1992-1993

Le club restait donc sur une bonne saison et la direction entretenait désormais le ferme espoir de ne plus vivre les tourments inhérents à la lutte pour le maintien. Sportivement, l’objectif était plus mesuré et le club visait une place parmi les 10 premiers. En dehors du terrain, de grands changements se profilaient à l’horizon. On parlait depuis quelques années maintenant de la construction d’une nouvelle tribune et ce projet était un petit peu devenu le monstre du Loch Ness du RWDM. Pourtant, la saison 1992-1993 sera la dernière de la bonne vieille tribune 2, dernier vestige du Daring et du stade Bossaert. Pour réaliser cet objectif, de nouveaux investisseurs étaient bien entendu nécessaires. Mais ce sera pour plus tard…

Le RWDM reçut l’appui d’un nouveau sponsor principal. Sony avait rempli ce rôle pendant 6 saisons mais la firme japonaise ne renouvela pas son contrat. La RTT venait de changer d’appellation pour devenir Belgacom. Cette société, en voie de privatisation, se lia à notre club et son nom apparut dès lors sur les maillots de nos joueurs. Ces tenues étaient toujours fournies par Diadora. Sur le plan sportif, après son excellente reprise en main de l’équipe, la confiance en Freddy Smets fut bien entendu maintenue. Les joueurs qui quittèrent le club cette année-là n’étaient pas tous des piliers de l’équipe, sauf un : Stan Van den Buys. Depuis son arrivée du Lierse, un an et demi auparavant, Van den Buys était devenu un élément indispensable et il apportait beaucoup grâce à son expérience et à sa science du jeu. Mais pour une sombre histoire de sponsoring de chaussures (le club insistait pour que les joueurs soient complètement équipés en Diadora et Van den Buys avait un contrat personnel avec une autre marque), il partit au FC Malines. Le seul autre titulaire à plier bagage était Harm Van Veldhoven, qui retourna auprès de son premier club belge, Lommel. Van Veldhoven avait joué trois ans pour nous et inscrit 32 buts. Durant sa première saison, il avait grandement contribué à la remontée mais ensuite, il avait éprouvé pas mal de difficultés à s’adapter rapidement au niveau supérieur. Petit à petit, il était cependant parvenu à rendre de grands services à l’équipe et lors de sa deuxième saison en D1, il avait terminé meilleur buteur du club avec 10 réalisations. Mais il était en fin de contrat et lorsque l’opportunité de retourner dans son Limbourg natal (Limbourg néerlandais certes) se présenta, il ne la laissa pas passer.
















En haut : Soors (soigneur),?, Mols, De Vriese, Delangre, Van Ankeren, Vercauteren, Nassen, Lörincz, Jacob, Smets (entraîneur), Sancke (délégué). Au milieu : Gijbels, Rouyr, Thijs, Rosez, Godart, Rubinelson, Beuckelaers. En bas : Wawa, De Jaegher, Kepa, Camus, Thairet, S.Laeremans.

Michael Emenalo ne signa pas de nouveau contrat et partit en D3 allemande, à l’Eintracht Trier avant de tenter sa chance en l’Angleterre à Notts County, en Division One. Notre solide Nigérian ne jouissait pas d’un statut de titulaire et jouait à peu près un match sur deux. Les supporters Molenbeekois l’avaient perdu de vue après son départ mais, lors de la coupe du Monde 94 aux Etats-Unis, quelle ne fut pas notre surprise de le revoir sous le maillot des “Green Eagles” face à Maradona et cie! Deux joueurs qui nous avaient été prêtés retournèrent dans leur club d’origine. Ian Feuer (FC Bruges) bien entendu et Philippe Osundu (Anderlecht). Osundu était resté deux saisons au stade Machtens mais la fin de son séjour fut ternie par une brouille avec Smets et il n’était quasiment plus apparu dans l’équipe. Enfin, quelques jeunes n’ayant pas réussi à faire leur trou dans le noyau de l’équipe première prirent la direction de clubs de division inférieure : Christian Schaeckels, Pascal Hofman et Frédéric Marteaux.

Pour se renforcer, le club se tourna à nouveau vers le Standard. Trois joueurs de Sclessin débarquèrent au RWDM. Le premier était le gardien du but Dirk Rosez, ancien grand espoir de Beveren qui, à Liège, avait été la doublure de Gilbert Bodart durant deux saisons. Rosez, de son propre aveu, avait effectué ce choix essentiellement pour l’aspect financier. Pendant ces deux années, il n’avait quasiment pas joué. Au RWDM, il allait bénéficier du statut de titulaire. Etienne Delangre était notre deuxième acquisition. Titulaire indiscutable au Standard, il aurait dû être un renfort important pour notre défense. Mais lors du premier match d’entraînement à Nantes, il se blessa gravement au genou. Cette blessure allait le tenir éloigné des terrains pendant près d’un an. A Molenbeek, beaucoup insinuèrent que Delangre était déjà blessé au moment où il signa son contrat. Le principal intéressé l’a toujours fermement démenti. Lors d’un match amical à Walhain en 2001, j’ai eu l’occasion de discuter avec lui (c’est quelqu’un de très sympa). Il me confirma avoir été en parfaite condition physique au moment de rejoindre le RWDM mais que personne ne songea jamais à lui faire passer une visite médicale. D’où la polémique… Le dernier Standardman engagé était le jeune Brésilien Monteiro Ferreira, connu sous le nom de Rubenilson et prêté pour une saison avec option. Avec eux, Rouyr, Nassen et Jacob, cela portait à six le contingent d’anciens joueurs du Standard. Le jeune défenseur brugeois, Tony Mols, était lui aussi prêté. Selon moi, il était trop court pour la D1 et il ne figurera que très rarement parmi le onze de base. Nous saluions le retour au club d’Eric Dumon en tant qu’entraîneur de l’équipe réserve, treize ans après son départ forcé et sa retraite du football de haut niveau.

L’équipe partit en stage dans le Sud-Ouest de la France. Avant cela, nous nous étions imposés 0-3 à Nantes contre l’ancien club de Franky Vercauteren. A Arcachon face à Bordeaux, le RWDM s’inclina par 3-1. Rien d’autre de particulier à signaler, si ce n’est une visite exotique de l’équipe nationale du Gabon au stade Machtens.















17/7/92, stage de préparation à Arcachon. Le RWDM affronte les Girondins de Bordeaux (défaite 3-1)

La saison 1992-1993 fut marquée par un changement important au niveau des règles du jeu. Suite au pauvre spectacle présenté par les équipes nationales ayant participé à l’Euro 92 en Suède - épreuve caractérisée par un jeu excessivement prudent et négatif - la FIFA décida de sanctionner par un coup franc indirect les gardiens de but s’emparant du ballon en main sur les passes en retrait effectuées du pied par un coéquipier. Cette nouvelle règle obligea les défenseurs et les gardiens à un gros effort d’adaptation. Ces derniers surtout durent travailler leur jeu au pied, qui devint une des qualités requises à un gardien de but moderne.

Notre saison débuta par un partage à domicile face au RC Genk, à l’issue d’un match soporifique disputé par une température caniculaire. Emil Lörincz inscrivit notre but. Cette rencontre fut particulière car notre équipe évolua pour la première fois de son histoire dans une couleur qui n’était pas la sienne : le bleu! Je n’ai jamais compris pourquoi cette couleur avait été choisie. Il n’y a aucune trace de bleu dans les couleurs du club. Certes, la plupart des clubs, surtout en Angleterre, ont un jeu de maillots de rechange où souvent figurent des couleurs différentes des leurs. Ils sont utilisés en déplacement lorsque l’équipe adverse évolue dans des couleurs similaires à celles qu’ils emploient habituellement. Mais dans notre cas, nous jouions à domicile et les couleurs de l’adversaire étaient justement le bleu et le blanc… Incompréhensible. A domicile, le RWDM allait évoluer de plus en plus régulièrement tout de bleu vêtu et cet équipement devint tout doucement notre premier choix. Ce n’est peut-être qu’un détail mais moi, cela me choquait quelque peu de voir mon équipe se produire dans d’autres couleurs que le rouge, le blanc et le noir…

Pour le derby au Parc Astrid, qui tombait très tôt dans la saison, nous étions bel et bien vêtus de rouge blanc noir. Sous l’impulsion d’un excellent Emil Lörincz, le RWDM joua un très bon match mais s’inclina par 3-2. A la mi-temps, tous les espoirs étaient permis suite à l’égalisation sur un penalty transformé par notre Hongrois. Mais en seconde période, les mauves se détachèrent et le but de Wawa ne put empêcher la défaite. Notre Zaïrois revenait bien dans le parcours et avait été titularisé d’emblée par Freddy Smets. Son second but personnel face à Anderlecht n’eut malheureusement pas la même importance que celui inscrit quelques mois plus tôt…




















15/8/92 Anderlecht-RWDM (3-2). Franky Vercauteren face à Bertrand Crasson.

En ce début de saison, le RWDM était devenu spécialiste des matches nuls. 1-1 contre La Gantoise, 0-0 au Lierse et 1-1 contre le Germinal Ekeren. Fait peu courant, Dirk De Vriese avait été exclu lors de ces deux premières parties. De Vriese n’était certes pas un enfant de chœur mais le fait est qu’il était parfois, même souvent, visé par nos hommes en noir, victime de sa réputation. Pourtant, cela faisait huit ans que Dirk n’avait plus pris de carton rouge en match officiel.

Après le match contre Gand, la direction engagea un autre ancien joueur du Standard, Guy Vandersmissen. Le Limbourgeois avait quitté Sclessin pour le Germinal Ekeren quelques mois auparavant mais lorsque le RWDM le contacta, il rejoignit nos rangs. Guy restera de nombreuses années à Molenbeek et sera un modèle de professionnalisme. Même s’il avait tout connu au Standard - deux titres de champion de Belgique, une finale de coupe des vainqueurs de coupe et de nombreuses sélections en équipe nationale -, il se donna chaque fois à fond pour nos couleurs. Sa carrière molenbeekoise prendra cependant fin sur une bien mauvaise note… Mais ce sera pour plus tard. Vandersmissen était considéré comme étant en fin de carrière mais il allait faire preuve d’une exceptionnelle longévité : «J’avais 34 ans au moment de me lier au RWDM. Je ne pensais évidemment plus jouer pendant 6 saisons au plus haut niveau. Mais à Ekeren, j’ai été blessé six mois et j’ai bien pu me soigner et ainsi être au top physiquement pour mon retour. Au Germinal, cela n’a pas trop bien marché pour moi. J’avais déjà eu des contacts avec le RWDM mais cela ne s’était pas concrétisé. J’ai encore joué le premier match de championnat avec le Germinal à Boom puis le RWDM est revenu à la charge et j’ai signé. J’ai tout de suite trouvé qu’il y avait une bonne ambiance au club, qui me rappelait celle du Standard. Je me suis immédiatement senti bien au Stade Machtens. »

Notre déplacement suivant, au Standard, constituait un match spécial pour Freddy Smets car c’était là qu’il avait fait ses débuts sur le banc d’entraîneur. Ce match se solda par une défaite 2-1 mais ce sera sa seule en six rencontres face aux Liégeois. C’est à ce moment-là que le RWDM allait recevoir l’étiquette de « bête noire » du Standard. Edwin Van Ankeren avait répondu au but d’ouverture de Bettagno et l’on se dirigeait vers notre cinquième nul en six matches lorsque Marc Wilmots inscrivit le but victorieux pour les locaux dans les dernières minutes. Et, un malheur ne venant jamais seul, Dirk Rosez sera exclu pour être sorti dans les pieds d’un attaquant liégeois qui mit énormément de bonne volonté à se laisser choir. Résultat : penalty et carte rouge pour notre portier. Comme nous avions déjà effectué nos deux changements, c’est Lörincz qui prit place dans les buts. Et, chose incroyable, il arrêta le coup de réparation botté par Bettagno! Ce qui ne nous empêcha pas de quitter la Cité Ardente battus…

Il fallait absolument une victoire sous peine de sombrer une fois de plus dans les profondeurs du classement. Ce qui fut fait au stade Machtens contre les promus de Boom (2-1), où jouait encore Dirk Vekeman ainsi que Sébastien De Meersman, prêté par le Standard. Lambic Wawa inscrivit notre premier but de cette partie plus que moyenne. Ce sera son dernier sous le maillot molenbeekois. A Bruges, notre équipe suscita la colère du public local pour avoir eu l’insolence de prendre un point. Il est vrai qu’elle y avait joué uniquement dans cette optique mais parvenir à préserver ses filets inviolés au Club constituait un petit exploit. Contre Charleroi et devant les caméras de Canal Plus, nous concédions un nouveau nul, obtenu sur un penalty transformé par Lörincz. 

Le déplacement à Lommel restera un excellent souvenir. Nous étions partis à trois en voiture avec Thierry Gobbe et Everton. C’était le début de la grande époque des déplacements aux bacs de bières. Lommel étant assez loin, la consommation avant d’y parvenir fut pour le moins abondante… Arrivés sur le parking visiteur, nous eûmes la surprise de voir Dirk Rosez se parquer à côté de nous. Suspendu suite à son exclusion de Sclessin, il avait fait le déplacement avec son véhicule personnel. Etant partageurs, nous lui offrîmes bien entendu une bière, qu’il accepta avec beaucoup de plaisir, tout en précisant que c’était la première fois de sa carrière professionnelle qu’il voyait cela! Le match du RWDM fut presque parfait. Une véritable démonstration face à des Limbourgeois qui faisaient encore à ce moment-là le dur apprentissage de l’élite. A un quart d’heure de la fin, nous menions tout simplement 0-4! Dans les cinq dernières minutes, Lommel réduisit la marque en inscrivant deux buts, dont le dernier par Van Veldhoven. L’ouverture du score avait été l’œuvre de Rubenilson (sa première réalisation personnelle aussi) et donna lieu à une scène étonnante. Le tir croisé victorieux de notre Brésilien toucha le poteau intérieur du but et ressortit de celui-ci. Manifestant sa joie avec ses coéquipiers, il ne vit pas que M. Blareau faisait signe de continuer à jouer, croyant que le ballon avait touché le montant! Nos joueurs se précipitèrent vers le juge de touche, qui confirma à l’arbitre que le but devait bel et bien être accordé… Incroyable erreur de M. Blareau qui ne porta heureusement pas à conséquence. Ce ne sera pas la dernière fois que l’arbitre borain nous jouera des tours…

A l’Antwerp, ce fut encore mieux : victoire 0-4! Face à des Anversois médusés, notre équipe avait livré un match quasi parfait. Solide défense, excellente récupération, attaquants rapides, tout y était… L’équipe commençait à bien tourner mais, comme souvent à Molenbeek, elle allait connaître une rechute passagère.













25/10/92 Antwerp-RWDM (0-4). Rubinelson vient de marquer le deuxième but d’une extraordinaire victoire.

Pour notre entrée en lice en coupe de Belgique, le sort nous avait imposé un difficile déplacement au Pairay où le FC Seraing jouait les premiers rôles en D2. Devant l’insistance des clubs de D1, l’Union Belge avait décidé que leurs débuts en coupe ne se ferait plus avant le stade des seizièmes de finale. Dommage, car cela réduisait de beaucoup le charme inhérent à ce genre de compétition faite de surprises. Si nous en étions souvent victimes, j’aimais bien ces matches qui nous donnaient de temps en temps l’occasion de visiter des stades inédits. Le club manquant de contrôleurs (en coupe, la recette étant partagée, les entrées sont vérifiées par des contrôleurs des deux clubs) et à la demande de mon grand-père, j’avais joué ce rôle au Pairay. Expérience intéressante, mais qui me privait d’un des charmes du déplacement, le voyage entre amis et les arrêts boissons. Notre entrée tardive dans la compétition ne nous empêcha pas d’être victimes une fois de plus d’une élimination précoce. Après l’égalisation de Lörincz, le RWDM livra une partie indigne de son rang et s’inclina sur deux buts inscrits dans les dernières minutes.

En championnat, la série de partages recommença avec deux nouveaux 1-1, contre Lokeren et le FC Liège. Entre les deux, il y eut la traditionnelle défaite au FC Malines, où Dirk De Vriese fut une nouvelle fois exclu, encore plus sévèrement que les autres fois. La fin du premier tour allait pourtant nous réserver de grands moments. En déplacement, nous reprîmes nos bonnes habitudes par une large victoire à Beveren (0-3), où Steve Laeremans, devenu titulaire indiscutable, marqua son premier but. Et enfin eut lieu la seconde victoire de la saison au stade Machtens, 4-2 contre le Cercle de Bruges. Le revenant Ilir Kepa, qui n’avait pas confirmé ses promesses de la saison précédente et qui était en balance avec Wawa pour le poste de 3ème étranger, monta au jeu en fin de partie pour nous donner la victoire. Notre Albanais était redevenu, l’espace d’un match, le favori du public. Ce qui me frappa durant ce match furent les deux buts inscrits sur coup franc par Branko Karacic. Ce n’était pas la première fois que le Croate du Cercle nous marquait des buts au stade Machtens mais ces deux là me restent en mémoire. Après avoir déposé le ballon, Karacic se dirigea vers notre mur pour mieux apprécier sa position. Il renouvela l’opération la seconde fois et inscrivit deux buts absolument identiques! La grande classe.

Juste avant la trêve, nous devions nous rendre à Waregem. L’équipe locale jouait les premiers rôles et était pratiquement imbattable sur les bords du Gaverbeek. Sous une pluie battante, notre défense avait tenu bon lorsque, à dix minutes de la fin, Kepa lança Edwin Van Ankeren en profondeur dans notre propre moitié de terrain. Prenant les défenseurs locaux de vitesse et éludant le tackle du dernier d’entre eux, il battit le gardien après avoir traversé la moitié du terrain. Un modèle de contre-attaque et une victoire très importante. Le championnat était particulièrement serré et, grâce aux récents succès, nous étions dans le haut de tableau, parmi les candidats à l’Europe. Tout Molenbeek se prit à rêver. Après tout, pourquoi pas? L’équipe venait de prouver, lors de ses déplacements surtout, qu’elle ne devait craindre personne.












20/12/92 Waregem-RWDM (0-1). A l’issue d’une chevauchée fanastique, Edwin Van Ankeren nous donna une victoire innespérée.

La vie au RWDM n’ayant jamais été un long fleuve tranquille, il se passa beaucoup de choses pendant l’interruption hivernale. La commune injecta 10 millions de FB dans le club, sous forme de parts dans la société coopérative. Mais surtout, les entreprises de construction Dewaele étaient entrées au club. La construction de la nouvelle tribune ayant enfin été décidée, les travaux devaient débuter en fin de saison. Nous avions encore quelques matches pour dire adieu à l’endroit où beaucoup d’entre nous avaient passé les débuts de leur vie de supporters molenbeekois. Le reprise se solda par une défaite au RC Genk, où nous n’étions pas parvenus à reproduire nos bonnes prestations en déplacement. Mais tout le monde avait l’esprit occupé par le derby retour de la semaine suivante.

Anderlecht occupait à ce moment-là la première place du classement avec quatre points d’avance sur le Standard et était bien parti pour remporter un nouveau titre. Mais pendant la semaine précédant la rencontre, nos voisins avaient entretenu la polémique en licenciant leur entraîneur Luka Peruzovic pour d’obscures raisons que certains prétendaient linguistiques (Peruzovic, Croate, ne maniait pas la langue de Vondel, crime suprême aux yeux de la presse néerlandophone). Son remplaçant n’était autre que… Johan Boskamp! Ce n’était évidemment pas la première fois que notre ancienne star revenait en adversaire au stade Machtens mais cette fois-ci, c’était à la tête de l’ennemi anderlechtois, lui qui ne s’était jamais privé de critiquer en public le club de Saint-Guidon et de clamer haut et fort que jamais il n’y ferait carrière. Beaucoup de supporters molenbeekois étaient choqués par le passage de Boskamp à Anderlecht. Aujourd’hui encore, certains lui en veulent toujours. Pour moi, si j’étais bien entendu très déçu, ce n’était qu’une preuve supplémentaire que le football moderne ne constitue absolument plus une affaire de sentiments.
















17/1/93 RWDM-Anderlecht (2-2). Pour son premier match en tant qu’entraîneur des Mauves, Johan Boskamp est de retour à Molenbeek! Une image qui choqua beaucoup de supporters molenbeekois et qui ne fit pas l’unanimité de l’autre côté de la Chaussée de Ninove, à en juger les calicots.

Le battage médiatique entourant ce derby fut énorme et il y avait encore plus de monde que les années précédentes. Les supporters anderlechtois manifestèrent leur soutien à leur entraîneur déchu. Quant à nous, nous rêvions de rééditer notre exploit de la saison 91-92 et de faire une nouvelle fois trébucher les Anderlechtois. Cela commença de manière idéale puisque Gunther Jacob nous donna l’avance d’un magnifique tir peu après le quart d’heure. Mais Luc Nilis égalisa peu après et donna même l’avance aux Anderlechtois en début de seconde période. Malgré les efforts de nos joueurs, on se dirigeait vers un succès des mauves de Boskamp. A la dernière minute, Dirk Rosez monta même sur le dernier corner, sans succès. Il était tout juste revenu dans son but lorsque Peter Van Vossen se présenta seul devant lui. Tout le stade était persuadé que le Hollandais allait inscrire le troisième but mais Rosez réalisa une sortie parfaite dans ses pieds. Il donna ensuite le ballon à Patrick Thairet, qui lança Edwin Van Ankeren sur le flanc gauche. Dans un dernier effort, le Hollandais parvint à déborder et à centrer dans le petit rectangle où Franky Vercauteren, l’ex-petit prince du Parc, propulsa le ballon au fonds des filets! 2-2! Comme un peu moins d’un an auparavant, le stade Machtens explosa de joie. Un scénario magnifique, avec le raté de Van Vossen puis notre égalisation sur l’action suivante… Cela ne valait pas notre victoire de 1992 mais ce fut quand même un grand moment. Le seul point noir de l’après-midi avait été la blessure de Guy Vandersmissen, out jusqu’à la fin de la saison.














17/1/93 RWDM-Anderlecht (2-2). Le tournant du match. Dirk Rosez stoppe Van Vossen / Edwin Van Ankeren, auteur du centre qui, quelques secondes plus tard, amena le but de égalisateur de Vercauteren, devant le Kop. Derrière lui, Niko, un ami supporter.

Poursuivant sur notre lancée, nous étions allé nous imposer 1-2 à Gand où un super Lörincz nous montra une nouvelle fois la voie. Parmi les supporters, tout le monde se mit à croire en une qualification européenne. Le match suivant face au Lierse, un de nos nombreux concurrents directs, nous conforta dans cette opinion. A l’issue d’une partie très serrée et tendue, Edwin Van Ankeren nous donna la victoire à deux minutes de la fin.
















7/2/93 RWDM-Lierse (1-0). Edwin Van Ankeren nous donne la victoire du fol espoir européen.

Mais l’équipe commençait à donner des signes de fatigue, ce qui se ressentit à Ekeren où nous fûmes sèchement et sans discussion battus 3-0. Contre le Standard, qui jouait le titre, notre équipe parvint à prendre un point, sans pour autant mettre les Liégeois exagérément en difficulté. Après que Lörincz ait manqué la conversion d’un penalty en début de partie, celle-ci n’eut, en fait, que peu d’intérêt.















28/2/93 RWDM-Standard (0-0). Gilbert Bodart stoppe le penalty de Mile Lörincz.

Après une victoire à Boom arrachée en fin de match par Rubenilson, nous recevions le FC Bruges. Avant la rencontre, nous étions à égalité avec les Brugeois et occupions la 5ème place. Une victoire, et la voie royale vers l’Europe s’ouvrait à nous. Mais les Blauw en Zwart, plus habitués à ce genre de parties et n’ayant plus que la qualification européenne pour sauver une saison médiocre pour leur standing, s’imposèrent 1-2, nous infligeant par la même occasion notre première défaite de la saison à domicile. Cette après-midi nous avait permis de mesurer la longueur du chemin nous séparant encore des équipes de pointe de notre championnat.

Tout n’était cependant pas perdu, malgré la défaite à Charleroi (1-0), et notre équipe renoua avec la victoire lors de la visite de Lommel (2-0). Peu de monde se doutait qu’il allait s’agir de notre dernier succès de la saison… Après un nouveau nul blanc à domicile contre l’Antwerp qui nous éloignait un petit peu plus du haut du tableau, sans pour autant hypothéquer toutes nos chances, nous devions nous rendre à Lokeren. Sur le papier, c’était le match idéal pour se relancer. Lokeren était très mal embarqué dans le bas du classement et ce club paraissait mûr pour effectuer la culbute. Mais ce match ne sera vraiment pas comme les autres… Au lieu de nous rassurer, il sema le doute et l’amertume dans l’esprit de beaucoup de supporters molenbeekois. Le match fut largement dominé par nos joueurs mais il loupèrent absolument toutes les occasions de but qu’ils se forgèrent. Si on peut invoquer la maladresse ou la malchance dans certaines circonstances, ce jour-là, c’était vraiment exagéré… Nous avions l’impression que nos joueurs ne voulaient pas marquer… Drôle de sentiment… Et le comble fut atteint quand, à un quart d’heure de la fin, sur une des rares incursions des Lokerenois aux abords de notre rectangle, Rosez relâcha un tir anodin et le Hongrois Meszaros poussa le ballon au fond de nos filets! Un but plus qu’évitable qui couronnait une prestation calamiteuse du RWDM…En sortant du stade de Daknam, j’avais vraiment un arrière-goût maussade au fond de la gorge et le sentiment d’avoir, quelque part, été berné… Je n’ai jamais appris quoi que ce soi de particulier sur les circonstances qui entourèrent cette édifiante rencontre mais, franchement, je trouvais ce match louche… Ce déplacement à Lokeren fut le point de départ d’une incroyable série de six défaites avec seulement deux buts inscrits. Non seulement l’équipe jouait mal mais en outre, elle ne semblait plus afficher la même volonté que quelques semaines auparavant. Evidemment, parmi les supporters, cela jasait… Beaucoup d’entre-nous étaient persuadés que la direction avait demandé aux joueurs de lever le pied et ainsi d’éviter de sa qualifier pour la coupe d’Europe, qui aurait coûté bien plus que ce qu’elle n’aurait rapporté. Tout cela fut naturellement démenti avec vigueur par le club. Voici ce que Jean-Marie Philips écrivait lors de son traditionnel éditorial dans le « RWDM Info » du dernier match de la saison : « Pourquoi la machine s’est-elle enrayée? Bien malin celui qui pourra nous l’apprendre. Sans doute un ensemble de facteurs a-t-il engendré, pour qui la peur de bien, ou mal, faire, ou pour qui un complexe de supériorité (!), voire, pourquoi pas, d’infériorité. Qu’avions-nous à craindre ou à redouter? La peur de l’inconnu a-t-elle coupé les jambes de certains ou l’ivresse européenne a-t-elle fait tourner la tête à d’autres? Une chose est cependant irréfutable, ce n’est, à aucun niveau, le fruit d’une politique concertée. A ceux qui crient haro sur le baudet (la direction), nous opposons que, ne fut-ce que pour le prestige, jamais nous ne nous serions volontairement sabordés!A ceux qui ne voient dans la démobilisation des joueurs que le fruit d’une cupidité inassouvie, nous répondons qu’ils savaient ce qu’ils perdaient et que nous ne pouvons croire qu’ils sacrifiaient de gaîté de cœur leurs intérêts économiques.» Cela semble clair mais, effectivement, cette fin de saison fut pour le moins pénible… 








Jean-Marie Philips (secrétaire) et Roland Tis (le trésorier, un supporter du Standard!), respectivement secrétaire et trésorier du club. Tout deux sont aujourd’hui actifs à …l’Union Belge…

Le match suivant la déroute lokerenoise, nous recevions le FC Malines, qui nous infligea une nouvelle défaite sans forcer (1-3). Ce jour fut très spécial car c’était la dernière fois que nous prenions place dans notre vieille tribune. Le lundi qui suivait la rencontre, les pelleteuses et les bulldozers allaient entrer en action pour abattre ce monument. A la place allait se dresser une tribune flambant neuve dotée de business-seats. J’aurai bien entendu l’occasion de revenir sur ce monstre, véritable Tonneau des Danaïdes pour notre club qui n’avait pas besoin de cela. En tout cas, ce 18 avril 1993, c’était l’ultime fois que je déambulais dans ces couloirs sombres, vestiges d’une époque heureuse et révolue où le football n’était pas encore avant tout une question d’argent et où les spectateurs se pressaient en masse aux guichets.
















18/4/93 RWDM-FC Malines (1-3). Pour la dernière fois, les joueurs montent sur la pelouse face à la veille tribune du Daring.

Plus de secrétariat des jeunes où j’avais signé ma carte d’affiliation. Terminée la magnifique buvette qui était située le long du terrain et qui avait été complètement rénovée quelques années auparavant. Qui ne se souvient des malodorants pissotoirs situés derrière l’édifice? C’était parfois à la limite de l’insalubrité mais c’était un pan de notre histoire. Et il disparaissait. Je suis persuadé qu’il y avait moyen de faire autre chose, comme par exemple intégrer des business-seats dans tribune L’Ecluse et rénover l’ancienne (dont la partie supérieure, tombant en ruines, avait un temps été interdite d’occupation.)













La maquette de la nouvelle tribune.


















Avril 1992. La destruction de la « vieille » tribune débute. Un déchirement pour tous les supporters.

















Le stade Machtens défiguré, à jamais orphelin de son « âme ».

















Et voici ce que cela donna.

Notre championnat se traînait en longueur. Défaites 4-1 au FC Liège, où le frère aîné de Steve Laeremans, Michael, avait fait ses débuts, et 4-0 au CS Bruges. A domicile, les deux dernières rencontres se déroulèrent dans un véritable chantier. Tout le monde avait pris place dans la tribune L’Ecluse et avait à subir la vue de notre monument en cours de destruction. C’est dans cette cafardeuse atmosphère que Beveren (0-2) et Waregem (0-2) vinrent s’imposer dans un stade Machtens défiguré, cette dernière équipe s’y qualifiant pour la coupe d’Europe. Certains d’entre-nous ne pouvaient s’empêcher de penser que l’on aurait pu se trouver à leur place sans cette fin de saison gâchée.

Finalement, nous terminions à la même place qu’un an auparavant, la 11ème, avec seulement 2 points de plus. Nous n’avions remporté que quatre matches à domicile. Par contre, hors de nos bases, nous étions revenus victorieux à six reprises. Ce flirt avec l’Europe avait néanmoins engendré des ambitions nouvelles au club.

S’il ne se passa plus grand-chose sur le terrain, en coulisses par contre, cela bougeait énormément. La construction de la nouvelle tribune avait attiré de nouveaux partenaires dans le club. Après les établissements Louis Dewaele, c’était la CIB (Compagnie Immobilière de Belgique) et son président M. Jean Thomas qui s’associaient à cette entreprise. Et puis, surtout, nous avions un nouveau président. Willy Uytterhaegen fut contraint de se retirer et son nouveau poste de « vice-président » ne signifiait rien d’autre qu’une mise au placard. Il n’aura plus voix au chapitre et quittera du club en ne laissant pas une meilleure image aux yeux des supporters qu’à son arrivée. Son successeur s’appelait Serge Vilain. Le gros cigare éternellement à la main, Vilain ne venait pas du monde du football, ne l’avait jamais approché et, de son propre aveu, il n’y connaissait que très peu, voire rien du tout. Ayant longtemps été le Chef de Cabinet de M. Moureaux, il était au moment de sa nomination Président de la Société Régionale d’Investissement Bruxellois et vice-Président de Belgacom. Une nomination politique donc. D’ailleurs, le bourgmestre de Molenbeek St-Jean entrait lui aussi dans le conseil d’administration du club en tant que représentant de la commune. Et Mr.Gooris, l’ancien président du Racing White, qui avait été nommé co-président au moment de la fusion avant de quitter le club en raison de problèmes avec M. L’Ecluse, était de retour.

















Le nouveau président du club, Serge Vilain, l’ « homme au cigare ».

Pourquoi un tel bouleversement? Jean-Marie Philips : «A la fin de chaque saison, le RWDM terminait avec un déficit entre 15 et 23 millions. Nous étions toujours parvenus à le combler en vendant des joueurs, M. Mabille y allant souvent de sa poche pendant la campagne. Mais à la fin de la saison 92-93, nous n’y étions pas parvenus. Nous nous sommes adressés à la commune et c’est M. Moureaux qui nous mit en contact avec la CIB. Pour moi, il s’agissait d’une funeste rencontre car, aujourd’hui encore, je considère que cette tribune est à la base des malheurs qui ont entraîné la mort du club…» Un grand chambardement donc au RWDM qui tombait entre les mains de financiers qui n’étaient évidemment pas là pour les beaux yeux de notre club ou pour l’amour du football... Ainsi se clôturait une époque désormais révolue, où le football, malgré ses dérives, était encore une fête. Nous entrions de plein pied dans l’ère du foot-business. Le club courait en fait à sa perte et nous n’avions plus que neuf ans à vivre…


CLASSEMENT























CHAMPIONNAT DE BELGIQUE – DIVISION 1 – 1992-1993

9/8/92 - RWDM - KRC GENK 1-1 

Rosez, Lörincz, Nassen, De Vriese, Gijbels, Mols, Kepa (58' Rubenilson), Rouyr, Thairet, Jacobs, Van Ankeren (73' S.Laeremans)

1-0 12' Lörincz 1-1 38' Goots 

15/8/92 - RSC ANDERLECHT - RWDM 3-2 

Rosez, Lörincz, De Vriese, Nassen, Gijbels, Mols, Rouyr, Vercauteren, Jacobs, Van Ankeren (75' Rubenilson), Wawa

1-0 37' Van Vossen 1-1 44' Lörincz p 2-1 66' Degryse 3-1 71' Versavel 3-2 76' Wawa 

19/8/92 - RWDM - KAA GENT 1-1 

Rosez, Lörincz (46' Mols), De Vriese, Nassen, Gijbels, S.Laeremans, Rouyr, Vercauteren, Jacobs, Wawa, Van Ankeren

0-1 52' Medved 1-1 56' Van Ankeren 

23/8/92 - K LIERSE SK - RWDM 0-0 

Rosez, Lörincz, Nassen, De Vriese, Gijbels, S.Laeremans (74' Mols), Vandersmissen, Rouyr, Vercauteren (59' Kepa), Jacobs, Wawa

6/9/92 - RWDM - GERMINAL EKEREN 1-1 

Rosez, Lörincz, Nassen, Beuckelaers, Gijbels (35' Mols), Vandersmissen, Jacob, Rouyr, Jacobs, Van Ankeren, Wawa

1-0 59' Van Ankeren 1-1 78' Claessen 

12/9/92 - R STANDARD CL - RWDM 2-1 

Rosez, S.Laeremans, De Vriese, Lörincz, Nassen, Vandersmissen, Jacob, Rouyr (64' Mols), Kepa (76' Rubenilson), Jacobs, Van Ankeren

1-0 53' Bettagno 1-1 62' Van Ankeren 2-1 85' Wilmots 

20/9/92 - RWDM - KFC BOOM 2-1 

Rosez, S.Laeremans, Lörincz, Nassen, Beuckelaers, Vandersmissen, Jacob, Thairet (75' Mols), Jacobs (46' Rubenilson), Van Ankeren, Wawa

1-0 57' Wawa 2-0-86' Van Ankeren 2-1 89' Koroma 

26/9/92 - CLUB BRUGGE KV- RWDM 0-0 

Rosez, Lörincz, Nassen, Beuckelaers, Mols, Gijbels, Vandersmissen, Rouyr (80' Jacob), Vercauteren (70' S.Laeremans), Rubenilson, Van Ankeren

4/10/92 - RWDM - R CHARLEROI SC 1-1 

Rosez, Lörincz, Mols, Nassen, Beuckelaers, Gijbels, Vandersmissen, Rouyr (80' Jacob), Vercauteren (70' S.Laeremans), Rubenilson, Van Ankeren

0-1 25' Malbasa 1-1 50' Lörincz p 

18/10/92 - KSK LOMMEL FC - RWDM 2-4 

Godart, Beuckelaers, Nassen, De Vriese, Gijbels, Vandersmissen, Thairet (80' Vercauteren), Jacob, Rouyr, Rubenilson (70' Mols), Van Ankeren

0-1 15' Rubenilson 0-2 34' Van Ankeren 0-3 70' Rubenilson 0-4 74' Van Ankeren 1-4 84' Hendrickx 2-4 86' Van Veldhoven 

25/10/92 - R ANTWERP FC - RWDM 0-4 

Rosez, Lörincz, De Vriese, Nassen, Beuckelaers, Vandersmissen, Jacob, Rouyr, Thairet (67'Mols), Rubenilson, Van Ankeren (80' Wawa)

0-1 7' Rouyr 0-2 46' Rubenilson 0-3 70' Rubenilson 0-4 72' Van Ankeren 

8/11/92 - RWDM - KSC LOKEREN 1-1 

Rosez, Lörincz, Nassen, De Vriese, Gijbels, Beuckelaers, Vandersmissen, Jacob (67' Mols), Vercauteren, Van Ankeren, Wawa (46' Rouyr)

1-0 10' Vercauteren 1-1 35' Siassia 

22/11/92 - KV MECHELEN - RWDM 2-0 

Rosez, Lörincz, De Vriese, Nassen, Mols, Vandersmissen, Jacob, Rouyr, Thairet (82' Vercauteren), Rubenilson, Van Ankeren (76' Beuckelaers)

1-0 10' Emmers 2-0 28' Emmers 

29/11/92 - RWDM - RFC LIEGE 1-1 

Rosez, Lörincz, Nassen, De Vriese, Gijbels (20' S.Laeremans), Mols, Vandersmissen, Rouyr, Thairet (58' Wawa), Rubenilson, Van Ankeren

1-0 48' Rubenilson 1-1 54' Rosez og 

5/12/92 - KSK BEVEREN - RWDM 0-3 

Rosez, Lörincz, Nassen, Beuckelaers, S.Laeremans, Vandersmissen, Rouyr, Vercauteren, Jacobs, Rubenilson, Van Ankeren

0-1 7' Lörincz 0-2 55' S.Laeremans 0-3 83' Rubenilson 

13/12/92 - RWDM - KSV CERCLE BRUGGE 4-2 

Rosez, Lörincz, Nassen, De Vriese, S.Laeremans, Vandersmissen, Rouyr, Vercauteren (60' Beuckelaers), Jacobs, Rubenilson, Van Ankeren (66' Kepa)

1-0 21' Rubenilson 2-0 39' Van Ankeren 2-1 64' Karacic 3-1 68' Kepa 3-2 75' Karacic 4-2 81' Kepa

20/12/92 - KSV WAREGEM - RWDM 0-1 

Rosez, Lörincz, Nassen, De Vriese, S.Laeremans, Vandersmissen, Rouyr, Vercauteren, Jacobs, Rubenilson (59' Kepa), Van Ankeren (86' Beuckelaers)

0-1 80' Van Ankeren 

9/1/93 - KRC GENK - RWDM 2-1 

Rosez, Nassen (78' Beuckelaers), De Vriese, Gijbels, Lörincz, Rouyr, Jacobs (63' Thairet), Vandersmissen, Vercauteren, Kepa, Rubenilson

1-0 34' Claessens 2-0 50' Goots 2-1 56' Rubenilson 

17/1/93 - RWDM - RSC ANDERLECHT 2-2 

Rosez, S.Laeremans, Nassen, De Vriese, Beuckelaers, Rouyr, Vandersmissen (31' Thairet), Vercauteren, Jacob, Rubenilson (65' Kepa), Van Ankeren

1-0 17' Jacob 1-1 29' Nilis 1-2 50' Nilis 2-2 90' Vercauteren 

31/1/93 - KAA GENT - RWDM 1-2 

Rosez, Lörincz, Nassen, De Vriese, Beuckelaers (60' Thairet), S.Laeremans, Jacob, Rouyr, Vercauteren (76' Kepa), Van Ankeren, Rubenilson

0-1 16' Lörincz 0-2 66' Van Ankeren 1-2 68' De Roover 

7/2/93 - RWDM - K LIERSE SK 1-0 

Godart, S.Laeremans, Nassen (75' Kepa), De Vriese, Lörincz, Jacobs (46' Thairet), Jacob, Rouyr, Vercauteren, Rubenilson, Van Ankeren

1-0 88' Van Ankeren 

21/2/93 - GERMINAL EKEREN - RWDM 3-0 

Rosez, S.Laeremans, Nassen, De Vriese, Jacobs (46' Mols), Lörincz, Jacob, Vercauteren, Rouyr, Kepa, Van Ankeren

1-0 38' Van de Walle p 2-0 61' Diagne 3-0 71' Ghislain

28/2/93 - RWDM - R STANDARD CL 0-0 

Rosez, S.Laeremans, De Vriese, Nassen, Lörincz, Rouyr, Jacobs (85' Kepa), Jacob, Vercauteren (70' Thairet), Rubenilson, Van Ankeren

7/3/93 - KFC BOOM - RWDM 0-1 

Rosez, Lörincz, Nassen, De Vriese, S.Laeremans, Jacob, Rouyr, Vercauteren, Jacobs, Rubenilson, Wawa

0-1 76' Rubenilson 

14/3/93 - RWDM - CLUB BRUGGE KV 1-2 

Rosez, Mols, Nassen, De Vriese, S.Laeremans, Jacob (78' Beuckelaers), Rouyr, Vercauteren (75' Thairet), Jacobs, Rubenilson, Van Ankeren 

0-1 15' Borkelmans 0-2 63' Amokachi 1-2 72' Rubenilson 

21/3/93 - R CHARLEROI SC - RWDM 1-0 

Rosez, Lörincz, Mols (80' Jacobs), Nassen, De Vriese, S.Laeremans, Beuckelaers, Rouyr, Thairet, Rubenilson, Van Ankeren

1-0 47' Jacquemart 

28/3/93 - RWDM - KSK LOMMEL FC 2-0 

Rosez, S.Laeremans (57' Kepa), De Vriese, Beuckelaers, Nassen, Lörincz (46' Gijbels), Jacobs, Thairet, Rouyr, Van Ankeren, Rubenilson 

1-0 38' Lörincz 2-0 74' Rubenilson 

4/4/93 - RWDM - R ANTWERP FC 0-0 

Rosez, Nassen, De Vriese, S.Laeremans, Lörincz, Beuckelaers (46' Kepa), Rouyr, Thairet (60' Vercauteren), Jacobs, Rubenilson, Van Ankeren

11/4/93 - KSC LOKEREN - RWDM 1-0 

Rosez, Mols (73' Vercauteren), Nassen, De Vriese, Beuckelaers, Jacob, Rouyr, Thairet, Jacobs, Rubenilson, Van Ankeren (16' Kepa) 

1-0 74' Meszaros 

18/4/93 - RWDM - KV MECHELEN 1-3 

Rosez, Lörincz, Nassen, De Vriese, S.Laeremans, Beuckelaers, Jacob, Kepa (72' Vandael), Thairet, Jacobs, Wawa

0-1 60' De Boeck 0-2 70' Gijsbrechts 0-3 72' Van Gompel 1-3 90' Leen og 

24/4/93 - RFC LIEGE - RWDM 4-1 

Rosez, Lörincz, Nassen, De Vriese, Gijbels (60' M.Laeremans), S.Laeremans, Jacob, Rouyr, Thairet, Van Ankeren, Wawa

0-1 26' Van Ankeren 1-1 36' Ikpeba 2-1 70' Arnold 3-1 86' Ernes 4-1 90' Ikpeba 

2/5/93 - RWDM - KSK BEVEREN 0-2 

Rosez, S.Laeremans, Nassen, De Vriese, Lörincz, Jacob, Rouyr, Thairet, Jacobs (70'Beuckelaers), Van Ankeren, Wawa (57' Vandenberghe) 

0-1 15' Van Ham 0-2 79' Boonen 

9/5/93 - KSV CERCLE BRUGGE - RWDM 4-0 

Rosez, Lörincz, Nassen, De Vriese (46' Jacobs), M.Laeremans, Beuckelaers, Jacob, Rouyr, Thairet, Deglas (59' Kepa), Van Ankeren

1-0 5' Karacic 2-0 15' Weber 3-0 25' Weber 40 73' Weber 

16/5/93 - RWDM - KSV WAREGEM 0-2 

Rosez, Nassen, De Vriese, Beuckelaers, Jacob, Thairet (16' Kepa), Rouyr, Van Ankeren, Lörincz, Camus, Deglas

0-1 55' Urban 0-2 65' Kruzen p 



COUPE DE BELGIQUE 

30/10/92 - 1/16 RFC SERAING - RWDM 3-1 

Rosez, De Vriese, Nassen, Gijbels, Lörincz, Jacob, Thairet (68' Wawa), Rouyr, Vandersmissen, Rubenilson, Van Ankeren

1-0 15' Olsen 1-1 21' Lörincz 2-1 85' Parisi 3-1 86' Wamberto 








































MATCHES AMICAUX

12/7/92 FC Nantes – RWDM 0-3

Lörincz, Vercauteren

17/7/92 Girondins de Bordeaux – RWDM à Arcachon 3-1

M.Laeremans

22/7/92 UR Namur – RWDM 0-2

Wawa, Kepa

25/7/92 RWDM – Gabon 1-1

Wawa 

29/7/92 R Charleroi SC – RWDM 2-1

Thairet

2/8/92 RAEC Mons – RWDM 3-1

Lörincz

4/8/92 KV Oostende – RWDM 2-3

Lörincz, Van Ankeren, Rubenilson 



 

J

G

N

D

P

C

PT

 1.RSC Anderlecht

34

26

6

2

80

25

58

 2.R Standard CL

34

18

9

7

69

43

45

 3.KV Mechelen

34

18

6

10

53

33

42

 4.KSV Waregem

34

17

8

9

79

45

42

 5.R Antwerp FC

34

17

7

10

61

42

41

 6.R Charleroi SC

34

16

8

10

58

46

40

 7.Club Brugge KV

34

16

8

10

49

32

40

 8.KSK Beveren

34

15

7

12

47

42

37

 9.KAA Gent

34

12

10

12

51

51

34

10.K Lierse SK

34

12

7

15

41

51

31

11.RWDM

34

10

11

13

39

45

31

12.RFC Liégeois

34

10

8

16

48

71

28

13.KSV Cercle Brugge

34

9

10

15

65

73

28

14.Germinal Ekeren

34

10

7

17

57

67

27

15.KRC Genk

34

8

11

15

37

50

27

16.KSK Lommelse FC

34

9

4

21

42

79

22

17.KSC Lokeren

34

4

12

18

32

58

20

18.KFC Boom

34

6

7

21

40

95

19

1992-1993

 

Joués tot

Buts tot

Joués CH

Joués CB

Buts CH

Buts CB

BEUCKELAERS Olivier

2/12/63

23

0

23

0

0

0

CAMUS Daniel

21/10/71

1

0

1

0

0

0

DEGLAS Harold

23/07/75

2

0

2

0

0

0

DE JAEGHER Thierry

9/12/69

0

0

0

0

0

0

DELANGRE Etienne

12/03/63

0

0

0

0

0

0

DE VRIESE Dirk

3/12/58

30

0

29

1

0

0

GIJBELS Robert

16/02/62

14

0

13

1

0

0

GODART Wilfried

3/06/72

2

0

2

0

0

0

JACOB Gunther

10/05/68

23

1

22

1

1

0

JACOBS Pascal

27/11/67

23

0

23

0

0

0

KEPA Ilir

21/04/66

16

2

16

0

2

0

LAEREMANS Mike

18/01/71

2

0

2

0

0

0

LAEREMANS Steve

26/03/72

24

1

24

0

1

0

LORINCZ Emil

29/09/65

31

7

30

1

6

1

MOLS Tony

8/01/69

18

0

18

0

0

0

NASSEN Daniel

24/11/66

35

0

34

1

0

0

ROUYR Thierry

11/09/66

33

1

32

1

1

0

ROSEZ Dirk

5/01/61

33

0

32

1

0

0

RUBENILSON Monteiro

7/08/72

25

11

24

1

11

0

THAIRET Patrick

21/08/60

22

0

21

1

0

0

THIJS Peter

10/04/64

0

0

0

0

0

0

VAN ANKEREN Edwin

13/08/68

31

12

30

1

12

0

VANDAEL Alain

20/10/74

1

0

1

0

0

0

VANDENBERGHE Yannick

30/08/74

1

0

1

0

0

0

VANDERSMISSEN Guy

25/12/57

16

0

16

1

0

0

VERCAUTEREN Franky

28/10/56

21

2

21

0

2

0

WAWA Lambic

12/04/62

13

2

12

1

2

0

own goal

 

 

1

 

 

1