1993-1994
A l’aube de cette saison, la nouvelle direction nourrissait de grandes ambitions. On parlait ouvertement d’Europe et l’on prétendait en avoir les moyens. Mais pour commencer, plusieurs départs eurent lieu. Certains tournaient une page d’histoire du club. Après six saison passées chez nous, Robert Gijbels émigra à Lommel, dans sa province natale. Solide défenseur, c’était le type même du joueur connaissant ses limites, qui n’en faisait jamais trop et sur qui l’on pouvait toujours compter. Pascal Jacobs, plus vraiment titulaire et qui ne voulut pas resigner aux nouvelles conditions revues à la baisse, partit à Denderleeuw. Notre blond flandrien était unanimement apprécié par les supporters car, malgré certaines lacunes, il se donnait toujours à 100%. Ce vieux serviteur d’Olivier Beuckelaers mit lui aussi un terme à sa carrière pour se consacrer à son métier de kinésithérapeute. Peu apprécié du public car assez limité techniquement et un peu petit, il avait été, durant ses onze saisons passées dans le noyau de la première, mis à toutes les sauces en défense. Jamais il ne revendiqua quoi que ce soit, se contentant de se mettre au service de l’équipe. Beuckelaers était l’archétype du parfait clubman sur qui l’on pouvait toujours compter. Dommage pour lui qu’il n’ait jamais été apprécié à sa juste valeur par les supporters… Lambic Wawa nous quitta, cette fois définitivement, à 32 ans, se rendant probablement compte après trois saisons de galères et de navette entre l’équipe première et la réserve que le foot de haut niveau faisait partie de son passé. Il choisit l’ACHE, en D3. Une fois de plus, répétons que sans son accident, il aurait peut-être fait une grande carrière. Nul ne le saura jamais… Les contrats de Franky Vercauteren et de Tony Mols ne furent pas renouvelés. Régulièrement blessé, Vercauteren avait disputé une cinquantaine de rencontres pour nous. Même étant en fin de carrière, il n’avait rien perdu de ses qualités footballistiques et nous rendit quelques excellents services. Bien évidemment, personne n’a oublié son but à la dernière seconde contre Anderlecht…
Ces joueurs n’étaient pas ou plus des titulaires à part entière et leurs départs pouvaient s’assimiler à un dégraissage du noyau. Par contre, les deux derniers étaient de véritables pertes pour nous : Dirk De Vriese et Edwin Van Ankeren. Certes, le Knokkois avait déjà 35 ans et ne montait plus beaucoup en ligne mais derrière, il faisait toujours la loi et inspirait une certaine crainte aux attaquants adverses. Malgré, ou plutôt grâce à son jeu, c’était un des joueurs préférés de notre public. Il n’était pas rare de le voir partager un verre avec certains sympathisants - parfois parmi les plus turbulents - après les matches. Mais il était en conflit avec deux autres piliers de notre défense, à savoir Dirk Rosez et Emil Lörincz. La direction jugea qu’il fallait s’en séparer et affirmait même, à demi-mots, que ces problèmes n’avaient pas été étrangers à notre exécrable fin de saison précédente. En neuf saisons (3+6), il joua 322 matches officiels, inscrivant 29 buts. Aujourd’hui, il s’est reconverti comme manager de joueurs et est surtout actif en Amérique du Sud. Ceux qui l’on cotoyé s’en souvienne comme étant une véritable force de la nature, capable de tous les excès et possédant une faculté de récupération incroyable. Un vrai fêtard (ceux qui ont participé à ses fêtes en parlent encore avec un brin de nostalgie), mais qui étaient toujours présent le dimanche, quelque soit son étât.
3ème rang : Keshi, M.Laeremans, Lörincz, Delangre, Vandersmissen, Jacob. 2éme rang : Soors (soigneur), Malcorps, S.Laeremans, Pijpens, Camus, Wuyts, Deglas, Smets (entraîneur), Rios (adjoint). 1er rang : Albert, Rouyr, Kepa, Godart, Rosez, Thairet, Nassen, Rubinelson.
Edwin Van Ankeren prit le chemin du PSV Eindhoven pour la coquette somme de 26 millions de FB. Un gros transfert pour le RWDM qui empocha 7 millions, le reste allant à MM. Mabille et cie, qui avaient financé son achat. Van Ankeren n’était finalement resté qu’un peu moins de deux saison chez nous mais son départ se fera cruellement ressentir. Même si ce n’était pas un véritable buteur, il mobilisait toute une défense et, dans un bon jour, était capable par sa vitesse de débloquer un match en notre faveur. Il y eut un autre départ, celui du fidèle délégué de l’équipe première, Guy Sancke, présent depuis le premier jour et écarté sans raison apparente.
La direction continua à faire confiance à Freddy Smets. Son adjoint, qui succédait à ce poste à Damien Delitte, était le Colombien Hebert Rios. Comment avait-il abouti en Belgique? Ancien international de son pays, Rios voulait absolument tenter sa chance en Europe : « Un Chilien vivant en Belgique m’apprit que l’Union Belge délivrait des diplômes d’entraîneur après trois ans d’études. Il me remit les clés de son appartement à Enghien et je me suis retrouvé en Belgique avec ma famille. J’ai obtenu ce diplôme et mon but était de devenir un jour entraîneur en chef. On m’a d’abord confié les jeunes à Enghien, puis ceux de Ath et des Francs Borains avant que je n’intègre l’équipe d’entraîneurs de Jean-Paul Colonval à l’Athénée Jules Bordet. C’est là que j’appris que le RWDM cherchait un adjoint. J’ai postulé et obtenu le poste.» Rios n’occupera ce poste qu’une seule saison, avant d’entraîner le CS Nivelles.
Pour compenser les départs, le club engagea deux « noms », qui auront des rendements diamétralement opposés. Le premier, Marc Wuyts, nous venait de Charleroi. Anderlechtois pur souche, il ne s’était jamais imposé sous la tunique mauve. Mais après un passage au RC Malines, il éclata à Charleroi et il fut même un moment question de lui en équipe nationale. Ayant perdu sa place de titulaire au Mambour, il revint donc à Bruxelles, initialement pour une location d’une saison . Le second, Stephen Keshi, avait le statut de vedette internationale, mais sa date de péremption était atteinte. Le défenseur nigérian évolua pendant de longues années à Anderlecht à la satisfaction générale avant d’être transféré à Strasbourg où il formait la charnière centrale avec un certain Franck Leboeuf. Il affirmait que son retour à Bruxelles était motivé par son attachement à notre ville mais en réalité, il fut très rapidement clair que Keshi était blessé. Quasiment fini pour le football de haut niveau et libéré par le club alsacien, il avait trouvé en la personne de notre club des gens pas trop regardants et aveuglés par son nom et sa personnalité. En un mot, des « pigeons ». Ceux qui l’ont côtoyé au stade Machtens sont unanimes pour dire qu’il agissait en véritable touriste. Une autre motivation à sa venue était son désir de disputer la coupe du Monde 94 aux USA. Véritable monument au Nigeria, il était quasiment assuré d’y être sélectionné. Mais pour cela, il lui fallait trouver un club où il pouvait passer à sa guise la saison. Le RWDM offrait donc le profil idéal. Nous avions transféré un nom à défaut d’un joueur.
Une image rare : Stephen Keshi sous le maillot du RWDM.
Un autre joueur nous fut prêté pour une saison, l’Anderlechtois Olivier Pijpens, qui pouvait jouer en défense ou au milieu du jeu. Pijpens était issu de l’école des jeunes d’Anderlecht, bien moins productive que la notre. A leur décharge, il faut préciser que la nature complètement différente des deux clubs se ressent sur le nombre de jeunes provenant de leurs rangs qui parviennent à percer en équipe première. Par la force des choses, au RWDM, les jeunes recevaient plus facilement l’occasion de faire leurs preuves, tandis qu’au Parc Astrid, il faut pratiquement être deux fois plus fort que les gens transférés à grands coups de millions. Pijpens, en bon Anderlechtois, possédait une autre caractéristique propre à la maison mauve : un complexe de supériorité. Dès le début, il se comporta - sur le terrain du moins, le seul endroit où nous pouvions véritablement le juger - comme s’il n’avait qu’à paraître pour s’imposer. Lorsqu’il rejoignit nos rangs, il déclara qu’il allait suivre le chemin tracé par Par Zetterberg. Le Suédois venait en effet de signer une excellente saison avec Charleroi, prêté par Anderlecht, où il n’était pas parvenu à s’imposer dans un premier temps (essentiellement parce qu’il était en concurrence avec Degryse). Il revint ensuite au Parc Astrid par la grande porte. Eh bien, Pijpens déclarait vouloir suivre le même chemin. On fut loin, très loin du compte…
Se rendant compte que nous risquions d’êtres un petit peu courts tout de même, surtout en attaque où Van Ankeren n’avait pas été remplacé (Wuyts jouait plutôt en soutien d’attaque), le club entreprit d’engager un attaquant de valeur. Plusieurs noms furent cités : Jaak De Gier (Cambuur), Dave Mitchell (Swindon Town, mais ex-Rangers, Feyenoord et Eintracht Francfort), Sergei Yuran et même Frank Farina, l’ex-buteur brugeois qui jouait à Strasbourg. Toutes ces pistes s’avérèrent vaines, mais le club pensait avoir trouvé l’oiseau rare en la personne du meilleur buteur du championnat yougoslave, le Monténegrin Anton Drobnjak (Etoile Rouge de Belgrade). Tout le monde était d’accord, les deux clubs sur le montant du transfert et le joueur sur ses conditions. Mais en arrivant à Belgrade pour entériner le transfert, nos dirigeants eurent la mauvaise surprise de voir que les Yougoslaves avaient changé d’avis et que Drobnjak resterait encore au bercail…
Le club multiplia les essais lors des matches de préparation et trouva finalement son attaquant. Il s’agissait du Sud-Africain Mark Williams, qui réussit à surmonter les réticences de Freddy Smets notamment et à décrocher un contrat. Williams provenait de Hellenic Capetown. C’était un attaquant rapide et combatif, de temps en temps capable de trouvailles techniques étonnantes. Mais il était surtout parfois incroyablement maladroit et il lui arrivait de louper des buts plus difficiles à rater qu’à inscrire. A l’époque, je fréquentais souvent un bar du quartier Schuman, le « Papa’s Joe », qui possédait l’avantage de diffuser régulièrement des matches de Premier League sur Sky TV et essentiellement fréquenté par des expatriés anglo-saxons. Et un jeudi sur deux, ils organisaient des quiz dont nous étions friands. Cet établissement était tenu par Robby, un Belgo-Sud-Africain qui connaissait Mark Williams. J’eus donc l’occasion de le rencontrer là-bas à plusieurs reprises et c’était quelqu’un de vraiment sympathique. Rubenilson, qui avait donné satisfaction et sur qui l’option que nous détenions fut levée, se fit naturaliser Belge et sera sélectionné à quelques reprises en équipe nationale Espoirs. En coulisses, la nouvelle orientation du club ne faisait pas que des heureux et Jean-Marie Philips présenta sa démission. « Pendant mes sept saisons passées au club, nous avions toujours travaillé en parfaite harmonie avec mes collaborateurs du secrétariat, tous bénévoles mais motivés à 100% - dont mon grand-père NDLA - . Mais à l’arrivée de la CIB, ce fut tout différent. On commença par engager de nouvelles personnes au secrétariat, employées à temps plein et qu’il fallait bien sûr rémunérer. Et puis surtout, on nous colla ce que j’appelle un « porte-flingues » de la CIB, un certain Philippe Decleire, qui nous contrôlait sans arrêt et qui mettait une ambiance assez lourde au club. Je n’ai jamais su quel était son rôle exact mais je ne voulais plus continuer dans ces conditions. Plus tard, lorsque j’eus le malheur de dire aux gens de la CIB que la tribune constituait un « chancre économique » pour le club, le divorce était définitivement consommé. Je suis encore resté jusqu’à la fin de la saison suivante car j’étais en préavis. Mais le 28 juin 1995, je fus prié de déguerpir… Ainsi se clôturait pour moi une magnifique époque seulement gâchée par ce grand changement. »
Sur le terrain, une pression énorme reposait sur les épaules de Freddy Smets. Il fallait absolument enregistrer des résultats positifs afin d’attirer de la clientèle pour les business-seats. Malgré les déclarations rassurantes des dirigeants, la location ne marchait pas très fort. La saison commença d’ailleurs mal sur le plan sportif. Lors du premier match au Germinal Ekeren, nous fûmes battus 4-1 sans discussion aucune. En raison de la suspension d’Emil Lörincz, Steve Laeremans joua au poste de libero et y avait éprouvé toutes les peines du monde. Seuls points positifs, le retour de Guy Vandersmissen après près de six mois d’indisponibilité et le premier but de Marc Wuyts pour nos couleurs. Contre Charleroi, la nouvelle tribune était accessible pour la première fois, avec ses sièges de couleur verte qui une fois de plus dénotaient. Pourquoi ne pas les avoir faits en rouge-blanc-noir? Un détail peut-être, mais qui avait son importance afin de donner une identité à ce mastodonte. Une deuxième défaite sanctionna cette partie. Daniel Nassen avait été exclu après seulement 12 minutes mais l’équipe avait fait illusion pendant une mi-temps. La rencontre se clôtura néanmoins par une seconde défaite, 2-4. Etienne Delangre avait fait sa première apparition officielle sous le maillot molenbeekois et c’était son premier match de compétition depuis 16 mois.
Après seulement deux matches, Freddy Smets était déjà sur la sellette. Heureusement, le match suivant allait nous apporter une divine surprise : une victoire au Standard! L’unique succès du RWDM à Sclessin remontait au…21 octobre 1973, soit le jour de notre première visite! Près de vingt ans après, Thierry Rouyr, un de nos anciens Standardmen, nous donna la victoire, et de la tête! Lui qui était probablement le plus petit joueur sur le terrain. Le grand artisan de ce succès historique était Dirk Rosez, qui avait absolument tout arrêté. Et lorsqu’il était battu, ses poteaux lui étaient venus en aide à quatre reprises.
Mais ce ne fut qu’un faux espoir. Le mercredi suivant, le match à domicile contre le Lierse avait été d’un ennui total et se clôtura logiquement par un nul sur toute la ligne… A Lommel, le match avait basculé en cinq minutes, avant le repos. Après un but campinois à la 40ème minute, l’arbitre exclut Marc Wuyts, qui s’était vengé d’une agression de Berghuis sur Rouyr. Et juste avant de rejoindre les vestiaires, les Limbourgeois avaient doublé la mise. Score final, 3-1. Trois points sur dix, ce n’était évidemment pas le départ que notre nouvelle direction avait espéré. La veille du derby à domicile avait eu lieu l’inauguration officielle des business-seats. J’étais parmi les 600 invités ce soir-là, découvrant ce qui était tout de même un bel ouvrage, mais qui ne cadrait pas avec ce que le RWDM représentait. Certes, il fallait peut-être se moderniser mais j’avais l’impression que ce que voyais, ce n’était pas mon RWDM… Mon grand-père, grâce à qui j’avais pu être présent (quoi que je ne trouvais pas qu’il s’agissait d’un privilège), pensait exactement le même chose…Au cours de son discours de circonstance, Serge Vilain, parlant de l’aspect sportif des choses, déclara que nous étions en train de vivre une saison de transition… quelques semaines seulement après avoir ouvertement visé l’Europe. Il est vrai que notre début de saison commandait de rectifier quelque peu le tir…
Le match du lendemain fut un régal… pour le spectateur neutre. Menant rapidement par deux buts d’écart, les mauves crurent que le plus dur était fait et affichèrent leur habituel complexe de supériorité. C’était sans compter l’abnégation de nos joueurs qui refirent courageusement surface. Thierry Rouyr réduisit la marque et quelques minutes avant le repos, nous eûmes la double satisfaction de voir notre équipe égaliser sur un auto-but de Philippe Albert. Voir le « boucher de Bouillon » marquer contre son camp était pour moi un plaisir non dissimulé. Anderlecht reprit l’avance sur penalty mais Marc Wuyts égalisa à nouveau. Malheureusement, Crasson inscrivit ensuite son deuxième but de la soirée pour donner la victoire à nos voisins. Malgré la défaite, le RWDM venait de prouver qu’il avait tout de même certaines qualités. Dès la semaine suivante, à Gand, l’équipe confirma en donnant une véritable leçon de football à l’équipe locale en première mi-temps. Thierry Rouyr marqua un nouveau but. Mais en seconde période, les Gantois égalisèrent. Un événement eut lieu lors de cette partie : à moins d’un quart d’heure de la fin, Stephen Keshi monta au jeu et faisait là sa première apparition sous nos couleurs. Victime d’une tendinite et d’une blessure au genou, le Nigérian s’était subitement senti mieux à l’approche du match de coupe d’Afrique des Nations contre la Côte d’Ivoire…
Au lieu de confirmer la bonne impression laissée les semaines précédentes, notre équipe livra un match exécrable contre le Cercle de Bruges. L’absence de Daniel Nassen s’était fait lourdement ressentir et Josip Weber avait inscrit un but splendide. Ilir Kepa avait réduit la marque (pour ce qui sera sa dernière titularisation) mais, suite à une monumentale erreur de Keshi, nous avions perdu par 1-3. J’ai encore en mémoire la « bronca » (méritée) qui accompagna son retour au vestiaire. Keshi avait été la nonchalance personnifiée pendant toute la rencontre et cette erreur couronna en quelque sorte sa prestation. Pendant ce match, les supporters entonnèrent des peu flatteurs « Direction démission! » et « Et on s’emm… ». Nous étions avant-derniers du classement, et la situation devenait préoccupante. Durant la semaine qui suivit, la direction engagea ce qu’elle croyait être l’oiseau rare, un attaquant puissant et rapide : Luc Ernes. Si le club put s’attacher les services du Liégeois, c’est grâce à la « cession » de Steve Laeremans au groupe d’investisseurs constitué par M. Mabille et ses amis. Ceux-ci avaient financé l’acquisition d’Ernes tout en s’étant vu accorder le produit d’une éventuelle vente future de notre jeune défenseur… Le Liégeois était censé nous apporter le poids offensif qu’il nous manquait mais jamais celui que l’on surnommait « Pigeon » en raison de sa passion pour la colombophilie ne s’adapta à Bruxelles. Quelques semaines après son engagement, à l’issue du match contre le Cercle de Bruges en coupe de Belgique, j’eus l’occasion avec plusieurs amis de discuter avec Freddy Smets de choses et d’autres. En nous parlant du transfert d’Ernes, il nous confia qu’il avait appris son engagement en rentrant chez lui après l’entraînement. C’était son épouse qui l’avait lu au Télétexte de la VRT!
Ernes n’était pas encore qualifié pour notre déplacement à l’Antwerp de l’increvable Ratko Svilar (43 ans!), qui se solda par une défaite 1-0. « Pigeon » fit ses débuts face à Waregem, un match qu’il fallait absolument gagner face à des concurrents directs. Mark Williams inscrivit son premier but pour le RWDM pour nous offrir une victoire qui était sensée nous donner de l’air. Notre dernier succès à domicile datait de plus de six mois, le 28/3/93 contre Lommel. Mais cette victoire n’était que l’arbre cachant la forêt puisque l’équipe retomba dans ses travers à Rocourt où la formation locale s’imposa par le plus petit écart à l’issue d’un match d’une affligeante médiocrité. Luc Ernes, de retour dans son fief, s’était fait copieusement conspuer par ses anciens supporters et Lörincz avait été exclu…
La tête de Smets ne tenait plus qu’à un fil. En cas de nouveau revers, à domicile contre Seraing, son séjour sur notre petit banc toucherait probablement à sa fin. Seraing, sous la houlette de Georges Heylens, jouait les premiers rôles. Son président Gérald Blaton faisait son retour à Molenbeek où il avait été administrateur. Ce qui devait arriver arriva et suite à une nouvelle très faible prestation, Roger Lukaku donna le succès aux Principautaires dans les dernières minutes du match.
Freddy Smets allait être éjecté, c’était certain. Les noms de ses successeurs potentiels circulaient déjà. Ce n’allait pas – encore – être René Vandereycken puisqu’il venait d’entrer en fonction au Standard. On cita James Storme, Martin Lippens mais aussi Eric Dumon, toujours responsable des réserves. « Je croyais vraiment que j’allais remplacer Smets et un entretien que j’avais eu avec le président Vilain m’avait confirmé dans mes impressions. Le lundi, en arrivant au stade, Smets était venu dire au revoir à tout le monde. Mais quelques heures plus tard, sans que je ne sache ce qu’il se passa, il demeurait entraîneur et Martin Lippens fut nommé manager sportif à ses côtés!» Un véritable vaudeville qui surprit tout le monde. Smets n’était visiblement pas heureux de la tournure des évènements et faillit d’ailleurs remettre lui-même sa démission. Travailler avec quelqu’un qui le surveillait lui déplaisait profondément (il appelait Martin Lippens sa «belle-mère») et c’est à ce moment-là qu’il prit certainement sa décision de quitter le club à l’issue de la saison.
Freddy Smets aux côtés de sa « belle-mère », Martin Lippens (oct 93). L’un est visiblement plus heureux d’être là que l’autre…
Mais la collaboration sembla immédiatement porter ses fruits car le RWDM alla gagner au RC Genk dans un match très important puisque les Limbourgeois de Luka Peruzovic n’étaient qu’à un seul point de nous avant cette partie. Sous l’impulsion d’un super Lörincz, l’équipe s’imposa par 1-4, tout en recevant un petit coup de pouce de l’arbitre – un certain M. Lippens! – puisque sur notre second but, Rubenilson était en position de hors-jeu. Marc Wuyts avait commencé la partie comme réserviste, ce qui n’eut pas l’heur de lui plaire. Après avoir inscrit son premier but, il manifesta sa joie en faisant un magnifique bras d’honneur vers notre banc! Ambiance…
L’intermède de la coupe de Belgique vint à point nommé. Nous recevions le Cercle de Bruges et l’on se dirigeait tout droit vers les prolongations lorsque, à un quart d’heure de la fin, Mark Williams, qui venait d’entrer au jeu, nous donna la qualification en touchant pratiquement son premier ballon. Avec un tour en moins à passer et pour peu que le tirage au sort se montre favorable, nous avions peut-être exceptionnellement une belle carte à jouer dans la compétition. Personne ne se doutait encore à ce moment-là que la coupe allait constituer notre rayon de soleil dans cette saison médiocre, avant de nous faire passer de la joie aux larmes. Mais j’anticipe…
L’équipe poursuivit sur sa lancée en battant le KV Ostende, un promu qui étonnait tout le monde en jouant dans le haut du tableau. Le RWDM remporta une indiscutable victoire par 2-1 à l’issue d’une excellente rencontre de Mark Williams. Après l’habituelle défaite contre le FC Malinois, l’équipe engrangea encore deux points précieux en deux rencontres difficiles. A Beveren, notre formation, décimée par les absences de plusieurs titulaires, arracha le nul blanc avant de faire de même au stade Machtens contre le FC Bruges. Ce match révéla aux yeux du grand public un certain Daniel Camus qui mit la vedette brugeoise Daniel Amokachi complètement sous l’éteignoir. Camus s’était imposé comme titulaire depuis plusieurs semaines et était rapidement devenu un des joueurs préférés de notre public qui n’était pourtant pas tendre cette saison-là avec ses joueurs… Stephen Keshi fut à nouveau indisponible pour une longue période, cette fois-ci à cause d’une opération au ménisque…
Le club sortait petit à petit de la zone dangereuse et la venue d’Ekeren devait servir à s’en extirper un petit peu plus. Menant depuis le début du match grâce à un but de Patrick Thairet, nous nous dirigions tout doucement vers un succès important. Nous avions certes raté d’incroyables occasions, surtout par Mark Williams, dans un mauvais jour. Après le meilleur quelques semaines auparavant, notre Sud-Africain montrait cette fois le pire… Nos milieux de terrain et nos défenseurs commirent alors une incroyable série de ratés dignes de l’ABSSA et les Anversois inscrivirent trois buts en l’espace de 9 petites minutes… Une incroyable défaite de très mauvais augure avant de recevoir Ostende en coupe. Avant cette partie, on put lire une interview de notre président Serge Vilain dans la Dernière Heure, qui déclarait entre autres choses que sans les business-seats, le RWDM serait mort! Alors que l’entreprise qui avait construit la nouvelle tribune venait de présenter au club une impayable facture de 170 millions de FB… Plus loin dans l’interview, Vilain admit une chose incroyable : « Je ne nierai pas l’évidence. Nous avons pris le problème à l’envers en construisant puis en nous demandant comment nous allons rembourser. » Un aveu édifiant! Disputée sous une pluie battante par un froid mercredi soir de décembre, cette rencontre resta indécise jusqu’au bout. Après que Williams eut raté un but plus facile à marquer qu’à louper, Gunther Jacob nous donna l’avance avant que les Côtiers n’égalisent peu après. Les prolongations n’avaient rien donné et la qualification allait se jouer à la stressante épreuve des penalties. Dans notre histoire, nous n’avions réussi à émerger aux tirs aux buts qu’à une seule reprise : c’était lors de notre merveilleuse épopée européenne en 1976-1977, face au Wisla Cracovie. Toutes les autres fois, nous fûmes éliminés : à Iéna, à Beringen, à Eisden, au Lyra et même lors des tournois amicaux, la défaite était au rendez-vous. Cette fois-ci, le RWDM se qualifia. Mark Williams, Etienne Delangre (qui avait remplacé Steve Laeremans, blessé en début de partie), Emil Lörincz et Guy Vandersmissen transformèrent nos essais. Dirk Rosez avait été le véritable héros de cette séance en stoppant les tirs de Keshinro et d’un certain Mike Origi. Nous étions en quarts de finale pour la première fois depuis 1980-1981.
22/12/93 RWDM-KV Ostende en coupe (1-1). Thierry Rouyr à l’assaut de la défense des Côtiers.
Les fêtes de fin d’année allaient se dérouler dans cet enivrant parfum de coupe et tout le monde espérait un tirage favorable. Il le fut puisque le sort nous désigna Lommel à domicile. Tous les espoirs étaient permis d’autant plus que les quarts de finale se jouaient en une seule rencontre. Mais avant cela, il fallait bien entendu engranger les points nécessaires afin d’atteindre l’objectif le plus important : le maintien. Durant la trêve, à la demande de Smets, le club avait retenu Marc Wuyts qui était sur le point de signer à Neuchâtel Xamax.
Pour la reprise, nous nous étions inclinés à Charleroi, qui disputait une excellente saison sous Robert Waseige et occupait la troisième place. Menés, nous étions parvenus à redresser la situation en deux minutes pour nous retrouver au commandement, mais les Carolos renversèrent eux aussi la vapeur pour l’emporter par 3-2. Nous étions cependant sur la bonne voie et devant les caméras de Canal Plus, nous allions réussir le doublé face au Standard grâce à un superbe but de Marc Wuyts. Durant la semaine qui suivit cette rencontre, la direction prit des mesures à l’égard de Keshi. Le Nigérian était licencié pour fautes graves. Que lui reprochait-on? De ne pas s’être présenté à heure et à temps pour la reprise des entraînements et de s’être rendu à plusieurs reprises à l’étranger contre l’assentiment du club. Tout simplement, de ne pas s’être comporté en professionnel. Parmi les supporters, tout le monde approuva cette décision. Keshi était au stade Machtens en touriste dans le seul but de préparer sa coupe du Monde. Il ne disputera qu’un match aux Etats-Unis alors que les « Green Eagles » étaient déjà assurés de passer le premier tour.
Je m’en voudrais, arrivé à ce stade du récit, de ne pas mentionner une nouvelle « publication » qui avait vu le jour au stade Machtens. Il s’agissait d’un fanzine réalisé par un supporter, le « Suck » et qui s’appelait « Boys of Brussels ». Il avait pour objectif premier d’amuser les supporters en parlant de foot (un peu), de beuveries et de conneries entre copains. Comme le disait très justement son auteur, en Brusseleir, « Das just vi te lache ». Le ton employé était délicieusement politiquement incorrect, le contenu de qualité innégale et on y trouvait parfois de véritables perles d’humour, comme cette incroyable interview de Freddy Smets, à qui le Suck demanda : « Depuis le départ de Keshi, qui est celui qui a la plus grosse maintenant dans les vestiaires? ». Ce à quoi Freddy lui répondit : « Euh, je crois que c’est Dirk Rosez! ».
Le numéro 5 de « Boys of Brussels », celui qui contenait l’incroyable interview de Freddy Smets.
S’en suivirent trois matches nuls, au Lierse, contre Lommel et surtout à Anderlecht. Nous avions résisté pendant 90 minutes aux assauts des Anderlechtois pour arracher un nul blanc qui avait valeur de victoire pour tous les Molenbeekois. Guy Vandersmissen avait été impeccable au poste de libero qu’il avait dû occuper contraint et forcé en raison des absences de Lörincz et de Delangre. Notre valeureux Limbourgeois ne se doutait probablement pas qu’il venait là de trouver une place à laquelle il jouera jusqu’à la fin de sa carrière et où il retrouvera une seconde jeunesse.
5/2/94 Anderlecht-RWDM (0-0). Nos deux Liégeois, Rouyr et Ernes célèbrent le point pris dans l’antre anderlechtois. Derrière, Wuyts et Camus.
Le maintien était en vue, impression encore confirmée par un succès face à Gand acquis sans trop de peine. Tout cela était de très bon augure avant de recevoir Lommel en coupe. Trois semaines auparavant, nous avions affronté les Limbourgeois à domicile lors d’un nul blanc soporifique. Cette fois-ci, nos joueurs, se rendant parfaitement compte de l’importance de l’enjeu, entamèrent le match de la meilleure façon. En seulement 25 minutes, nous avions déjà pratiquement assuré notre qualification. Luc Ernes avait inscrit son premier but sous nos couleurs d’un tir puissant qui trompa Jacky Mathijsen. Et Steve Laeremans doubla la mise peu après. Il ne nous restait plus qu’à résister aux assauts désordonnés de nos visiteurs afin de décrocher notre participation aux demi-finales pour seulement le deuxième fois de notre histoire. La fête qui s’en suivit aux Socios fut à la mesure de l’événement. Nous avions ensuite poursuivi par deux défaites par le plus petit écart, au Cercle de Bruges et contre l’Antwerp. Entre-temps, le sort nous désigna… Anderlecht comme adversaire en demi-finale.
19/2/94 RWDM-Lommel (2-0). 20 ans après, le Bloc A célèbre la qualification pour les demi-finales.
Mais avant cela, nous devions nous rendre au stade Arc-en-Ciel pour y affronter Waregem dans un match décisif pour le maintien. Avant la rencontre, nous étions seizièmes avec cinq points d’avance sur les Flandriens. Les Waregemois abattaient donc pratiquement leur dernière carte. Lorsqu’ils ouvrirent la marque par cette vieille connaissance de De Meersman, jamais l’équipe ne paniqua et elle parvint à redresser la situation par Williams d’abord et Rubenilson ensuite, ce dernier fêtant là sa première titularisation depuis plus de trois mois. Nous étions quasiment sauvés mais heureusement que Waregem s’écroula après cette rencontre car cette victoire allait être notre dernière de la saison…Lors du 2-2 concédé – sans Ernes - au stade Machtens contre le FC Liège, le Camerounais Alain Mviena Ossomo avait fait ses débuts en inscrivant notre premier but. Ce milieu de terrain avait été engagé dans le courant du mois de novembre sous les conseils de…Jean-Marie Pfaff!
Nous étions fin prêts pour le premier volet de notre affrontement avec les Mauves, qui devait avoir lieu le lundi de Pâques au Parc Astrid. Dans l’antre de l’ennemi, qui luttait avec le FC Bruges pour le titre, notre équipe réalisa le même match que deux mois plus tôt et tint Anderlecht en échec 0-0. Une tempête de grêle avait balayé le stade en deuxième mi-temps et M. Javaux exclut injustement Gunther Jacob à la 50ème minute. Mais rien n’y fit et nos joueurs résistèrent héroïquement. Le retour s’annonçait chaud.
26/3/94 RWDM-FC Liège (2-2) – Daniel Nassen, un magnifique serviteur du RWDM. / 2/4/94 Anderlecht-RWDM (0-0, demi-finale aller. Sous la neige, notre équipe arrache un excellent nul. Ici, Nassen et Williams face à Walem et Nilis.
Les rencontres qui précédèrent ce choc s’apparentaient plus à des matchs de préparation qu’à autre chose. Nous avions été chercher un nul à Seraing, devant seulement une poignée de nos fidèles, avant de faire 1-1 face à la lanterne rouge, Genk. A Ostende, lors d’un match disputé sous un soleil radieux, ce qui nous obligea à copieusement nous désaltérer, Mark Williams égalisa à la toute dernière seconde, sonnant ainsi le glas des derniers espoirs européens des Côtiers. Ce point était peut-être anecdotique, mais il fut accueilli dans l’allégresse par les Molenbeekois présents. Une bien belle journée à la mer…
La défaite derrière les Casernes malinoises, concédée sur un hat-trick de l’increvable Czerniatynski réalisé en 11 minutes, n’était même pas de nature à nous inquiéter avant le match de l’année, de la décennie même : RWDM-Anderlecht en demi-finale de la coupe de Belgique! Tout avait commencé comme dans un véritable rêve. Copieusement garni, il y avait longtemps que notre stade Machtens n’avait plus connu une telle atmosphère de fête et d’anticipation. Une ambiance extraordinaire dans un Bloc A surchauffé, debout durant toute la partie et encourageant l’équipe comme rarement. Nous étions prêts pour notre Jour de Gloire. Et sur le terrain, nos joueurs se battaient comme des lions et bousculaient des Anderlechtois qui n’en revenaient probablement pas de devoir affronter une équipe animée par une telle volonté. Le RWDM voulait la qualification. Déjà, après dix secondes de jeu, Williams avait failli ouvrir la marque. Ce n’était que partie remise. A la 8ème minute, Ossomo lançait parfaitement Rubenilson qui trompa De Wilde dans une ambiance indescriptible. Et à une minute du repos, l’incroyable se produisit : sur un centre de Patrick Thairet, Emil Lörincz inscrivait de la tête notre deuxième but. Notre Hongrois, qui ne s’entraînait pratiquement plus en raison d’une blessure tenace à la cheville, avait pu tenir sa place grâce à une infiltration. 2-0 à la mi-temps : nous rêvions debout. C’était certain, nous allions en finale. Anderlecht n’en touchait pratiquement pas une et notre équipe jouait, n’ayons pas peur des mots, comme des Dieux du Stade.
3/5/94 Le Bloc A est plein comme un œuf pour la demi-finale retour
Pendant cette mi-temps, Dimitri me dit : « Si nous gardons notre avance de deux buts après un quart d’heure, alors nous passerons ». Justement, durant ce quatrième quart d’heure, le RWDM continua sur sa lancée. Nous eûmes encore plusieurs occasions d’alourdir la marque, notamment lorsqu’un terrible tir de Mike Laeremans s’écrasa sur la barre. Mike, qui n’eut pas la même carrière que son frère cadet Steve, venait de laisser passer là bien involontairement son moment de gloire… Car tout changea. Patrick Thairet, qui avait été impeccable à la manœuvre, dut quitter le jeu à cause d’une inflammation à l’aine. C’est Pijpens qui le remplaça et ce ne fut évidemment plus la même chose…
3/5/94 RWDM-Anderlecht (2-2), demi-finale de la coupe – Rubinelson vient d’inscrire le premier but d’un fantastique espoir. De g. à d. M.Laeremans, S.Laeremans, Williams, Rubinelson et Rouyr.
Luc Nilis réduisit ensuite l’écart d’un très beau tir brossé qui se logea dans la lucarne de Rosez. A ce moment-là, je jetai tout de suite un coup d’œil sur la grande horloge « Rodania » qui trônait encore derrière l’autre but : l’aiguille des minutes indiquait 14 minutes de jeu… L’image est encore dans ma mémoire. A cet instant, je sus que nous ne passerions pas. Nous avions certes encore un but d’avance mais les paroles de Dimitri me vinrent instantanément à l’esprit : «Il faudra tenir un quart d’heure.» Nous avions tenu une minute de moins… Le match avait changé d’âme. Notre équipe commença à reculer et Anderlecht prit les choses en mains. Et ce qui devait arriver arriva. Rosez sortit une fraction de seconde trop tard face à Degryse et ce dernier lui logea le cuir en dessous du corps… Le ciel venait de nous tomber sur la tête… Tout était à refaire. Malgré leurs efforts, le ressort était cassé et nos joueurs ne se remirent pas de ce coup du sort. 2-2, score final. Nous étions éliminés sans avoir perdu. C’était vraiment trop injuste car nous ne méritions pas cela. C’était une occasion unique dans notre histoire de disputer une finale de coupe. Pour les Anderlechtois, c’était l’énième. A voir leurs joueurs se congratuler mollement à l’issue de la partie, il était clair que c’était plus par soulagement que par joie. En plus, j’étais persuadé que le FC Bruges, qui avait éliminé Ekeren dans l’autre demi-finale, était à prendre et qu’il y aurait eu moyen d’inscrire notre nom au palmarès de l’épreuve. Ce mardi 3 mai 1994 restera à tout jamais la plus grosse déception sportive de ma vie de supporter molenbeekois. Plus que les trois descentes que subirent le club et plus que n’importe quelle défaite. Oui, vraiment, un très mauvais souvenir… A part la disparition du club, qui est hors catégorie, il s’agit même du pire de ma carrière de supporter. Après la partie, j’ai vu beaucoup de supporters d’âge mûr pleurer à chaudes larmes nos illusions perdues… C’était cela aussi le RWDM… Après un fol espoir, plus dure était la chute. Je lus aussi que Johan Boskamp, toujours entraîneur mauve, en était venu aux mains avec des supporters molenbeekois à l’issue du match et que la police avait du intervenir.
Les deux matches qui clôturèrent cette saison seront anecdotiques. Une défaite chez nous cinq jours après ce cataclysme face à Beveren et une autre au FC Bruges dans ce qui aurait dû être le prélude à la finale de Sclessin. Cette saison médiocre avait failli être sauvée par la coupe mais le bilan chiffré n’en était pas brillant : nous terminions 16ème et antépénultièmes avec 6 points de moins qu’en 92-93. Les business-seats quant à eux n’avaient certainement pas été occupés comme espéré : à part les deux rencontres face à Anderlecht et un ou deux autres gros matches, il y avait eu peu de monde…
CLASSEMENT
CHAMPIONNAT DE BELGIQUE – DIVISION 1 – 1993-1994
8/8/93 - GERMINAL EKEREN - RWDM 4-1
Rosez , Camus (46' Pijpens), Nassen, S.Laeremans (69' M.Laeremans), Rouyr, Thairet, Vandersmissen, Jacob, Wuyts, Kepa, Rubenilson
1-0 7' Talbut 2-0 39' Van de Walle p 3-0 53' Nsumbu 3-1 55' Wuyts 4-1 67' Diagne
14/8/93 - RWDM - R CHARLEROI SC 2-4
Rosez, S.Laeremans, Nassen, Delangre, Jacob (74' Rouyr), Thairet, Vandersmissen, Pijpens, Williams, Wuyts, Rubenilson (74' Kepa)
0-1 35' Balog 1-1 42' Rubenilson p 1-2 59' Misse Misse 1-3 84' Brogno 88' 2-3 Wuyts 2-4 89' Malbasa
21/8/93 - R STANDARD CL - RWDM 0-1
Rosez, Nassen, Lörincz, Delangre (31' Camus), Pijpens, Vandersmissen, Thairet (85' Kepa), Jacob, Rouyr, Rubenilson, Williams
0-1 57' Rouyr
25/8/93 - RWDM - K LIERSE SK 0-0
Rosez, Pijpens (46' S.Laeremans), Lörincz, Nassen, Jacob, Vandersmissen, Thairet, Rouyr, Wuyts, Rubenilson (66' Kepa), Williams
28/8/93 - KSK LOMMEL FC - RWDM 3-1
Rosez, Camus (46' Rubenilson), Lörincz, Nassen, Vandersmissen, S.Laeremans, Jacob, Rouyr, Thairet (82' Pijpens), Williams, Wuyts
1-0 40' Berghuis 2-0 45' Peeters 2-1 66' Jacob 3-1 84' Berghuis
4/9/93 - RWDM - RSC ANDERLECHT 3-4
Rosez, Nassen, Lörincz, Delangre (71' Camus), Rouyr, S.Laeremans, Thairet, Vandersmissen, Jacob, Wuyts (71' Williams), Rubenilson
0-1 15' Albert 0-2 23' Crasson 1-2 27' Rouyr 2-2 40' Albert og 59' 2-3 Bosman p 62' 3-3 Wuyts 68' 3-4 Crasson
11/9/93 - KAA GENT - RWDM 1-1
Rosez, Lörincz, Delangre, Nassen, Vandersmissen, S.Laeremans, Jacob, Rouyr, Thairet, Wuyts (46' Deglas), Williams (78' Keshi)
0-1 33' Rouyr 1-1 77' De Roover
18/9/93 - RWDM - KSV CERCLE BRUGGE 1-3
Rosez (32' Godart), S.Laeremans, Lörincz, Keshi, Delangre (60' Williams), Camus, Vandersmissen, Thairet, Rouyr, Kepa, Wuyts
0-1 26' Lauwers 0-2 47' Weber 1-2 80' Kepa 1-3 87' Weber
23/9/93 - R ANTWERP FC - RWDM 1-0
Rosez, Nassen, Lörincz, Camus, Rouyr, Vandersmissen, S.Laeremans, Wuyts, Deglas, Williams, Thairet
1-0 32' Porte
2/10/93 - RWDM - KSV WAREGEM 1-0
Rosez, Nassen, Lörincz, Camus, Vandersmissen, Rouyr, S.Laeremans, Thairet, Ernes, Williams, Rubenilson
1-0 32' Williams
16/10/93 - RFC LIEGE - RWDM 1-0
Rosez, Nassen, Lörincz, Camus, Rouyr, Vandersmissen, S.Laeremans, Thairet, Jacob (80' De Jaegher), Ernes, Rubenilson (66' Williams)
1-0 73' Machiels
23/10/93 - RWDM - RFC SERAING 0-1
Rosez, S.Laeremans, Camus, Lörincz, Jacob, Rouyr, Ernes (52' Thairet), Vandersmissen, Wuyts, Williams, Rubenilson (84' Pijpens)
0-1 83' Lukaku
30/10/93 - KRC GENK - RWDM 1-4
Rosez, S.Laeremans, Lörincz, Keshi, Camus, Jacob, Vandersmissen, Thairet (80' Pijpens), Rouyr, Rubenilson, Ernes (68' Wuyts)
0-1 36' Lörincz 1-1 44' Van de Ven 1-2 55' Rubenilson 1-3 81' Wuyts 1-4 83' Rubenilson
20/11/93 - RWDM - KV OOSTENDE 2-1
Rosez, Nassen, Lörincz, Pijpens, Jacob, Thairet, Rouyr, Rubenilson (72' Wuyts), Camus, S.Laeremans (85' Delangre), Williams
1-0 31' Rubenilson 2-0 65' Williams 2-1 69' Renty
28/11/93 - RWDM - KV MECHELEN 0-2
Rosez, Delangre, Camus, Nassen, Rouyr, Jacob, Pijpens (60' Wuyts), Thairet, S.Laeremans, Rubenilson (67' Ernes), Williams
0-1 3' Leen 0-2 55' De Boeck
4/12/93 - KSK BEVEREN - RWDM 0-0
Rosez, S.Laeremans, Delangre, Nassen, Camus, Rouyr, Vandersmissen, Pijpens (70' Albert), Jacob, Ernes, Williams (85' Kepa)
11/12/93 - RWDM - CLUB BRUGGE KV 0-0
Rosez, S.Laeremans, Nassen, Lörincz, Camus, Rouyr, Vandersmissen, Jacob, Thairet (66' Delangre), Williams (83' Rubenilson), Ernes
18/12/93 - RWDM - GERMINAL EKEREN 1-3
Rosez, Delangre (84' Wuyts), Nassen, Lörincz, Camus, Thairet, Vandersmissen, Rouyr, Williams, Ernes, Rubenilson
1-0 14' Thairet 1-1 78' Buia 1-2 80' Dheedene 1-3 87' Tahamata
8/1/94 - RSC CHARLEROI - RWDM 3-2
Rosez, Delangre (56' Williams), Nassen, Lörincz, Camus, Rouyr, Ernes, Vandersmissen, Thairet (75' Rubenilson), Jacob, Wuyts
1-0 25' Brogno 1-1 61' Vandersmissen 1-2 63' Williams 2-2 67' Misse Misse 3-2 73' Misse Misse
14/1/94 - RWDM - R STANDARD CL 1-0
Rosez (76' Godart), S.Laeremans, Camus, Nassen, Lörincz, Rouyr, Thairet (79' Pijpens), Vandersmissen, Jacob, Wuyts, Williams
1-0 70' Wuyts
22/1/94 - K LIERSE SK - RWDM 1-1
Rosez, Nassen, Lörincz, Jacob, Thairet (77' Pijpens), Rouyr, Vandersmissen, Camus, Wuyts (83' Ernes), S.Laeremans, Williams
0-1 35' Williams 1-1 78' Snelders
29/1/94 - RWDM - KSK LOMMEL FC 0-0
Rosez, Lörincz, Nassen, Camus, Jacob, Rouyr, Vandersmissen, S.Laeremans, Thairet (38' Ernes), Wuyts, Williams
5/2/94 - RSC ANDERLECHT - RWDM 0-0
Rosez, S.Laeremans, Nassen, Vandersmissen, Camus, Rouyr, Jacob, Wuyts (89' Pijpens), Thairet, Ernes, Williams (72' Rubenilson)
12/2/94 - RWDM - KAA GENT 2-0
Rosez, Lörincz, Jacob, Thairet (43' Pijpens), Rouyr, Vandersmissen, Camus, Wuyts, S.Laeremans, Williams, Ernes
1-0 68' Wuyts 2-0 86' Williams
26/2/94 - CERCLE BRUGGE - RWDM 1-0
Rosez, Nassen, Jacob, Ernes, Thairet (75' Delangre), Rouyr, Vandersmissen, Camus, Wuyts, S.Laeremans, Williams (82' Rubenilson)
1-0 83' Weber
5/3/94 - RWDM - R ANTWERP FC 0-1
Rosez, Vandersmissen, S.Laeremans, Nassen, Camus (62' Rubenilson), Rouyr, Jacob, Thairet, Wuyts, Ernes, Williams
0-1 14' Severeyns
20/3/94 - KSV WAREGEM - RWDM 1-2
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Camus, Delangre, Thairet, Jacob, Wuyts, Rubenilson (80' Kepa), Rouyr, Williams (85' M.Laeremans)
1-0 28' De Meersman 1-1 43' Williams 1-2 58' Rubenilson
26/3/94 - RWDM - FC LIEGE 2-2
Rosez, Vandersmissen, S.Laeremans, Nassen, Delangre (75' Pijpens), Rouyr, Camus, Thairet (83' Kepa), Ossomo, Rubenilson, Williams
0-1 3' Godfroid 1-1 13' Ossomo 2-1 51' Camus 2-2 83' Arnold
10/4/94 - RFC SERAING - RWDM 0-0
Rosez, Vandersmissen, S.Laeremans, Nassen, Camus, Rouyr, Jacob, Thairet (68' Kepa), Ossomo, Wuyts, Williams
16/4/94 - RWDM - KRC GENK 1-1
Rosez, Vandersmissen, M.Laeremans, Nassen, Camus, S.Laeremans, Ossomo (75' Delangre), Jacob, Wuyts, Rubenilson (75' Kepa), Williams
1-0 43' Jacob 1-1 70' Goots
24/4/94 - KV OOSTENDE - RWDM 1-1
Rosez, Nassen, Jacob, Thairet (85' Ossomo), Rouyr, Vandersmissen, Rubenilson, Camus, Wuyts, S.Laeremans, Williams
1-0 20' Van Veirdeghem 1-1 90' Williams
30/4/94 - KV MECHELEN - RWDM 3-1
Rosez, Lörincz (46' Ossomo), S.Laeremans, Nassen, Camus, Rouyr, Jacob, Vandersmissen, Wuyts, Rubenilson, Williams
1-0 22' Czerniatynski 2-0 25' Czerniatynski 3-0 33' Czerniatynski 3-1 40' Williams
8/5/94 - RWDM - KSK BEVEREN 0-1
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, M.Laeremans, Rouyr, Ossomo, Jacob, Wuyts, Rubenilson (56' Deglas), Williams
0-1 34' Massagie
15/5/94 - CLUB BRUGGE KV - RWDM 5-1
Rosez, Camus, Nassen, S.Laeremans, M.Laeremans, Vandersmissen, Jacob, Rouyr (80' Malcorps), Wuyts, Williams, Rubenilson (48' Deglas)
1-0 27' Borkelmans 2-0 35' Verheyen 3-0 59' Borkelmans 3-1 66' Williams 4-1 75' Plovie 5-1 81' Verheyen
COUPE DE BELGIQUE
1/16 - 6/11/93 - RWDM - KSV CERCLE BRUGGE 1-0
Rosez, Keshi, Camus (64' Pijpens), S.Laeremans, Lörincz, Jacob, Rouyr, Thairet (74' Williams), Vandersmissen, Ernes, Rubenilson
1-0 75' Williams
1/8 - 22/12/93 - RWDM - KV OOSTENDE 1-1 prol. / 4-2 pens
Rosez, S.Laeremans (13' Delangre), Nassen, Camus, Rouyr, Lörincz, Vandersmissen, Thairet (46' Wuyts), Jacob, Ernes, Williams
1-0 50' Jacob 1-1 57' De Waele IN : Williams, Delangre, Lörincz, Vandersmissen
1/4 - 19/2/94 - RWDM - KSK LOMMEL FC 2-0
Rosez, S.Laeremans, Nassen, Camus, Vandersmissen, Rouyr, Jacob, Thairet (75' Delangre), Wuyts, Ernes, Williams (83' Rubenilson)
1-0 8' Ernes 2-0 24' S.Laeremans
1/2 aller 2/4/94 - RSC ANDERLECHT - RWDM 0-0
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, Camus, Jacob, Thairet, Wuyts (60' Ossomo), Rouyr, Rubenilson (85' M.Laeremans), Williams
1/2 retour 3/5/94 - RWDM - RSC ANDERLECHT 2-2
Rosez, S.Laeremans, Nassen, Lörincz, Rouyr, Thairet (56' Pijpens), M.Laeremans, Ossomo, Rubenilson (76' Kepa), Williams, Vandersmissen
1-0 8' Rubenilson 2-0 45' Lörincz 2-1 58' Nilis 2-2 74' Degryse
MATCHES AMICAUX
14/7/93 Sélection D3 française – RWDM à Bordeaux 1-2
Camus 2
16/7/93 Girondins de Bordeaux – RWDM 3-1
M.Laeremans
19/7/93 KFC Strombeek – RWDM 1-1
Jacob
21/7/93 Olympic Charleroi – RWDM 1-3
Kepa, Williams 2
24/7/93 KMSK Deinze – RWDM 2-4
Kepa, Wuyts, Keshi, Rubenilson
28/7/93 Royale Union SG – RWDM 0-1
Wuyts
31/7/93 RWDM – KFC Eeklo 7-0
Rubenilson 2 Wuyts 2 Williams 2 Deglas
5/8/93 Arsenal St.Josse – RWDM – tournoi C.Picqué à l’Union 0-5
Thairet 2 Rubenilson 3
6/8/93 Royale Union SG – RWDM – finale tournoi C.Picqué à l’Union 0-1
Williams