhoven, Van Ankeren
1-0 28' Boffin 2-0 42' Boffin 3-0 79' Bosman
3/11/91 - RWDM - KSC EENDRACHT AALST 2-0
Feuer, Beuckelaers, Nassen, De Vriese, Jacob, De Jaegher (62' Jacobs), Van den Buys, Thairet (72' Osundu), Rouyr, Van Ankeren, Van Veldhoven
1-0 49' Van Ankeren 2-0 70' Van Veldhoven
8/11/91-K LIERSE SK - RWDM 3-1
Feuer, Beuckelaers (46' Lörincz), Nassen, De Vriese, Jacob (70' Osundu)De Jaegher, Rouyr, Van den Buys, Jacobs, Van Veldhoven, Van Ankeren
0-1 7' Van den Buys 1-1 16' Boonen 2-1 41' Simmes 3-1 69' Rekdal
24/11/91 - RWDM - CLUB BRUGGE KV 0-1
Feuer, De Jaegher, De Vriese, Nassen, Lörincz, Jacob, Van den Buys, Thairet (82' Osundu), Rouyr, Van Ankeren, Van Veldhoven
0-1 62' Dziubinski
30/11/91 - RFC LIEGE - RWDM 1-1
Feuer, Lörincz, Nassen (41' Emenalo), De Vriese, De Jaegher, Jacobs, Rouyr, Thairet (68' Osundu), Jacob, Van Veldhoven, Van Ankeren
1-0 79' Varga 1-1 90' Emenalo
8/12/91 - RWDM - KSC LOKEREN 1-0
Feuer, De Jaegher (46' Jacobs), De Vriese, Emenalo, Lörincz, Jacob, Thairet, Van den Buys (78' Beuckelaers), Rouyr, Osundu, Van Ankeren
1-0 40' Osundu
15/12/91 - GERMINAL EKEREN - RWDM 0-0
Feuer, Nassen, De Vriese, Rouyr (46' Emenalo), Jacob, Lörincz, Van Veldhoven, Thairet (20' Osundu), Jacobs, Van Ankeren, De Jaegher
11/1/92 - KSK BEVEREN - RWDM 1-1
Feuer, Beuckelaers, Nassen, Gijbels (80' Hofman), Emenalo, Kepa, Van den Buys, Jacobs, Osundu, Van Veldhoven, Van Ankeren
1-0 45' Van Ham 1-1 48' Osundu
19/1/92 - RWDM - KSV WAREGEM 2-0
Feuer, Beuckelaers, Nassen, Gijbels, Emenalo, Kepa (87' Hofman), Van den Buys, Jacob, Osundu (71' Jacobs), Van Veldhoven, Van Ankeren
1-0 15' Kepa 2-0 83' Kepa
26/1/92 - RWDM - KRC GENK 4-0
Feuer, Beuckelaers, Nassen, Gijbels, Emenalo, Jacob, Kepa (71' Rouyr), Van den Buys, Osundu, Van Veldhoven, Van Ankeren
1-0 20' Kepa 2-0 35' Van den Buys 3-0 80' Van Veldhoven 4-0 87' Van Ankeren
1/2/92 - R CHARLEROI SC - RWDM 1-1 (arrêté à la 20ème minute - brouillard)
Feuer, Nassen, Emenalo, Beuckelaers, Gijbels, Osundu, Van den Buys, Kepa, Jacob, Van Veldhoven, Van Ankeren
1-0 8' Brogno 1-1 16' Kepa
8/2/92 - RWDM - KV MECHELEN 0-2
Feuer, Emenalo (75' Jacobs), Nassen, Gijbels, Beuckelaers, Jacob, Osundu (67' Rouyr), Van den Buys, Kepa, Van Veldhoven, Van Ankeren
0-1 33' Emenalo og 0-2 36' Eikelkamp
16/2/92 - KSV CERCLE BRUGGE - RWDM 2-2
Feuer, Beuckelaers, Lörincz, Nassen, Gijbels (80' Wawa), Jacob, Van den Buys, Rouyr, Van Veldhoven, Van Ankeren (89' Jacobs), Osundu
1-0 7' Frenay 1-1 17' Beuckelaers 1-2 20' Van Veldhoven 2-2 48' Karacic
22/2/92 - R CHARLEROI SC - RWDM 2-0
Feuer, Beuckelaers (75' Osundu), Nassen, Lörincz, Gijbels, Van den Buys, Van Veldhoven, Jacob (57' Jacobs), Rouyr, Kepa, Van Ankeren
1-0 17' Brogno 2-0 18' Zetterberg
1/3/92 - RWDM - R STANDARD CL 1-0
Thijs, Nassen, De Vriese, Lörincz, Gijbels, Van den Buys, Jacob, Rouyr, Kepa, Van Veldhoven (76' Osundu), Van Ankeren
1-0 15' Van Ankeren
13/3/92 - KAA GENT - RWDM 3-2
Thijs, Emenalo, Nassen, De Vriese, Gijbels, Jacobs, Van den Buys, Kepa, Rouyr, Van Veldhoven, Van Ankeren
0-1 26' Van Ankeren 0-2 47' Kepa 1-2 49' Van der Linden 2-2 81' Viscaal p 3-2 89' Dauwen
22/3/92 - RWDM - R ANTWERP FC 1-0
Thijs, Nassen, De Vriese, Lörincz, Gijbels, Van den Buys, Kepa (65' Jacobs), Jacob, Rouyr, Van Ankeren, (84' Beuckelaers), Van Veldhoven
1-0 23' Van Ankeren
29/3/92 - KV KORTRIJK - RWDM 0-2
Thijs, Beuckelaers (52' De Jaegher), Nassen, Van den Buys, De Vriese, Kepa, Gijbels, Rouyr, Van Ankeren (70' Wawa), Van Veldhoven, Jacobs
0-1 8' Van Ankeren 0-2 25' Kepa
5/4/92 - RWDM - RSC ANDERLECHT 2-1
Thijs, Nassen, De Vriese, Gijbels (65' Beuckelaers), Jacobs, Van den Buys, Kepa, Jacob, Rouyr, Van Veldhoven, Van Ankeren (78' Wawa)
0-1 13' Bosman 1-1 48' De Vriese 2-1 87' Wawa
12/4/92 - KSC EENDRACHT AALST - RWDM 1-0
Thijs, Nassen, De Vriese, Lörincz, Gijbels (46' Beuckelaers), Van den Buys, Jacob, Jacobs, Van Veldhoven (46' Thairet), Van Ankeren, Kepa
1-0 47' Krohm
26/4/92 - RWDM - K LIERSE SK 2-2
Thijs, Beuckelaers, S.Laeremans, Lörincz, Nassen, Gijbels, Jacob, Kepa, Thairet (60' Vercauteren), Jacobs, Van Ankeren (89' De Jaegher)
0-1 1' Van Kerkhoven 1-1 21' Lörincz 2-1 27' Van Ankeren 2-2 39' Boonen
4/5/92 - CLUB BRUGGE KV - RWDM 3-1
Thijs, S.Laeremans, De Vriese, Beuckelaers, Gijbels, Jacob, Jacobs, Thairet (69' Emenalo), Lörincz, Kepa, Osundu (69' Vercauteren)
0-1 30' Lörincz 1-1 67' Amokachi 2-1 74' Verspaille 3-1 79' Amokachi
10/5/92 - RWDM - RC LIEGE 0-1
Godart, Nassen, De Vriese, Gijbels, S.Laeremans (74' Beuckelaers), Thairet (74' Vercauteren), Kepa, Jacob, Lörincz, Van Veldhoven, Jacobs
0-1 79' Varga
17/5/92 - KSC LOKEREN - RWDM 1-2
Godart, Lörincz, De Vriese, Nassen, Gijbels (87' S.Laeremans), Kepa (46' Thairet), Jacob, Van den Buys, Jacobs, Van Veldhoven, Vercauteren
1-0 38' Siassia 1-1 63' Thairet 1-2 78' Van Veldhoven
24/5/92 - RWDM - GERMINAL EKEREN 0-3
Godart, Nassen, De Vriese, Gijbels, S.Laeremans, Van den Buys, Vercauteren, Jacob (74' Beuckelaers), Jacobs,
Van Veldhoven (46' Camus), Wawa
0-1 40' Sabbadini 0-2 55' Keita 0-3 87' N'Sumbu
COUPE DE BELGIQUE
25/8/91 - 1/32 - RWDM - K BERCHEM SPORT 4-0
Feuer, De Vriese, Nassen, Lörincz, Gijbels, Jacobs, Van den Buys, (70' Emenalo), Vercauteren, Rouyr, Osundu, Van Veldhoven (46' Thairet)
1-0 14' Van den Buys 2-0 19' Van Veldhoven 3-0 58' Thairet 4-0 64' Lörincz
27/10/91 - 1/16 - RWDM - KRC GENK 3-0
Feuer, De Vriese, Nassen, Lörincz, De Jaegher, Jacobs, Van den Buys, Thairet, Rouyr, Van Veldhoven, Van Ankeren (46' Osundu)
1-0 29' Lörincz 2-0 69' Thairet3-0 73' Lörincz p
21/12/91 - 1/8 - K ST NIKLAAS SK- RWDM 3-1 prol
Feuer, De Vriese, Emenalo, Lörincz, Jacobs, Jacob, Thairet (90' Wawa), Rouyr (76' Beuckelaers), De Jaegher, Van Veldhoven, Osundu
1-0 15' Lopicic 1-1 32' Van Veldhoven 2-1 103' Maes 3-1 109' Camara
MATCHES AMICAUX
20/7/91 Eindhoven VV – RWDM 1-0
24/7/91 Standaard Wetteren- RWDM 1-3
Van Veldhoven 2, Wawa
25/7/91 UR Namur – RWDM 0-2
De Vriese, Meba
31/7/91 KSV Cercle Brugge – RWDM 0-0
3/8/91 Atlas – RWDM à l’Union – tournoi Picqué 0-5
4/8/91 RSC Anderlecht (réserves) – RWDM 1-1
Lörincz – 7-6 penalties – à l’Union – finale tournoi Picqué
8/8/91 RWDM – Algérie 3-0
Van Veldhoven, Thairet, Wawa
10/8/91 LC Bastogne – RWDM 1-5
Vercauteren 2, Osundu 2, Wawa
13/8/91 RWDM – RJ Wavre 2-0
Van Veldhoven, Wawa
?/11/91 Olympic – RWDM 2-4
Kepa 3, Osundu