1995-1996
Quelle saison! Elle restera à coup sûr gravée dans la mémoire de tous les supporters pendant très longtemps. Et pourtant, avant son coup d’envoi, personne ne pouvait se douter que nous allions retrouver l’Europe après 16 ans d’absence. L’heure était aux économies – justifiées – et les soi-disant experts avaient fait de nous les candidats numéro un à la relégation. Ni plus ni moins…
Pendant l’entre saison, beaucoup de mouvements eurent lieu au stade Machtens. Côté départs, outre Patrick Thairet et Erwin Vandenbergh qui avaient mis fin à leur carrière, d’autres titulaires nous quittèrent durant cette préparation pour le moins mouvementée, même aux normes molenbeekoises. L’option afin de transférer à titre définitif Gunther De Meyer – elle était de neuf millions - n’avait pas été levée et il retourna à Gand. A notre grand regret car De Meyer restait sur une excellente campagne… Mais en ces temps d’austérité, Vermeersch ne voulut pas débourser cette somme qu’il jugeait certainement excessive. Dziubinski retourna lui aussi dans son club, le FC Bruges, mais là, c’était on ne peut plus logique. Luc Ernes, qui ne s’était jamais adapté ni à Bruxelles ni au club regagna ses pénates liégeois, au RTFCL, club issu de la fusion entre le FC Liège et Tilleur. Le séjour de « Pigeon » chez nous fut loin d’être une réussite et voir sa grande carcasse se traîner sur son flanc droit sans réussir grand-chose de valable faisait parfois pitié. En fin de saison dernière, il avait été blessé aux adducteurs mais déjà avant cela, il ne jouait guère. Ernes était tout à fait l’archétype du joueur d’un seul club et d’une seule région. Même s’il rejoignait la D3, son chemin allait encore croiser le nôtre… Notre Sud-Africain Mark Williams nous quitta également. Pas très heureux des conditions – à la baisse - du nouveau contrat qui lui était proposé, il décida de tenter sa chance Outre-Manche. Il trouva finalement de l’embauche aux Wolverhampton Wanderers, en D1 anglaise (l’équivalent de notre D2). Williams put entrer en contact avec les « Wolves » d’une manière assez particulière. Un des habitués du pub le « Papa’s Joe », que Mark continuait à fréquenter, connaissait quelques personnes ayant leur mot à dire à Molineux. Il leur dressa un portrait élogieux de Williams et celui-ci fut invité à y passer un test, qui sera concluant… Les Wolves déboursèrent 10 millions de FB, ce qui est une somme ridicule aux normes anglaises. Le club faisait tout de même une bonne affaire car Williams avait coûté moins de 2 millions. Par contre, j’appris par Roby (le patron du pub précité) qu’il laissa à son départ son appartement dans un état déplorable ainsi que quelques solides notes de téléphone impayées… Pas très correct tout cela…
Dernier départ, et non des moindres, celui d’Emil Lörincz. Arrivé au terme de son contrat de cinq ans, notre Hongrois refusa de rempiler aux nouvelles conditions, à la baisse. Et de toutes façons, le club cherchait à le vendre… Finalement, après quelques contacts en France et en Suisse, il retourna dans son club d’origine, le MTK Budapest, pour y terminer sa carrière. Il endossera encore le maillot de son équipe nationale à quelques reprises. Sa dernière année chez nous fut marquée par des blessures à répétition (qui se manifestaient déjà la saison d’avant) et il était clair que l’histoire d’amour entre le club et lui était terminée. Sous contrat courant jusqu’au 30 juin 1995, il ne prit pas la peine de se présenter pour la reprise des entraînements, fixée quelques jours avant, préférant donner un coup de main dans le garage de son frère à Budapest! Je garde cependant le souvenir d’un extraordinaire joueur qui n’eut pas la carrière que son talent méritait. D’après Daniel Nassen, il était : « Non seulement un des meilleurs joueurs avec qui j’ai eu l’occasion de jouer, au RWDM ou ailleurs, mais aussi l’un des plus forts que je vis sur une pelouse. Il avait tout, c’était un footballeur génial. Je suis certain que s’il avait fait partie de la génération actuelle, il jouerait dans un grand club. Mais son problème, c’est qu’il n’aimait pas trop s’entraîner…»
Pour pallier tous ces départs, Vermeersch prit son temps avant d’engager des nouveaux joueurs. Premièrement, il engagea plusieurs jeunes provenant de cercles de divisions inférieures, joueurs repérés par son bras droit Herman Van Holsbeeck. Le plus connu d’entre eux sera Alan Haydock, qui venait de Diegem Sport. Certains joueront quelques matches en équipe première, avec des succès divers : Jurgen Vandervelde (SK Londerzeel), Wim Charlier (Hoeilaart) et Rachid Baouf (Tubize). Quant aux autres, il ne perceront jamais (Leemans de Merchtem, Herckenrath de Strombeek, El Macrini de Boom et Cleerens de Tervuren). C’était bien sûr une excellente politique mais ce ne sera qu’une opération ponctuelle.
En haut : Demets, Ernes, M.Laeremans, Janssen, Vandersmissen, Jacob. Au milieu : Nassen, S.Laeremans, Malcorps, Deglas, Pierre, Camus, Deleu (entraîneur gardiens), Van der Eycken (entraîneur) , Vincent (délégué). En bas : Rouyr, Godart, Rosez, Steggeman, Wuyts. Absents : Vergueitchik, Sabbadini.
La campagne de préparation débuta par une surréaliste rencontre à Strombeek où nous devions affronter un club algérien, l’US Blida. En fait, il s’agissait d’une sélection hétéroclite de joueurs sans club. Tests compris, nous ne disposions que de 13 éléments ce soir-là, ce qui provoqua l’ire de Vandereycken. Le club rencontra ensuite des adversaires aussi insolites que l’équipe nationale militaire de Corée du Sud à Aarschot ou les Turcs d’Eskisehirspor à Berchem. Durant ces parties et d’autres, de nombreux joueurs étrangers furent testés. Deux obtinrent un contrat : le Biélorusse Youri Vergueitchik et le Serbe Spira Grujic. Vergueitchik avait débarqué avec deux autres coéquipiers du Dinamo Minsk. L’attaquant Demenkovietz laissa une bonne impression mais c’est le longiligne médian défensif qui sera retenu (je ne me souviens plus du troisième). Spira Grujic, quant à lui, était un solide arrière central provenant de Radnicki Nis. Mais il ne possédait pas que des qualités athlétiques. Balle au pied, il était également excellent. Il sera le remplaçant idéal de Lörincz. Dès sa première apparition en match amical, Vandereycken le voulut. C’était à Diegem, où l’équipe l’avait emporté sur un score fleuve, 0-13! Un autre Serbe testé, Jovanovic, avait inscrit quatre buts mais pourtant, c’est Grujic que René prit. Personne ne le regrettera. Johan Vermeersch nous expliqua récemment qu’il avait fait lui-même le voyage à Nis pour entériner son transfert. Vermeersch, fidèle à ses principes de self-made-man, ne laissait le soin à personne d’autre d’effectuer les transferts afin « d’éviter le plus possible les intermédiaires qui s’enrichissent sur le dos du club ». On ne pouvait dans ce cas-là que lui donner raison…
Dirk Rosez resta contre son gré au club. Il pouvait en effet partir à Seraing mais la direction refusa. Quelques mois plus tard, Rosez put dire merci à Vermeersch de s’être opposé à son départ. Peu avant l’entame du championnat, deux recrues belges furent engagées in extremis. Marino Sabbadini, un médian offensif très technique qui venait du FC Malines dont René Vandereycken désirait s’assurer les services, et l’espoir Frédéric Pierre. Pierre avait la réputation d’avoir un caractère difficile et venait du Germinal Ekeren. Transféré de Wavre au Germinal en 1994 alors qu’il avait signé un pré-contrat au Standard, Pierre pouvait jouer aussi bien milieu de terrain qu’attaquant. C’est surtout à cette dernière place qu’il officiera chez nous et qu’il sera même sélectionné en équipe nationale à plusieurs reprises. Ce sera le dernier Diable Rouge molenbeekois.
Après cette préparation pour le moins chaotique, l’optimisme n’était pas de rigueur. Mais l’avenir allait démentir ces mauvaises intuitions, grâce surtout à la science du jeu de René Vandereycken, qui tira le maximum du noyau mis à sa disposition. Tout commença à domicile face à Beveren, entraîné par René De Saeyere, par une victoire 1-0. Nous nous étions procuré pas mal d’occasions mais l’ex-Anderlechtois Peter Maes avait tout arrêté. Tout ou presque car vers le milieu de la seconde période, Frédéric Pierre distilla un centre parfait pour Marc Wuyts qui, de la tête (et pas de la main comme le clamèrent les Waeslandiens), nous donna les trois points de la victoire. Oui, trois points, car c’était la grande innovation du championnat cette saison-là. Ce nouveau système, dont le but était de favoriser le jeu offensif, venait d’être introduit partout dans le monde par la FIFA, plusieurs années après avoir conquis l’Angleterre (depuis 81-82). A cause de notre pénurie d’attaquants, Frédéric Pierre jouait à la pointe de l’attaque. Il ne la quittera pratiquement plus et sera une véritable révélation à ce poste. En tout cas, notre saison commençait bien et dans l’optique de la lutte pour le maintien, c’étaient trois points importants.
Pour la seconde journée, nous nous déplacions dans le fief du promu surprise, le RC Harelbeke. Pour leur premier match parmi l’élite, les « Rats » avaient mis les petits plats dans les grands. Le Forestierstadion, que nous avions eu l’occasion de visiter plus de 10 ans auparavant, avait radicalement changé d’aspect. Mais les travaux n’étant pas totalement terminés, nous étions très pauvrement logés, près d’un point de corner où il n’y avait même pas de marches dans les gradins. L’équipe locale, survoltée, menait 2-0 à la mi-temps contre une équipe molenbeekoise amorphe. En seconde période, le catastrophique M. Hus (nous en reparlerons plus tard) nous permit de revenir dans la partie. Un arrière local remit le ballon en retrait à son gardien, qui ne le pris pas en main. L’arbitre, à la surprise et à l’incompréhension générales, accorda un coup-franc indirect, sur lequel Marc Wuyts réduisit la marque. Hus expliquera qu’il avait sifflé « dans l’esprit du jeu »… Lorsque Pierre égalisa, nous pensions pouvoir émerger mais l’incroyable laxisme de notre équipe fit que les locaux remportèrent une victoire par 4-2 qui n’était absolument pas forcée. Je garde pourtant, comme pour chacune de mes visites à Harelbeke, un bon souvenir de cette superbe journée estivale que nous terminâmes sur la côte en ayant pris le chemin des écoliers et en visitant les bistrots de plusieurs patelins jalonnant le chemin de la mer du Nord…
13/8/95 Harelbeke-RWDM (4-2). Youri Vergueitchik aux prises avec Frunza dans ce qui sera la plus grosse défaite de cette fantastique saison.
Nous pensions être repartis pour une saison banale après un 0-0 soporifique contre l’Antwerp. Mais quelque chose avait changé à Molenbeek. Nous étions devenus réalistes. Le match d’Harelbeke ne sera qu’un accident de parcours. A Lommel, Marino Sabbadini nous avait donné la victoire d’un magnifique tir brossé dans la lucarne. Je n’étais pas présent ce soir-là dans le fin fond du Limbourg. Avec mon compère Everton et Thierry « le Suisse », nous nous étions payé une petite excursion Outre-Manche où j’avais assisté pour la première fois à un match dans le temple d’Anfield Road. Liverpool avait battu Sheffield Wednesday sur un but de Stan Collymore à l’occasion de ses débuts. De retour à Londres, où mes deux acolytes avaient assisté au match de la seconde équipe de la Mersey à Chelsea, nous avions appris le résultat en téléphonant à Thierry Zob d’une cabine à Victoria Station. Ayant toujours le mot pour rire, il nous annonça une défaite par 3-0. En bons Molenbeekois, blasés par les échecs successifs, nous prîmes la chose avec philosophie. Evidemment, c’était une blague « Zobienne ». Nous avions décroché trois nouveaux points. L’événement fut fêté comme il se doit en terre britannique et le retour fut particulièrement dur…
La série de bons résultats ne faisait que commencer. Contre Gand, nous étions en train de vivre un remake du match face à l’Antwerp lorsque Alan Haydock, un des jeunes engagés « pour l’avenir », fut pour la première fois de sa carrière lancé dans la bagarre. Comme dans un rêve, Alan inscrivit le seul but du match à l’ultime minute. Un véritable conte de fée. Fou de joie, il lança son maillot dans le public en délire. Malgré cela, la presse recommença à nous critiquer. Morceau choisi dans « Le Soir » : « Un jour viendra où les tribunes molenbeekoises n’accueilleront plus que les vendeurs de nourriture ambulants. Qui pourront manger eux-mêmes leurs boudins ». En relisant cela quelques années plus tard, j’ai la même impression que nous n’avons jamais été particulièrement aimés par une certaine presse…
Au Standard, Maître René apporta de l’eau à leur moulin en reléguant Pierre sur le banc afin de renforcer un petit peu plus notre secteur défensif. Mais ce que beaucoup de monde oubliait à l’époque, c’est que sa tactique n’était pas défensive mais basée sur une organisation parfaite de l’équipe. Lorsque les Liégeois ouvrirent la marque, tout le monde croyait que les carottes étaient cuites mais, sur un magnifique mouvement amorcé par Wuyts, Sabbadini égalisa. Le retour, avec mon cousin qui était parvenu à convertir mon oncle à cette époque, fut délirant et se termina tard dans la nuit bruxelloise, malgré le fait que nous étions un mercredi…
30/8/95 Standard-RWDM (1-1). Spira Grujic, un roc défensif.
Nous avions pris un excellent départ, ce qui était assez inhabituel dans notre chef. Avec la motivation qui régnait dans l’équipe et la science tactique de Maître René, nous sentions dès ce début de championnat que nous avions peut-être un bon coup à jouer… En plus, nous avions parfois droit à un petit brin de réussite. Contre le CS Bruges, nous étions menés par 0-2 à dix minutes de la fin lorsque Frédéric Pierre parvint à planter deux roses. Ce nul fut presque fêté comme une victoire. Au Lierse, européen et qui jouait à nouveau la tête, nous étions allés chercher un bon nul 1-1. Les Lierrois n’étaient parvenus à trouver l’ouverture qu’à cause d’une erreur du jeune Stéphane Demets, à peine entré au jeu. Le mercredi suivant, à Waregem, qui était brièvement remonté en D1, nous avions conquis tranquillement trois nouveaux points, sur un penalty converti dès la 5ème minute par Marc Wuyts.
Après un nouveau nul blanc à domicile face à Alost, nous avions refait à Charleroi le coup du match contre le Cercle, devant un public Carolo médusé. A la mi-temps, c’était 2-0 pour les Zèbres mais sous l’impulsion d’un remarquable Youri Vergueitchik, le RWDM revint dans la partie. Wuyts avait réduit la marque et Pierre égalisé, profitant d’une rentrée en touche trop faible de Casto en direction de son gardien. Nous aurions même dû nous y imposer car l’arbitre M. Hayen annula un troisième but de Pierre pour un hors-jeu imaginaire. C’était déjà la troisième fois cette saison que nous étions parvenus à remonter un déficit de deux buts. Cela prouvait que nous n’étions pas une équipe essentiellement obnubilée par la défense, comme bon nombre de soi-disant experts se plaisaient à le clamer… A domicile, nous éprouvions pourtant toujours autant de difficultés à nous imposer. Il fallait souvent compter sur un exploit individuel, comme celui de Haydock contre Gand. Face au Germinal Ekeren, c’est Marc Wuyts qui accomplit cet exploit. A un quart d’heure de la fin, après avoir effacé deux adversaires, il décocha un splendide tir qui se logea dans la lucarne de Van de Walle. Une nouvelle fois, c’était le délire dans le stade! En tout cas, c’était un des plus beaux buts inscrit au stade Machtens depuis longtemps. Après 12 journées, nous étions 4èmes, ex aequo avec Anderlecht et le Standard! Qui l’aurait crû? L’objectif avoué était toujours de passer une saison tranquille mais nous nous étions pris à rêver… Et pour une fois, nous n’allions pas nous réveiller en plein cauchemar.
14/10/95 RWDM-Germinal Ekeren (1-0). Marc Wuyts vient d’incrire un but d’anthologie.
La saison était encore longue mais l’équipe était en pleine confiance. A Saint-Trond, nous étions allés nous imposer sur un but de Frédéric Pierre. Notre défense, remarquablement organisée par Guy Vandersmissen, tint ensuite parfaitement le choc malgré une pression intense. Nous étions toujours sur notre petit nuage pour recevoir Seraing, très mal en point, et pour la première fois de la saison, nous avions gagné par plus d’un but d’écart. Mieux, c’est par un 4-0 sans bavure que les Métallos quittèrent le stade Machtens. Harold Deglas, qui entamait un match pour la première fois de la saison, à la place de Wuyts, suspendu, réalisa un hat-trick.
28/10/95 RWDM-Seraing (4-0). Dès que les joueurs montent sur la pelouse… De d.à g. : Jacob, Rosez, Rouyr, Nassen, Camus, Sabbadini, Grujic.
Cela portait notre série à 12 matches sans défaites! Il fallait remonter jusqu’à l’année du titre pour trouver trace d’une série d’invincibilité plus longue en D1. Mais le plus incroyable, c’était le classement après cette 14ème journée : 1. FC Bruges 28 points, 2. Lierse 28 points 3. Anderlecht 27 points 4. RWDM 27 points! Et la journée suivante, nous devions nous rendre à l’Olympiapark pour y affronter les leaders brugeois dans ce qui était l’incontestable match au sommet. En cas de victoire du RWDM et de résultats favorables à Anderlecht et au Lierse, nous passions tout simplement en tête du championnat de Belgique pour la première fois depuis 1975! Ce 5/1/1995 restera dans l’histoire de notre club. Un grand nombre de Molenbeekois prit la route de la Venise du Nord. L’accès au stade fut d’ailleurs rendu difficile à cause des embouteillages qui en découlèrent. Cela me fit d’ailleurs rater le coup d’envoi de ce match historique. Les blocs visiteurs étaient presque combles. Mais de match, il n’y en eut pratiquement pas. Après 18 minutes, les Flandriens menaient déjà par 2-0 et 10 minutes plus tard, M. De Bleeckere brandit pour la seconde fois une carte jaune pour le moins sévère à Gunther Jacob, synonyme d’exclusion. A 10 contre 11, mené de deux buts, le seul objectif du RWDM était logiquement de limiter la casse. Mission accomplie, malgré un troisième but encaissé en fin de match. Le lundi matin dans la presse, c’était l’hallali. « Comment est-ce possible qu’une telle équipe soit classée si haut? », se demandaient ces Messieurs. Pourtant, nous n’avions volé aucun point pour en arriver là. Et nous n’allions pas perdre des matches exprès pour leur faire plaisir tout de même!
Le championnat fit ensuite relâche pour cause de rencontre internationale mais au stade Machtens eut lieu un événement exceptionnel. L’équipe championne de 1975, presque au grand complet, affrontait son homologue anderlechtoise dans un remake du fameux match du 15/3/1975. Dommage seulement qu’Anderlecht ne daigna envoyer que son équipe de vétérans et que ce club ne fit pas beaucoup d’efforts pour tenter de rassembler ses joueurs de l’époque. Même Michel De Wolf était en mauve ce jour-là. Un comble pour quelqu’un qui débuta au RWDM! Qu’à cela ne tienne, la plupart des vrais héros étaient bel et bien là. Nico De Bree, Francis Cuypers, Eric Dumon, Gérard De Sanghere, Odilon Polleunis, Alex Lafont, Jacky Teugels -qui ne resta au jeu qu’une minute!- , Willy Wellens et Eddy Koens étaient sur la pelouse. Johan Boskamp, actuel entraîneur anderlechtois, était présent lui aussi, mais ne monta pas sur le terrain (à la demande de son employeur?). D’autres anciens les renforçaient : Morten Olsen, Eddy De Bolle, Pummy Berholtz, Karl-Heinz Wissmann, Willy Tuyaerts, Guy Hanssens. C’est Jean-Baptiste L’Ecluse himself qui donna le coup d’envoi devant près de 4.000 spectateurs. Pour la petite histoire, Anderlecht prit sa revanche de 1975 en s’imposant par 2-4. Ce fut un magnifique samedi après-midi rempli de nostalgie au stade Machtens.
1/11/95. Le match « 20 après » contre les vétérans d’Anderlecht. Plusieurs champions de Belgiqaue et d’autres vieilles gloire du RWDM étaient là. Debout : Jacky Tuborg Teugels, Jean-Baptiste L’Ecluse, Johan Boskamp, Harry Soors, Charly Hofman, Alex Lafont, Guy Sancke, Gerard De Sanghere, Eddy De Bolle, Morten Olsen, Francis Cuypers, Karl-Heinz Wissmann. Accroupis : Chris Stroybant, Paul Schouppe, Guy Hanssens, Willy Wellens, Gerard Bergholtz, Eric Dumon, Eddy Koens, Willy Tuyaerts.
La cuvée 95-96 n’était pas mal non plus, dans un autre style. Mais lorsque le championnat reprit ses droits, le RWDM traversa une mauvaise passe qui sera heureusement de courte durée. Après la défaite à Bruges, notre bête noire le FC Malinois, qui n’était pourtant plus que l’ombre de lui-même, nous infligea notre première défaite de la saison à domicile dans un match peu emballant (0-1). Pire, pour le dernier match du premier tour, nous avions perdu pour la 3ème fois consécutivement, à Anderlecht en plus. Nous nous étions inclinés de la plus cruelle des manières, sur un but concédé à la dernière minute. La tête de Bosman fut déviée par le dos de Spira Grujic, trompant Wilfried Godart (qui avait très bien remplacé Rosez, blessé, à la mi-temps). Plus encore qu’après la défaite de Bruges, le RWDM dut subir les foudres de la presse dans des proportions incroyables et carrément ridicules. Les mêmes qui encensèront la Belgique lorsqu’elle tiendra la Hollande en échec lors du Mondial 98 en ne sortant pratiquement jamais de son camp. Morceaux choisis, dans « Le Soir » bien entendu, toujours à la pointe de la critique anti-Molenbeekoise : « Quand bien même Molenbeek remporterait la Ligue des Champions avec son système à la noix, il ne nous viendrait pas à l'idée de lever les mains pour applaudir. De manière définitive cette fois, il nous paraît urgent de combattre le football de Vandereycken et la pollution dont il affecte notre championnat. C'est la négation du plaisir, la perversion du jeu. Critiquer les méthodes du RWDM est devenu une question d'écologie. Même les joueurs molenbeekois doivent, quelque part, avoir honte de pratiquer de la sorte. Leur maillot en avait d'ailleurs la couleur rouge samedi. On ne pouvait pas faire mieux, se sont risqués certains après le match. Alors ce n'est plus un aveu de faiblesse, mais une demande d’affiliation à l’ABSSA ». Tout simplement scandaleux. Ou encore le grotesque : « René Vandereycken accusé de crimes contre le football ». Franchement, c’était lamentable. Les dirigeants anderlechtois, jamais en reste dans ce domaine, hurlèrent avec les loups : « Vandereycken n’entraînera jamais notre club », dirent-ils dans un touchant ensemble. 18 mois plus, tard, il sera sur le petit banc du Parc Astrid… Certains de ces articles étaient écrits de la plume de Jacques Hereng qui, en 1975, avait écrit un livre sur notre titre… Comme quoi, les temps changent, certaines personnes aussi… A croire que la réussite du RWDM gênait. Evidemment, tant que nous jouions dans le milieu du classement ou pour éviter de descendre, il était de bon ton d’ironiser à nos dépens. Mais maintenant que nous étions dans les hautes sphères, avec de surcroît un mentor qui ne brossait pas la presse dans le sens du poil, c’était autre chose… En fait, je pense qu’une fois de plus, le RWDM payait là sa proximité avec Anderlecht. Au Parc Astrid, ces Messieurs sont reçus avec tous les égards dans des business seats où gravite du beau monde. Au stade Machtens, c’était tout autre chose, c’était certainement plus « amateur » et cela ne devait pas leur plaire. En plus, mon grand-père me raconta qu’un jour, au temps de la gloire du club, il fut décidé que les journalistes payeraient leurs consommations en « représailles » (le mot est peut-être un peu fort) de mauvais articles parus sur notre compte. De là à imaginer que notre club ne fut jamais pardonné de cet outrage… Il ne faut évidemment pas généraliser (de plus, cela se passait plusieurs années auparavant), mais cet acharnement médiatique devait bien venir de quelque part.
Entre temps, se rendant compte que notre division offensive était un peu courte, Johan Vermeersch tenta d’engager un renfort étranger. Il jeta son dévolu sur un joueur de Barcelone, ni plus ni moins! Il s’agissait de l’Hispano-Danois Thomas Christensen. Bien sûr, ce n’était pas un titulaire au Nou Camp mais il avait joué à plusieurs reprises pour le compte de la sélection espagnole des moins de 21 ans et menait l’attaque de l’équipe réserve du Barca qui évoluait en Division 2. Pas le premier venu donc pour notre club mais l’affaire ne se fit pas, pour des raisons budgétaires bien entendu, mais aussi parce que ce joueur ne semblait pas trop motivé pour nous rejoindre.
Les matches retour débutaient par une visite au Freethiel contre des Beverenois luttant pour leur maintien. Menés 1-0 depuis le début du match, nous filions tout droit vers une quatrième défaite consécutive. Dans les arrêts de jeu, Daniel Camus, qui venait juste d’entrer au jeu, reprit en un temps une balle renvoyée par la défense locale d’une splendide volée du pied droit qui alla se loger dans la lucarne! Un but absolument splendide, surtout que nous étions situés juste derrière les filets qu’il fit trembler. L’hémorragie était enrayée. Pour notre entrée en coupe de Belgique, nous recevions une équipe de D3, Herentals. C’était l’occasion rêvée pour renouer avec la victoire. Dans le brouillard et le froid, l’objectif fut atteint par une victoire sans gloire, 2-1. Lors de cette rencontre, Adrian Bakalli, un autre produit de notre école de jeunes, avait fait sa première apparition.
Le succès remporté lors de la venue d’Harelbeke fut par contre nettement plus convaincant, dans la manière et dans les chiffres. Le score de 3-1 était déjà acquis à la mi-temps. Le RWDM avait proposé du beau football et inscrit une fois de plus de très beaux buts… Dernier devoir avant de goûter à un repos bien mérité pour nos joueurs, un difficile déplacement à l’Antwerp. Sous la plue battante et menés depuis la première minute de jeu dans l’enceinte anversoise datant du Crétacé, nous pensions terminer cette année 1995 sur une mauvaise note. Mais à un quart d’heure de la fin, notre joker Harold Deglas égalisa d’une surprenante tête plongeante. Si nous étions revenus indemnes de ce déplacement dans la Métropole, nous le devions aussi au jeune gardien Jurgen Vandervelde qui dut suppléer Godart en début de rencontre. Il sauva les meubles à plusieurs reprises et apporta ainsi lui aussi sa petite pierre à cette incroyable et improbable saison. Nous pouvions passer sereinement les fêtes de fin d’année. Après 20 rencontres, nous étions toujours en quatrième position… Le rêve se prolongeait.
Ce mois de décembre 1995 restera historique dans l’histoire du football, et pas seulement en raison de nos bons résultats. Le 15 décembre, la Cour de Justice de la Communauté Européenne de Luxembourg donnait raison à Jean-Marc Bosman dans sa lutte contre l’URBSFA, puis l’UEFA. L’arrêt Bosman était né. Il bouleversera le microcosme du monde du football et sa face en sera changée à jamais : en clair, le système de transferts était purement et simplement modifié, voire aboli. Je ne reviendrai pas ici sur cette histoire hyper connue, mais remarquons qu’une fois de plus, c’est le football belge, par son incompétence et son arrogance au sommet de sa hiérarchie, qui fut à la base de cette véritable révolution qui servit à enrichir les joueurs et surtout leurs managers. S’il est vrai que les clubs abusaient exagérément de leurs pouvoirs, la tendance venait d’être inversée aux profits des joueurs… Et dire que Jean-Marc Bosman voulait seulement un transfert du FC Liège à l’US Dunkerque, en D3 française. A quoi cela tient…
Durant cette trêve, Thierry Rouyr nous quitta après six saisons et demi passées parmi nous pour rejoindre la Cité Ardente chère à son cœur et le RTFCL, contre l’avis de Vandereycken. Rouyr ne laissa que de bons souvenirs au stade Machtens. Deux joueurs arrivèrent aussi. Le jeune Nigérian de 18 ans Samuel Kingsley mais, surtout, l’oiseau rare tant annoncé, l’attaquant finlandais Kaï Nyyssonen, du FC Haka Valkeakoski. Le Finlandais n’avait pas le pedigree de Christensen et c’était d’ailleurs sa première expérience hors du Pays des 1.000 Lacs. Sa première apparition eut lieu lors d’un match amical au stade des Eperons d’Or de Courtrai par un glacial mardi soir de janvier, devant une cinquantaine de spectateurs dont cinq Molenbeekois. Cette rencontre se solda par une défaite 2-0 et je découvris deux frères nommés M’Penza qui éclaboussèrent la froide pelouse de leur talent.
Pour la reprise officielle, nous devions nous farcir un sulfureux déplacement en coupe à Buraufosse, dans l’antre du RTFCL de Luc Ernes et Thierry Rouyr. Cette formation évoluait maintenant en D3 mais son équipe valait largement une D2. Devant un public local surchauffé et de nombreux molenbeekois ayant fait le déplacement (dont un grand nombre lors d’un épique voyage en autocars), ce match tint toutes ses promesses. Après une première période équilibrée, nous pensions tous que le plus dur était fait lorsque Daniel Camus nous donna l’avance. Mais peu après, Luc Ernes, que personne parmi nous ne reconnut tant sa motivation était grande, égalisa. Ernes laissa éclater toute sa rancœur à notre égard en venant célébrer son but devant nos supporters d’une manière qui ne laissa planer aucun doute sur ses sentiments… Pendant les prolongations, Nyyssonen marqua son premier but pour le RWDM mais les Liégeois revinrent à nouveau au score. Nous étions contraints de jouer la qualification aux penalties… Une fois de plus, cette épreuve nous fut fatale et notre élimination était consommée. Après le match eurent lieu de violents incidents entre les deux groupes de supporters. Ceux qui en furent témoins n’ont certainement pas oublié…
Cet échec fut difficilement digéré et nos deux matches suivants se soldèrent par une défaite. Contre Lommel, les Limbourgeois bétonnèrent et marquèrent deux buts coup sur coup en début de seconde période. René Vandereycken, qui n’avait toujours pas digéré le départ de Rouyr, aligna le jeune Rachid Baouf au milieu gauche sous prétexte que c’était le seul gaucher dont il disposait encore… Et à La Gantoise, par un froid polaire après un voyage en voiture rendu périlleux par la neige, le verglas et les nombreuses Triple Westmalle ingurgitées l’après-midi au « Soleil » (un bar du centre-ville), nous subirent le même sort, une défaite par 2-0 sans que nous n’ayons rien à redire. Le ressort semblait bel et bien cassé et tous les observateurs, avec une satisfaction à peine voilée, étaient d’accord pour dire que nous étions en train de rentrer dans le rang…
Petite parenthèse : entre ces deux défaites, notre ancien buteur Mark Williams avait inscrit les deux buts qui donnèrent la victoire à l’Afrique du Sud en finale de la Coupe d’Afrique des Nations face à la Tunisie à Johannesburg. De quoi attiser quelques regrets en cette relative période de vaches maigres.
Survint alors le match contre le Standard, qui fut peut-être le vrai tournant de cette saison. Déjouant tous les pronostics, le RWDM livra une magnifique prestation. Privés de Sabbadini et Grujic, suspendus, ainsi que de Wuyts et Laeremans, blessés, nos joueurs firent la différence en deuxième mi-temps sous l’impulsion d’un Nyyssonen qui livra sa meilleure prestation de son séjour parmi nous. Le Finlandais marqua à deux reprises et Stéphane Demets clôtura un match parfait d’une splendide reprise de la tête qui laissa Gilbert Bodart cloué sur sa ligne. Après ce but, un supporter du RWDM pénétra sur le terrain pour tenter de coiffer Bodart d’une superbe casquette de notre club! Hilarant. Un des meilleurs sur le terrain avait sans conteste été Adrian Bakalli, qui avait complètement mis Marc Wilmots sous l’éteignoir.
11/2/96 RWDM-Standard (3-1).Tout est dit dans le titre de ce journal! Adrian Bakalli (face à un futur sénateur…) et Kaï Nyyssonen.
Notre jeune Albano-belge ne connut pas une après-midi aussi heureuse à l’Olympiapark face au Cercle de Bruges, où nous fûmes tenus en échec 1-1. Par une pluvieuse et venteuse après-midi, comme c’était très souvent le cas lorsque nous devions y affronter le Cercle, Frédéric Pierre nous avait très tôt donné l’avance. Mais le buteur maison Lauwers égalisa et nous eûmes encore toutes les peines du monde à conserver le point après l’exclusion de Bakalli.
Pour cause de chutes de neige abondantes, le championnat fut interrompu pendant quinze jours. Pour la reprise, nous avions battu Waregem, pratiquement condamné à descendre, par 4-1, mais en ayant étés menés à la mi-temps. Les Flandriens avaient terminé à neuf, ce qui nous permit de donner au score une allure plus respectable. Nous étions toujours quatrièmes et tout le monde ne parlait plus que de coupe d’Europe. A Alost, nous étions allés chercher un bon point grâce au but d’Alan Haydock à un quart d’heure de la fin. Nous étions dans la dernière ligne droite.
Devant les caméras de Canal Plus, nous recevions un autre postulant à l’Europe, le Sporting de Charleroi de Luka Peruzovic. Le RWDM domina cette partie de la tête et des épaules mais nous n’étions parvenu à trouver l’ouverture qu’une seule fois, par Frédéric Pierre. A trois minutes de la fin, Marc Wuyts doubla la marque, avant que Van Meir ne la réduise. Egalement rentré en cours de match, Marino Sabbadini inscrivit un but magnifique au cours des derniers instants. Explosion de joie dans le stade. C’était en quelque sorte la revanche des deux « bannis ». Wuyts et Sabbadini avaient en effet perdu leur place dans l’équipe, l’un à cause d’une blessure, l’autre d’une suspension. Après ce match, il eut un grand moment de télévision avec les interviews de deux joueurs Carolos, Rudy Moury et Michel Rasquin. Le premier dit à peu près : « On ne s’y attendait pas, le RWDM joue avec 3 attaquants alors qu’on dit partout qu’ils jouent à 11 derrière », le second continua « Je ne viendrai jamais jouer dans un club pareil ». Comme quoi, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, pas vrai Michel?
L’heure de vérité approchait puisque nous devions affronter coup sur coup le Lierse et le Germinal Ekeren, nos deux concurrents les plus sérieux. Malgré notre bonne santé sur le terrain, tout n’était pas rose à Molenbeek. Les dissensions internes entre d’une part Johan Vermeersch, qui se comportait de plus en plus comme le seul maître à bord, et, d’autre part, Serge Vilain, qui malgré un rôle dans l’ombre ces derniers mois était toujours jusqu’à preuve du contraire notre président, prenaient de l’ampleur. Depuis le retour de l’entrepreneur de Ternat, notre club avait retrouvé de belles couleurs sur le plan sportif. Grâce à René Vandereycken, bien sûr, mais aussi à la connaissance du football que Vermeersch apporta à une direction qui en manquait avant son arrivée. Mais son gros défaut était son manque de diplomatie. Avec la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, il commença par déclarer que le RWDM était un club flamand, ce qui fit sursauter bon nombre de supporters (le RWDM a toujours été un club bilingue où les stupides querelles communautaires qui sont un des chancres de la Belgique n’ont jamais eu droit de cité). Puis, il organisa avec le concours du journal « La Lanterne » un référendum afin de demander aux supporters s’ils voulaient que le club soit rebaptisé Daring! Pour moi, il s’agissait d’une insulte aux anciens supporters du Racing White qui continuaient à suivre le club, même si je suis moi-même originaire du Daring. Je connaissais, et je connais encore, beaucoup de gens qui suivaient le club du stade Fallon ou dont les parents le faisaient. En résumé, malgré mes attaches familiales au Daring, mon club c’était le RWDM et aucun autre.
De retour sur le terrain, le RWDM négocia plutôt mal ces deux importantissimes rencontres. Contre le Lierse, nous n’étions pas parvenu à trouver l’ouverture dans la défense hyper-renforcée des visiteurs (les journalistes parlèrent même d’un « jeu à la Molenbeekoise » à leur sujet, c’est dire). Au Veltwijckpark, nous avions dominé quasiment pendant toute la partie mais nous n’étions pas parvenu à remonter le but concédé des œuvres de Mike Verstraeten en début de rencontre. Un point sur six seulement.
Nous étions redescendus à la 5ème place, qui n’était pas qualificative. En outre, plusieurs autres équipes étaient revenues dans le parcours. A cinq journées de la fin, 7 équipes se tenaient en 6 points. Le Lierse 3ème avec 46, Ekeren 4ème avec 44, le RWDM 5ème avec 44 également, mais une victoire de moins, Charleroi 6ème avec 41, le Standard 7ème avec 41, Harelbeke 8ème avec 40 et le CS Bruges 9ème avec 40. Il fallait absolument se reprendre. Ce qui fut fait par une victoire acquise une fois de plus en seconde mi-temps, 2-0 contre Saint-Trond. Avant cette rencontre, René Vandereycken avait prolongé son contrat pour une saison supplémentaire, malgré les relations de plus en plus orageuses qu’il entretenait avec Johan Vermeersch.
La prochaine étape sur la route de l’Europe nous menait au Pairay. Ce match contre Seraing sera vraiment très spécial. Les Serésien, qui luttaient toujours pour essayer de se maintenir, venaient d’annoncer la fusion avec le Standard! En fait de fusion, c’était une pure et simple absorption du FC Seraing par son voisin. Jugez plutôt : le nouveau nom du club était le Standard, les couleurs le rouge et le blanc et il jouerait à Sclessin! Une belle manière d’embrigader les meilleurs joueurs serésiens, tels Edmilson, Wamberto ou De Busschere, gratuitement. Pour protester contre cela, les guichetiers du stade refusèrent que les spectateurs payent leur place! Dans le stade, on ne comptait plus les calicots vengeurs à l’adresse de Nicolay ou de Blaton, les dirigeants locaux. Marc Wuyts, provisoirement de retour dans l’équipe, nous donna l’avantage après seulement cinq minutes. Par la suite, le RWDM ne parvint plus à alourdir la marque, mais les joueurs serésiens étaient plutôt inoffensifs. Chaque fois qu’ils touchaient le ballon, et plus particulièrement ceux en partance pour Sclessin, ils se faisaient copieusement huer par leurs supporters, qui crièrent pratiquement pendant tout le match « Nicolay pourri ». On s’acheminait vers un tranquille succès lorsque à un peu moins de dix minutes de la fin, deux ou trois supporters locaux, puis de plus en plus, envahirent la pelouse, avec la passivité complaisante de la police locale, avec la ferme intention de faire arrêter le match. Ce que M. Huyghe fit. C’est dans la confusion totale que nous quittâmes ces lieux, tout en manifestant toute notre sympathie à ces pauvres supporters serésiens, premiers à être sacrifiés sur l’autel du foot-business. Si nous avions su que six ans plus tard, ce serait notre tour… Nous étions encore loin de ces préoccupations et le comité sportif de l’Union Belge nous accorda les trois points de la victoire par forfait, 0-5. Ce fut tout de même une expérience bizarre que j’aurais préféré ne pas vivre… Aujourd’hui, je comprends encore plus la détresse de ces gens ce soir-là.
13/4/96 Seraing-RWDM (0-1). Stéphane Demets poursuivi par Edmilson lors d’un match où nous pûmes mesurer toute la détresse des supporters d’un club sacrifié sur l’autel du pognon-roi.
Pour nous, la vie était (encore) belle. Mais il nous restait trois matches très difficiles à bien négocier pour que l’impossible rêve devienne réalité : le FC Bruges, le FC Malines et Anderlecht. Ce triptyque infernal commença donc par la venue du FC Bruges au stade Machtens, match à nouveau diffusé sur Canal Plus. Des Brugeois encore plus redoutables que les autres années puisqu’ils venaient d’être sacrés champions mais, surtout, ils n’avaient pas encore perdu le moindre petit point depuis l’entame du second tour! Récupérant Steve Laeremans, absent depuis quatre mois, mais sans Marc Wuyts, écarté et même pas présent sur le banc, le RWDM joua une excellente rencontre. Mieux même, le 0-0 final traduisait mal notre domination qui aurait mérité une victoire. Mais nous avions réussi l’exploit d’interrompre une incroyable série de 14 succès consécutifs des Blauw en Zwart. Avec une telle forme, l’Europe ne pouvait plus nous échapper.
Après une semaine de relâche pour cause de Diables Rouges, nous nous rendions derrière les Casernes malinoises. Nous étions maîtres de notre sort : une victoire et nous étions qualifiés, avant même d’affronter nos voisins! Mais la tâche s’annonçait rude. Le RWDM ne s’était plus imposé au Kavé depuis la saison 1976-1977… Cette fois ci, ce ne fut pas différent. Notre néo-international Frédéric Pierre avait rapidement trouvé l’ouverture sur coup franc en début de match mais les Malinois avaient égalisé. Egoïstement, je n’étais pas mécontent de ce résultat puisque, n’ayant pu me rendre dans la cité archiépiscopale, je n’aurais pas pu fêter la qualification avec mes amis supporters. En fait, je me trouvais à des milliers de kilomètres de Malines au moment où Molenbeek jouait cette importantissime partie. Le lendemain du match contre Bruges, j’étais parti pour deux semaines au Vietnam et au Cambodge avec Thierry « Le Suisse ». C’est en téléphonant à Bruxelles d’un bistrot de Phnom Penh, capitale du Royaume Khmer, que j’avais appris cette nouvelle.
5/5/96 FC Malines-RWDM (1-1). Une victoire suffisait pour l’Europe, mais (heureusement pour moi), nous ne fîmes que match nul. Ici Camus et Nyyssonen.
Mais pour le grand derby de la semaine suivante, j’étais de retour au pays! Je n’aurais raté cela pour rien au monde! La situation n’était pas évidente. Pour être certains de nous qualifier, il fallait battre Anderlecht. Mais un nul pouvait suffire si Charleroi ne battait pas le FC Bruges au Mambour. Apprenant assez rapidement que les Carolos étaient menés par 0-2, notre équipe spécula ouvertement sur le nul. Je ne me souviens plus beaucoup des détails de ce match tant l’excitation était grande. Il s’agissait d’ailleurs plus d’une course contre la montre qu’un match de football. Nous eûmes deux grosses frayeurs, la première lorsque la tête de Bruno Versavel trouva le montant et la seconde lorsque Johnny Bosman ne profita pas d’une malencontreuse erreur de Guy Vandersmissen, impeccable par ailleurs, à cinq minutes de la fin. Enfin survint la libération. Nous pouvions nous relâcher et entonner de plus belle le « UEFA nous voilà » que, par superstition, je m’étais refusé à scander durant la partie. Envahissement du terrain, communion totale entre supporters et joueurs. Le seul qui ne goûtait pas à 100% à la fête était Marc Wuyts, qui avait décidé de quitter le club depuis que Vandereycken l’avait pris en grippe. Wuyts pleurait en sachant qu’il ne serait pas de l’aventure…La fête se termina tard dans la nuit
12/5/96 RWDM-Anderlecht (0-0). Le titre de « La Lanterne » du lendemain du match veut tout dire. Nous étions au paradis.
12/5/96 RWDM-Anderlecht (0-0). Spira Grujic célèbre la qualification européenne, entouré d’Alan Haydock et de têtes bien connues au Machtens.
Seize ans après, nous étions de retour en coupe d’Europe. Nous terminions 4èmes du championnat, à égalité avec Ekeren qui nous devançait au nombre de victoires. Quelle revanche sur tous nos censeurs qui nous voyaient déjà en D2 avant les trois coups de cette saison. Un miracle à la Molenbeekoise. Pendant trois mois, nous allions pouvoir rêver et spéculer sur l’identité de notre future destination. Je n’avais jamais vu jouer le RWDM à l’étranger en coupe d’Europe. Il n’était pas question que je loupe cela! Tout n’était pas parfait au RWDM, cela allait même mal, mais à ce moment-là, nous ne nous en soucions absolument pas. La vie était belle en Molenbeekois!
Mon grand-père, entouré de Johan Vermeersch et de Gyno Gylain après la qualification européenne.
CLASSEMENT
CHAMPIONNAT DE BELGIQUE – DIVISION 1 – 1995-1996
5/8/95 RWDM - KSK BEVEREN 1-0
Rosez, S.Laeremans, Nassen, Vandersmissen, Camus, Rouyr, Vergueitchik, Jacob, Sabbadini (80' Demets), Wuyts (85' Deglas), Pierre
1-0 68' Wuyts
13/8/95 KRC HARELBEKE - RWDM 4-2
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen (84' Demets), Nassen, Camus, Jacob, Grujic, Sabbadini, Vergueitchik, Wuyts, Pierre (73' Deglas)
1-0 4' Ngonge 2-0 38' Couvreur 2-1 58' Wuyts 2-2 69' Pierre 3-2 79' Couvreur 4-2 83' Akwegbu
16/8/95 RWDM - R ANTWERP FC 0-0
Rosez, S.Laeremans, Jacob, Vandersmissen, Nassen, Rouyr, Vergueitchik, Grujic, Sabbadini, Wuyts (64' Deglas), Pierre
19/8/95 KSK LOMMEL FC - RWDM 0-1
Rosez, S.Laeremans, Nassen, Grujic, Vandersmissen, Jacob, Rouyr (62' Deglas), Vergueitchik, Wuyts, Sabbadini (89' Malcorps), Pierre (46' Demets)
0-1 67' Sabbadini
26/8/95 RWDM - KAA GENT 1-0
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, Grujic, Rouyr, Jacob, Sabbadini, Vergueitchik, Pierre (64' Haydock), Wuyts (78' Camus)
1-0 89' Haydoxk
30/8/95 R STANDARD CL - RWDM 1-1
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, Camus, Rouyr (39' Pierre), Jacob, Grujic, Sabbadini (81' Demets), Vergueitchik, Wuyts
1-0 55' Foguenne 1-1 66' Sabbadini
9/9/95 RWDM - KSV CERCLE BRUGGE 2-2
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, Camus, Rouyr (46' Malcorps, puis 67' Deglas), Jacob, Vergueitchik, Sabbadini, Pierre, Wuyts
0-1 10' Selymes 0-2 62' Claeys 1-2 78' Pierre 2-2 90' Pierre
16/9/95 K LIERSE SK - RWDM 1-1
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, Grujic, Camus, Jacob, Sabbadini, Vergueitchik, Wuyts (82' Haydock), Pierre (60' Demets)
0-1 55' Huysmans og 1-1 65' De Souza
20/9/95 KSV WAREGEM - RWDM 0-1
Rosez, S.Laeremans, Vandersmisen, Nassen, Jacob, Camus, Vergueitchik, Sabbadini (88' Demets), Wuyts (80' Malcorps), Pierre (62' Deglas)
0-1 5' Wuyts p
23/9/95 RWDM - KSC EENDRACHT AALST 0-0
Rosez, S.Laeremans, Nassen, Vandersmissen, Grujic, Camus, Vergueitchik, Jacob, Sabbadini (89' Malcorps), Wuyts, Pierre (60' Deglas)
30/9/95 R CHARLEROI SC - RWDM 2-2
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, Camus, Grujic, Demets (46' Rouyr), Vergueitchik, Pierre (61' Haydock), Sabbadini (88' Malcorps), Wuyts
1-0 14' Van Meir 2-0 30' Remy 2-1 46' Wuyts 2-2 55' Pierre
14/10/95 RWDM - GERMINAL EKEREN 1-0
Rosez, Camus, Nassen, Vandersmissen, Jacob, Rouyr, Sabbadini, Grujic, Vergueitchik, Pierre (85' Malcorps), Wuyts
1-0 75' Wuyts
21/10/95 K ST TRUIDEN VV - RWDM 0-1
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Grujic, Nassen, Rouyr, Jacob, Vergueitchik, Sabbadini (62' Camus), Wuyts (89' Deglas), Pierre (84' Malcorps)
0-1 39' Pierre
28/10/95 - RWDM - RFC SERAING 4-0
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen (89' Demets), Nassen (85' Malcorps), Grujic, Rouyr, Jacob, Camus, Sabbadini, Pierre, Deglas (75' Haydock)
1-0 1' Deglas 2-0 32' Pierre 3-0 55' Deglas 4-0 70' Deglas
5/11/95 - CLUB BRUGGE KV - RWDM 3-0
Rosez, S.Laeremans, Nassen, Vandersmissen, Jacob, Sabbadini (58' Camus), Grujic, Vergueitchik (86' Demets), Rouyr, Pierre (69' Deglas), Wuyts
1-0 10' Lembi 2-0 18' Vanderheyden 3-0 88' Verjans
18/11/95 - RWDM - KV MECHELEN 0-1
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, Camus (66' Deglas), Rouyr, Grujic, Vergueitchik, Sabbadini, Pierre, Wuyts
0-1 22' Peeters
25/11/95 - RSC ANDERLECHT - RWDM 1-0
Rosez (46' Godart), S.Laeremans, Nassen, Vandersmissen, Grujic, Rouyr, Camus, Jacob, Vergueitchik, Sabbadini (82' Demets), Wuyts (57' Haydock)
1-0 90' Bosman
2/12/95 - KSK BEVEREN - RWDM 1-1
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen (85' Haydock), Grujic, Nassen, Rouyr, Jacob, Demets (70' Deglas), Vergueitchik, Pierre (89' Camus), Wuyts
1-0 5' Udovic 1-1 92' Camus
16/12/95 - RWDM - KSC HARELBEKE 3-1
Godart, Camus, Vandersmissen, Grujic, Jacob, Rouyr, Vergueitchik, Demets, Sabbadini (70' Haydock), Pierre (87' Deglas), Wuyts (61' Bakalli)
1-0 17' Sabbadini 2-0 32' Wuyts 2-1 37' Yousfi 3-1 42' Pierre
23/12/95 - R ANTWERP FC - RWDM 1-1
Godart (15' Vandervelde), Camus, Vandersmissen, Grujic, Rouyr, Bakalli, Demets (59' Deglas), Jacob, Sabbadini (85' Haydock), Pierre , Wuyts
1-0 1' Porte 1-1 77' Deglas
27/1/96 - RWDM - KSK LOMMEL FC 0-2
Rosez, Nassen, Vandersmissen, Grujic, Jacob, Vergueitchik (56' Deglas), Bakalli, Pierre, Baouf (56' Haydock), Wuyts, Nyysonen
0-1 49' Vandervee 0-2 52' Scavone
3/2/96 - KAA GENT - RWDM 2-0
Rosez, Sabbadini, Vandersmissen, Grujic, Nassen, Bakalli, Camus, Jacob, Baouf (46' Wuyts), Deglas (78' Haydock), Nyysonen
1-0 60' De Meyer 2-0 80' De Vreese
11/2/96 - RWDM - R STANDARD CL 3-1
Rosez, Bakalli, Vandersmissen, Nassen, Camus, Jacob, Vergueitchik, Demets, Haydock (85' Malcorps), Pierre (76' Deglas), Nyysonen (89' Janssen)
1-0 51' Nyyssonen 1-1 60' Schepens 2-1 75' Nyyssonen p3-1 88' Demets
18/2/96 - KSV CERCLE BRUGGE - RWDM 1-1
Rosez, Nassen, Vandersmissen, Grujic, Camus, Vergueitchik, Bakalli, Jacob, Haydock (73' Deglas puis 89' Malcorps), Pierre (70' Demets), Nyysonen
0-1 8' Pierre 1-1 49' Lauwers
2/3/96 - RWDM - KSV WAREGEM 4-1
Rosez, Malcorps (89' Janssen), Camus, Demets (86' Deglas), Grujic, Haydock, Nassen, Nyysonen (86' Wuyts), Pierre, Sabbadini, Vandersmissen
0-1 35' Camara 1-1 51' Nyyssonen 2-1 61' Camus 3-1 86' Pierre 4-1 89' Pierre
10/3/96 - KSC EENDRACHT AALST - RWDM 1-1
Rosez, Bakalli, Camus, Grujic, Jacob, Nassen, Nyysonen (86' Deglas), Pierre, Haydock (86' Malcorps), Vandersmissen, Vergueitchik
1-0 57' Paas 1-1 73' Haydock
15/3/96 - RWDM - R CHARLEROI SC 3-1
Godart, Nassen, Grujic, Camus, Jacob, Demets, Vergueitchik, Haydock (62' Sabbadini), Pierre (82' Malcorps), Nyysonen (64' Wuyts)
1-0 23' Pierre 2-0 87’ Wuyts 2-1 88' Van Meir 3-1 90' Sabbadini
23/3/96 - RWDM - K LIERSE SK 0-0
Rosez, Nassen, Vandersmissen, Grujic, Camus, Vergueitchik, Bakalli, Jacob, Sabbadini (83' Deglas), Haydock, Wuyts (70' Pierre)
31/3/96 - GERMINAL EKEREN - RWDM 1-0
Rosez, Nassen, Vandersmissen, Grujic, Camus, Vergueitchik (46' Sabbadini), Bakalli, Jacob, Haydock, Pierre (76' Malcorps), Nyyssonen
1-0 5' Verstraeten
6/4/96 - RWDM - K ST TRUIDEN VV 2-0
Rosez, Nassen, Vandersmissen, Grujic, Camus, Sabbadini, Jacob, Bakalli (26' Demets), Pierre, Haydock (54' Deglas puis 89' Malcorps), Nyyssonen
1-0 51' Haydock 2-0 84' Pierre
13/4/96 - RFC SERAING - RWDM 0-1 arrêté à la 83' / 0-5 forfait
Rosez, Jacob, Camus, Grujic, Nassen, Vergueitchik (57' Malcorps), Demets, Sabbadini, Nyyssonen, Pierre, Wuyts (63' M.Laeremans)
0-1 2' Wuyts
19/4/96 - RWDM - CLUB BRUGGE KV 0-0
Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, Grujic, Camus, Demets, Jacob, Nyysonen, Haydock (89' Malcorps), Pierre (85' Sabbadini)
5/5/96 - KV MECHELEN - RWDM 1-1
Rosez, Nassen, Vandersmissen, Grujic, Camus, S.Laeremans, Demets (75' Vergueitchik), Jacob, Haydock (72' Sabbadini), Nyyssonen, Pierre
0-1 4' Pierre 1-1 39' Vanaken
12/5/96 - RWDM - RSC ANDERLECHT 0-0
Rosez, S.Laeremans, Nassen, Vandersmissen, Grujic, Camus, Demets, Jacob, Bakalli (78' Haydock), Sabbadini (61' Nyyssonen), Pierre
COUPE DE BELGIQUE
1/16 - 10/12/95 – RWDM - KFC HERENTALS 2-1
Godart, Camus, Vandersmissen, Nassen, Grujic, Vergueitchik (46' Haydock), Wuyts, Jacob, Sabbadini (70' Bakalli), Pierre, Deglas
1-0 3' Pierre 1-1 18' Quaden 2-1 39' Deglas
1/8 - 21/1/96 - RTFCL - RWDM 2-2 prol / 4-3 pens
Rosez, Vandersmissen, Nassen, Grujic, Camus, Bakalli, Jacob, Vergueitchik (60' Sabbadini), Pierre, Nyysonen (109' Demets), Wuyts (76' Haydock)
0-1 48' Camus 1-1 51' Ernes 1-2 97' Nyyssonen 2-2 102' Zaououi
MATCHES AMICAUX
5/7/95 RWDM – USM Blida à Strombeek 3-0
Ernes, Vergueitchik, Jacob
8/7/95 RWDM – équipe nat. militaire Corée du Sud à Aarschot 2-0
Demienkovetz, Pierre
12/7/95 RWDM – Eskisehirspor à Berchem 2-1
Pusic, Jacobl
15/7/95 KFC Strombeek - RWDM 1-3
Deglas, Pusic, Camus
22/7/95 Diegem Sport – RWDM 0-13
Jovanovic 4, Pierre 3, Wuyts 3, Vergeuitchik, Deglas, Demets
26/7/95 RWDM – CS Sedan 0-1
29/7/95 SK Tongeren – RWDM 1-4
Vergueitchik, Deglas, Wuyts 2
16/1/96 KV Kortrijk – RWDM 2-0