1994-1995


Pour leur première saison à la tête de notre club, Serge Vilain et la CIB s’étaient rendu compte que l’on ne s’improvise pas dirigeants de club et que le football n’est pas une science exacte. A l’aube de cette nouvelle campagne, les ambitions européennes claironnées un petit peu présomptueusement au début du précédent exercice étaient mises au placard. Malgré tout, le miracle avait failli avoir lieu avec la magnifique aventure en coupe de Belgique. Ah, regrets éternels…

Les jalons de cette nouvelle saison avaient déjà été posés durant les dernières semaines de 93-94. Freddy Smets annonça qu’il ne resterait pas entraîneur du RWDM. L’épisode tragi-comique de son vrai-faux limogeage et l’arrivée de Lippens à ses côtés lui avaient probablement déjà fait prendre sa décision. Les journalistes, dont il était le chouchou, spéculaient pratiquement chaque semaine sur l’identité de sa future destination. Smets participa lui aussi à ce petit jeu en entretenant le suspense et en prétendant avoir un contact avec un « grand club étranger ». Celui-ci n’était autre que les Girondins de Bordeaux mais les Français engagèrent le Portugais Toni. Smets quitta tout simplement le RWDM pour se consacrer pleinement à son métier d’enseignant, qu’il avait continué d’exercer durant son séjour chez nous. Ce ne sera qu’un au revoir… Le contrat de Smets n’avait pas été renouvelé par la direction et cette décision fut rendue publique avant la fin de la saison écoulée. Après le match à domicile face au RC Genk, en avril, Smets annonça durant la conférence de presse « Je quitte le RWDM et je laisse le soin à mon président M. Vilain d’annoncer que mon successeur sera Luka Peruzovic ». Freddy se trompait car, s’il y avait bel et bien des contacts avec le Croate, son successeur sera René Vandereycken.

Ce dernier venait d’assurer un intérim de six mois à Sclessin après avoir été limogé à Gand. Lors de la défaite des Liégeois chez nous en janvier, Vandereycken avait provoqué l’hilarité générale en déclarant sans plaisanter que « le ballon du match était trop gonflé »! Mais, plaisanterie mise à part, c’était un grand professionnel et un des meilleurs entraîneurs, si pas le meilleur, de l’histoire de notre club. Même si son règne ne fut pas de tout repos et qu’il n’échappa point à la critique en quelques occasions, il réussit à tirer pratiquement la quintessence de nos joueurs, surtout lors de sa seconde saison où il nous qualifia pour l’Europe. Un regret cependant, il insista parfois trop pour réaliser certains transferts qui seront des échecs (le nom de Lehmann me vient immédiatement à l’esprit).













René Van der Eycken, le dernier entraîneur molenbeekois qui nous qualifia pour la Coupe d’Europe.

« Maître René » ne sera jamais populaire auprès de la presse, au contraire de son prédécesseur qui entretenait savamment son image de type sympa. Tout le contraire du Limbourgeois, qui n’avait pas son pareil pour remettre les journalistes à leur place. Quoi qu’il en soit, un vent de changement soufflait sur le stade Machtens en ce début de nouvelle saison. Pendant le courant de celle-ci, aura lieu un nouveau grand chambardement. Au niveau des transferts, beaucoup de départs eurent lieu. Etienne Delangre, malgré un contrat courant encore pour une saison, fut libéré gratuitement et trouva de l’embauche aux Francs Borains. Le séjour de l’Ardennais avait été marqué par des blessures à répétition et s’il ne laissa pas un souvenir impérissable dans nos mémoires, il ne faut pas en chercher ailleurs les raisons. Peter Thijs, depuis son match parfait contre Anderlecht en 91-92, avait passé deux saisons chez nous sans jouer une seule partie. Il nous quitta pour le RJ Wavre. Rubenilson retourna au Standard avant d’être embauché par l’Antwerp. Le Belgo-Brésilien ne figurait pas dans les plans de Vandereycken et sa fin de carrière molenbeekoise n’avait pas été des meilleures puisqu’il s’était régulièrement retrouvé sur le banc. Fin de bail au RWDM aussi pour Ilir Kepa qui jamais ne put confirmer les superbes premiers matches pour notre compte. L’Albanais crut probablement que le plus dur était fait et lorsqu’il perdit sa place, il l’accepta difficilement. Il partit pour la France profonde, à Cuiseaux-Louhans. Pijpens fut logiquement renvoyé à l’expéditeur anderlechtois, ce qui ne suscita même pas une fraction de seconde de doute dans l’esprit de nos décideurs. Malgré ses déclarations peu flatteuses à notre égard, Pijpens ne rejouera plus en D1. Avions-nous donc tort? Plus étonnant, la non-reconduction du contrat d’Ossomo. Le Camerounais avait été l’un des meilleurs en fin de saison, notamment lors du retour face à Anderlecht en coupe. Mais à cette période d’avant l’arrêt Bosman, les clubs ne pouvaient aligner que trois étrangers. Mark Williams et Emil Lörincz étaient les deux premiers et Vandereycken voulait engager un attaquant étranger.

















En haut : Vandenbergh, M.Laeremans, Lörincz, Ernes, Vandersmissen, JacobAu milieu : Soors (soigneur), Rouyr, Williams, Deglas, Malcorps, S.Laeremans, De Meyer, Thairet, Camus, Van der Eycken (entraîneur), Rios (staff)En bas : Wuyts, Godart, Rosez, Steggeman, Nassen

Il n’y eut que deux arrivées, toutes deux provenant de La Gantoise. Le médian Gunther De Meyer, joueur peu connu mais qui s’avèrera être une excellente acquisition, fut loué pour une saison avec option. Le deuxième arrivant était un monument du football belge : Erwin Vandenbergh. Meilleur buteur du championnat de Belgique depuis sa création, il termina six fois en tête du classement des meilleurs marqueurs au cours de sa carrière au Lierse, à Anderlecht et à Gand. Il inscrivit aussi 21 buts en 48 sélections nationales et personne n’a oublié son fameux but contre l’Argentine à Barcelone lors du match d’ouverture du Mundial 82. Mais Vandenbergh aurait peut-être pu réussir une plus grande carrière encore s’il n’avait pas fait preuve de frilosité. Sa seule expérience à l’étranger se résuma à Lille, soit à quelques encablures de nos frontières et de son doux foyer. Lors de son passage chez nous, Vandenbergh, à 35 ans, était en toute fin de carrière et cette saison sera sa dernière au plus haut niveau. Il ne jouait d’ailleurs plus en pointe mais plutôt au milieu de terrain. Quant à Marc Wuyts, il avait été engagé à titre définitif.

Comme c’était devenu la tradition, le club chercha à engager un attaquant supplémentaire. Ce faillit être le Croate Adrian Kozniku d’Hajduk Split mais on considéra qu’il ne correspondait pas au profil recherché. Traduction : il coûtait trop cher. Kozniku, qui fera partie des 22 Croates qui termineront troisièmes à la Coupe du Monde 1998, partira en France où il termina parmi les meilleurs buteurs du championnat pour le compte de l’AS Cannes. On cita aussi les noms des Australiens Graham Arnold et Aurelio Vidmar mais, finalement, on décida une fois de plus d’attendre…

Pour la troisième année consécutive, le RWDM partit en stage à Bordeaux, où l’ex-future équipe de Freddy Smets prit une fois de plus notre mesure. La période de préparation s’était clôturée par une partie plutôt houleuse à Westerlo où l’équipe locale inaugurait son nouveau stade pour l’occasion. Le RWDM termina la rencontre à huit…

Le championnat débuta par une très belle prestation face au FC Bruges. Mark Williams avait ouvert la marque d’un magnifique lob juste après le repos. Cette action lui valut d’ailleurs les honneurs de CNN dans leur rubrique « Play of the Day » qui montrait la plus belle action du jour, tous sports confondus. Finalement, Staelens égalisa mais un point contre le Club, ce n’était pas une mauvaise opération. A l’Antwerp, l’équipe joua un magnifique match mais s’inclina 2-0 contre le cours du jeu. J’ai encore en mémoire l’extraordinaire standing-ovation que nous avions réservée à nos joueurs à leur retour au vestiaire.















27/8/94 Antwerp-RWDM (2-0). Rarement, le RWDM livra une prestation aussi magnifique conclue par une défaite. Ici, Marc Wuyts, avec dans le fond notre ancien joueur Geert Emmerechts.

Le RWDM confirma cette bonne impression en venant enfin à bout du FC Malines pour la première fois depuis la saison 85-86. Une série impressionnante de 15 défaites consécutives face au « Malinwa » prenait fin ce jour-là. Cela passa probablement inaperçu mais ce 30/8/94 fut historique pour bon nombre de Molenbeekois frustrés par tant de revers, souvent concédés avec les concours de l’arbitre et/ou de la malchance. Erwin Vandenbergh en avait profité pour inscrire le premier but de sa courte carrière molenbeekoise. Malheureusement, à Saint-Trond, notre équipe fut surprise par l’enthousiasme local et victime une fois de plus d’une exclusion injustifiée de Lörincz. Elle se reprit de belle manière en battant Charleroi grâce au 53ème et dernier but de Patrick Thairet pour le RWDM. Thairet n’était pas considéré comme titulaire dans le dispositif de Vandereycken et il disputait sa dernière saison sous nos couleurs. Ce match n’avait pas été bien passionnant et la presse s’en fit évidemment l’écho. Nous n’avions pas dû attendre bien longtemps avant que celle-ci ne commence à critiquer la tactique de René. Et comme en face, l’entraîneur se nommait Georges Leekens, autre souffre-douleur traditionnel de nos plumitifs (quoi que son apogée dans ce domaine viendra plus tard), voici ce que l’on pouvait lire dans « Le Soir » à propos de cette rencontre : « Une fois de plus, les vieux démons l'ont emporté samedi soir, le crédit de Vandereycken et Leekens s'émiettant à n'en plus finir aux yeux des derniers puristes des stades. A confier la direction de leurs (chères) ouailles à des entraîneurs aussi retors, les dirigeants de nos clubs professionnels creusent leur propre tombe. Ne vous étonnez plus qu'après pareille parodie, les gens restent, bien au chaud, à siroter chez eux le concentré de Match 1, bien infidèle reflet de ce qui se passe actuellement dans les stades de notre élite. Tout le malheur des hommes venant de l'espérance, disait Camus - pas le Daniel de Molenbeek mais l'autre -, on finira bien, à ce train-là, par expurger définitivement des gradins le chancre du hooliganisme. Il n'y aura bientôt plus sur les travées des stades que les stewards pour battre des mains au rythme des flonflons de la fanfare, dernier vestige erwédéen d'un glorieux passé irrémédiablement révolu. »
















17/9/94 RWDM-Charleroi (1-0). Mark Williams contre Eric Van Meir.

La suite du règne de Vandereycken au RWDM sera à l’avenant. Nous allions ensuite enchaîner avec une série de cinq nuls consécutifs. Au Standard, Marc Wuyts égalisa en fin de partie. Pour notre seconde visite en autant de rencontres dans la Cité Ardente, nous nous rendions au FC Liégeois. Les Sang et Marine évoluaient pour une des dernières fois dans leur vieux stade-vélodrome de Rocourt qui allait bientôt être rasé pour faire place à un complexe cinématographique. Après s’être détachés au score en menant par 0-2 et nos adversaires évoluant à dix, nous pensions que le plus dur était fait. Mais les locaux revinrent dans le match et nous pouvions encore nous estimer heureux de ne pas avoir été battus. Ce jour me laisse d’autres souvenirs pénibles. A la sortie du stade, je fus agressé dans le dos par deux ou trois Liégeois. Alors que j’étais à terre et mes lunettes un peu plus loin, ceux-ci entreprirent de me rosser de coups de pied, devant l’indifférence de locaux préférant assister en spectateurs plutôt que d’intervenir. Mon salut vint de la police locale, qui arrêta un des agresseurs. Estimant qu’il fallait sans doute maintenir le score de parité à ce niveau-là aussi, les pandores locaux voulurent aussi m’embarquer! Heureusement, un policier molenbeekois en civil avait assisté à toute la scène – il avait même sorti son arme de service pour mettre fin à la bagarre – et intervint en ma faveur. C’est ainsi que je pus quitter ces terres hostiles. Jamais, je ne fus aussi content de voir ma police communale intervenir… Le lundi matin, sur les conseils de mon sauveur, j’allai porter plainte contre mon agresseur. Malheureusement, sans suites… Aujourd’hui, j’attends encore. Face à Ostende, qui ne confirmait pas sa bonne campagne précédente, Luc Ernes était parvenu à trouver l’ouverture pour la première fois en championnat sur un magnifique coup franc, en l’absence de Lörincz, à quelques minutes de la fin. Mais à la dernière seconde, les Ostendais égalisèrent.

Pendant ce temps-là, nous apprenions que notre ancien mentor Freddy Smets venait de passer quelques jours au Cameroun en tant que « consultant » pour la Fecafoot. A priori une information banale, mais qui aura peut-être son importance dans la suite de notre histoire. Freddy l’Africain était né. Ce n’était qu’un début…La série continua à Gand (0-0) et contre le CS Bruges, dans une partie qui vit à peu près le même scénario que le match contre Ostende. C’est justement à Ostende que nous devions nous rendre pour disputer notre première rencontre en coupe de Belgique. Tout le monde espérait bien entendu que ce ne serait que la première étape d’une campagne aussi brillante que la précédente, sans toutefois se faire exagérément d’illusions. Après tout, Molenbeek, c’est Molenbeek se disait-on fort justement… A cette occasion, le RWDM alignait sa nouvelle recrue, le Polonais Tomasz Dziubinski, prêté par le FC Bruges jusqu’à la fin de la saison. Revenant de blessure, il avait dans le passé réalisé quelques belles prestations avec les Brugeois mais chez nous, il ne justifia jamais les espoirs mis en lui. Sous une pluie battante, Ostende avait ouvert la marque à un quart d’heure de la fin seulement. Lorsque Mark Williams égalisa dans les dernières minutes, suscitant l’enthousiasme délirant dans les rangs molenbeekois, nous crûmes tous que l’aventure de l’an dernier se répèterait. Malheureusement, nos joueurs, fatigués et victimes de crampes, cédèrent durant les prolongations. Camus vit encore son tir repoussé à même la ligne à la dernière seconde. Nous étions éliminés au premier tour, recommençant nos vieilles et mauvaise habitudes. Pour nous, l’intérêt de la saison disparaissait déjà. En championnat, nous occupions une place à la mesure de nos possibilités, dans le ventre mou du classement. Et il n’y avait aucune raison pour que cela change. D’un côté, c’était heureux car pour la première fois depuis longtemps, nous n’aurions pas à nous préoccuper de notre maintien. N’empêche, cela allait manquer maintenant de piment.

Le mercredi suivant, j’assistai, en compagnie seulement d’une petite poignée de Molenbeekois, à un petit événement : une victoire au Germinal Ekeren, 0-1 grâce à un but de Marc Wuyts. En huit rencontres au Veltwijckpark, ce sera notre seule victoire… Je m’étais rendu dans la banlieue nord d’Anvers avec mon cousin Bertrand, que j’initiais alors aux joies du foot et qui n’était pas encore connu sous le surnom de 2be3. Heureuse époque… Contre Lommel, nous concédions un nouveau nul à domicile face à une équipe qui ne tira pas une seule fois au goal. De notre côté, nous avions loupé occasion sur occasion, particulièrement dans le chef de Williams, coutumié de ce genre de choses. Notre invincibilité de sept rencontres en championnat (dont seulement deux victoires) prit fin la semaine suivante Chaussée du Lisp, que nous avions ralliée avec la « Zobmobile » au cours d’un déplacement une fois de plus assez arrosé. Tout en réalisant une petite partie, les Lierrois d’Eric Gerets nous battirent 2-0. De notre côté, nous avions évolué de manière ultra-défensive. Lors du désormais traditionnel décrassage d’après match instauré par Vandereycken, je ne m’étais pas privé de manifester ma déception à Maître René sur sa façon de faire évoluer ses troupes… Ceux qui me connaissent un petit peu savent que j’étais parfois enclin à ce genre de réactions…

Nous perdîmes ensuite également notre brevet d’invincibilité à domicile en nous inclinant 1-2 contre Alost. Les « Ajuinen » réalisaient leur meilleure saison depuis longtemps et s’imposèrent grâce à Van Ankeren, revenu en Belgique après son échec au PSV. Nous avions joué avec un esprit très offensif mais ce ne fut pas suffisant pour remporter les deux points. En plus, Lörincz s’était blessé et Camus avait été averti. Tous deux allaient rater le derby programmé au Parc Astrid. Cette fois, après les deux nuls blancs de la saison dernière, Anderlecht n’éprouva pas trop de peine à s’imposer, notamment grâce un très beau coup franc converti par Walem.












10/12/94 Anderlecht-RWDM (2-0). Le splendide plongeon de Rosez n’empêchera pas le but de Walem / De Meyer et Vandersmissen face à Bosman

Juste avant la trêve, nous étions parvenus à stopper la série de défaites, trois de rang, en battant Beveren par 2-0. Notre premier but avait été inscrit par Gunter De Meyer, juste récompense pour ce joueur qui avait peut-être été le meilleur de notre équipe. Nous bouclions ce premier tour avec 15 points, en milieu de classement, à distance respectable des clubs reléguables. Avant cette partie contre les Waaslandiens avait eu lieu la première rencontre internationale officielle disputée au stade Machtens. A l’issue d’un match très spectaculaire, les Espoirs belges et espagnols avaient partagé 3-3.

Pour la reprise, nous nous étions inclinés au FC Bruges (3-1) malgré une très bonne deuxième mi-temps, en partie à cause de décisions plus que douteuses de M. Van Driessche qui officia en parfait « home referee ». Puis, nous avions battu l’Antwerp sur le même score. Erwin Vandenbergh inscrivit ce soir-là son dernier but en D1 et Dziubinski son premier – et dernier - pour notre compte. Le match avait été excellent de la part de notre équipe et l’on put même lire des critiques positives dans la presse à son propos! Derrière les Casernes malinoises, ce fut la reprise de nos bien mauvaises habitudes avec une défaite par le plus petit écart, concédée dans les dernières minutes d’une rencontre au cours de laquelle l’arbitre M. Romain fut à nouveau d’une partialité exemplaire en faveur des visités. A l’issue de cette partie, René Vandereycken interdit à ses joueurs de parler à la presse, estimant que certains d’entre eux pourraient faire des déclarations un peu trop excessives tellement ils étaient remontés contre M. Romain…

Le mardi 31 janvier eut lieu une petite révolution dans notre club, entraînant bon nombre de changements qui conditionneront notre avenir durant les trois saisons suivantes et même au-delà. M. Henri Mabille se retira complètement du club, après près d’un demi-siècle au service du Racing de Bruxelles, du Racing White et du RWDM. Dernier rescapé de la fusion, Mabille avait beaucoup investi dans le club ces dernières années. On me parla récemment d’une somme avoisinant les 65 millions de FB. Après moult négociations, il parvint à en récupérer une bonne partie, abandonnant 5 à 6 millions dans l’aventure. Dans la foulée, MM. Sandermans et Dierickx quittèrent aussi la maison. Le place de secrétaire de M. Mabille fut prise par Henri Michielsen (futur président de…l’Union!). Mais la vraie grande nouvelle, c’était l’arrivée, ou plutôt le retour, de Johan Vermeersch. Après son échec lors de sa tentative de reprise du club en 1986, l’entrepreneur de Ternat n’était pas demandeur mais, sollicité par la CIB et la commune, il décida de revenir au club. En injectant une quinzaine de millions, il devint, avec 37% des parts, le deuxième plus gros actionnaire du club après la CIB bien entendu. Vermeersch fut nommé correspondant qualifié (remplaçant donc Mabille) et surtout nouveau patron sportif du club. La répartition des tâches devait donc être claire : le commercial pour la CIB, la gestion des installations à charge de la commune de Molenbeek-St-Jean et l’aspect sportif et tout ce qui en découle (contrats, engagement de joueurs, etc.) pour Johan Vermeersch. Tous ces changements furent dictés par la situation financière une nouvelle fois préoccupante : le remboursement de la tribune, la politique commerciale désastreuse qui ne parvenait pas à remplir les fameux business seats, et j’en passe…

En attendant, le championnat continuait. L’équipe inaugura ces changements par deux belles victoires. La première fut acquise au Pairay le lendemain de ces décisions, grâce à un doublé de Mark Williams. Trois jours plus tard, le jeune Harold Deglas inscrivait le but victorieux face à Saint-Trond au stade Machtens. Deglas avait déjà fait quelques apparitions en équipe première lors des deux saisons précédentes mais au cours de celle-ci, il faisait de plus en plus régulièrement partie du noyau des 14 et était même parfois titulaire. Au cours de sa carrière chez nous, il inscrivit à plusieurs reprises des buts importants, tous ponctués par une tentative de pirouette plutôt gauche en guise de célébration.

On parlait à nouveau d’Europe au stade Machtens! Il est vrai que nous occupions la 6ème place, à une seule petite unité du 4ème, Alost. Mais entre le 4ème et le 16ème, il y avait à peine 5 points d’écart! Ostende et surtout le FC Liège semblaient déjà condamnés. En vérité, nous n’avions plus rien à craindre ni à espérer et même si nous n’étions qu’au mois de février et qu’en football, tout peut aller très vite, la saison semblait terminée pour nous. L’équipe eut cependant le bon goût de jouer sa chance à fond.

Les deux résultats suivants, deux défaites imméritées, allaient néanmoins nous faire rentrer dans le rang. A Charleroi, nous avions eu les occasions pour l’emporter mais, une fois de plus, nous les avions gaspillées. Ce fut surtout à domicile contre le Standard (à nouveau devant les caméras de Canal Plus) que l’équipe réalisa une grande rencontre. Une véritable propagande pour notre club qui nous valut même des éloges dans la presse. C’est dire. La défaite était pourtant au rendez-vous, 1-2.















17/2/95 RWDM-Standard (1-2). Malgré l’excellent match, Mark Williams (ici contre Dinga) et notre équipe s’inclineront contre le cours du jeu.

Personne ne le savait à ce moment-là mais Erwin Vandenbergh venait de disputer le dernier match de sa carrière. Il se blessa ensuite au genou et dut se faire opérer pour la première fois depuis ses débuts de footballeur. Ce grand nom du football belge avait certainement rêvé de meilleurs adieux. En fin de carrière, il ne laissa pas un souvenir impérissable dans la mémoire des supporters molenbeekois mais j’ai tout de même l’impression qu’il s’était livré à fond lors son passage chez nous. Il disputa, surtout en début de saison, quelques forts bons matches.

Durant cette période, une affaire extra-sportive secoua le microcosme molenbeekois. Daniel Camus venait d‘être condamné à dix mois de prison avec sursis pour avoir participé avec des hooligans anderlechtois à une tentative d’attaque en gare de Schaerbeek d’un train de supporters du Standard en 1990. Camus refusa d’effectuer des travaux d’intérêt général car il s’estimait non coupable….

Avec une victoire facile (4-0) contre un FC Liège en pleine décomposition et qui jouait ses matches à domicile soit à Sclessin soit à Eupen, nous étions encore capables de créer l’exploit. Pour cela, il fallait aller s’imposer à Ostende. Pour notre seconde visite à la « Reine des Plages », balayée par un vent violent et une pluie incessante, ce ne fut guère plus brillant qu’en coupe plus tôt dans la saison. Au repos, c’était 2-0 pour le KV. Mais la montée d’Harold Deglas à l’heure de jeu changea complètement la physionomie du match. Pour sa première touche de balle, il parvint à réduire l’écart et provoqua le penalty qui entraîna notre égalisation. L’arbitre M. Vandevenne fut bien obligé de le siffler, lui qui avait fermé les yeux sur deux autres coups de réparation flagrants pour le RWDM. Mais quatre matches sans parvenir à inscrire le moindre but nous feront définitivement rentrer dans le rang. Une défaite à domicile contre Gand (0-1), un 0-0 sans relief au Cercle de Bruges, un autre à domicile contre Ekeren où la seule attraction de la rencontre fut les incroyablement affreux maillots mauve et vert des Anversois et une défaite par 3-0 à Lommel malgré une bonne première mi-temps.

Sur le terrain, la saison était terminée. Une fois de plus, c’était en coulisses que se jouaient les parties les plus importantes. Johan Vermeersch engagea au poste de manager l’ancien journaliste de « Het Laatste Nieuws », Gino Gylain. Vermeersch étant fort occupé par ses propres affaires, Gylain devait être son bras droit au club et était surtout chargé de dénicher de nouveaux sponsors et de remplir les fameux business seats. Un des autres objectifs de Vermeersch était de réduire la masse salariale et il était clair que plusieurs joueurs allaient nous quitter pour cette raison. Vandereycken lui-même, qui possédait une clause libératoire dans son contrat, faillit (déjà) nous quitter pour Anderlecht. Un échange avec Boskamp fut même envisagé mais cette possibilité fut abandonnée en raison de profonds désaccords entre Boskamp et quelques piliers de notre club, comme Patrick Thairet par exemple. René demeura donc finalement en fonction. D’anciens serviteurs, comme Eddy De Bolle, Tom Fridvalszky, Eric Deleu ou Gérard De Sanghere, firent leur retour pour occuper des postes d’entraîneurs de jeunes. Sur le terrain, il y avait un championnat à terminer. L’équipe eut le bon goût de remporter un beau succès face au Lierse, 2-1.

Une semaine plus tard, la compétition faisait relâche mais au stade Machtens eut lieu un petit événement. Quelques mois après le match des Espoirs, c’est ni plus ni moins l’équipe nationale belge qui foulait notre pelouse face aux Etats-Unis (victoire belge 1-0). En fait de pelouse, c’est bien entendu l’état, il est vrai pas bien terrible, de celle-ci qui servira comme excuse aux Diables Rouges pour expliquer leur faible prestation. Une explication d’ailleurs récurrente dans le chef de beaucoup de nos adversaires lorsqu’ils s’inclinaient à Molenbeek. Il faut bien reconnaître que cela constitua toujours un problème chez nous, et cela ne s’améliorera pas lors des années qui suivront.

Lors de notre sortie suivante, nous nous étions inclinés 2-0 à Alost, qui allait se qualifier pour la coupe de l’UEFA pour la première – et seule – fois de son histoire. Van Ankeren nous inscrivit à nouveau un but et Marc Wuyts loupa un penalty. Le dernier gros rendez-vous de cette saison était le derby bruxellois. Anderlecht était au coude à coude avec le Standard qu’il venait d’ailleurs de battre et nous avions là l’occasion de leur jouer à nouveau un mauvais tour comme en 91-92. Et il s’agissait aussi de prendre notre revanche de l’injuste élimination en coupe que personne n’avait encore oubliée chez nous (et que peu d’ailleurs oublieront). Mais, devant la grande foule, les Mauves s’imposèrent somme toute assez facilement par 0-2, notre équipe ne se créant pas la moindre occasion de but valable. A Beveren, avec beaucoup de jeunes dans l’équipe comme Stéphane Demets, Olivier Malcorps, Dimitri Vandenbergen et Harold Deglas, le RWDM décrocha un nul 1-1.

Lors de la dernière rencontre de la saison face à Seraing, Patrick Thairet mit officiellement fin à sa carrière. Il disputait le dernier de ses 309 matches en D1. Pourtant, il ne figurait pas sur le terrain au coup d’envoi car il ne s’était pas entraîné de la semaine à cause d’une blessure. Entré au jeu à la pause, il distilla à la 90ème minute un dernier « caviar » sur la tête du jeune Vandenbergen qui trompa ainsi le portier serésien Harald Heinen, mal sorti. Cette action ponctuait 15 ans de présence en équipe première depuis sa première apparition le 9/11/80 à Anderlecht, mais il était au Daring dès l‘âge de 6 ans! Depuis, il avait été de toutes les aventures et mésaventures de notre club. C’était le seul de la génération de jeunes joueurs qui avaient émergé au début des années 80 qui était demeuré au club, autant par fidélité que par obligation. En 1988, Thairet avait en outre débuté une carrière politique en se présentant aux élections communales sur la liste FDF. Plus tard, il rejoindra le PS du bourgmestre Philippe Moureaux et décrochera un emploi au sein de l’ASBL Molenbeek Sport. En raison de ses activités extra-sportives, il n’était plus titulaire lors de son ultime saison. Vandereycken exigeait en effet, à juste titre, des joueurs disponibles à 100%. Dès lors, sa décision était prise de raccrocher les crampons (même si deux saisons plus tard, il rejouera en deuxième provinciale, à Rhode). Thairet ne quitta néanmoins pas le RWDM puisqu’il devint coordinateur de l’Ecole de Jeunes. On peut penser ce que l’on veut de lui mais c’était un véritable clubman. Son rôle dans notre histoire n’était d’ailleurs pas encore terminé.













Patrick Thairet collant son affiche pour une élection communale.

Ainsi s’achevait une nouvelle saison, la première de l’ère Vandereycken, terminée finalement à la douzième place. Sur le plan footbalistique, il était indéniable que le Limbourgeois nous avait apporté beaucoup sur le plan du professionnalisme. Si ses méthodes étaient parfois décriées dans la presse, où elles étaient décrites comme défensives, c’était surtout d’organisation qu’il fallait parler. Et nous n’étions pas encore au bout de nos satisfactions…














Gunther De Meyer, le meilleur joueur de cette saison 94-95, qui ne sera malheureusement pas conservé pour des raisons budgétaires…



CLASSEMENT

























CHAMPIONNAT DE BELGIQUE – DIVISION 1 – 1994-1995

20/8/94 - RWDM - CLUB BRUGGE KV 1-1 

Rosez, Vandersmissen, S.Laeremans, M.Laeremans, Nassen, Camus (82' Thairet), De Meyer, Vandenbergh, Ernes, Williams, Wuyts (70' Janssen) 

1-0 47' Williams 1-1 63' Staelens 

27/8/94 - R ANTWERP FC - RWDM 2-0 

Rosez, Vandersmissen, S.Laeremans (80' Janssen), Nassen, Camus, M.Laeremans, De Meyer, Vandenbergh, Ernes, Wuyts (40' Thairet), Williams 

1-0 37' Porte 2-0 76' Aloisi 

30/8/94 - RWDM – KV MECHELEN 3-1 

Rosez, De Meyer, Camus, Nassen, Lörincz, Vandenbergh, Vandersmissen, Ernes, Wuyts (60' Rouyr), S.Laeremans, Williams 

1-0 11' Vandenbergh 1-1 28' Nassen og 2-1 36' Wuyts p 3-1 38' Lörincz 

10/9/94 - K ST TRUIDEN VV - RWDM 4-2 

Rosez, Camus, Nassen, Vandersmissen (69' Janssen), Lörincz, Rouyr, De Meyer, Ernes (87' Thairet), Wuyts, Vandenbergh, Williams 

1-0 3' Van Marsenille 2-0 64' Nielsen 3-0 69' Verjans 3-1 73' Vandenbergh 4-1 74' Nielsen 4-2 76' Janssen

17/9/94 - RWDM - R CHARLEROI SC 1-0 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, Lörincz, Camus, Vandenbergh (24' Thairet), De Meyer, Rouyr (78' Ernes), Wuyts, Williams 

1-0 66' Thairet 

24/9/94 - R STANDARD CL - RWDM 1-1 

Rosez, Vandersmissen, Camus, S.Laeremans, De Meyer, Lörincz, Rouyr, Jacob, Thairet (61' Ernes), Wuyts (85' Janssen), M.Laeremans 

1-0 47' Bisconti 1-1 83' Wuyts 

1/10/94 - RFC LIEGE - RWDM 2-2 

Rosez, Vandersmissen (56' Vandenbergh), De Meyer, Nassen, Camus, Lörincz, Rouyr, Jacob, S.Laeremans, Wuyts (76' Ernes), Williams 

0-1 22' Rouyr 0-2 42' Williams 1-2 46' Essende 2-2 78' Varga pen 

15/10/94 - RWDM - KV OOSTENDE 1-1 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, Camus, Rouyr, De Meyer, Jacob, Vandenbergh (61' Deglas), Ernes, Wuyts (77' Thairet) 

1-0 83' Ernes 1-1 89' Swietek 

22/10/94 - KAA GENT - RWDM 0-0 

Rosez, Camus, Vandersmissen, Nassen, Rouyr, Lörincz, De Meyer, Ernes, Vandenbergh, Wuyts (41' Williams), Deglas (62' Jacob) 

29/10/94 - RWDM - KSV CERCLE BRUGGE 1-1 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, Camus, Rouyr, Lörincz (82' Jacob), De Meyer, Ernes, Vandenbergh, Deglas (66' Williams) 

1-0 70' Vandenbergh 1-1 79' Lauwers 

9/11/94 – GERMINAL EKEREN - RWDM 0-1 

Rosez (35' Godart), S.Laeremans, Nassen (57' Camus), Vandersmissen, Lörincz, Rouyr, Jacob, De Meyer, Ernes, Wuyts, Deglas (69' Vandenbergh) 

0-1 55' Wuyts 

19/11/94 - RWDM - KSK LOMMEL FC 0-0 

Godart, Vandersmissen, S.Laeremans, Lörincz, Nassen, Jacob, De Meyer, Ernes (46' Camus), Dziubinski (73' Deglas), Vandenbergh, Williams 

26/11/94 - K LIERSE SK - RWDM 2-0 

Godart, Vandersmissen, Camus (87' Janssen), Nassen, Lörincz, Rouyr, Jacob, De Meyer, Vandenbergh, Wuyts, Dziubinski (46' Williams) 

1-0 16' Peeters 2-0 83' Lehmann 

3/12/94 - RWDM - KSC EENDRACHT AALST 1-2 

Godart, Nassen, De Meyer, Nassen, Lörincz (77' Camus), S.Laeremans, Jacob, Rouyr, Ernes (24' Deglas), Vandenbergh, Wuyts, Williams 

0-1 17' Van Ankeren 1-1 59' Williams 1-2 66' Van Ankeren 

10/12/94 - RSC ANDERLECHT - RWDM 2-0 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, Rouyr, Jacob, De Meyer, Ernes, Wuyts (65' Dziubinski), Williams, Vandenbergh

1-0 19' Preko 2-0 63' Walem 

21/12/94 - RWDM - KSK BEVEREN 2-0 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen (25' Dziubinski), Jacob, De Meyer, Rouyr, Vandenbergh, Camus, Ernes, Wuyts (67' Janssen) 

1-0 20' De Meyer 2-0 24' Camus 

15/1/95 - CLUB BRUGGE KV - RWDM 3-1 

Rosez, Camus, Vandersmissen, Lörincz, Rouyr, Jacob, Wuyts, S.Laeremans, Dziubinski (76' M.Laeremans), De Meyer, Vandenbergh (61' Williams) 

1-0 17' Eikelkamp 2-0 54' Eikelkamp 2-1 67' Williams 3-1 85' Verheyen 

21/1/95 - RWDM - R ANTWERP FC 3-1 

Rosez, Camus, Lörincz, Vandersmissen, Rouyr, S.Laeremans, Jacob, De Meyer, Vandenbergh (88' Ernes), Dziubinski (74' M.Laeremans), Williams 

1-0 8' S.Laeremans 1-1 17' Kulcsar 2-1 22' Vandenbergh 3-1 62' Dziubinski 

28/1/95 - KV MECHELEN - RWDM 1-0 

Rosez, S.Laeremans (51' M.Laeremans), Vandersmissen, Camus, Jacob, Wuyts, De Meyer, Vandenbergh (66' Ernes), Rouyr, Williams, Dziubinski 

1-0 85' Sanders 

1/2/95 - RFC SERAING - RWDM 1-2 

Rosez, S.Laeremans, M.Laeremans, De Meyer, Camus, Thairet, Vandersmissen, Wuyts, Rouyr, Ernes, Williams (81' Deglas) 

0-1 6' Williams 0-2 9' Williams 1-2 11' Lukaku

4/2/95 - RWDM – K ST TRUIDEN VV 1-0 

Rosez, Janssen, Vandersmissen, Lörincz, M.Laeremans, Rouyr, De Meyer, Jacob, Thairet (61' Deglas), Wuyts, Williams (89' Malcorps) 

1-0 80' Deglas 

11/2/95 - R CHARLEROI SC - RWDM 2-0 

Rosez, Vandersmissen, Lörincz (18' Vandenbergh), Camus, S.Laeremans, M.Laeremans, De Meyer, Rouyr (80' Ernes), Jacob, Wuyts, Williams 

1-0 51' Misse Misse 2-0 84' Brogno 

17/2/95 - RWDM - R STANDARD CL 1-2 

Rosez, Vandersmissen (85' Deglas), S.Laeremans, Camus, Jacob, M.Laeremans, De Meyer, Vandenbergh, Thairet (46' Ernes), Wuyts, Williams 

1-0 7' Jacob 1-1 31' Vandersmissen og 1-2 34' Vidmar 

25/2/95 - RWDM - RFC LIEGE 4-0 

Rosez, Lörincz, S.Laeremans, Camus, M.Laeremans, Rouyr, De Meyer, Ernes, Wuyts (78' Janssen), Williams, Deglas (67' Verlent) 

1-0 25' Wuyts 2-0 39' Deglas 3-0 41' Williams 4-0 63' Williams 

5/3/95 - KV OOSTENDE - RWDM 2-2 

Rosez, Vandersmissen, S.Laeremans, Camus (72' Nassen), Lörincz, De Meyer, Jacob, Thairet (57' Deglas), Ernes, Wuyts, Williams 

1-0 17' Claesen 2-0 30' De Waele 2-1 57' Deglas 2-2 77' Wuyts 

11/3/95 - RWDM - KAA GENT 0-1 

Rosez, S.Laeremans, Camus, Vandersmissen, M.Laeremans, De Meyer, Lörincz (78' Nassen), Wuyts, Jacob, Deglas (72' Ernes), Williams 

0-1 28' Martens 

18/3/95 - KSV CERCLE BRUGGE - RWDM 0-0 

Rosez, Camus, Nassen, Lörincz, M.Laeremans, Jacob, De Meyer, Rouyr, Ernes, Wuyts (75' Deglas), Williams 

1/4/95 - RWDM - GERMINAL EKEREN 0-0 

Rosez, Camus, Lörincz, Vandersmissen, Rouyr, Jacob, De Meyer, S.Laeremans, Deglas (75' Ernes), Wuyts, Williams (88' M.Laeremans) 

8/4/95 - KSK LOMMEL FC - RWDM 3-0 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen (83' Janssen), Lörincz, Camus, Jacob, Thairet, De Meyer, Rouyr (65' Deglas), Wuyts, Williams 

1-0 15' Waligora 2-0 18' Waligora 3-0 86' M.Peeters 

15/4/95 - RWDM - K LIERSE SK 2-1 

Rosez (56' Godart), Vandersmissen, S.Laeremans, Lörincz, Rouyr, Jacob, De Meyer, Thairet, Dziubinski, Wuyts (72' Williams), Deglas (64' Camus) 

1-0 19' Wuyts 1-1 49' Lehman 2-1 55' S.Laeremans 

29/4/95 - KSC EENDRACHT AALST - RWDM 2-0 

Rosez, S.Laeremans (78' Deglas), Vandersmissen, Camus, M.Laeremans, Rouyr, De Meyer, Jacob, Wuyts, Dziubinski, Williams 

1-0 26' De Bilde 2-0 32' Van Ankeren 

6/5/95 - RWDM – RSC ANDERLECHT 0-2 

Rosez, S.Laeremans, Camus, Vandersmissen, M.Laeremans (75' Deglas), Thairet (55' Williams), De Meyer, Jacob, Rouyr, Wuyts, Dziubinski 

0-1 62' Versavel 0-2 77' Preko 

14/5/95 - KSK BEVEREN - RWDM 1-1 

Rosez, S.Laeremans (46' Malcorps), Camus, Vandersmissen, Jacob, M.Laeremans, Demets, De Meyer, Rouyr, Dziubinski (86' Vandenbergen), Deglas 

0-1 51' Deglas 1-1 80' Lodders

20/5/95 - RWDM - RFC SERAING 1-0 

Rosez, Camus, Vandersmissen, Jacob, M.Laeremans (46' Thairet), Malcorps, De Meyer, Rouyr, Deglas, Dziubinski (75' Vandenbergen), Williams 

1-0 90' Vandenbergen



COUPE DE BELGIQUE 

1/16 - 5/11/94 - KV OOSTENDE - RWDM 2-1 prol 

Rosez, S.Laeremans (65' Ernes), Vandersmissen, Nassen, Lörincz, Rouyr, De Meyer, Camus, Vandenbergh (91' Jacob), Dziubinski, Williams 

1-0 76' De Waele 1-1 86' Williams 2-1 108' Pinson 






































MATCHES AMICAUX

14/7/94 Girondins de Bordeaux - RWDM 3-0

23/7/94 US Valenciennes-Anzin – RWDM 2-1

Deglas

26/7/94 K Beringen FC – RWDM 2-2

Wuyts, own goal

30/7/94 Blankenberge - RWDM 1-5

Williams, Ernes, Vandenbergh, Nassen, Vandenbergen

31/7/94 KFC Denderleeuw – RWDM 0-4

Wuyts, Vandenbergh, Ernes, Williams

6/8/94 Roda JC Kerkrade – RWDM 2-0

10/8/94 Lombeek – RWDM 0-5

Wuyts, S.Laeremans, M.Laeremans 2, Vandael 

10/8/94 VC Westerlo – RWDM 1-1

De Meyer




 

J

G

N

D

P

C

PT

 1.RSC Anderlecht

34

23

6

5

80

31

52

 2.R Standard CL

34

21

9

4

52

23

51

 3.Club Brugge KV

34

21

7

6

68

31

49

 4.KSC Eendracht Aalst

34

14

11

9

63

57

39

 5.K Lierse SK

34

14

9

11

52

52

37

 6.Germinal Ekeren

34

12

13

9

57

39

37

 7.KSK Lommel FC

34

13

9

12

44

41

35

 8.K St Truiden VV

34

11

13

10

34

35

35

 9.RFC Seraing

34

12

10

12

53

45

34

10.KSK Beveren

34

10

12

12

40

46

32

11.KV Mechelen

34

11

9

14

41

46

31

12.RWDM

34

10

11

13

34

41

31

13.R Charleroi SC

34

10

11

13

33

43

31

14.KAA Gent

34

11

8

15

41

53

30

15.KSV Cercle Brugge

34

9

10

15

43

52

28

16.R Antwerp FC

34

8

8

18

40

56

24

17.KV Oostende

34

5

9

20

34

81

19

18.RFC Liégeois

34

5

7

22

35

72

17

 

 

 

 

 

 

 

 

1994-1995

 

Joués tot

Buts tot

Joués CH

Joués CB

Buts CH

Buts CB

ALBERT Didier

12/08/1974

0

0

0

0

0

0

CAMUS Daniel

21/10/1971

33

1

32

1

1

0

DEGLAS Harold

23/07/1975

20

4

20

0

4

0

DEMETS Stéphane

26/12/1976

1

0

1

0

0

0

DE MEYER Gunther

14/04/1968

35

1

34

1

1

0

DZIUBINSKI Tomasz

8/08/1968

13

1

12

1

1

0

ERNES Luc

24/02/1965

26

1

25

1

1

0

GODART Wilfried

3/06/1972

5

0

5

0

0

0

JACOB Gunther

10/05/1968

28

1

27

1

1

0

JANSSEN Peter

25/03/1975

9

1

9

0

1

0

LAEREMANS Mike

18/01/1971

18

0

18

0

0

0

LAEREMANS Steve

26/03/1972

29

2

28

1

2

0

LORINCZ Emil

29/09/1965

23

1

22

1

1

0

MALCORPS Olivier

20/01/1975

3

0

3

0

0

0

NASSEN Daniel

24/11/1966

20

0

19

1

0

0

ROUYR Thierry

11/09/1966

29

0

28

1

0

0

ROSEZ Dirk

5/01/1961

32

0

31

1

0

0

THAIRET Patrick

21/08/1960

14

1

14

0

1

0

VANDENBERGEN Dimitri

12/03/1975

2

1

2

0

1

0

VANDENBERGH Erwin

26/01/1959

21

4

20

1

4

0

VANDERSMISSEN Guy

25/12/1957

32

0

31

1

0

0

VERLENT DAVID

10/04/1975

1

0

1

0

0

0

WILLIAMS Mark

11/06/1966

30

9

29

1

8

1

WUYTS Marc

12/09/1967

29

7

29

0

7

0