1996-1997

Cette magnifique et inespérée campagne nous permit de passer, exceptionnellement, un été dans l’attente du tirage au sort de la coupe de l’UEFA. Délicieuse sensation…Maître René était resté et, pour la première fois depuis un bon bout de temps, nous envisagions l’avenir avec un relatif optimisme. Vandereycken voulait absolument engager un attaquant pouvant jouer le rôle de pivot. Il jeta son dévolu sur l’avant-centre allemand du Lierse, Dirk Lehmann. A 25 ans, Lehmann avait déjà quelques saisons de D1 belge derrière lui et était considéré comme une excellente acquisition. Ce sera malheureusement un flop retentissant. Un jeune avant nigérian de 16 ans, Joseph Obenwa, rejoignit son compatriote Kingsley. Obenwa était un authentique espoir et on lui prédisait un bel avenir… Il en restera au stade de promesse… Encouragé par le transfert pleinement réussi de Spira Grujic, Johan Vermeersch prospecta à nouveau le marché yougoslave. On testa plusieurs en provenance de ce pays : l’attaquant Milinkovic et les défenseurs Ilic et Veselinovic. Seul ce dernier fut retenu car Vandereycken cherchait en priorité un gaucher. Aleksander Veselinovic venait du même club que Grujic, Radnicki Nis. Avant que le championnat ne débute, il se blessa et ne nous sera pratiquement d’aucune utilité.

Nous ne le savions pas encore mais nous étions déforcés par rapport à la saison précédente. L’option sur Marino Sabbadini ne fut pas levée auprès du FC Malinois et il alla tenter sa chance en Allemagne, au MSV Duisburg. Marc Wuyts, qui cherchait à tout prix à partir (différents avec Vandereycken et surtout Vermeersch), trouva refuge à Saint-Trond. Certes, ces deux joueurs n’étaient plus titulaires en fin de saison mais ils constituaient mieux que des solutions de rechange en raison de leur science du jeu et de leur technique. Harold Deglas, qui avait disparu de la circulation lors des dernières rencontres, fut prêté un an à Waregem. Deglas avait pourtant apporté sa pierre à l’édifice européen. Qui ne se souvient pas de son but à l’Antwerp? « Je n’étais pas considéré comme titulaire à part entière, me confia Deglas. Cherchant à tout prix à jouer, la proposition de Waregem, qui avait des ambitions en D2, tombait à pic. ». Mike Laeremans l’accompagna sur les bords du Gaverbeek. Notre international Frédéric Pierre faillit lui aussi nous quitter. Le Stade Rennais semblait s’y intéresser mais, malgré des finances déclinantes, Vermeersch ne se résolut pas à se séparer de notre nouveau joyau.


















En haut : Soors (soigneur), Vandersmissen, Lehmann, Demets, Bakalli, Vergueitchik, Jacob, Deleu (entraîneur gardiens). Au milieu : Malcorps, Veselinovic, S.Laeremans, Kingsley, Grujic, Pierre, Nyyssonen, Gylain (manager), Van der Eycken (entraîneur). En bas : Baouf, Camus, Godart, Rosez, Van der Velde, Haydock, Nassen.

Les matches amicaux débutèrent par deux rencontres contre des clubs de l’élite roumaine. La première eut lieu à Lombeek, contre le Rapid Bucarest (dans les rangs duquel jouait un certain Georgica Vamesu) et se termina par 2-2. Une semaine plus tard, nous affrontions Cealhul Pietra Neamt à Durbuy, où le RWDM était en stage. Quel souvenir que ce match de Durbuy! Imaginez un match là-bas, par un superbe samedi ensoleillé nous obligeant à nous désaltérer abondamment. Ceux qui y étaient en parlent encore avec nostalgie… Pour la petite histoire, nous l’avions emporté par 1-0. Le reste de la préparation fut plutôt chahuté, avec une lourde défaite à Waregem (3-0) et surtout un match à Fexhe-Slins, près de Liège, contre le RTFCL. Disputé sur un véritable champ de patates, il n’alla pas à son terme. Excédé par les interventions pour le moins brutales de certains Liégeois et par l’attitude laxiste et partiale de l’arbitre qui exclut Veselinovic et Grujic; Maître René rappela, un par un, nos joueurs aux vestiaires!

La saison débuta pourtant bien. Pour la première journée, nous recevions le Lierse, qui avait été l’un de nos principaux rivaux à l’Europe. Comme l’année d’avant, le match se termina par un 0-0 logique. Autre similitude avec la saison écoulée, nous étions allés l’emporter à Saint-Trond, par 0-2 cette fois. Nyyssonen avait surpris tout le stade, Molenbeekois y compris, en inscrivant notre second but d’un splendide lob du milieu de terrain.

Le RWDM reçut ensuite le PSV Eindhoven en match de gala. Vous vous souvenez certainement qu’au début de son existence, le club organisait toujours un match contre un grand club étranger pour débuter la saison au stade Machtens. C’est dans cette optique là que ce match eut lieu. Mais en réalité, il n’avait plus grand-chose en commun avec ces magnifiques soirées d’antan. Etonnamment retransmis en direct par Club RTL et devant une assistance décevante, le PSV de Nilis et Degryse s’était imposé facilement par 1-4 devant une équipe molenbeekoise composée de plusieurs jeunes et qui songeait surtout à la rencontre suivante en championnat, contre Genk. Ce match contre les Limbourgeois, qui pour leur retour parmi l’élite affichaient de grandes ambitions, se termina par 2-2. Nous pouvions nourrir des regrets car le Racing disputa la dernière demi-heure à neuf sans que nous ne pûmes trouver une troisième fois le chemin des filets.

Puis arriva le grand jour, le vendredi 23 août 1996, celui du tirage au sort à Genève des 32èmes de finale de la coupe de l’UEFA. Pour la première fois depuis 1980, notre nom figurait dans l’urne. Depuis cette époque, pas mal de choses avaient changé, et le hasard était quelque peu « dirigé ». Les 64 clubs participants étaient chacun versés dans des groupes de huit. A nos côtés figuraient les équipes suivantes : Bayern Munich, Sporting Lisbonne, Montpellier, Lausanne Sports, Dynamo Kiev, Besiktas Istanbul et Valence. Beaucoup d’adversaires solides donc, voire carrément inabordables. Pour les supporters, ce n’était pas tellement l’aspect sportif qui primait mais plutôt le festif couplé au touristique. Pas mal souhaitaient Montpellier car c’était en France et au soleil. Le Sporting Portugal et Valence recueillaient aussi pas mal de suffrages, ainsi que le Bayern (pour le prestige) et Lausanne (jugé l’adversaire le plus abordable). En revanche, peu de monde voulait aller à Istanbul, car c’était loin mais aussi jugé dangereux, et carrément personne, ou presque, ne voulait Kiev. C’était encore plus loin et aussi financièrement très lourd. Pour ma part, j’avais décidé que quel que soit le nom qui sortirait de l’urne, je ferais tout pour y aller. A ce moment-là, personne n’avait encore Internet au boulot et au moment du tirage au sort, vers midi, mon téléphone au travail chauffait. Enfin, le verdict tomba : c’était le Besiktas Istanbul, avec le match aller en Turquie. Sur le coup, j’étais déçu. Istanbul, c’était quasiment impossible de s’y rendre par la route. Néanmoins, je demandai immédiatement un congé, qui me fut refusé car mon collègue direct l’avait pris avant moi (pas pour les mêmes motifs…). J’étais catastrophé mais, dans le courant de l’après-midi, il y eu une bonne la nouvelle : l’ordre du match était inversé en raison de la concurrence d’Anderlecht qui devait jouer le même jour que nous à Bruxelles. Jamais je n’ai été autant heureux de la présence des Anderlechtois en Europe que cette fois-là! Istanbul donc. Rétrospectivement, c’était le meilleur tirage au sort au point de vue amusement que nous pouvions espérer. Mon voyage sur les bords du Bosphore restera un de mes plus beaux, si pas le plus beau, souvenir de ma vie de supporter du RWDM. Mais nous n’en sommes pas encore là… 

Le lendemain du tirage, au Standard, tous les Molenbeekois présents ne parlaient que de cela. Le match en était devenu anecdotique. Il valait mieux d’ailleurs car sur la pelouse, le RWDM, médiocre, fut balayé par 3-0. Mais nous n’avions qu’un seul mot à la bouche : Istanbul. Enfin, ceux qui pouvaient se le permettre, car un tel déplacement nécessitait une dépense de temps et d’argent. Pour ma part, j’avais comme d’habitude des difficultés financières mais j’avais décidé de passer outre et de m’y rendre coûte que coûte. Je m’étais déjà renseigné la veille auprès de plusieurs agences de voyage mais heureusement, les supporters du RWDM comptent dans leurs rangs un organisateur-né : Olivier Lebbe, surnommé “le Dikke”. Dès le lendemain du tirage, il nous proposait déjà une formule parfaite : pour à peu près 11.000 FB, nous avions le vol aller-retour jusqu’à Istanbul, quatre nuits sur place et une journée d’excursions. C’était l’idéal. Il y avait seulement deux petits inconvénients. Le prix ne comportait pas le ticket du match, mais nous ne nous faisions pas (encore) de soucis à ce sujet, et nous allions manquer le déplacement à Ekeren puisque à ce moment-là, nous nous trouverions déjà sur place. Quelques jours plus tard, le club organisait lui aussi un voyage, mais à des conditions nettement moins avantageuses puisque cela coûtait plus cher et il n’y avait que trois nuits en Turquie. En revanche, leur formule comprenait le ticket d’entrée au match. Ce détail aura son importance plus tard…

Le week-end suivant, dans le cadre des qualifications pour la coupe du Monde 1998, la Belgique recevait la Turquie au stade Roi Baudouin. Ce match, qui n’aurait jamais dû être mentionné dans un ouvrage sur le RWDM, aura son importance, néfaste hélas. L’Union Belge avait, comme d’habitude, été un modèle de mauvaise organisation. La séparation entre les supporters des deux équipes avait été bâclée et il y eut des échauffourées. Nos responsables (?) fédéraux n’avaient pas prévu un tel afflux de supporters turcs car peu de tickets avaient été vendus en Turquie… Ils n’avaient tout simplement pas tenu compte du grand nombre de Turcs vivant en Belgique et dans les pays voisins! Incroyable imprévoyance…Une dizaine de jours plus tard, nous devions à notre tour recevoir une équipe turque. En d’autres circonstances, cela n’aurait posé aucun problème mais cette fois-ci, à cause de l’incompétence de l’Union Belge dont nous allions être les vraies victimes, il nous fut d’abord refusé l’organisation de ce match au stade Machtens! Finalement, après avoir même envisage le pire, c’est-à-dire émigrer au Parc Astrid, et après moult palabres et réunions avec la commune, nous reçûmes tout de même le feu vert pour jouer dans notre stade…Mais pas à n’importe quelles conditions. Notre secrétariat reçut l’ordre de ne vendre qu’un seul ticket par personne, et cela uniquement plus de 48 heures avant la rencontre! Ce qui voulait dire que nous allions perdre beaucoup d’argent car un bon nombre de Turcs des pays limitrophes, surtout d’Allemagne et de Hollande, étaient désireux d’assister à ce match. Pour cela, il fallait que chacun d’entre eux effectue le trajet jusqu’à Molenbeek à deux reprises! Dans ces conditions, beaucoup renoncèrent. Il y eut des situations surréalistes aux guichets. Par exemple, un Turc ayant fait le déplacement d’Allemagne pour acheter une vingtaine de tickets pour des compatriotes d’Outre-Rhin, n’avait pu en acquérir qu’un seul! Le club subit un sérieux manque à gagner, uniquement à cause de cette maladie typiquement belge qu’est l’exagération des mesures imposées aux dépens d’autres afin d’éviter que leurs propres erreurs ne se reproduisent. 

Mais avant que ce retour tant attendu mais inespéré en coupe d’Europe n’ait lieu, nous devions nous rendre à Lokeren. Le RWDM se contenta d’un point, qui fut assez facilement conquis, mais ce match sera à jamais à marquer d’une pierre noire pour Adrian Bakalli. A la 65ème minute, il fut victime d’une agression de la part du Lokerenois Kris Janssens qui lui fendit la paupière gauche. Ce n’était pas une blessure très grave en soi, mais Bakalli était indisponible pour plusieurs semaines… A cause de cet arrêt forcé, sa carrière de footballeur, qui s’annonçait prometteuse, bascula…

Vint enfin ce fameux jour… Depuis le 17/9/1980, nous attendions cela. Que d’eau avait coulé sous les ponts depuis… Que de désillusions et de faux espoirs…Pourtant, ce retour en coupe d’Europe ne se déroula pas dans une ambiance festive comme cela aurait dû être le cas. En cause, les restrictions drastiques et ridicules engendrées par l’amateurisme coupable de l’Union Belge… On avait même instauré un périmètre de sécurité tout autour du stade et aux alentours. Par exemple, pour entrer dans la rue De Coninck, il fallait montrer patte blanche. Résultat des courses, seulement 8.500 spectateurs payants garnissaient nos tribunes alors que la demande excédait la capacité de notre stade… Même en ce grand jour, nous étions maudits… La recette fut de 4 millions de FB, et le club estima la perte à au moins 2 millions en raison de la totale désorganisation de Belgique-Turquie… Club RTL apporta un petit peu de beurre dans les épinards en retransmettant le match. Le Besiktas, qui est, avec Galatasaray et Fenerbahce, l’un des trois grands clubs d’Istanbul, partait largement favori. Il n’y a pas si longtemps, une rencontre contre une équipe turque n’aurait dû constituer qu’une simple formalité pour une équipe belge. Mais le football turc s’était considérablement enrichi depuis quelques années et cette nouvelle puissance permit aux grands clubs ottomans d’attirer quelques vedettes. Pas la crème du foot mondial bien sûr, mais avec son budget dix fois supérieur au nôtre, Besiktas alignait des éléments comme le gardien de l’équipe nationale croate Mrmic, plusieurs internationaux turcs qui venaient de disputer l’Euro 96 en Angleterre et surtout un certain Daniel Amokachi, que tout le monde connaissait très bien chez nous depuis son passage à Bruges. Le match ne fut pas d’une grande qualité, mais notre équipe tint bien le choc. Il n’y eut que peu d’occasions. Nassen était passé à un fifrelin de son premier but molenbeekois et Dirk Lehmann loupa l’immanquable dans les dernières minutes de jeu. René n’était pas trop mécontent de ce résultat. Globalement, Besiktas avait dominé, mais il estimait pouvoir leur jouer un sale tour à Istanbul. Finalement, le principal était sauf. L’intérêt du match retour était sauvegardé et, pour nous, c’était le plus important.













10/9/96 RWDM-Besiktas (0-0). La Coupe d’Europe est de retour au Stade Machtens! (Nyyssonen).

Une fois cet événement passé, nous recevions le FC Bruges le samedi après-midi suivant, Canal Plus oblige. Ce jour-là, le RWDM livra une des plus belles prestations de ces dernières années. N’ayons pas peur des mots, le seul responsable de la victoire brugeoise fut l’arbitre Eric Blareau. Oui, je sais, c’est facile de tirer sur le pianiste, en l’occurrence l’arbitre, mais ce fut l’une des prestations les plus partiales en faveur de nos adversaires que j’eus l’infortune de voir. Et pourtant, il y a de nombreux candidats (M. Schoeters au Beerschot en 1984 et M. Hus à Charleroi en 1998) à ce titre. Il commença par refuser deux penalties flagrants, pour des fautes sur Youri Vergueitchik. Entre ces deux phases litigieuses, Mario Stanic avait ouvert la marque pour de bien pâles Brugeois. Et juste avant la pause, ils doublèrent la marque, une fois de plus contre le cours du jeu. Malgré ces coups du sort répétés, nos joueurs repartirent de plus belle. Le sinistre M. Blareau n’en avait cependant pas encore terminé avec nous. Mario Stanic intercepta un ballon chaud de la main. Ayant déjà écopé d’un carton jaune, il aurait logiquement dû être exclu. Mais le petit borain ne l’entendit pas de cette oreille et il sanctionna le Croate d’un simple coup-franc. Peu après, Frédéric Pierre réduisit la marque et Spira Grujic trouva la barre. Au plus fort de la pression molenbeekoise, Stanic, qui ne devait plus se trouver sur le terrain, scella notre sort en inscrivant le troisième but brugeois. Enorme frustration de notre côté, bien sûr. Mais à mes yeux, ce n’était qu’une preuve supplémentaire de la force que détenaient de grands clubs comme Bruges auprès des instances fédérales. Nos dirigeants aussi, Johan Vermeersch en tête, étaient outrés. Ce dernier pria Eric Blareau et ses acolytes de déguerpir au plus vite du stade Machtens sans autre forme de procès. Ce coup de sang de Vermeersch poursuivra pendant longtemps notre club qui, à partir de ce jour-là et pendant de longs mois, fut encore plus visé par la corporation arbitrale.
















14/9/96 RWDM-FC Bruges (1-3). Frédéric Pierre au tapis face à Geert Claessens. Au fond, le sinistre Eric Blareau. Ce match fut d’une importance néfaste pour notre club.

Nous, les supporters, étions à ce moment-là loin de ces préoccupations. Nous avions rapidement digéré cette scandaleuse défaite, ne pensant qu’à notre voyage à Istanbul. Il restait un petit problème à résoudre : nous n’avions toujours pas les tickets du match. Par l’intermédiaire d’Olivier Lebbe, nous avions fait la demande auprès du club pour obtenir les précieux sésames. Mais ils nous furent refusés car nous n’effectuions pas le déplacement par le biais de leur organisation!!! Incroyable! Nous étions une vingtaine à avoir réservé notre voyage à l’autre bout de l’Europe pour suivre notre club, faisant des sacrifices financiers, et voilà que ce même club refusait de nous vendre un ticket pour le match! Un véritable scandale. Après cette partie face à Bruges, Olivier Lebbe alla trouver Johan Vermeersch en personne en lui expliquant l’ubuesque situation. Il le rassura, et nous par la même occasion, en nous fixant un rendez-vous à Istanbul la veille du match en nous y promettant des tickets… Nous eûmes là un petit aperçu des dissensions internes qui minaient le club.

Vint alors le jour J, le prélude de ce qui restera le plus beau souvenir de ma carrière de supporter. Le genre d’expérience qui n’a lieu qu’une seule fois dans une vie : un déplacement européen avec les potes. En tant que Molenbeekois, nous étions résolus à en profiter à fond et à s’éclater le plus possible, quel que soit le résultat du match. Voici ce qui fait la différence entre des supporters d’un club comme nous, qui traitent ce genre d’occasions en fête totale, par rapport à des sympathisants de « grands » clubs genre Anderlecht ou Bruges pour qui ce n’est que routine…Le samedi suivant, tous les participants à ce voyage avaient rendez-vous à Zaventem, vers midi. Un charter de la compagnie turque Onur Air devait nous emmener à Istanbul. Je connaissais assez peu la plupart de mes compagnons de voyage, mis à part mes vieux a(l)co(o)lytes Everton et Louvressac, complices de nombreuses bitures d’après match. La majorité des autres étaient ce que certains appelaient, un peu péjorativement, « les peïs de Woluwé ». Il s’agissait, pour la majorité, de vieux copains issus de ces quartiers chics de l’Est de Bruxelles et qui, historiquement, venaient du Racing White et que je fréquentais sans plus au stade Machtens. Grâce à ce voyage, plusieurs d’entre eux devinrent de vrais amis, que je vois toujours aujourd’hui. Ce ne fut pas le moindre des mérites de ce fabuleux voyage stambouliote pour moi que de tisser des liens d’amitié avec ces supporters que je ne connaissais que de vue : Alex le gendarme sans moustache, Gosse, Rosse, Bernard, Dikke, Luc, Choco, Eric, Toth et tout les autres…

Avant de m’épancher, longuement, sur ce périple, il est à souligner que ce voyage nous valut quelques inimitiés de la part de certains membres du noyau « dur ». Il nous traitèrent même de « Woluwéens ». Je n’avais bien entendu rien contre mes amis de Woluwé mais, pour quelqu’un comme moi ayant habité toute sa vie à Molenbeek, c’était plutôt particulier…

Ce voyage mériterait à lui seul un livre tant il y eut d’anecdotes plus croustillantes les unes que les autres. Déjà, le vol Bruxelles-Istanbul avait été plutôt animé avec, notamment, une visite au commandant de bord qui, avec humour, accepta de piloter un instant l’appareil avec une écharpe du RWDM au cou. Arrivés à l’aéroport Ataturk d’Istanbul, certains étaient déjà bien « chauds », conséquence de l’abus de breuvages alcoolisés que les hôtesses avaient finalement refusé de nous servir… En tous les cas, les autres passagers de ce vol doivent encore s’en souvenir aujourd’hui… Alors que nous prenions nos quartiers à l’ANT Hotel, situé dans un quartier assez animé de la partie européenne de la ville; le RWDM jouait à Ekeren, face à une autre équipe devant se produire en coupe d’Europe le mardi suivant. Le match se solda sur un 0-0 et nous n’avions, paraît-il, rien raté…Le bar de l’hôtel fut pris d’assaut et pendant notre séjour, il y eut pratiquement toujours des Molenbeekois accoudés à son comptoir. Une sorte de permanence en somme! Inutile de préciser que le raki et la bière locale, l’Efes Pilsner, coulèrent à flot. Après quelques heures, les autres clients de l’hôtel avaient vite compris et plus aucun ne se risqua au bar… Le lundi soir, on y fêta dignement les 30 ans d’Everton.

Mais il n’y eut pas que cela bien sûr. Pendant ces trois jours, j’eus l’occasion de visiter les trésors de cette ville pour le moins chaotique mais chargée d’histoire : la Mosquée Bleue, la Mosquée de Soliman le Magnifique, Sainte-Sophie (Aya Sofya), le Palais de Topkapi, la Citerne de Yerebatan (où se tourna une célèbre scène d’un James Bond, « Bons baisers de Russie »), le Grand Bazaar, le Bazaar Egyptien. Et il y eut aussi cette inoubliable excursion en bateau sur le Bosphore. Plus de deux heures de délire collectif et des tournées de raki à coup de millions de Livres turques (je ne me souviens plus du cours de la Livre turque, mais cela ne valait pas lourd…) Pendant notre visite à Topkapi, nous croisâmes notre Président en personne, Serge Vilain, en short et en sandales… Belle image du club de la part de son représentant le plus officiel. Sans commentaires… Le seul petit regret, mais il est vraiment minime, c’est qu’il n’y avait pas de match de championnat programmé ce week-end là à Istanbul.

Les joueurs du RWDM devaient arriver le dimanche en fin d’après-midi sur le sol turc. Quelques supporters molenbeekois y étaient pour les accueillir. Quelques heures plus tard, nous apprîmes qu’Adrian Bakalli avait été victime d’un grave accident de la route sur l’A12 en revenant du « Carré ». On craignait fortement qu’il ne puisse rejouer un jour. A cause de sa blessure encourue à Lokeren, il n’avait pas fait le déplacement avec le reste du groupe. Petite cause, grands effets…

A Istanbul, nous nous rendîmes compte que l’ambiance au sein du club était pour le moins tendue, pour ne pas dire plus. La veille du match, nous devions nous rendre à un hôtel où logeait une partie de la délégation molenbeekoise pour y retirer nos tickets promis par Johan Vermeersch. Qui lui, par contre, était au Sheraton en compagnie des joueurs. Ce schisme fit beaucoup de bruit dans la presse belge. « La Dernière Heure » écrivit même que le clan Vilain était obligé de loger dans « un hôtel à putes » (sic). Cela, c’était vraiment écrire n’importe quoi. Cet hôtel était fort similaire au notre et était très loin de posséder tout le confort d’un Sheraton. Mais il était tout ce qu’il y a de plus convenable (j’en ai souvent eu des biens pires aux cours de mes quelques voyages) et il n’y avait pas, à ce que je sache, de prostituées. Mais ce clivage entre dirigeants était pour le moins étonnant. Il était évident que le divorce était proche… Nos tickets étaient bel et bien là. On nous les vendit à 1000 FB pièce, alors qu’il n’y avait pas de prix indiqué dessus (il s’agissait peut-être d’invitations). Mais, heureux d’avoir enfin pu les obtenir, nous n’avions fait aucune objection. Plus tard, nous apprîmes que ces places, en tribune latérale assise, ne valaient pas plus de 300-400 FB aux guichets du stade… Certains n’avaient donc pas hésité à se faire de l’argent de poche sur le dos de supporters qui s’étaient rendus à l’autre bout de l’Europe par amour du club… Aujourd’hui encore, je trouve cela absolument scandaleux.

Et vint le jour du match, retransmis en direct sur la VRT cette fois… Le coup d’envoi était fixé à 20h30, mais nous nous rendirent bien avant cette heure au stade Inönü, situé tout près du Bosphore et qui jouxtait le magnifique Palais de Dolmabahce.















Le stade Inönü, situé au bord du Bosphore, dernier théâtre européen du RWDM.

Au cours d’une de nos virées nocturnes dans l’ancienne Constantinople, nous avions rencontré un chauffeur de taxi qui avait vécu autrefois en Belgique. Il nous conduisit au stade près de quatre heures avant le coup d’envoi. Si en Belgique, il n’y a personne ou presque à ce moment-là, en Turquie par contre, c’était déjà noir de monde. Les taxis nous déposèrent juste à l’endroit où les supporters locaux les plus chauds se trouvaient. Dans nos habits de lumière, c’est-à-dire avec nos beaux maillots du RWDM (cintré en ce qui me concernait), nous ne passions pas inaperçus… Nous fûmes directement entourés de dizaines de supporters de Besiktas. Même si c’était plus par curiosité qu’autre chose, nous n’étions vraiment pas à notre aise! Des policiers turcs intervinrent immédiatement et nous conduisirent jusqu’à notre bloc. Nous étions donc dans le stade près de trois heures avant le début du match! Mais ces trois heures passèrent très vite tant le spectacle fut permanent. Car le stade, d’une capacité de 30.000 personnes, était déjà aux trois-quarts plein. Les supporters turcs mettaient une ambiance d’enfer, sautant sur place pendant des minutes entières. Et sur le terrain, ils étaient en plus « chauffés » par un type au micro! Lorsque nos joueurs montèrent sur la pelouse, une heure avant le coup d’envoi, pour s’échauffer un petit peu et reconnaître les lieus, ce quidam demanda à la foule de se taire pendant une dizaine de minutes afin que nous puissions les encourager. Ce qui fut fait! Un grand moment. Puis, cela repartit de plus belle, la foule reprenant en chœur le tube d’un chanteur local, un certain Hakan Peker, dont plusieurs d’entre nous se procurèrent la cassette dès le lendemain. Et lorsque l’hymne national turc retentit, absolument tout le stade, debout, le chanta. Un journaliste turc, qui était dans notre tribune, nous dit, lorsque nous lui avions fait part de certaines craintes en cas de qualification, que les seules personnes qui devaient craindre quoi que ce soit étaient les joueurs de Besiktas en cas d’élimination! L’ambiance pendant la partie fut encore plus torride. Le RWDM s’alignait avec Olivier Malcorps à la place de Youri Vergueitchik, « car il ne comprenait ni le français ni l’anglais et je ne savais pas lui expliquer ce que j’attendais exactement de lui », dixit Maître René.

La première mi-temps touchait à sa fin, le RWDM avait fait mieux que se défendre et nous nous étions pris à y croire. Mais à la 40ème minute, Rosez loupa sa sortie et c’était 1-0. Peu après le repos, Amokachi doublait la marque et c’en était fini de nos espoirs de qualification, d’autant plus que Steve Laeremans se fit exclure pour deux cartes jaunes. Mais nos valeureux joueurs voulaient éviter l’humiliation et surtout quitter la coupe d’Europe en beauté. A certains moments, les joueurs de Besiktas, trop sûrs d’eux, étaient véritablement enfoncés par notre équipe. Guy Vandersmissen, puis Daniel Camus trouvèrent le poteau sur la même action… Pas de chance. Notre compteur européen resterait à tout jamais bloqué à 39 buts. Qui sait ce qu’il se serait passé si nous avions réussi à réduire la marque? Personne ne le saura jamais. Dans les dernières secondes, les « Aigles » scellèrent définitivement notre sort : 3-0, lourde défaite dans les chiffres mais pas dans la physionomie du match. Nous pouvions sortir la tête haute de l’enfer d’Inönü. Pour notre « sécurité », la police turque nous obligea à rester dans le stade pendant 30-40 minutes après le coup de sifflet final. Sans doute impressionnés par nos incessants chants à la gloire du RWDM et notre comportement sportif, nous reçûmes même une salve d’applaudissement de la part de ces rudes représentants de l’ordre à la mine patibulaire mais presque, comme aurait dit le regretté Coluche… Malgré l’élimination, nous étions fiers de notre équipe et contents d’être là. De retour à l’hôtel, l’ambiance ne baissa pas d’un cran. Je réussis l’exploit, en compagnie de Louvressac et du Toth (la véritable vedette de ce périple), de passer une nuit blanche à refaire le match au bar…

Le lendemain, retour sur Bruxelles, dans l’avion des joueurs avec qui nous avions fait une mémorable séance photos à l’aéroport. Coiffés de nos fez, nous rentrions au pays avec des souvenirs et des images plein la tête et pour la vie. Ce récit fut peut-être un peu long, mais j’ai encore l’impression d’avoir fait court tant il y eut des choses à raconter… Oui, Istanbul, c’était bel et bien Byzance…Avec un petit regret tout de même, celui de ne pas pouvoir remettre cela. Besiktas était tombé contre le Legia Varsovie au tour suivant. Après ce que nous avions vécu là-bas, qu’est ce que cela aurait été au pays de la Vodka Bison?













Istanbul. A g., croisière sur le Bosphore. A d., devant l’hôtel, avant le départ pour le stade Inönü.













Quelques supporters devant le stade / Le Toth sur le terrain avant le coup d’envoi !














Istanbul. A g., dans le stade Inönü, avec Louvressac et Everton. A d. 3 heures avant le coup d’envoi, le stade est plein.















Présentation du match dans les journaux stambouliotes.













La colonie molenbeekoise au stade Inönü.




















Istanbul : les joueurs montent sur la pelouse! De g. à d. : Vandersmissen, Jacob, Rosez, Camus, Grujic, Malcorps, Kingsley, Laeremans, Demets, Nyyssonen. On apperçoit l’ombre de Pierre sur la droite de la photo.















Jacob, Kingsley et Demets contre Alpay et Ertugul./Le schéma des trois buts locaux et la une du journal « Fanatik ».
























A l’aéroport avant le vol du retour. On reconnaît Godart, Haydock, Rosez, Camus, Jacob, Vandersmissen, Pierre, Demets et Nassen avec les supporters (dont votre serviteur).

Comme souvent avec le RWDM, le retour sur terre fut rude : une défaite à domicile contre Charleroi, dans un match d’une rare médiocrité. 1-3, dont un but de Jovanovic, celui-là même dont Vandereycken ne voulait pas un an auparavant. Quel contraste avec les inexistants Nyyssonen et surtout Lehmann, qui errait comme une âme en peine au RWDM…Il fallait absolument se reprendre et oublier Istanbul. Ce fut fait, et de quelle manière! Nos six matches suivants allaient nous valoir cinq victoires, et pas n’importe lesquelles.

Au FC Malines, qui n’était plus que l’ombre de l’invincible (pour nous) équipe d’antan, le match avait été très mauvais. Mais grâce à une énorme bourde de leur gardien Pierre Drouguet qui donna notre premier but à Steve Laeremans, nous étions revenus avec la victoire, pour la première fois en championnat depuis 19 longues années. Notre équipe confirma de superbe manière au stade Machtens en prenant la mesure d’Alost par 2-0. Frédéric Pierre avait été le grand artisan de cette victoire mais c’est toute l’équipe qui livra un match quasi-parfait ce soir-là. Ensuite, à Lommel, nous fûmes battus, de manière injuste : un tackle assassin d’un défenseur limbourgeois blessa Pierre sous l’œil indifférent de M. Helderweirdt (personne ne se souvient de lui) qui, par contre, annula un but tout à fait valable de Vergueitchik pour hors-jeu. Notre chance était passée et Lommel marqua deux buts dans les dix dernières minutes. Mais nous avions retrouvé un fond de jeu et la confiance.

L’Excelsior Mouscron était notre visiteur suivant. Les Hennuyers de Georges Leekens étaient une véritable révélation, eux qui venaient tout droit de la D2 via le tour final et jouaient ni plus ni moins pour la première place. Le RWDM réédita pratiquement le même match que face à Alost. Même résultat aussi, un 2-0 sans bavure. Leekens déclara d’ailleurs qu’il avait eu l’impression que c’était le RWDM qui jouait pour la première place et non son équipe.















26/10/96 RWDM-Mouscron (2-0). Pierre et notre équipe infligent une défaite à la révélation de la saison.

Cette bonne période tombait à pic puisque nous devions ensuite nous rendre au Parc Astrid. Et là, l’incroyable, l’impensable, se produisit : la victoire du RWDM! René avait une fois de plus disposé magistralement ses pions, mais cette fois-ci, nous fîmes encore mieux que les quelques matches nuls ramenés au cours des années antérieures. A 21h07, Steve Laeremans délivra un caviar à « Papy » Vandersmissen, 39 ans. Katana et Babayaro se regardèrent en chiens de faïence et Guy expédia le ballon au fond des filets de De Vlieger. Sans trop de difficultés, nous tînmes bon jusqu’au bout. Depuis plus de 14 ans et le but de Steen Thychosen que nous attendions cela… La fête à Molenbeek battit son plein jusqu’aux petites heures.















2/11/96 Anderlecht-RWDM (0-1). 21h07 : Guy Vandersmissen vient d’inscrire un but historique!

Sur notre nuage après ce grand jour, nous battîmes ensuite le Cercle sans livrer un grand match (2-0). Dirk Lehmann fut pris à partie par une certaine frange du public, ce qui n’était pas fait pour arranger son problème de confiance. Nous remontions vers le haut du classement. L’équipe tournait nettement mieux et semblait avoir digéré son échec européen. Nous nous prîmes à nouveau à rêver à l’exploit.

Entre-temps, on venait de connaître la conclusion d’un énième mauvais feuilleton linguistico-sportif dont la Belgique s’est fait une lamentable spécialité. Le RWDM éprouvait depuis de nombreuses années des problèmes de terrains d’entraînement, tant pour l’équipe première que pour les jeunes. Les joueurs étaient souvent contraints de s’exiler aux quatre coins de Bruxelles et de ses environs, comme à Uccle, à Strombeek ou encore à Berchem-Ste-Agathe, et j’en oublie. Le club pensait avoir trouvé la solution en ce qui concernait nos jeunes. Il y avait du côté de Schepdaal des terrains inoccupés que nous désirions louer. Mais après des semaines de discussions, le Conseil communal de Dilbeek (« Waar Vlamingen thuis zijn ») décida « qu’un club bruxellois, francophone de surcroît, n’avait pas à utiliser ces terrains ». Pourtant, le RWDM s‘était engagé à respecter toutes leurs conditions, à savoir utiliser uniquement le néerlandais comme langue véhiculaire à Schepdaal… En Belgique, le ridicule ne tue décidément pas.

Après ce triste épisode, eut lieu ce que je considère comme le tournant de cette saison. Nous devions nous rendre à Jurassic Park, au Bosuil pour être plus précis. L’Antwerp était ex aequo avec nous mais le RWDM livra une excellente première mi-temps et cloua le bec à l’hostile public local qui ne cessait de reprendre en chœur un refrain très à la mode à cette époque dans tous les stades où le RWDM se produisait : « Anti football ». Nous nous apprêtions à savourer notre bière de la mi-temps avec un avantage de deux buts en faveur de nos couleurs lorsque l’Antwerp réduisit l’écart juste avant ce repos. En seconde période, c’était une autre équipe du RWDM qui remonta sur le terrain et le Great Old l’emporta 3-2. C’est là et nulle part ailleurs que notre saison bascula dans la médiocrité…

Cette défaite allait en appeler d’autres. Contre Gand, avec Joseph Obenwa pour la première fois titulaire, nous fûmes battus 1-2. Après ce match, nous avions rencontré Dirk Lehmann au « Nico’s ». Il était clair que l’Allemand n’était pas heureux à Molenbeek et cela se voyait sur le terrain. Ses prestations n’y étaient peut-être pas terribles, mais je peux vous dire qu’au kicker, c’était encore pire. Moi qui suis un piètre joueur, j’étais parvenu à le battre lui et son manager, avec tout de même l’aide d’un pro, le Zob. A Harelbeke, ce fut pire encore et une défaite 3-0 sanctionna une bien pauvre prestation. Dirk Rosez n’était pas innocent sur deux des trois buts flandriens et Vandersmissen et surtout Pierre n’étaient plus que l’ombre d’eux-mêmes. Heureusement qu’il y avait les excellents genièvres aux fruits dans la buvette locale pour éponger notre déception…Nous nous enfoncions, dans un premier temps, dans le ventre mou du classement…

Pour sauver notre saison, il y avait la coupe. Mais, hormis en 92-93, elle s’était toujours refusée à nous sourire. Cette fois-ci, ce ne fut pas différent. Nous devions à nouveau nous farcir les Buffalos gantois deux semaines après notre échec au Machtens. Ce fut à nouveau une cruelle désillusion. Gunther Jacob avait été un peu sévèrement exclu et Demets, Camus et surtout Lehmann avaient loupé l’immanquable. Comme souvent dans de pareilles circonstances, nous allions boire le calice jusqu’à la lie. A deux minutes de la fin, Barka s’écroula sans raison dans notre rectangle, ce dont profita M. Ancion pour siffler un scandaleux penalty pour les locaux, bien évidemment transformé. Nous pensions que cette élimination injuste mettait une fin à tout intérêt cette saison. Mais nous n’étions pas encore au bout de nos peines… 

Deux jours avant Noël, notre visite au Lierse se solda par une nouvelle défaite, 2-1. Obenwa avait marqué son premier but et nous aurions mérité de revenir avec un point. Cela faisait trois saisons maintenant que le Lierse tenait le haut du pavé et il allait d’ailleurs décrocher le titre. Quant à nous, nous plongions dans le classement. Pendant la trêve, le RWDM renonça à lever l’option qu’il détenait sur le contrat de René Vandereycken. Maître René allait donc nous quitter en fin de saison. Il était clair pour tout le monde que sa future destination serait le Parc Astrid. Quelques jours après cette décision, René paraphait son contrat à Anderlecht. Guère plus d’un an après avoir juré leurs grands Dieux que VdE n’exercerait jamais son métier dans leur club, voila que les dirigeants mauves l’embauchaient…Vermeersch prit le temps de la réflexion avant de lui dénicher un successeur. On parlait de Guy Vandersmissen, de Luka Peruzovic ou encore de Dimitri Davidovic.

Pour la reprise, l’équipe de cette vieille connaissance de Freddy Smets nous rendait visite. Après avoir coaché La Louvière en D2, Smets avait retrouvé de l’embauche, tout comme Marc Wuyts, au Staaienveld. Ce fut d’ailleurs Wuyts qui ouvrit rapidement la marque mais Pierre, sur penalty, et Vandersmissen dans les dernières minutes nous donnèrent une victoire méritée. A Genk, notre équipe ne confirma pas ces bonnes dispositions et s’inclina 3-1. Les rares supporters présents, dont moi, purent toutefois assister à un événement : le premier but de Dirk Lehmann pour nos couleurs!

Contre le Standard, le RWDM joua une excellent partie et la victoire ne semblait pas devoir nous échapper depuis que Pierre avait ouvert la marque en début de deuxième mi-temps. Mais c’était sans compter la malchance (un superbe coup-franc de Camus qui s‘écrasa sur la barre et rebondit sur la ligne) et sur l’arbitre M. Sandra. Sans raison, celui-ci prolongea le match de nombreuses minutes. Nous avions l’impression qu’il attendait une égalisation du Standard. Et celle-ci tomba à la 94ème minute…Vermeersch, n’y tenant plus et flairant une cabale de plus contre notre club, rencontra le président de la commission d’arbitrage, Fred Delcourt, pour se plaindre – à juste titre – du traitement réservé au RWDM depuis de nombreux mois. Malgré les sourires de circonstance, rien n’y fit. La réaction plutôt sanguine de Vermeersch après le match contre Bruges en septembre et les incessantes critiques, parfois fondées, de Vandereycken à l’égard du corps arbitral n’avaient rien fait pour arranger les choses, bien au contraire. Une certaine solidarité anti-molenbeekoise avait vu le jour parmi nos hommes en noir. Nous allions surtout en payer le prix quelques mois plus tard… Ce but encaissé dans les derniers instants n’allait pas être le dernier du genre. Contre Lokeren, la même mésaventure nous arriva, à cinq minutes de la fin cette fois. Samuel Kingsley s’était fait exclure pour avoir répondu au crachat de Köller et Obenwa, qui le prenait de plus en plus de haut, avait loupé occasion sur occasion. Au FC Bruges, nous fûmes dominés tout le match mais le Club ne trouva l’ouverture par Spehar qu’à quelques minutes du terme. Nyyssonen était sorti un court moment de son anonymat lorsqu’il faillit tromper Verlinden, qui l’empêcha de marquer en s’emparant du ballon en dehors de son rectangle. Il n’y eut aucune réaction de M. Vandevenne. La routine quoi…

La série noire se poursuivit contre Ekeren, avec un nouveau but encaissé dans les dernières minutes, de l’inusable Czernia. Le malaise était profond cette fois. Nous étions bel et bien plongés en plein dans la lutte pour le maintien. Certains joueurs montraient des signes de lassitude, notamment Frédéric Pierre, pris à partie par notre public, qui n’était plus que l’ombre de lui-même et avait visiblement les idées ailleurs. L’atmosphère était plutôt à la morosité. Nos meilleurs joueurs cherchaient à partir. Spira Grujic, l’un des seuls à évoluer à son niveau de la saison écoulée, imita Vandereycken et signa à Anderlecht, une semaine après avoir trouvé un accord avec le Standard… Notre club avait comme d’habitude besoin d’argent et on parla d’une somme de 27 millions… La réalité fut loin de la fiction sur ce coup-là…Il fallait absolument sauver ce qui pouvait encore l’être, c’est à dire le maintien.

A Charleroi, l’équipe livra un match exécrable, mais grâce à un super Dirk Rosez et une égalisation tardive de Pierre, pour une fois, nous étions revenus avec le point du match nul. Mais la prestation de nos favoris avait été une fois de plus en dessous de tout. Lors du match suivant, à domicile contre le FC Malines, plusieurs calicots «René Buiten » fleurissaient sur les grilles du stade. Mais le RWDM joua, exceptionnellement, une très bonne partie, avec en point d’orgue le seul but de Spira Grujic pour notre club. Rosez livra une fois de plus un match impeccable et Demets, qui était devenu une des cibles favorites du public, fit taire momentanément ses nombreux détracteurs en scellant définitivement notre victoire. Ce 3-1 nous donnait un peu d’air dans le bas du classement mais le malaise semblait profond… Certains joueurs ne cachaient plus leur envie de nous quitter et les relations entre les clans Vilain et Vermeersch se détérioraient de jour en jour.

Vint alors ce match à Alost. L’Eendracht était donné comme descendant certain et ne pouvait plus compter que sur un miracle pour sauver sa tête. Nous battre était impératif pour les Flandriens. Le RWDM joua un nouveau match insipide et se présentait carrément en victime consentante. Nous ne devions qu’à la maladresse des attaquants locaux de n’être menés que par un seul but. Quelques joueurs paraissaient complètement se désintéresser de la question, soulevant plusieurs questions parmi les supporters présents ce jour-là. Joseph Obenwa, entré à l’heure de jeu, égalisa alors qu’il restait moins de dix minutes à jouer. De curieuses histoires circulèrent ensuite. Il paraît que certains de ses équipiers n’étaient pas du tout heureux de cette égalisation et qu’Obenwa n’avait pas « compris ». Ces propos nous furent racontés à l’époque par un de nos joueurs, dont je ne citerai pas le nom. Depuis lors, je n’ai jamais pu obtenir de confirmation. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’il y eut bel et bien tentative de corruption. Après la clôture du championnat, Dirk Rosez déclara qu’il avait été approché avant cette rencontre par un certain Eddy Roelandt, un ex-entraîneur de jeunes à Alost, qui aurait agi pour le compte du manager alostois, Patrick Orlans. Rosez se serait vu proposer 1, 5 millions pour laisser filer le match. Des joueurs d’autres clubs, Karagiannis (Antwerp), Moury et Rasquin (Charleroi), firent le même genre de déclarations. L’Eendracht Alost, qui s’était finalement sauvé, fut blanchi par la commission de contrôle, mais pas Roelandt, reconnu coupable de tentative de corruption… Drôle d’histoire, dont Alost se tirait très bien…

Mais revenons à ce championnat qui n’en finissait plus. Contre Lommel, Nyyssonen loupa la conversion d’un penalty (tout comme Van Geneugden) et le public le prit à partie et réserva le même sort à Vandereycken. René était passé en quelques mois du statut de héros à celui de traître, à cause de son départ annoncé à Anderlecht. C’est vrai que le spectacle proposé n’était pas très réjouissant et que les résultats étaient médiocres, mais les gens avait la mémoire courte…

La compétition fit relâche pour faire place à Pays de Galles-Belgique. Cela faisait des années que je ne suivais plus les Diables Rouges mais là, je fis une exception pour me rendre à Cardiff. Ce voyage avait en effet été organisé par Olivier Lebbe et les participants étaient grosso modo les mêmes qu’à Istanbul. C’est en car que se fit ce délirant déplacement, éprouvant pour les organismes. L’Arms Park (aujourd’hui devenu le Millenium Stadium) est situé en plein coeur de la capitale galloise, mais Louvressac et moi avions préférés nous rendre à Bristol pour assister à Bristol City-Gillingham. Nous étions revenus juste à temps pour le match de Cardiff. Cette excursion restera un très bon souvenir et était une sorte de prélude aux déplacements en car qui deviendront la norme lors des années à venir.

Pour le match suivant à Mouscron, nous avions remis cela. La plupart d’entre nous n’avait jamais mis les pieds au Canonnier et ce déplacement suscitait pas mal d’engouement. L’Excelsior de Mouscron avait été décroché dans la lutte pour le titre mais était encore très bien placé pour se qualifier pour la coupe UEFA. Ce club était devenu le nouveau chouchou de la presse francophone qui usait et abusait de superlatifs à propos de l’ambiance qui régnait dans leur stade. Nous voulions nous rendre compte par nous-mêmes de ce qu’il en était réellement. Nous ne fûmes pas déçus car l’accueil fut très sympathique et c’est en compagnie de supporters locaux que nous avions passé l’avant match dans un de leurs cafés, le « Donaldson ». Par contre, dans le stade, les visiteurs étaient (et sont encore à l’heure actuelle) parqués dans une sorte d’enclos derrière un but où la visibilité était quasi nulle, tout cela pour un prix prohibitif. De toute façon, le spectacle proposé par notre équipe fut une nouvelle fois décevant. Mouscron l’emporta sans avoir dû trop forcer, Spira Grujic avait été exclu et Camus loupa un penalty…

En dehors du terrain, les choses ne s’arrangeaient guère. Daniel Nassen, dont le contrat arrivait à expiration en fin de saison, lassé d’attendre que la direction ne réponde à sa demande de prolongation, préféra jouer la carte de la sécurité et se lia à Lommel. Pourtant, Nassen désirait ardemment rester.

Les joueurs, qui n’avaient plus été payés depuis trois mois, reçurent enfin une partie de leur salaire grâce à l’avance sur les droits TV versés par Canal Plus. Mais le RWDM ne toucha que 800.000 francs sur les trois millions promis, le reste allant directement à la caisse de pension pour laquelle notre club n’avait plus cotisé depuis juillet. Les problèmes extra-sportifs s’accumulaient et Johan Vermeersch lança, déjà, un appel à l’aide à la Région bruxelloise. Qui sera sans effet. On parlait de plus en plus de son départ. Entre lui et Serge Vilain, c’était maintenant presque la guerre ouverte… Vermeersch n’assistait plus aux rencontres qu’à distance respectable de Vilain.

Pour recevoir Anderlecht, le climat n’était vraiment pas au beau fixe. René Vandereycken faisait l’objet d’une protection rapprochée de la part de cinq policiers avant, pendant et après le match. En effet, on craignait que certains supporters ne tentent de lui exprimer leur déception en employant la force… Finalement, ce derby se déroula sans incident sur ni en dehors du terrain. Anderlecht n’était pas au mieux et luttait encore pour sa qualification européenne et c’est sur le score de 0-0 sur toute la ligne que se solda ce petit derby. Nous n’étions pas encore tout à fait sauvés sportivement. A l’Olympiapark, encore plus désert que d’habitude lorsque le Cercle y joue, nous n’avions pu faire mieux qu’un nul, 1-1, contre une équipe locale pratiquement condamnée. Et encore, nous n’avions dû notre salut qu’à un but tardif d’Obenwa. A trois journées de la fin, nous étions 14èmes, avec 3 petits points d’avance sur Malines et Alost et 2 sur Gand. Contre l’Antwerp, il y eut une certaine amélioration et nous ne méritions certainement pas de perdre. Mais un second but anversois à quelques minutes de la fin sonna le glas de nos espérances. Le maintien n’était toujours pas acquis…

Il nous restait deux matches pour l’obtenir. Le premier nous menait à l’Ottenstadion de Gand où l’équipe locale devait s’imposer pour se sauver, un point pouvant suffire à notre bonheur. Ce fut un non-match total et Gand l’emporta facilement par 2-0. Alors que l’équipe luttait pour sa survie, le comportement de nos joueurs, ou de certains en tous les cas, était tout simplement scandaleux. Les prestations de deux d’entre eux furent particulièrement sujettes à discussion. Ils jouaient tellement mal que l’on aurait dit qu’ils le faisaient exprès… En tous les cas, des tribunes, leur attitude était vraiment suspecte. Le hasard (en était-ce vraiment un?) voulut que l’un d’eux jouera la saison suivante au FC Malinois et l’autre à Gand, soit deux de nos deux concurrents directs pour le maintien. Attention! Je n’accuse pas sans preuves et, d’ailleurs, je n’en ai jamais eu. Mais des discussions que j’eus plusieurs années après les faits avec d’autres joueurs qui étaient présents ce jour-là à Gand tendent à confirmer ces soupçons. Triste, vraiment. Ce match restera pour moi un de mes plus mauvais souvenirs. Il ne porta pas à conséquence, mais le sentiment de s’être fait flouer par les joueurs que nous étions venus soutenir me reste encore au travers de la gorge. Heureusement, Malines avait été battu à Mouscron (nous avions d’ailleurs croisé un car de supporters malinois que nous avions quelque peu tancés). Pour sauver notre peau, il nous fallait prendre un point à domicile contre Harelbeke. En cas de défaite contre les West-Flandriens, nous devions espérer que Malines ne prenne pas la mesure d’Anderlecht. Dans ce cas de figure, défaite du RWDM et victoire malinoise, nous aurions dû passer par la périlleuse épreuve du test-match… Inutile de dire que, dans l’état d’esprit dans lequel nous nous trouvions, nous ne l’aurions pas abordé blindés d’optimisme… Pour cet importantissime match, la direction décida de fixer l’entrée au prix unique de 100 FB. C’est donc devant une belle assistance (plus de 6.000 personnes) que se déroula cette partie. Mais au lieu de voir une équipe se livrant à 100%, nous vîmes un RWDM sans âme. Lorsque Harelbeke ouvrit la marque après seulement dix minutes sur une action où Jacob resta étrangement amorphe, accentuant ainsi la suspicion qui pesait déjà sur ses épaules, le pire était à craindre. Vergueitchik égalisa mais les Rats reprirent l’avance sur un but digne de video-gag. Sous les chants hostiles à Vandereycken (« Et René est une ….. en mauve et blanc » étant le plus prisé), nous apprîmes que Malines était heureusement mené par Anderlecht. A la dernière minute, toutes nos craintes se dissipèrent lorsque Dirk Lehmann égalisa. L’Allemand avait été notre meilleur homme en ce triste jour et sa joie sur ce coup-là faisait plaisir à voir. Cette médiocre saison se terminait, à la 16ème place, sur cet improbable coup d’éclat. Il était temps. Un an après avoir fait la fête pour notre inespérée qualification européenne, après avoir bien commencé la saison et battu Anderlecht sur ses terres, c’était la morosité. Le second tour avait été catastrophique avec seulement deux succès pour huit défaites. René Vandereycken quittait le club par la petite porte après trois ans de règne chahuté. L’image du club était encore plus écornée, dans la presse et surtout aux yeux des arbitres, ce que nous allions payer très cher la saison suivante. Je maintiens pourtant que VdE réalisa un véritable miracle en nous qualifiant pour la coupe UEFA. Rien que pour cela, je lui en serai toujours reconnaissant. Si la saison sportive s’achevait, en coulisses, un autre match se livrait dont le club ne sortira pas indemne…

CLASSEMENT






























CHAMPIONNAT DE BELGIQUE – DIVISION 1 – 1996-1997

3/8/96 - RWDM - K LIERSE SK 0-0 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Grujic, Nassen, Charlier (64' Haydock), Bakalli, Jacob, Pierre, Nyyssonen, Lehmann (78' Baouf)

10/8/96 - K ST TRUIDEN VV - RWDM 0-2 

Rosez, Vandersmissen, S.Laeremans, Nassen (64' Demets), Grujic, Camus, Nyyssonen, Bakalli, Jacob, Pierre (80' Charlier), Lehmann (70' Haydock)

0-1 52' Pierre 0-2 90' Nyyssonen 

17/8/96 - RWDM - KRC GENK 2-2 

Rosez, Nassen, Camus (71' Baouf), Grujic, Jacob, Bakalli (89' Demets), Nyyssonen, Vandersmissen, Lehmann (44' Haydock), S.Laeremans, Pierre

1-0 5' Nyyssonen 1-1 34' Strupar 1-2 55' Strupar 2-2 60' Pierre p 

24/08/96 - R STANDARD CL - RWDM 3-0 

Rosez, Bakalli, Vandesrmissen, Nassen, Grujic, Camus (55' Baouf), Jacob, Demets, Nyyssonen (68' Charlier), Haydock (75' Barbé), Pierre

1-0 42' Goossens 2-0 50' De Conde 3-0 75' Kubica 

7/9/96 - KSC LOKEREN - RWDM 0-0 

Rosez, Nassen, Camus, Grujic, Jacob, Bakalli (63' Lehmann), Nyyssonen (75' Haydock), Vandersmissen, S.Laeremans, Pierre, Vergueitchik

14/9/96 - RWDM - CLUB BRUGGE KV 1-3 

Rosez, Nassen (65' Charlier), S.Laeremans, Jacob, Grujic, Camus, Demets (82' Baouf), Barbé (63' Kingsley), Vergueitchik, Haydock, Pierre

0-1 38' Stanic 0-2 42' Nielsen 1-2 60' Pierre 1-3 82' Stanic 

21/9/96 - GERMINAL EKEREN - RWDM 0-0 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Grujic, Kingsley, Camus, Vergueitchik (46' Nyyssonen), Jacob, Demets, Haydock (69' Barbé), Pierre (86' Charlier)

28/9/96 - RWDM - R CHARLEROI SC 1-3 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen (61' Demets), Kingsley, Grujic, Camus, Jacob, Pierre (39' Vergueitchik), Haydock (80' Malcorps), Nyysonen, Lehmann

0-1 25' Fiers 0-2 44' Fiers 0-3 60' Jovanovic 1-3 89' Vergueitchik 

5/10/96 - KV MECHELEN - RWDM 0-2 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Grujic, Nassen, Kingsley, Jacob, Demets, Camus (89' Malcorps), Pierre, Lehmann (73' Haydock)

0-1 76' S.Laeremans 0-2 82' Haydock 

12/10/96 - RWDM - KSC EENDRACHT AALST 2-0 

Rosez, Nassen, Camus, Grujic, Nyyssonen (76' Vergueitchik), Vandersmissen, Lehmann (65' Haydock), Kingsley, S.Laeremans, Pierre (83' Malcorps), Demets

1-0 51' Pierre 2-0 79' Pierre 

19/10/96 - KSK LOMMEL FC - RWDM 2-0 

Rosez, Nassen, Camus (86' Malcorps), Grujic, Jacob, Nyyssonen, Vandersmissen, Lehmann (61' Vergueitchik), S.Laeremans, Demets, Pierre (46' Haydock)

1-0 69' Janssen 2-0 80' Waligora 

26/10/96 - RWDM - R EXCELSIOR MOUSCRON 2-0 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Grujic, Nassen, Kinglsey, Demets, Barbé, Nyyssonen (54' Obenwa puis 84' Vergueitchik), Haydock (66' Malcorps), Pierre

1-0 20' Haydock 2-0 86' Pierre 

2/11/96 - RSC ANDERLECHT - RWDM 0-1 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen, Grujic, Kingsley, Jacob, Demets, Camus (74' Vergueitchik), Pierre (87' Barbé), Haydock (56' Nyyssonen)

0-1 52' Vandersmissen 

9/11/96 - RWDM - KSV CERCE BRUGGE 2-0 

Rosez (71' Godart), Nassen, Camus, Grujic, Jacob, Nyysonen (62' Vergueitchik), Vandersmissen, Haydock (46' Lehmann), Kingsley, S.Laeremans, Pierre

1-0 10' Nyyssonen 2-0 89' Vergueitchik

16/11/96 - R ANTWERP FC - RWDM 3-2 

Rosez, Nassen, Vandersmissen, Grujic, Kingsley, S.Laeremans, Jacob, Demets (85' Obenwa), Camus (80' Nyyssonen), Haydock (71' Vergueitchik), Pierre

0-1 29' Camus 0-2 34' Pierre 1-2 39' Godfroid 2-2 52' Nikolovski 3-2 83' Fatokun 

23/11/96 - RWDM - KAA GENT 1-2 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Grujic, Nassen, Kingsley (46' Camus), Demets (59' Nyyssonen), Pierre, Jacob, Haydock (73' Vergueitchik), Obenwa

0-1 18' Barka 0-2 41' Barka 1-2 82' Vandersmissen 

1/12/96 - KRC HARELBEKE - RWDM 3-0 

Rosez, S.Laeremans (68' Nyyssonen), Vandersmissen (79' Vergueitchik), Nassen, Grujic, Kingsley, Demets, Jacob, Camus (56' Lehmann), Obenwa, Pierre

1-0 49' Verschelde 2-0 62' Verschelde 3-0 73' Hameg 

21/12/96 - K LIERSE SK - RWDM 2-1 

Rosez, Nassen, Camus, Grujic, Jacob, Obenwa, Nyyssonen (81' Vergueitchik), Vandersmissen (85' Barbé), Haydock, S.Laeremans, Demets (66' Lehmann)

1-0 33' Haagdooren 2-0 45' Kliouev 2-1 66' Obenwa 

18/1/97 - RWDM - K ST TRUIDEN VV 2-1 

Godart, Nassen, Grujic, Veselinovic, Camus, S.Laeremans, Barbé, Vandersmissen (88' Vergueitchik), Pierre (89' Kingsley), Obenwa, Lehmann (60' Haydock)

0-1 9' Wuyts 1-1 19' Pierre p 2-1 87' Vandersmissen 

25/1/97 - KRC GENK - RWDM 3-1 

Rosez, Nassen, Vandersmissen, Grujic, Veselinovic, S.Laeremans, Demets (46' Lehmann), Barbé, Camus (77' Nyyssonen), Haydock, Vergueitchik (59' Baouf)

1-0 11' Goor 2-0 53' Laurssen 3-0 56' Goor 3-1 61' Lehmann 

1/2/97 - RWDM - R STANDARD CL 1-1 

Rosez, Nassen, Vandersmissen, Grujic, Veselinovic, Kingsley, Jacob, Barbé (46' Baouf), Camus, Lehmann (68' Nyyssonen), Pierre (79' Demets)

1-0 47' Pierre 1-1 90' Pekovic 

8/2/97 -RWDM - KSC LOKEREN 0-1 

Rosez, Nassen, Vandersmissen, Grujic, S.Laeremans, Kingsley, Jacob, Camus (89' Veselinovic), Baouf (73' Barbé), Obenwa (85' Lehmann), Pierre

0-1 85' Ekakia 

16/2/97 - CLUB BRUGGE KV - RWDM 1-0 

Rosez, Demets, Vandersmissen, Nassen, Grujic, Kingsley (35' Veselinovic), Camus, Jacob, Nyyssonen, Obenwa, Lehmann (46' Baouf)

1-0 86' Spehar 

22/2/97 - RWDM - GERMINAL EKEREN 0-1 

Rosez, S.Laeremans, Vandersmissen, Nassen (82' Veselinovic), Grujic, Kingsley (46' Demets), Nyysonen, Jacob, Haydock (46' Camus), Obenwa, Pierre

0-1 79' Czerniatynski 

1/3/97 - R CHARLEROI SC - RWDM 1-1 

Rosez (46' Godart), Nassen, Vandersmissen, Grujic, Veselinovic, Kingsley (46' Lehmann), Camus, Jacob (70' Nyyssonen), Demets, Pierre, Obenwa

1-0 45' Gerard p 1-1 87' Pierre 

8/3/97 - RWDM - KV MECHELEN 3-1 

Rosez, Nassen, Jacob, Grujic, Camus, Barbé (56' Baouf), Demets, Vandersmissen, Veselinovic (64' Haydock), Pierre , Lehmann (76' Obenwa)

1-0 53' Grujic 2-0 60' Vandersmissen 2-1 70' Leen 3-1 90' Demets 

16/3/97 - KSC EENDRACHT AALST - RWDM 1-1 

Rosez, Malcorps (59' Obenwa), Nassen, Grujic, Jacob (73' Vergueitchik), Nyyssonen, Vandersmissen, Lehmann, S.Laeremans, Barbé, Pierre (77' Haydock)

1-0 8' Van den Bossche 1-1 81' Obenwa 

24/3/97 - RWDM - KSK LOMMEL FC 0-0 

Rosez, S.Laeremans (46' Vergueitchik), Jacob, Nassen, Grujic, Barbé, Demets, Vandersmissen (81' Obenwa), Camus, Nyysonen, Lehmann 

5/4/97 - R EXCELSIOR MOUSCRON - RWDM 2-0 

Rosez, Vandersmissen, Nassen, Malcorps (84' Baouf), Grujic, Camus, Stassin (67' Salievski), Vergueitchik, Nyyssonen, Lehmann (65' Haydock), Obenwa

1-0 22' Dugardein 2-0 56' E.Mpenza 

12/4/97 - RWDM - RSC ANDERLECHT 0-0 

Rosez, Stassin (75' Obenwa), Vandersmissen, Nassen, Grujic, Barbé (87' Salievski), Vergueitchik, Camus, Malcorps, Pierre (75' Haydock), Lehmann

19/4/97 - KSV CERCLE BRUGGE - RWDM 1-1 

Rosez, Grujic, Nassen, Jacob, Malcorps, Camus, Stassin (64' Obenwa), Vergueitchik, Vandersmissen, Pierre, Lehmann (83' Nyyssonen)

1-0 23' Renty 1-1 76' Obenwa 

10/5/97 - RWDM - R ANTWERP FC 1-2 

Rosez, Nassen, Vandersmisen (19' Cuyvers), Grujic, Haydock, Vergueitchik, Camus, Stassin, Nyyssonen, Pierre , Obenwa (63' Lehmann)

0-1 35' Owolabi 1-1 75' Vergueitchik 1-2 86' Da Silva 

18/5/97 - KAA GENT - RWDM 2-0 

Rosez, Vergueitchik, Vandersmissen, Nassen (25' Baouf puis 66' Obenwa), Camus, Malcorps, Nyyssonen, Jacob, Haydock, Pierre (78' Cuyvers), Lehmann

1-0 23' Martens 2-0 90' Martens 

25/5/97 - RWDM - KRC HARELBEKE 2-2 

Rosez, Vergueitchik, Vandersmissen, Grujic, Nyyssonen (53' Malcorps), Barbé (72' Cuyvers), Jacob, Haydock (89' Vanderbiest), Pierre, Lehmann, Obenwa

0-1 10' De Tollenaere 1-1 18' Vergueitchik 1-2 81' De Tollenaere 2-2 90' Lehmann 



COUPE DE BELGIQUE

1/16 - 7/12/96 - KAA GENT - RWDM 1-0 

Rosez (48' Godart), S.Laeremans, Vandersmissen (89' Haydock), Grujic, Nassen, Camus, Pierre, Demets, Jacob, Obenwa (69' Kingsley), Lehmann 

1-0 88' Herreman p 



COUPE DE L’UEFA

1/32 aller - 10/9/96 - RWDM - BESIKTAS JK ISTANBUL 0-0 

Rosez, Nassen, Vandersmissen, Grujic, Jacob, S.Laeremans, Demets, Camus, Pierre (87' Haydock), Nyyssonen, Lehmann (81' Vergueitchik) / arbitre : Mikkelssen (Danemark) 

1/32 retour - 24/9/96 - BESIKTAS JK ISTANBUL - RWDM 3-0 

Rosez, Malcorps (63' Lehmann), Camus, Grujic, Jacob, Nyyssonen (63' Haydock), Vandersmissen, Kingsley, S.Laeremans, Demets (75' Vergueitchik), Pierre / arbitre : Melnichouk (Ukraine) 

1-0 40' Ertugul 2-0 50' Amokachi 3-0 89' Oktay 





































MATCHES AMICAUX

6/7/96 RWDM – Rapid Bucarest à Lombeek 2-2

own goal, Baouf

13/7/96 RWDM – Cealhul Pietra Neamt à Durbuy 1-0

Pierre

17/7/96 Francs Borains – RWDM 0-1

Pierre

20/7/96 RTFCL – RWDM à Fexhe-Slins 0-0

arrêté

24/7/96 Diegem Sport – RWDM 0-4

Lehmann 2 Jacob, Haydock 

27/7/96 KSV Waregem – RWDM 3-0

14/8/96 RWDM – PSV Eindhoven 1-4

Pierre


 

J

G

N

D

P

C

PT

 1.K Lierse SK

34

21

10

3

70

38

73

 2.Club Brugge KV

34

22

5

7

69

34

71

 3.R Excelsior Mouscron

34

17

10

7

60

38

61

 4.RSC Anderlecht

34

16

10

8

59

36

58

 5.KSK Lommelse FC

34

16

9

9

50

48

57

 6.R Antwerp FC

34

16

5

13

51

49

53

 7.R Standard CL

34

16

2

16

55

55

50

 8.KRC Genk

34

13

9

12

49

43

48

 9.KRC Harelbeke

34

12

11

11

50

42

47

10.Germinal Ekeren

34

13

7

14

56

57

46

11.K St Truiden VV

34

10

9

15

46

56

39

12.KSC Lokeren

34

10

8

16

41

57

38

13.R Charleroi SC

34

10

7

17

44

58

37

14.KAA Gent

34

10

6

18

44

58

36

15.KSC Eendracht Aalst

34

8

12

14

44

55

36

16.RWDM

34

8

11

15

32

43

35

17.KV Mechelen

34

7

10

17

33

55

31

18.KSV Cercle Brugge

34

6

9

19

36

67

27

1996-1997

 

Joués tot

Buts tot

Joués CH

Joués CB

Joués CE

Buts CH

Buts CB

BAKALLI Adrian

22/11/1976

5

0

5

0

0

0

0

BAOUF Rachid

7/10/1976

11

0

11

0

0

0

0

BARBE Steve

15/01/1979

15

0

15

0

0

0

0

CAMUS Daniel

21/10/1971

33

1

30

1

2

1

0

CHARLIER Wim

4/05/1975

5

0

5

0

0

0

0

CUYVERS Vincent

10/05/1977

3

0

3

0

0

0

0

DEMETS Stéphane

26/12/1976

25

1

22

1

2

1

0

GODART Wilfried

3/06/1972

4

0

3

1

0

0

0

GRUJIC Spira

7/12/1971

36

1

33

1

2

1

0

HAYDOCK Alan

13/01/1976

30

2

27

1

2

2

0

JACOB Gunther

10/05/1968

30

0

27

1

2

0

0

KINGSLEY Samuel

27/12/1978

19

0

17

1

1

0

0

LAEREMANS Steve

26/03/1972

26

1

23

1

2

1

0

LEHMANN Dirk

16/08/1971

29

2

26

1

2

2

0

MALCORPS Olivier

20/01/1975

12

0

11

0

1

0

0

NASSEN Daniel

24/11/1966

33

0

31

1

1

0

0

NYYSSONEN Kaï

10/06/1972

30

3

28

0

2

3

0

OBENWA Joseph

18/12/1979

20

3

19

1

0

3

0

PIERRE Frédéric

23/02/1974

32

10

29

1

2

10

0

ROSEZ Dirk

5/01/1961

36

0

33

1

2

0

0

SALIEVSKI Afrim

10/11/1979

2

0

2

0

0

0

0

STASSIN Sébastien

26/08/1978

4

0

4

0

0

0

0

VANDERBIEST Frederik

10/10/1977

1

0

1

0

0

0

0

VANDERSMISSEN Guy

25/12/1957

36

4

33

1

2

4

0

VANDERVELDE Jurgen

9/02/1977

0

0

0

0

0

0

0

VERGUEITCHIK Youri

5/03/1968

25

4

23

0

2

4

0

VESELINOVIC Aleksander

23/05/1970

8

0

8

0

0

0

0